Strauss - Salomé - Renes/Jupither - Stockholm - 11-12/2013

Représentations
nouveau venu
Ténor
Ténor
Messages : 589
Enregistré le : 01 nov. 2013, 01:12

Re: Strauss - Salomé - Renes/Jupither - Stockholm - 11-12/20

Message par nouveau venu » 14 déc. 2013, 19:42

quetzal a écrit :
nouveau venu a écrit :... et le trou noir du prophète qu'on annonce (mais ça c'est pour Hérode...politiquement et conjugalement ça va changer des choses pour lui... :=)... mais visiblement la mise en scène insiste surtout sur le désir de Salomé... drôle et probablement judicieux aussi de voir un autre Strauss traité similairement 6 mois après Aix du côté de l'intime personnel et pas seulement du côté du mythe terrifiant des familles névrosées cinglées...

c'était un joke en fait mon post... sur la question psychanalytique que tu avais posée... moi pour l'Elektra parisienne naufragée j'y avais trouvé une solution bien plus prosaïque ('tombale' et certes définitive pour le chef que je n'aime vraiment pas...)

J'y vais le 27 tout excité, j'écoute en boucle la retransmission de Stockholm et aussi une version live de Böhm 1972 ( Wiener avec du beau monde historique paraît-il...). Je ferai un petit commentaire à ce moment là.
Dans son interessante critique ( je ne retranscris pas , c'est en suédois dans le Norrköping Times) Michael Bruze rapproche l'esthétique théatrale/scenographique de Jupither/ Lars Åke Thessman du film Melancholia de Lars von Trier .

Si tu as vu le film , il m’intéressera de lire ton avis le moment venu .

Ah oui c'est vrai, la Lune est tantôt mauvaise, tantôt vierge, tantôt débauchée dans Salomé... elle active / symbolise et annonce des moments clefs du récit.... comme dans Melancholia l'épisode planète n'est que le prétexte au déclenchement du drame intime des deux personnages dont la psychologie s'inverse, la 'normée' devenant folle, la folle 'normale'...

Bon j'espère que c'est moins académico académique à Stockholm que le gros gâteau plein de ralentis (sublimes certes, avec Richard W. en fond sonore) de Von Triers (qui avait un peu trop louché vers Kubrick là pour le coup je trouve...).

Promis je ferai un compte-rendu.

L.

Poliuto
Mezzo Soprano
Mezzo Soprano
Messages : 229
Enregistré le : 27 avr. 2005, 23:00

Re: Strauss - Salomé - Renes/Jupither - Stockholm - 11-12/20

Message par Poliuto » 15 déc. 2013, 18:50

[lien supprimé par la modération]

dépêcher vous, c'est du lourd

Avatar du membre
Bernard C
Basse
Basse
Messages : 8843
Enregistré le : 04 mai 2011, 23:00
Localisation : Grand-Ouest

Re: Strauss - Salomé - Renes/Jupither - Stockholm - 11-12/20

Message par Bernard C » 16 déc. 2013, 13:20

MERCI !
Pour ceux qui ne pourraient pas tout voir , prendre au moins à 1:22
"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..."

Avatar du membre
Snobinart
Baryton
Baryton
Messages : 1929
Enregistré le : 29 août 2007, 23:00
Localisation : Paris 19
Contact :

Re: Strauss - Salomé - Renes/Jupither - Stockholm - 11-12/20

Message par Snobinart » 16 déc. 2013, 13:31

Vu hier soir. Quel final saisissant ! Depuis la danse jusqu'à la fin...

nouveau venu
Ténor
Ténor
Messages : 589
Enregistré le : 01 nov. 2013, 01:12

Re: Strauss - Salomé - Renes/Jupither - Stockholm - 11-12/20

Message par nouveau venu » 01 janv. 2014, 21:29

xxxx

nouveau venu
Ténor
Ténor
Messages : 589
Enregistré le : 01 nov. 2013, 01:12

Re: Strauss - Salomé - Renes/Jupither - Stockholm - 11-12/20

Message par nouveau venu » 01 janv. 2014, 21:50

xxxxx

Avatar du membre
Bernard C
Basse
Basse
Messages : 8843
Enregistré le : 04 mai 2011, 23:00
Localisation : Grand-Ouest

Re: Strauss - Salomé - Renes/Jupither - Stockholm - 11-12/20

Message par Bernard C » 02 janv. 2014, 01:20

Je crois saisir ce que tu veux dire ( et ce que disait pareillement dongio ) .

On peut trouver à discuter sur les ajustements de Jupither du passage de la scène théâtrale à l'Opéra et des contraintes nouvelles de la voix dans la direction des artistes .

Plus fondamentalement , je vais exprimer un point de vue qui me tient à cœur. Très nombreux sont les amateurs d'opéra qui admirent Nina Stemme pour son art vocal mais restent insatisfaits , ou disons , réservés par cette distance ou cette "froideur" , ou cette difficulté qu'ils ont à s"'identifier" au personnage qu'elle interprète .

C'est assez général quelque soit le rôle , quelque soit la réalisation .

Or pour ce qui me concerne , c'est précisément là que j'aime Stemme : Elle n'interprète jamais mieux que lorsqu'on lui propose un concept .
Et je ne prends jamais autant de plaisir que lorsqu'il y a ajustement du concept à la voix . C'est ce que j'ai profondément aimé dans cette mise en scène , la rigueur du concept ( passant sur certaines imperfections ou maladresses qu'on peut effectivement relever ici et là ) s'appuyant sur le texte et la musique .

Pour reparler par exemple de l'axe central : La scène de la danse n'est pas faite pour émouvoir dans l'emprise des sens , dans l'érotisation des formes , dans la mobilisation d'éros : Eros est asséché par la mise(au sens de miser) de Salomé . On peut être choqué ou dégoûté de tout ça ,ou tout simplement refroidi , mais j'ai été ,moi , mobilisé , emporté par le sens ( et non par les sens ) et j'ai admiré l'abandon du corps de Nina Stemme à cette mascarade tragique .Et contrairement à dongio et à toi , je trouve que tout ça a été minutieusement travaillé , les maladresses ont été travaillées , le laborieux déculottage est très réfléchi , et en ce sens pour moi d'une puissance dramatique folle .( elle ne danse pas comme la Salomé de G. Moreau s'y prépare)

Ce que j'aime chez Stemme , c'est qu'elle s'abandonne dans une conception théâtrale , pas qu'elle me fasse croire à un personnage auquel je lie mon émotion . Stemme chante et joue d'abord le sous-texte . On aime ou on n'aime pas .
( Par exemple , récemment, dans le face à face avec Jonas Kaufmann , le contraste était saisissant et quelque peu discordant . Le rapport à Konieczny marchait mieux , car plus harmonieux avec l'écriture et l'univers de Marelli .Kaufmann est un chanteur dont on raffole si en voyant Werther on se prend pour Werther au moment où il le chante et si on se suicide avec lui )

J'ai toujours rencontré ça chez elle , notamment dans ses Isolde , mais c'était aussi le cas récemment de Minnie et Turandot ( et jamais dans Senta on a pu croire qu'elle se jetait du haut d'une falaise ...pourtant quelle émotion tragique !)

La seule fois où elle m'a fait croire à une histoire romanesque où je suis rentré en plein dedans c'est dans sa toute première Walkyrie mise en scène par Zambello .( Alors que même dans Sieglinde ou ses Brünnhilde ultérieures, elle reste "intouchable" .)

Stemme est "intouchable" . Je crois aussi peu à son jeu qu' à celui de Garbo , mon idole absolue .
Mais je dirais qu'avec Nilsson que ce soit dans Isolde ou Elektra , les deux seuls rôles où je l'ai vue sur scène , c'était la même distance à la fois brûlante et infranchissable , d'où seul le beau surgit , sans que je me demande si c'est crédible ou non .

Stemme dans une mise en scène minable ou dérisoire (ex son Ariane à NY ou sa Brünnhilde à Munich ) n'est intéressante que pour sa voix et ce qu'elle y met envers et contre tout .

Ceci dit je ne dis pas que Jupither qui signait là sa première incursion sur une scène d'opéra est un génie , mais elle a produit au minimum une vision forte et cohérente , sans nous faire subir de trop lourds effets collatéraux .


Merci pour ton commentaire si finement détaillé .

P.s. :Bien sûr le Bakfickan est un coin recommandable :wink:

post post scriptum : oui le désir est dans la mort .( d'ailleurs il y a peu d'opéras qui ne nous le répètent )
"L'amour infini, sans autre aliment qu'un objet à peine entrevu dont mon âme était remplie , je le trouvais exprimé par ce long ruban d'eau qui ruisselle au soleil entre deux rives vertes, par ces lignes de peupliers qui parent de leurs dentelles mobiles ce val d'amour..."

Avatar du membre
Loïs
Basse
Basse
Messages : 2976
Enregistré le : 06 févr. 2013, 11:04
Localisation : sans opera fixe

Re: Strauss - Salomé - Renes/Jupither - Stockholm - 11-12/20

Message par Loïs » 02 janv. 2014, 10:31

je comprends aussi ce décalage mais pour moi il faut le chercher au niveau de détails qui ne sont pas forcément signifiants mais qui impriment la rétine durablement et faussent la perception. C'est particulièrement visible en gros plan sur la bande annonce de l'opéra de stockholm: le physique des protagonistes . Avoir un Hérode plus jeune que Salomé limite l'impact même si la mise en scène en fait un voyeur sadique et non celui qui a envie du corps de salomé. L'handicap majeur réside dans l'age et le physique alourdi de Nina Stemme (je parle bien entendu par rapport à la gamine de 14/15ans qu'elle est sensée être). Cela rend lourd ses pas lors du "viol" chorégraphié et ses bras commencent à me rappeler ceux de Nilson! (à voir notamment quand elle est tirée par le mouchoir pour le simulacre de fellation)
Une mise en scène pareille achoppera toujours sur un écart dans l'aspect et la crédibilité visuelle.
Et là vient le détail : la robe de Stemme qui exhibait (ou ne masquait pas) certaines formes
Attention Stemme est une femme séduisante mais la mise en scène et notamment cette robe étaient cruelles (la couleur de lune ne fait pas tout)

Par contre vos commentaires me gènent quant à Jochanaan; Je n'ai vraiment pas été convaincu. Si l'impact de son entrée correspond fortement à la volonté de Strauss (sa puissance et sa force correspondent au choc voulu), il perd de sa force face à Salomé. Je n'ai du duo que le souvenir d'elle et des détails hallucinants de ses jeux avec les mots et les notes. Malheureusement la vidéo n'est plus disponible pour profiter d'une deuxième lecture

dongio
Baryton
Baryton
Messages : 1299
Enregistré le : 05 nov. 2006, 00:00
Contact :

Re: Strauss - Salomé - Renes/Jupither - Stockholm - 11-12/20

Message par dongio » 02 janv. 2014, 12:11

Je plussoie avec 'nouveau venu' et le remercie de sa critique constructive, qui (hélas) rejoint mon impression. Elle reste mitigée avec le temps, et plus les jours s'écoulent, plus je reste quelque part sur ma faim. L'enthousiasme absolu que j'avais ressenti lors de la Turandot de la même Stemme sur la même scène il y a quelques mois n'est pas vécu ici. Plus j'y pense, plus effectivement c'est l'adéquation vocale et physique de Nina Stemme qui me gêne, associée à un jeu scénique lourd et effectivement placide (sauf dans les dernières images mais qui sont elles même statiques si on prend en compte la didascalie). Je regrette de dire cela vu l'admiration sans bornes que je vouais à Stemme jusqu'à présent, et où toutes ses incarnations entendues sur scène à ce stade m'avaient transporté (Elsa, Brunnhilde (!!), Isolde (!!!), Turandot). Je ne suis pas obnubilé par le physique des chanteurs, mais force est de constater que dans cet accoutrement, avec cette coiffure, avec ce jeu de scène, "cela ne le fait pas". Pour avoir eu la chance de la côtoyer au cours d'une soirée post Turandot, je confirme que Stemme est une femme extrêmement séduisante et attrayante. Mais attifée comme lors de cette Salomé, dans cette mise en scène, le personnage est lourd et peu concerné. Ce n'est pas de froideur que je parle, c'est d'adéquation au rôle ce soir là.. Raison pour laquelle je disais que j'entendais plus Isolde ou Elektra que Salomé. D'immenses chanteuses aux moyens gigantesques ont abordé Salomé au disque ou sur scène, mais y croyait -on vraiment ? (cf Caballé, cf Jessye Norman, cf même Nilsson). Inge Borgkh au disque c'est inouï mais comment était elle sur scène à l'époque, et l'époque était elle aussi sensible au jeu de scène que nous le sommes de nos jours. Je comprends que Karajan ait attendu si longtemps pour trouver sa Salomé en la personne de la jeune Hildegard Behrens. D'autres chanteuses au format vocal plus réduit (Malfitano ou Huffstodt avec Bondy, Mattila avec Dodin) ont été plus renversantes scéniquement que Stemme. Et pourtant cette dernière était vocalement superlative, bien que la voix m'ait paru à ce stade ci de sa carrière trop épaisse pour le rôle. Quand je lis qu'elle s'intéresse à Desdémone...je suis perplexe. Ceci n'enlève rien à l'admiration que je porte à une artiste majeure de notre temps ou de l'opéra tout court.
D'accord aussi pour la critique de la mise en scène qui à force de symboles ou de transgressions analytiques, rate le propos princeps de l'oeuvre.
Rien à regretter en bloc, soirée de très bon niveau, mais pas l'exceptionnel attendu. Mais maintenant, il serait passionnant de confronter ce souvenir avec la Salomé de Stemme à Zurich. Comment sera-t-elle dans cet autre contexte? Je crois me souvenir que Snobinart ira. J'attends avec impatience ses commentaires. Je ne sais pas si je pourrai y aller, l'année 2014 étant surbookée professionnellement pour moi hélas.

dongio
Baryton
Baryton
Messages : 1299
Enregistré le : 05 nov. 2006, 00:00
Contact :

Re: Strauss - Salomé - Renes/Jupither - Stockholm - 11-12/20

Message par dongio » 02 janv. 2014, 12:20

Et pour plussoyer avec Loïs...J'avais trouvé Jokanaan formidable lors de la représentation. Physiquement bouleversant, vocalement remarquable. Mais la jeunesse et la plastique de l'artiste n'étaient pas en adéquation avec la "force" que dégageait Nina Stemme. La balance entre les rôles n'était pas respectée, comme lorsque l'on voyait Malfitano et Terfel, ou Huffstodt et Van Dam. Je regrette aussi à la réflexion avoir été "trop bien" placé au 7è rang d'orchestre pour cette représentation. La proximité peut être délétère parfois.

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 41 invités