Mozart - Don Giovanni - Ossonce/Thomas - Reims - 11/2013

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Mozart - Don Giovanni - Ossonce/Thomas - Reims - 11/2013

Message par EdeB » 10 nov. 2013, 14:44

Wolfgang Amadeus Mozart : Don Giovanni (1787)
Livret de Lorenzo da Ponte.

Tassis Christoyannis - Don Giovanni
Tomislav Lavoie - Leporello
Omo Bello - Donna Anna
Marianne Fiset - Donna Elvira
Yves Saelens - Don Ottavio
Albane Carrère - Zerlina
Nicolas Certenais - Masetto
Nika Guliashvili - Il Commendatore

Chœurs de l’Ensemble Lyrique Champagne Ardenne
Orchestre de l’Opéra de Reims
Jean-Yves Ossonce, direction musicale.

Oriol Thomas - mise en scène
Laurence Mongeau - décors et costumes
Marc Delamézière - lumières

Grand Théâtre de Reims – 8 novembre 2013


Ce Don Giovanni frais et plein d’énergie nous vient de Tours. L’action se déroule dans un cadre unique, une architecture de marbre gris, tout en escaliers, passerelle et degrés divers, ponctué de plan de parquets géant, dont le point donne à cette architecture très années 70, une respiration façon Vasarely. Aux entrelacs de cette marquèterie, qui illustre ces destins entrecroisés par la faute du « menteur de Séville », répond, en une métaphore visuelle, le passage rapide des nuages amoncelés, projetés en fond de scène, qui « pèsent comme un couvercle », au-delà-de l’arche créée par la passerelle enjambant la scène et creusant les plans de l’action. Ce décor carré mais séduisant, est intelligemment utilisé durant le premier acte, mais s’avère néanmoins moins convainquant au second. Est-ce la faute de ces degrés un peu hauts qui finissent par entraver les évolutions des solistes ? N’étaient les lumières distillées avec sagacité et un impact esthétique immédiat, les différents lieux de l’action seraient moins modulés dans cet espace générique…

Le dramma giocoso se déroule à la fois dans ce lieu miroitant de lumières et dans un espace mental « sans historicité » particulière, comme le souligne le metteur en scène dans sa note d’intention. Les très jolis costumes de Laurence Mongeau déploient des dégradés, gris, bleus et ocre du plus bel effet, couleur qui prend tout son sens au gré des tromperies successives du séducteur. En effet, ses victimes portent sur elles la marque des changements qu’il leur inflige : rouge sang chez les femmes (Zerlina perd sa jupe beige après la tentative de viol de Don Giovanni pour arborer durant le reste du spectacle une mini-jupe rouge) ou encore, cette veste que maître et valet s’échangent au gré des substitutions d’identité. Rouge éclatant encore, la pomme que Don Giovanni ne cesse de croquer, et faire passer de main en main, allusion au fruit de la « connaissance du bien et du mal », savoir dédaigné qui causera la chute de l’aristocrate.

Ce que ce programme iconographique pourrait avoir d’un peu sommaire est enlevé par une pertinente direction d’acteur, d’un réjouissant naturel, qui s’insère dans une tradition librement embrassée. En témoigne un chœur très présent (et très enthousiaste), merveilleusement individualisé (les figures féminines en ombre chinoise, assises sur le parapet, sont tout aussi présentes que les paysannes de la noce de Zerlina ou les servantes émoustillées lutinées par Don Giovanni lors de son ultime repas) ; ainsi que la justesse d’interprétation des protagonistes bien caractérisés, d’une jeunesse alerte qui emporte l’adhésion.

Personnage souvent sacrifié, le Masetto de Nicolas Certenais est d’une virulence réjouissante et d’une présence rustique bien campée. Le paysan trouve ici des accents d’une lucidité déprimante et d’une violence à fleur de peau, grâce à un chant plein d’autorité. Sa Zerlina, Albane Carrère, est une fine mouche trop naïve, qui fait l’essai de sa séduction mais en craint les conséquences. Cette très jolie mezzo charme également par des échappées pleines de hardiesse dans les aigus et par sa malice ingénue.

La Donna Elvira de Marianne Fiset fait irruption comme un coup de tonnerre dans un ciel d’été. Son soprano à la fois clair et charnu est un instrument idéal pour la virulence acharnée de l’épouse abandonnée. Très belle entrée dans « Ah chi mi dice mai… » mais son « Mi tradi… » est moins convaincant, par la faute d’un orchestre qui peine à relancer le discours.

On l’avait découverte en Barbarina à Montpellier en juin 2012. Omo Bello a fait des progrès foudroyant, et est désormais bien plus qu’une très belle promesse. Par son autorité scénique, sa silhouette élégante, son timbre charnu et ses aigus éclatants, elle domine les ensembles des victimes du séducteur. Tant ses récitatifs (admirablement bien conduits) que l’intériorité de son chant contribuent à camper une Donna Anna fière et brisée, sensible et implacable. On ne l’oubliera pas.

Le Don Ottavio d’Yves Saelens s’illustre par un chant musical et raffiné, aux très belles nuances (les pianissimi !) et couleurs, et aux intentions qui soulignent la droiture et la force du personnage. On regrette que son instrument se montre parfois un peu aigre, ce qui dépare un peu la ferveur de l’interprétation.

Le Commendatore de Nika Guliashvili rachète une scène introductive dans laquelle il se montrait un rien engoncé, par une belle présence vocale lors du finale ; regrettons néanmoins l’affadissement de cette figure surnaturelle, par sa démultiplication en démons masqués de paillettes, qui entrainent Don Giovanni vers sa damnation éternelle.

Le Leporello de Tomislav Lavoie pourrait sembler un rien trop aristocratique pour un valet, mais ce serait alors méconnaître l’effet de fascination et de gémellité qui le lie à son employeur. Peur, flagornerie, fascination et un reste de la « sagesse des nations » s’entremêlent pour créer une figure tout aussi passionnante que celle de son maître, servie par un chant subtil et plein de gouaillerie. Un rigolard « air du catalogue » achève d’emporter le morceau (de faisan).

Parmi toute cette jeunesse, le choix de Tassis Christoyannis infléchit la vision de l’œuvre vers une interprétation très XIXe siècle (le créateur du rôle, Luigi Bassi, avait vingt-deux ans…) Ce que ce Don Giovanni n’a plus en juvénilité suicidaire, il le possède en autorité séductrice, par sa morgue ironique et sa force impérieuse. C’est à une remarquable vision du personnage qu’on est conviés, que ce soit dans des récitatifs torsadés et syncopés avec la hâte conquérante du personnage (qui ne s’arrête jamais) ou les éclats somptueux qui jalonnent la course de l’aristocrate jouisseur : « Air du champagne » brillamment enlevé, sérénade négligemment égrenée (soulignant la mécanique de l’artifice), pantomime cruelle séduisant Donna Elvira, promesses fallacieuses à Zerlina… L’affrontement final, joué quasiment expressionniste, nous dévoile un Don Giovanni littéralement tétanisé, qui grossit le trait façon Raimondi des grandes années, mais impressionne une fois de plus par son sens du défi métaphysique.

La vision mozartienne de Jean-Yves Ossonce s’inscrit dans la « grande tradition ». Elle en a les défauts de ses qualités : un manque flagrant d’urgence et de pathos qui laissent la place à un hédonisme sonore, qui s’attarde sur les couleurs, les atmosphères et le liant de la partition. (Notons un pupitre de vents très impliqué et des cordes chatoyantes.) On aurait aimé un peu plus de scansion dramatique, d’angoisse sourde et de frémissement dans cette lecture symphonique, qui, si elle a comblé l’auditoire (qui comportait de très nombreux jeunes spectateurs), n’était pas toujours du théâtre.

Emmanuelle Pesqué
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Re: Mozart - Don Giovanni - Ossonce/Thomas - Reims, 11/2013

Message par quetzal » 11 nov. 2013, 01:31

Merci Emmanuelle , ton commentaire fait remonter la mémoire de ce très bon DG vu à Tours .
Cependant je n'ai pas fait la même analyse de fond , notamment sur la fin de Don Giovanni .
http://www.odb-opera.com/viewtopic.php?p=209998#p209998

Les démons ne sont pas des dédoublements du Commandeur . Ils sont les visions désirantes et mortelles de DG ; bien dans la direction que le metteur en scène questionnait :" En définitive , sa mort est-elle bien réelle , ou n'est-ce qu'une hallucination?"
Il s'agit moins d'une tétanisation ( d'une paralysie ) que d'un spasme .

Il s'agit plus d'une perdition dans l'ivresse que d'un effroi face à lui-même .

C'est vraiment ce qui m'a séduit dans cette perspective : un DG dont enfin l'attraction vers cet embrasement mortel est mu par une sorte de "plus-de-jouir" , et non plus la "justice morale" ( divine) œuvrant au terme du défi .

Toute la texture de cette production est dans cette course , comme tu l'as bien dit et comme Christoyannis l'interprète fort bien , presque ambisexuel dans son maniérisme parfois.

Question : qu'as tu pensé de la peau de castor ? Que peut-on en faire ? :wink:

Bernard
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Re: Mozart - Don Giovanni - Ossonce/Thomas - Reims, 11/2013

Message par JdeB » 11 nov. 2013, 09:40

quetzal a écrit :Merci Emmanuelle , ton commentaire fait remonter la mémoire de ce très bon DG vu à Tours .
Cependant je n'ai pas fait la même analyse de fond , notamment sur la fin de Don Giovanni .
http://www.odb-opera.com/viewtopic.php?p=209998#p209998

Les démons ne sont pas des dédoublements du Commandeur . Ils sont les visions désirantes et mortelles de DG ; bien dans la direction que le metteur en scène questionnait :" En définitive , sa mort est-elle bien réelle , ou n'est-ce qu'une hallucination?"
Il s'agit moins d'une tétanisation ( d'une paralysie ) que d'un spasme .

Il s'agit plus d'une perdition dans l'ivresse que d'un effroi face à lui-même .

C'est vraiment ce qui m'a séduit dans cette perspective : un DG dont enfin l'attraction vers cet embrasement mortel est mu par une sorte de "plus-de-jouir" , et non plus la "justice morale" ( divine) œuvrant au terme du défi .

Toute la texture de cette production est dans cette course , comme tu l'as bien dit et comme Christoyannis l'interprète fort bien , presque ambisexuel dans son maniérisme parfois.

Question : qu'as tu pensé de la peau de castor ? Que peut-on en faire ? :wink:

Bernard
Le castor est à la fois capable d'évoluer sur terre et dans l'eau. (et c'est un clin d'oeil au Canada, patrie du metteur en scène).
Cela rejoint ton analyse sur le côté ambisexuel de ce Don Giovanni qui a des préciosités viriles de toréador et de chanteur de flamenco

La scène du banquet conserve une ambiguité : est-il saoul et/ ou halluciné ?
Le procédé théâtral est bien celui du dédoublement du Commandeur sur le modèle désormais topique des Mephisto du Faust de Lavelli dont la fortune artistique est considérable (cf l'Elektra de Carsen)
Le problème c'est que cela ne fonctionne guère ici (sur le plan théâtral et esthétique) même si on peut toujours en faire des lectures psy pertinentes.

Bien sûr si la direction d'Ossonce était moins BCBG et plus dramatisée, le décor moins Peduzzi revisité et si le jeu du Don Giovanni était moins outrancier dans cette scène, cela aurait plus d'impact.
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Re: Mozart - Don Giovanni - Ossonce/Thomas - Reims, 11/2013

Message par EdeB » 11 nov. 2013, 15:00

quetzal a écrit :Question : qu'as tu pensé de la peau de castor ? Que peut-on en faire ? :wink:

Bernard
Aah, c'était donc du castor ? J'avoue mon ignorance crasse de cette question....
Pas grand chose, en fait, pour moi. J'ai trouvé le geste assez gratuit, et ne rentrant que dans un logique où Don Giovanni "s'adonise" pour séduire une fois de plus.
Mais, sans doute, il y a sous ce geste tout un trésor d'allusion que je n'aurai pas su décrypter...
Je serais ravie d'avoir ton analyse sur ce point précis qui m'a échappé.
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Re: Mozart - Don Giovanni - Ossonce/Thomas - Reims, 11/2013

Message par quetzal » 11 nov. 2013, 15:08

Emmanuelle , Jérôme , je vous reprends sur cette question qui à mes yeux n'est pas anodine : "la question des doubles" .

Ce qui surgit dans la fantasmagorie du II-5 , ce sont des démons masqués , à la façon du carnaval de Venise .

Nullement des démultiplications du Commandeur , nullement des doubles de celui-ci . Pour qu'il y ait double il faut qu'il y ait du même .
Le dédoublement renvoie toujours au même , pas nécessairement à la stricte similarité , mais au même .( le Commandeur n'est ni une figure démoniaque , ni une figure érotisable)

Si vous y voyez une démultiplication ( vous évoquez l'Elektra de Carsen qui est tout à fait autre chose , où le personnage est mis en echo dans la chorégraphie pour lui donner une certaine résonance de façon d'ailleurs bien vaine , mais c'est un autre débat ) , on ne comprendra pas le renversement que tente d'opérer Oriol Thomas .

Les démons masqués à paillettes c'est encore les grimaces de la fête , ce ne sont pas les têtes du surmoi punitif d'un Commandeur qui aurait été transformé en hydre .

C'est bien pourquoi ce spasme mortel de DG , figuré de façon très appuyée , presque grotesque , est une sorte d’ambiguïté entre jouissance et mort .

Par les yeux révulsés de Christoyannis , comme drogué , comme empoisonné par le désir , il nous montre qu'à cet instant DG n'est comme toujours nullement maître de son destin , il ne choisit pas de refuser le repentir ( ce n'est pas une négation émancipatrice , comme l'enfant qui dit "non" à son père ) .

Y'a quelque chose de l'overdose dans tout ça , au finale ça finit mal . Ce n'est plus Carnaval à Venise , c'est Carnaval à Rio toujours au bord du précipice .

Bernard

ps : je crois que l'originalité de cette production réside dans la quasi absence de "défi métaphysique" , ce qui donne un rythme dramatique , une vigueur sans relâche jusqu'au sextuor final.Une sacré fraîcheur et un DG "sans prise de tête" diraient les ados de la famille . :wink:
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Re: Mozart - Don Giovanni - Ossonce/Thomas - Reims, 11/2013

Message par JdeB » 11 nov. 2013, 17:04

quetzal a écrit :Emmanuelle , Jérôme , je vous reprends sur cette question qui à mes yeux n'est pas anodine : "la question des doubles" .

Ce qui surgit dans la fantasmagorie du II-5 , ce sont des démons masqués , à la façon du carnaval de Venise .

Nullement des démultiplications du Commandeur , nullement des doubles de celui-ci . Pour qu'il y ait double il faut qu'il y ait du même .
Mais si, justement, ce que l'on voit ce sont bien des clones du Commandeur ! Et c'est pour cela que c'est raté. Si ces figurants portaient d'autres masques que lui, se différenciaient les uns des autres, ton explication serait valable mais ce n'est pas le cas.

Je pense que tu es parti de la note d'intention pour construire ton raisonnement mais il ne faut tenir compte que de ce que l'on voit sur scène pour juger d'un spectacle.
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Re: Mozart - Don Giovanni - Ossonce/Thomas - Reims, 11/2013

Message par quetzal » 11 nov. 2013, 17:58

JdeB a écrit :
quetzal a écrit :Emmanuelle , Jérôme , je vous reprends sur cette question qui à mes yeux n'est pas anodine : "la question des doubles" .

Ce qui surgit dans la fantasmagorie du II-5 , ce sont des démons masqués , à la façon du carnaval de Venise .

Nullement des démultiplications du Commandeur , nullement des doubles de celui-ci . Pour qu'il y ait double il faut qu'il y ait du même .
Mais si, justement, ce que l'on voit ce sont bien des clones du Commandeur ! Et c'est pour cela que c'est raté. Si ces figurants portaient d'autres masques que lui, se différenciaient les uns des autres, ton explication serait valable mais ce n'est pas le cas.

Je pense que tu es parti de la note d'intention pour construire ton raisonnement mais il ne faut tenir compte que de ce que l'on voit sur scène pour juger d'un spectacle.
Je campe sur mon analyse ,et sur ce que j'ai vu sur scène :wink: ... mais difficile sur ODB , dans une audience aussi restreinte (de spectateurs de ce spectacle) ... de départager nos arguments .

J'inspire ceci dit à ne manier les notions de doubles et de dédoublement qu'avec circonspection , le sujet étant complexe ...ou alors on risque de parler des langues étrangères entre nous .

Deux mots pour terminer : le Commandeur ne peut pas faire surgir des doubles de lui-même.
Il est Loi univoque . Le Commandeur peut commander des chimères , oui , pas des doubles .

La différence est de taille .

Bernard
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Re: Mozart - Don Giovanni - Ossonce/Thomas - Reims, 11/2013

Message par JdeB » 11 nov. 2013, 19:41

Moi j'emploie, bien sûr, la notion de double au sens commun.

Ce n'est pas le Commandeur qui fait surgir des doubles mais le metteur en scène.
Le Commandeur ne peut rien convoquer ni rien provoquer.
Il n'est pas la Loi univoque, il en est juste l'expression.

Je te parle de théâtre, pas d'autres spéculations.

Je ne vois pas pourquoi il faudrait départager des points de vue sur une mise en scène. Nous ne sommes pas dans un tribunal ni dans un débat politique

Jamais sur un forum personne par la force d'un raisonnement abstrait n'a convaincu qui que ce soit.
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Re: Mozart - Don Giovanni - Ossonce/Thomas - Reims, 11/2013

Message par quetzal » 11 nov. 2013, 20:24

"Départager" était un mot pour imager des opinions de spectateurs qui apportent de l'eau au moulin à tel ou tel point de vue ou en apportent d'autres , rien de plus. .. :wink:

Nous sommes tous ici avec nos subjectivités et surtout nos perceptions.
Il est vrai qu'une perception au cours d'un spectacle peut être modifiée voire pervertie par l'émotion : par exemple on croit avoir vu ça alors qu'il fallait voir ça.

Personnellement je vois rarement plusieurs fois le même spectacle et j'en parle tout de suite après car les remaniements de mémoire , je m'en mefie ; d'où l'intérêt de tout ce qui est rapporté sur ODB par les uns et les autres.

Ce Don Giovanni , voilà bien un spectacle que je reverrais , notamment pour mettre au clair mes impressions de Tours et les confronter de façon plus fraîche à votre approche.

Bernard
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