Bach - Oratorio de Noël - Cao - Lyon - 12/2013

Représentations
Répondre
Avatar du membre
JdeB
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 19487
Enregistré le : 02 mars 2003, 00:00
Contact :

Bach - Oratorio de Noël - Cao - Lyon - 12/2013

Message par JdeB » 13 déc. 2013, 15:12

Jean-Sébastien BACH
Oratorio de Noël
Cantates I, III, V, VI

Dorothee Mields soprano
Margot Oitzinger alto
James Gilchrist ténor
Peter Kooij basse
Chœur Arsys Bourgogne
Le Concert Lorrain
Direction Pierre Cao

Chapelle de la Trinité à Lyon, le 10 décembre 2013.


Le genre « oratorio » est né à Rome en 1600 dans la Chiesa Nuova sous l’impulsion de Saint Philippe Neri, fondateur des Oratoriens, convaincu que l’évangélisation doit se faire par l’enseignement mais aussi par la musique spirituelle. Très vite, grâce à son succès, « oratorio » a désigné ce lieu de catéchèse et le genre de musique en deux parties jouées avant et après le sermon. L’Ancien et le Nouveau Testaments se sont révélés une source inépuisable de sujets ainsi que la vie édifiante et tragique des saints et des martyrs. Au XVIIème siècle Carissimi lui donna une forme peu modifiée par la suite : des récitatifs, des ariosi, des airs et des chœurs. Au XVIIIème siècle la participation orchestrale et chorale s’est fortement amplifiée avec des bois, des cuivres et des percussions. Si cette forme est proche de l’opéra, rarement les oratorios sont donnés dans un décor et jamais en costume même si l’église ou le temple ne sont rapidement plus les seuls lieux de leur représentation. L’oratorio triompha en Angleterre avec Haendel et en Allemagne avec Heinrich Schütz et Jean-Sébastien Bach. Bach prit surtout comme sujet la passion du Christ, et son enfance dans l’Oratorio de Noël. Les compositeurs du XIXème siècle ont souvent délaissé ce genre musical. En revanche, l’oratorio a inspiré nombre de musiciens du XXème siècle : Debussy, Honegger, Stravinski, Messiaen, Penderecki….
L’Oratorio de Noël (BWV 248) a été écrit par Bach pour les fêtes de Noël 1734/1735 à Leipzig. Il comporte 6 cantates qui se donnaient d’abord en 3 jours de suite : 1 - la nativité du Christ le 25 décembre, 2 – l’annonce aux bergers le 26, 3 – l’arrivée des bergers à Bethléem le 27. Pour le nouvel An la cantate numéro 4 : la circoncision. Le 2 janvier 1735 : 5 – la visite des Rois Mages à Jérusalem et les craintes du roi Hérode. Le 6 janvier, fête de l’Epiphanie : 6 – l’adoration des Mages. Les trois premières cantates présentent une certaine cohérence par les textes : exclusivement extraits de l’Evangile de Matthieu et par le choix d’une mélodie identique pour le premier choral et le dernier; mélodie déjà utilisée pour la Passion selon Saint Matthieu, allusion de Bach dès la naissance du Christ à son martyre. De très nombreux chorals, airs, duos et trios ont étés réutilisés, écrits pour des cantates profanes composées pour des anniversaires : leur caractère festif était adapté à leur nouvelle utilisation. La trame est assurée par le récitatif de l’Evangéliste accompagné par le continuo .sauf au numéro 50 (Vème cantate) : le récitatif se transforme en arioso plus mélodique pour mettre en valeur la citation des prophètes : « Und du Bethehem ». Les chorals à quatre voix sont doublés la plupart du temps par l’orchestre.
Pierre Cao (directeur artistique des Rencontres Musicales de Vézelay) nous propose ce soir les cantates I, III, V, VI de l’oratorio de Noël. Il insuffle avec une fougue maîtrisée de la joie à tous ses musiciens. Le Chœur Arsys Bourgogne qu’il a fondé et qu’il dirige est d’une grande présence et d’une solidité lui permettant de chanter la gloire de Dieu avec force, conviction et jubilation. Le Concert Lorrain (fondé en 2000) est un orchestre lumineux de 20 musiciens qui tient sa place d’accompagnement avec talent et possède des solistes remarquables. Le continuo (violoncelle de Stephan Schultz, le basson d’Alexander Golden, la contrebasse de Christian Berghoff-Flüel et l’orgue de Torsten Johann apportent de la souplesse à la rigueur nécessaire et de l’élégance à la solide architecture de Bach. Le pupitre des bois est d’une grande agilité et d’une grande musicalité particulièrement le splendide hautbois de Sarah Assmann dans les duos et les arias (n°29, 47, 62). Les trompettes jubilent dès les premières mesures et, malgré quelques défaillances, donnent le ton à tout l’oratorio. Swantje Hoffmann est une violoniste solo très attentive à tous ses collègues et dialogue avec brio et douceur avec les chanteurs (n°31, 51). Les solistes sont dominés par l’Evangéliste James Gilchrist (ténor) qui vit son récit avec une passion communicative : diction remarquable, timbre clair et fruité, nuances subtiles, accents d’intelligence du texte. Capable aussi d’airs raffinés et plein de tendresse (par exemple le très priant « Marie cependant gardait toutes ces paroles et les méditait dans son cœur » du n° 30). Un Evangéliste exceptionnel. Les trois autres solistes forment un ensemble d’une grande homogénéité : basse convaincante au timbre chaleureux de Peter Kooij (n°8 et 47) ; alto douce et émouvante de Margot Oitzinger (n° 31) ; soprano flamboyante de Dorothee Mields (n° 57).
Un équilibre parfait : nous ne sommes pas à l’opéra mais bien dans un concert spirituel.

Pierre Tricou
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
Odb-opéra

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Google [Bot] et 38 invités