La Damnation de Faust - Roth/vc - Festival Berlioz - 08/2014

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JdeB
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La Damnation de Faust - Roth/vc - Festival Berlioz - 08/2014

Message par JdeB » 06 sept. 2014, 14:39

La Damnation de Faust

Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz
Chœurs et Solistes de Lyon - Bernard Tétu
Chœur Britten - Nicole Corti

François-Xavier Roth, direction
Michael Spyres, ténor
Anna Caterina Antonacci, soprano
Nicolas Courjal, basse
Jean-Marc Salzmann, baryton

François-Xavier Roth, dir.

La Côte Saint-André, le 31 août 2014.


Anna Caterina Antonacci s’est imposée comme une berliozienne majeure depuis plus de dix ans grâce à ses triomphes en Cassandre (Châtelet, Genève, Berlin, Madrid, ROH, Scala, …en attendant San Francisco en juin 2015) et à ses interprétations mémorables des Nuits d’été et de La Mort de Cléopâtre, deux œuvres interprétées notamment à La Côte Saint-André.
Elle a abordé Marguerite à Marseille en novembre 2007 lors d’une soirée dédiée à la mémoire d’une autre immense servante de Berlioz, Régine Crespin, décédée quelques mois plus tôt et qui lui avait prodigué de précieux conseils en la matière. Je viens de relire ce que j’écrivais alors: « Très émue, elle nous offre une première Marguerite très intériorisée, sans aucun effet appuyé, comme flottant dans une présence -absence nimbée de mystère. Elle se montre enfantine sans une once de mièvrerie, tendrement exaltée, timide et apeurée. Son timbre, son phrasé, son naturel, son charisme, sa classe et sa haute retenue sont magiques. Régine Crespin, de son Olympe, a dû lui sourire. ». Elle n’a, je crois, depuis cette prise de rôle marquante rechanté Marguerite qu’à Montréal, l’an dernier, sous la direction de Kent Nagano.
Ce soir, si l’aspect enfantin est gommé, elle fait montre à nouveau des mêmes rarissimes qualités qu’à Marseille avec une voix à peine altérée depuis 7 ans mais en bien meilleure forme que lors de certains concerts de 2013 où elle nous avait un rien inquiétés…

Dans le rôle-titre, on attendait beaucoup du ténor, en pleine ascension. Michael Spyres a dépassé nos espérances en nous offrant une interprétation très fouillée, très personnelle et assez bouleversante de Faust ; merveille de style, d’intelligence et d'engagement émotionnel. Il a fini la soirée les larmes aux yeux et nous aussi.

En Méphisto, Nicolas Courjal subjugue par sa présence énorme sans une once d’histrionisme, sa manière de ciseler chaque phrase, sur le fil du rasoir de l’ironie et de l’onction, ses mille tours de mélodiste au service d’une voix désormais à son zénith et dont il tire une symphonie de nuances. « Sans rien qui pèse ou qui pose ». Un grand bravo !

Francois-Xavier Roth, à la tête des jeunes de l’Académie qui jouent sur instruments anciens, épure tout le clinquant de cette partition et en exalte les féroces et entêtants sortilèges avec une fougue et une passion admirables.

Une soirée d’anthologie comme on en vit peu !

Jérôme Pesqué
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

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