Giordano - Andrea Chénier - Wellber/Stölzl - Munich/TCE - 03-04-07/2017

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Re: Giordano-Andrea Chénier-Wellber/Stölzl-Munich/TCE-03-04-07/2017

Message par Lucas » 19 mars 2017, 10:29

paco a écrit :
18 mars 2017, 22:33
JK est définitivement le seul, parmi les ténors disponibles aujourd'hui, à la hauteur du rôle de Chenier. Cependant, comme à Londres je trouve dommage qu'il ne développe pas dans ce rôle tout l'art des nuances dont il est le génie dans Wagner et d'autres répertoires. Il a tendance à tout chanter à pleine voix, une voix certes splendide et parfaitement conduite au niveau des phrasés, mais un peu de subtilité çà et là serait bienvenu...
Juste un mot sur le DVD londonien (qui concernera 90% des lecteurs qui ne se seront pas déplacés) pour préciser qu'il y chante de manière beaucoup plus nuancée du début à la fin. A-t-il été capté dans un grand soir ? S'agit-il d'un montage de plusieurs représentations ? Mais le résultat est là avec de magnifiques pianissimi et de nombreux effets en voix mixte. Finalement, mieux vaut acheter le DVD qu'aller voir Kaufmann en vrai si c'est finalement pour l'entendre moins bien chanter ...
HELENE ADAM a écrit :
18 mars 2017, 22:43

Il essaye toujours de chanter son "soooooaaave" à la manière du Gott de Fidelio en partant piano pour monter un long crescendo ; c'était mieux qu'à la Première mais pas parfait quand même..(à Londres il ne l'avait essayé qu'à la Première, j'étais à la 4ème séance de mémoire et il ne l'essayait plus.
Là aussi, en DVD son "soooooooaaave" est parfaitement réussi en DVD.

Enfin, quitte à enfoncer le clou, la direction d'orchestre d'Omer Meir Wellber est nullisime et l'on a l'impression d'entendre un mauvais Parsifal avec des tempi beaucoup trop lents. Impossible, pour moi, de cautionner cette direction Chamallow! Quant à Harteros, c'est bien mais quand même cent coudées en-dessous de l'engagement de Callas ou Tebaldi. Il me semble d'ailleurs qu'elle a besoin d'être boostée par un chef énergique comme Pappano pour livrer le meilleur d'elle même.

Bref, pour ceux qui souhaitent prolonger le plaisir du spectacle, je recommande cet enregistrement :

Image

Et pour Kaufmann, bien plus subtil qu'à Munich et beaucoup mieux dirigé, celui là :

Image

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Re: Giordano-Andrea Chénier-Wellber/Stölzl-Munich/TCE-03-04-07/2017

Message par MariaStuarda » 19 mars 2017, 14:34

Lucas a écrit :
19 mars 2017, 10:29
Finalement, mieux vaut acheter le DVD qu'aller voir Kaufmann en vrai si c'est finalement pour l'entendre moins bien chanter ...

Quant à Harteros, c'est bien mais quand même cent coudées en-dessous de l'engagement de Callas ou Tebaldi. Il me semble d'ailleurs qu'elle a besoin d'être boostée par un chef énergique comme Pappano pour livrer le meilleur d'elle même.
ça c'est du grand Lucas ! :lol:
Tu as raison, restons tous dans nos canapés à regarder des DVD et à écouter des CD des années 60.

Euh, la magie de la scène, ça te dit quelque chose ... ?

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Re: Giordano-Andrea Chénier-Wellber/Stölzl-Munich/TCE-03-04-07/2017

Message par Lucas » 19 mars 2017, 16:07

MariaStuarda a écrit :
19 mars 2017, 14:34
Lucas a écrit :
19 mars 2017, 10:29
Finalement, mieux vaut acheter le DVD qu'aller voir Kaufmann en vrai si c'est finalement pour l'entendre moins bien chanter ...

Quant à Harteros, c'est bien mais quand même cent coudées en-dessous de l'engagement de Callas ou Tebaldi. Il me semble d'ailleurs qu'elle a besoin d'être boostée par un chef énergique comme Pappano pour livrer le meilleur d'elle même.
ça c'est du grand Lucas ! :lol:
Tu as raison, restons tous dans nos canapés à regarder des DVD et à écouter des CD des années 60.

Euh, la magie de la scène, ça te dit quelque chose ... ?
Et bien oui, si c'est pour entendre un Kaufmann en méforme, une Harteros minaudante (j'ai écouté attentivement la retransmission et elle chante le rôle de Madeleine le petit doigt en l'air en se regardant le nombril), et un baryton comme un chef de série B, mieux vaut rester chez soi que de claquer une fortune entre l'aller-retour Munich et le prix de l'hôtel et de la représentation. Et de mon point de vue, il ne peut pas y avoir de "magie de la scène" s'il n'y a pas de magie du chant.

Maintenant, il y aura toujours quelques snobs qui préféreront "jeter l'argent par les fenêtres" pour assister à une représentation quelconque au lieu d'acheter un sonotone ...

Pour ma part, si je devais aller à Munich, ce serait plutôt pour écouter Jansons diriger son orchestre de la Radio bavaroise dans la 7ème de Chosta, la 9ème de Mahler ou la symphonie alpestre de Strauss qui sont ses chevaux de bataille actuels car là, c'est immense!

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Re: Giordano-Andrea Chénier-Wellber/Stölzl-Munich/TCE-03-04-07/2017

Message par quetzal » 19 mars 2017, 16:28

MariaStuarda a écrit :
19 mars 2017, 14:34
Lucas a écrit :
19 mars 2017, 10:29
Finalement, mieux vaut acheter le DVD qu'aller voir Kaufmann en vrai si c'est finalement pour l'entendre moins bien chanter ...

Quant à Harteros, c'est bien mais quand même cent coudées en-dessous de l'engagement de Callas ou Tebaldi. Il me semble d'ailleurs qu'elle a besoin d'être boostée par un chef énergique comme Pappano pour livrer le meilleur d'elle même.
ça c'est du grand Lucas ! :lol:
Tu as raison, restons tous dans nos canapés à regarder des DVD et à écouter des CD des années 60.

Euh, la magie de la scène, ça te dit quelque chose ... ?
Oui enfin si le Lucas m'agace plus d'une fois avec ses vieilles cires , je l'ai vu aussi s'enflammer à mes côtés à la sortie d'une représentation...
:wink:

Bernard

( et si Harteros est "minaudante , le petit doigt en l'air" ça me fait grand peur....ça j'aime pas chez elle)
ne pas s'en faire quoi qu'il arrive

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Re: Giordano-Andrea Chénier-Wellber/Stölzl-Munich/TCE-03-04-07/2017

Message par MariaStuarda » 19 mars 2017, 16:30

Lucas a écrit :
19 mars 2017, 16:07
MariaStuarda a écrit :
19 mars 2017, 14:34
Lucas a écrit :
19 mars 2017, 10:29
Finalement, mieux vaut acheter le DVD qu'aller voir Kaufmann en vrai si c'est finalement pour l'entendre moins bien chanter ...

Quant à Harteros, c'est bien mais quand même cent coudées en-dessous de l'engagement de Callas ou Tebaldi. Il me semble d'ailleurs qu'elle a besoin d'être boostée par un chef énergique comme Pappano pour livrer le meilleur d'elle même.
ça c'est du grand Lucas ! :lol:
Tu as raison, restons tous dans nos canapés à regarder des DVD et à écouter des CD des années 60.

Euh, la magie de la scène, ça te dit quelque chose ... ?
Et bien oui, si c'est pour entendre un Kaufmann en méforme, une Harteros minaudante (j'ai écouté attentivement la retransmission et elle chante le rôle de Madeleine le petit doigt en l'air en se regardant le nombril), et un baryton comme un chef de série B, mieux vaut rester chez soi que de claquer une fortune entre l'aller-retour Munich et le prix de l'hôtel et de la représentation. Et de mon point de vue, il ne peut pas y avoir de "magie de la scène" s'il n'y a pas de magie du chant.

Maintenant, il y aura toujours quelques snobs qui préféreront "jeter l'argent par les fenêtres" pour assister à une représentation quelconque au lieu d'acheter un sonotone ...

Pour ma part, si je devais aller à Munich, ce serait plutôt pour écouter Jansons diriger son orchestre de la Radio bavaroise dans la 7ème de Chosta, la 9ème de Mahler ou la symphonie alpestre de Strauss qui sont ses chevaux de bataille actuels car là, c'est immense!
Cher Lucas, je te trouve en forme et fidèle à toi même et à ta façon courtoise et amicale de t'adresser aux gens :lol:
Avec toi, mieux vaut ne jamais engager une discussion, ça ne peut mener nulle part, hormis de se prendre sur la figure un tombereau d'insultes.
J'espere que tu es plus agréable dans la vraie vie ...
Bon dimanche.
quetzal a écrit :
19 mars 2017, 16:28

Oui enfin si le Lucas m'agace plus d'une fois avec ses vieilles cires , je l'ai vu aussi s'enflammer à mes côtés à la sortie d'une représentation...
:wink:

Bernard
Ah bon ? ça lui arrive ?
Pourtant, si on le lit, tu dois être le roi des "snobs à sonotone", vu ta propension à aller des gens peu recommandables.
Bon, allez, je :arrow:
Pas de temps à perdre avec des malotrus mal embouchés.

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Re: Giordano-Andrea Chénier-Wellber/Stölzl-Munich/TCE-03-04-07/2017

Message par Lucas » 19 mars 2017, 16:36

MariaStuarda a écrit :
19 mars 2017, 16:30
Pourtant, si on le lit, tu dois être le roi des "snobs à sonotone", vu ta propension à aller des gens peu recommandables.
Pas sûr que le point de vue de Bernard au sujet d'Harteros soit très différent du mien. Comme quoi, on peut voyager sans sonotone ... et manier le second degré.

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Re: Giordano-Andrea Chénier-Wellber/Stölzl-Munich/TCE-03-04-07/2017

Message par MariaStuarda » 19 mars 2017, 16:41

Lucas a écrit :
19 mars 2017, 16:36
MariaStuarda a écrit :
19 mars 2017, 16:30
Pourtant, si on le lit, tu dois être le roi des "snobs à sonotone", vu ta propension à aller des gens peu recommandables.
Pas sûr que le point de vue de Bernard au sujet d'Harteros soit très différent du mien. Comme quoi, on peut voyager sans sonotone ... et manier le second degré.
Je connais les gouts de Bernard qui sont souvent différents des miens mais nous avons appris à dialoguer avec un minimum de respect.
Il a le droit d'adorer Radva et de moins aimer Harteros; moi c'est l'inverse et il n'y a pas de quoi en faire un fromage.
En revanche, je doute que je puisse dialoguer avec toi sereinement vu le ton et les mots que tu emploies dès qu'on essaye.
Donc, arrêtons nous en là pour aujourd'hui.
Merci d'avance.

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Re: Giordano-Andrea Chénier-Wellber/Stölzl-Munich/TCE-03-04-07/2017

Message par Lucas » 19 mars 2017, 16:48

MariaStuarda a écrit :
19 mars 2017, 16:41
Il a le droit d'adorer Radva et de moins aimer Harteros; moi c'est l'inverse et il n'y a pas de quoi en faire un fromage.
C'est justement le côté "adorateur", sans aucun sens de l'humour, qui me dérange ... et Bernard n'entre pas dans cette case.

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Re: Giordano-Andrea Chénier-Wellber/Stölzl-Munich/TCE-03-04-07/2017

Message par MariaStuarda » 19 mars 2017, 16:53

Lucas a écrit :
19 mars 2017, 16:48
MariaStuarda a écrit :
19 mars 2017, 16:41
Il a le droit d'adorer Radva et de moins aimer Harteros; moi c'est l'inverse et il n'y a pas de quoi en faire un fromage.
C'est justement le côté "adorateur", sans aucun sens de l'humour, qui me dérange ... et Bernard n'entre pas dans cette case.
:lol:
Toi tu en as un sacré ... sens de l'humour !

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Re: Giordano-Andrea Chénier-Wellber/Stölzl-Munich/TCE-03-04-07/2017

Message par Stefano P » 19 mars 2017, 18:02

Je partage souvent les points de vue de Lucas, mais là, je dois dire que je ne le suis pas du tout : j'ai trouvé en tout point admirable l'Andrea Chenier de Munich (vu en streaming, je précise). Le DVD du ROH est excellent, mais ce que l'on a vu hier soir est globalement du même niveau. La mise en scène de Stölzl est très fouillée, très vivante, elle fait vivre le drame par mille détails que certainement la captation ne permet pas de percevoir parfaitement ; ça devait sûrement être encore plus beau en salle. Le procédé inspiré du split screen, déjà utilisé à Salzbourg par Stölzl pour Cavalleria et Pagliacci (également avec JK) n'est pas nouveau, mais il est remarquablement employé, dès le premier acte avec ces deux plans superposés : au-dessus le salon des heureux du vieux monde et dessous les damnés de la terre plongés dans de fastidieuses ténèbres. La suite est aussi très ingénieuse, jusqu'à la glaçante présence de l'échafaud au dernier acte. C'est un vrai travail de mise en scène, techniquement très au point et artistiquement très cohérent.

La direction d'orchestre est en effet très différente de celle de Pappano au ROH, ça paraît plus bruyant, plus fouillis, ce n'est pas ce magnifique tapis sonore que Pappano sait si bien déployer, mais l'impression qui finit par se dégager de cette direction apparemment heurtée est plutôt celle d'un grand dynamisme, un authentique souffle épique qui galvanise et emporte ; l'attention de l'auditeur ne se relâche jamais, en parfait accord avec le foisonnement de la mise en scène, et toute la richesse mélodique et la vigueur de l'orchestration de Giordano nous sont parfaitement restituées.

La Maddalena d'Harteros est l'une de ces incarnations que l'on n'oublie pas : au premier acte, elle joue parfaitement l'insouciance de la jeune privilégiée qui jouit du bonheur de vivre prima della Rivoluzione, mais dès le deuxième acte, le drame est là, matérialisé par cette balafre sur la joue, et la fièvre qui gagne le personnage, son épouvante face à l'intrusion de la tragédie dans une vie jusque là facile, est magnifiquement exprimée par Harteros, avec un talent de grande actrice. La voix est somptueuse, avec le slancio mais aussi le sens du sfumato que cette musique réclame, son grand moment de la Mamma morta est vraiment déchirant ; elle habite le chant de façon très intense.

Pour JK, il est évident que la voix s'est assombrie et que la ligne de chant est plus tendue, avec beaucoup moins de nuances : par exemple, ce la bémol émis en crescendo dans le duo d'amour du II, sur le Ora de la phrase Ora soave, sublime ora d'amore est plus difficile et appliqué, il n'a plus l'évidence et la limpidité de la version du ROH, mais par rapport à la première, la voix est plus affermie, même si je ne dirais pas qu'il a retrouvé la plénitude de ses moyens. Son Chenier est quand même superlatif par la force intérieure, l'intensité du jeu, la progression dramatique, depuis la colère du poète idéaliste qui éclate dans l'Improvviso du premier acte jusqu'à la rage de la scène du procès où tous ses idéaux révolutionnaires ont été trahis, pour parvenir enfin à l'acceptation finale qui est aussi une promesse de sérénité, et Come un bel dì di maggio devient avec JK un lied déchirant, un adieu à la vie sans aucun pathos, vibrant de lyrisme et de paix intérieure. Il faut être un grand artiste pour réussir cela, et hier soir, cette émotion-là était bien perceptible.

Je suis moins convaincu par le Gérard de Salsi, brutal avec un côté sguaiato dans le timbre et la ligne de chant, tombant un peu dans l'ornière du vérisme dans le mauvais sens du terme, c'est à dire un chant extérieur et démonstratif, alors que le rôle demanderait plus de nuances, plus de souplesse et de profondeur.

Bref, pour moi une soirée exceptionnelle, que l'on ne manquera pas de comparer avec les deux nouvelles versions de l’œuvre qui s'annoncent à Rome et à Milan, et il m'étonnerait fort que la comparaison joue en sa défaveur... :wink:
"Bald, bald, Jüngling, oder nie !"

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