Matalon/ L’ombre de Venceslao-Martinez-Izquierdo/Lavelli- Avignon-03/2017

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Matalon/ L’ombre de Venceslao-Martinez-Izquierdo/Lavelli- Avignon-03/2017

Message par jpb30 » 11 mars 2017, 19:19

L’ombre de Venceslao

Opéra de Martin Matalon
Livret de Jorge Lavelli
d’après la pièce de Copi
(Éditions musicales Billaudot)

Direction musicale : Ernest Martinez-Izquierdo
Mise en scène et adaptation du livret : Jorge Lavelli
Collaboration artistique : Dominique Poulange
Décors : Ricardo Sanchez-Cuerda
Costumes : Francesco Zito
Lumières : Jean Lapeyre

China : Estelle Poscio
Mechita : Sarah Laulan

Venceslao : Thibaut Desplantes
Rogelio : Ziad Nehme
Largui : Mathieu Gardon
Coco Pellegrini : Jorge Rodriguez
Le Perroquet : David Maisse
Le Singe : Ismaël Ruggiero
Gueule de Rat : Germain Nayl

Création à Avignon - Nouvelle production
En co-production avec le Centre Français de Promotion Lyrique
l’Opéra National de Bordeaux, le Centre Lyrique Clermont-Auvergne
l’Opéra de Marseille, l’Opéra Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon, l’Opéra de Reims, l’Opéra de Rennes
l’Opéra de Toulon Provence-Méditerranée, le Théâtre du Capitole de Toulouse, le Teatro Municipal de Santiago du Chili, le Teatro Colon de Buenos Aires et le Grame (centre national de création musicale de Lyon)


La création de cet opéra a eu lieu à Rennes en octobre 2016

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Re: Matalon/ L’ombre de Venceslao-Martinez-Izquierdo/Lavelli- Avignon-03/2017

Message par jpb30 » 12 mars 2017, 20:35

Avignon représentation du 10 mars 2017 :

La pièce de Copi est le reflet des mœurs latino-américaines où l’homme marié en plus de sa casa mayor abrite sa maitresse dans la casa menor. C’est ce qui se passe avec Venceslao qui a procréé dans ses deux foyers. Il respecte sa légitime mais aime la seconde. Une fille nait d’un côté, un garçon de l’autre : ils s’aiment, se marient sans savoir précisément si leur union est incestueuse. A la suite du décès de son épouse, Venceslao et sa maitresse partent pour Iguaçu. Il se pend à côté de son perroquet et son âme revient errer auprès de ses anciens amis. Pendant ce temps le jeune couple a déserté la campagne pour Buenos aires où China la jeune mariée se laisse séduire par un danseur de tango. Tous trois trouvent la mort lors de la révolution contre Perón…
C’est donc l’histoire de l’errance d’une famille argentine peu ordinaire (qui vit en plus avec des animaux de compagnie : cheval, perroquet et singe), l’incontournable tango est aussi évoquée dans une magnifique scène de danse.
Pour l’adaptation opératique le metteur en scène a monté cette œuvre en 34 tableaux qui se succèdent rapidement les uns aux autres après une ouverture musicale tonitruante. Pas d’entracte mais un interlude des traditionnels bandonéons entre l’acte 1 et 2.
Le compositeur Martin Matalon en bon disciple de Boulez nous sert une musique où l’électronique se mêle à l’orchestre. Très typée « Ircam » elle suit l’action à la lettre à travers ses discordances sonores. L’ouverture évoque un désastre souligné par la noirceur du décor et l’abondance de fumigène d’où émergent les acteurs sur une carriole, et un vélo qui seront presque l’essentiel des accessoires.
Copi auteur argentin de la pièce de théâtre d’où est tiré le livret vit en France et a collaboré de nombreuses années avec Hara-Kiri et Charly Hebdo, il en a retenu toutes les gauloiseries qui font également la joie de Jorge Lavelli, librettiste et metteur en scène.
Le texte est d’un langage commun et le spectateur peut être très choqué par la vulgarité des dialogues, les « putain de merde » n’étant qu’un langage d’enfant de chœur par rapport au reste et les « bites, couilles, chier, bander » et autres qui encombrent le texte mettent mal à l’aise et obscurcissent la portée du message. Heureusement ces phrases sont reprisent par un perroquet en voix off et cela détend, on est dans l’humour noir et la scatologie. Admettons ! Mais faut-il tout admettre ?

Les solistes ont un point commun : la qualité de leur diction tant dans le parler que dans le chanter. Les notes passent des graves aux aigus ou des aigus aux graves, de la voix de poitrine à la voix de tête ou inversement, parfois avec un saut de plus d’un octave ; malgré ce handicap nos solistes français, suisse ou libanais gardent une prononciation compréhensible.
Estelle Poscio (China) allie à ses qualités vocales un talent remarquable de danseuse et le tango qu’elle interprète avec Jorge Rodriguez professeur de danse en Argentine est d’une beauté saisissante. Le ténor libanais Ziad Nehme (Rogelio) amoureux éperdu crie son amour dans des suraigus étonnants de limpidité.
Thibaut Desplantes (Venceslao) fait preuve d’autorité auprès de sa femme, de sa maitresse et de sa progéniture. Sarah Laulan (Mechita) se sort avec vaillance de ses passages graves/aigus. Mathieu Gardon (Largui) se déjoue lui aussi des difficultés de cette musique dans son rôle d’amoureux de Mechita.
La partition pousse loin l’ambitus des chanteurs et il est regrettable que les performances extrêmes qu’elle leur demande ne permettent pas d’apprécier les réelles qualités vocales de tous ces solistes.
Le chef Ernest Martinez-Izquierdo conduit tambour battant cette partition qui doit demander très certainement une attention rigoureuse du fait de sa grande modernité.
On sent une complicité entre le compositeur et le librettiste-metteur en scène dans un ciment « argentin » et cela se traduit par une cohérence dans l’ensemble de l’exécution. La mise en scène est particulièrement réussie et attractive soutenue par de bons effets de lumière ; il y a de l’action, du mouvement, les passages entre les tableaux ont du sens, la direction d’acteur est solide et les artistes sont à l’aise sur le plateau. Tout ceci nous permet de suivre l’intrigue avec intérêt et au tomber du rideau le public n’a pas l’impression que 2h viennent de s’écouler : il a été comme captivé et les applaudissements sont là pour le confirmer.
Les photos vont suivre.
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Re: Matalon/ L’ombre de Venceslao-Martinez-Izquierdo/Lavelli- Avignon-03/2017

Message par jpb30 » 13 mars 2017, 19:31

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crédit photos Cédric Delestrade

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