Monteverdi : Vêpres de la Vierge-Arsys/La Fenice/M.Zeke-Vézelay 08/2016

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Monteverdi : Vêpres de la Vierge-Arsys/La Fenice/M.Zeke-Vézelay 08/2016

Message par petitchoeur » 25 août 2016, 14:22


Arsys Bourgogne
Académie d’Arsys Bourgogne
Ensemble La Fenice – direction artistique Jean Tubéry
Mihály Zeke, direction

Arsys Bourgogne :
Sopranos : Fanie Antonelou*, Andrea Lauren Brown*, Ellen Giacone, Maud Gnidzaz
Contre-Ténors : Christophe Baska, William Shelton
Ténors : Martin Candela, Romain Champion*, Luca Dordolo*
Basses : Sébastien Brohier, Alejandro Gabor, Simon Millan
*Solistes

Académie Arsys Bourgogne :
Etudiants du Pôle d’Enseignement Supérieur de Musique

Ensemble La Fenice :
Violons : Matthieu Camilleri, Sue-Ying Koang/ Violone : Richard Myron
Violoncelle : Keiko Gomi
Saqueboutes : Clair McIntyre, Franck Poitrineau, Aurélie Serre/ Cornets : Lambert Colson, Josue Melendez, Benoît Tainturier
Orgue : Marc Meisel/ Théorbes : Paul Kieffer, Marc Wolff


CLAUDIO MONTEVERDI (1567-1643) : Vespro della Beata Vergine (1610)
I. Domine ad adiuvandum me festina
II. Dixit dominus
III. Nigra sum
IV. Laudate pueri dominum
V. Pulchra es amica mea
VI. Laetatus sum
VII. Duo Seraphim clamabant
VIII. Nisi dominus
IX. Audi coelum
X. Lauda Jerusalem dominum
XI. Sonata sopra 'Sancta Maria ora pro nobis'
XII. Ave maris stella
Ave maris stella / Sumens illud ave / Solve vincla reis / Monstra te esse matrem Virgo singularis / Vitam praesta puram / Sit laus deo patri
XIII. Magnificat
Magnificat / Et exultavit / Quia respexit / Quia fecit mihi magna / Et misericordia eius / Fecit potentiam / Deposuit potentes de sede / Esurientes implevit bonis Suscepit Israel puerum suum / Sicut locutus est / Gloria patri et filio / Sicut erat in principio


En la Basilique de la Madeleine à Vézelay le 18 août 2016.

Né à Crémone en 1567, Monteverdi entre au service du duc de Mantoue en 1590 et y reste jusqu’en 1612. Il compose pendant ce long séjour ses premiers opéras ([/i]Orfeo en 1607, Arianna en 1608) combinant la prima prattica (l’ancien style polyphonique de la Renaissance) et la seconda prattica qui subordonnait la musique au texte : « l’oratione sia padrona dell’armonia e non serva » (« la parole est la maîtresse de l’harmonie et non sa servante »). De cette période date les Vêpres de la Vierge « Vespro della Beata Vergine » (1610) qu’il dédie au Pape Paul V avec l’espoir d’obtenir un poste officiel à Rome : sans succès ! Cette composition mêle également l’ancienne et la nouvelle technique et utilise les instruments de manière dramatique. Ces Vêpres rassemblent des compositions réalisées durant une dizaine d’années et « innovent par une écriture rythmique proprement inouïe et révolutionnaire, notamment dans le Dixit Dominus. Le Magnificat à 7 voix qui conclut ces Vêpres est également un très bel exemple de l’importance accordée par Monteverdi à la masse chorale… Les Vêpres comportent une pièce instrumentale singulière : la Sonata sopra sancta Maria ora pro nobis a 8 voci. Monteverdi crée une musique à deux niveaux : les instruments expriment la joie des fidèles, la fête, les danses et la musique de cour dans une musique virevoltante, alors qu’un cantus firmus grégorien* honore la Vierge » (selon Leonardo Garcia Alarcon, grand spécialiste des Vêpres). Pièce instrumentale unique dans l’œuvre de Monteverdi qu’il insère dans sa plus grande œuvre sacrée.

Mihaly Zeke, doté d’une belle gestuelle entraînante, insuffle un dynamisme séduisant au chœur Arsys (fondé par Pierre Cao en 1999) qu’il dirige depuis 2015 associé à l’Ensemble de Jean Tubéry : La Fenice. L’œuvre s’ouvre par l’intonation grégorienne Deus in adjutorium meum intende, Dieu viens à mon aide, chantée par un ténor. Pui se poursuit par cinq psaumes dont le Nisi dominus (ps.126) d’un grand élan d’espérance associant les saqueboutes, les cornets, le chœur et les violons. Entre les psaumes sont intercalés des motets et des hymnes dont le très beau Nigra Sum chanté par un ténor au timbre enchanteur, le Pulchra es (les deux soprani, Fanie Antonelou et Andrea Lauren Brown, sont remarquables) et le fameux Duo Seraphim angélique, aux arabesques virtuoses (rappelant l’Orfeo ou le Lamento d’Arianna) pour trois ténors (Romain Campion, Luca Dordolo et un Martin Candela excellent. Les Vêpres se terminent par le Magnificat dans la version complexe à 7 voix accompagnées de tout l’orchestre.

Une basilique pleine et enthousiaste séduite par l’interprétation de Mihaly Zeke, magnifiée par des solistes et un chœur inspirés et un orchestre aux timbres chatoyants (grande ovation pour les saqueboutes et les cornets).

Pierre Tricou

*une voix de la polyphonie est chantée avec des valeurs plus longues que les parties instrumentales: ici la soprano (anonyme du choeur) au timbre divinement suppliant répète litaniquement Sainte Marie, priez pour nous.

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