Bach paradiso - C. Mena/Ensemble Zefiro - Ambronay -15/09/13

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Bach paradiso - C. Mena/Ensemble Zefiro - Ambronay -15/09/13

Message par perrine » 23 sept. 2013, 13:27

Bach paradiso

Ensemble Zefiro et Carlos Mena

Dimanche 15 septembre, 17h
Abbaye d’Ambronay


Cet après midi à Ambronay, deux brèves cantates de Bach composées en 1726 pour voix d’alto soliste nous sont proposées par Carlos Mena, accompagné par l’ensemble Zefiro. Les textes de ces deux cantates proviennent des « Gottgefälliges Kirchen-Opffer » de Georg Christian Lehms.

La première (Vergnügte Ruh, beliebte Seelenlust BWV 170, Repos heureux, chère félicité de l’âme) relate du désir du narrateur de trouver la paix dans la mort, comme seule libération possible du pêché terrestre.
Les récitatifs, au texte ‘révolté’ font référence à Satan et à la misère humaine, alors que les aria laissent la place à la recherche du repos de l’âme, à la tristesse ressentie face aux cœurs pervertis et à la hâte de trouver la mort pour accéder à la paix intérieure.
Carlos Mena nous emporte avec lui dans cette quête de libération intérieure grâce à une excellente diction, une intense expressivité dans la voix et dans le visage. Tout en phrasé, en nuance, en coloration de voix s’appliquant à merveille au texte.

La seconde cantate (Geist und Seele wird verwirret BWV 35, L’esprit et l’âme sont confondus) est basée sur ce même principe de deux récitatifs et trois aria, mais inclut également deux Sinfonia pour orgue. Cette oeuvre, encore plus intimiste et spirituelle que la précédente, crée un diptyque avec la cantate BWV 170.
Telle est la hargne envers la condition de pécheur, quelle est la grâce du fidèle, le paradis sur terre auquel il accède par l’adoration et la confiance en Dieu.. Il s’agit là d’une sorte de ‘proclamation de foi’ en musique, menée de manière totalement convaincante, encore une fois, par Carlos Mena, avec des vocalises pleines de reconnaissance et bienveillance. Riche en expressivité, cette cantate est interprétée avec un rythme étincelant et pétillant, qui raconte la joie humaine face à l’œuvre divine (« il dispense en abondance la consolation car il veille chaque jour sur nous »), et l’humilité du croyant dans sa demande d’accès au paradis (« permets moi de remettre bientôt en tes mains ma vie de supplices »).

L’ensemble Zefiro, spécialisé notamment dans un répertoire pour instruments à vent dans la musique de chambre du XVIIIe et XIXe siècles, est bien accordé sur ces tons expressifs. Son interprétation est intimiste et sensible, que ce soit dans les ouvertures de parties du concert (suite pour orchestre n°4 en ré majeur BWV 1069 et Sinfonia de la Cantate Am Abend aber desselbigen Sabbats BWV 42) ou dans l’accompagnement du récitant. L’ensemble respire par un souffle vaste et agréable, comme son nom l’évoque, s’écoute et nous permet passer de l’action au repos intérieur, pour entrer dans une réflexion profonde, soufferte et touchée par la grâce de la musique.

Anna Sconza et Perrine Bergon
Le problème quand on trouve une solution, c\'est qu\'on perd une question.

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