Ian Bostridge-Voyage d'hiver-TCE-16/02/2005

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Message par tuano » 18 févr. 2005, 11:26

N'est-ce pas normal de ne pas donner de bis après un long cycle de Lieder qui constitue le programme unique de la soirée ? C'est comme après un opéra en version de concert, on n'espère pas qu'il y aura un bis. Ce n'était pas un "récital DE Bostridge" mais la belle Meunière interprétée par Bostridge. Ne pas donner de bis peut aussi être considéré comme une manière de na pas se mettre en avant.
Je crois que c'est Matthias Görne qui avait chanté avec Alfred Brendel il y a quelques saisons au Châtelet un cycle de Lieder de Schubert et qui n'avait pas chanté le dernier Lied... afin de le donner en bis !

Quant à Hélène Grimaud... elle est très belle mais il faudrait qu'elle arrête les séances photos dans des poses lascives pour ses pochettes de disques !

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Tom
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Message par Tom » 18 févr. 2005, 11:38

Rameau a écrit : On peut regretter in fine l'absence de bis, comme d'ailleurs après le récital d'Hélène Grimaud quelques jours auparavant -sauf que pour Bostridge le public n'a pas hué à la fin des applaudissements pour exprimer son mécontentement, l'investissement de notre spécialiste de la sorcellerie de l'époque moderne n'ayant rien à voir avec le côté "tournée promo du disque Universal" de l'amie des loups...
L'absence de bis après Schöne Müllerin ne me surprend pas. J'avais assisté à ce cycle interprété par Michael Schade, et il avait prévenu le public avant de commencer, qu'il ne ferait pas de bis, vu que l'oeuvre est un cycle, et donc une seule oeuvre, il ne se voyait pas chantant d'autres lieder, ou même des airs d'opéra après, pour la cohérence du spectacle. J'avais trouvé l'argument bon, et l'absence de bis ne m'avait finalement pas dérangé, d'autant moins que le récital était exceptionnel. Il était accompagné par Malcolm Martineau, et cette Belle Meunière restera longtemps dans ma mémoire pour m'avoir révélé les finesses et les subtilités d'un cycle qui m'avait longtemps paru un peu mièvre en comparaison de Winterreise ou Schwanengesang. Si Fritz Wunderlich portait merveilleusement bien son nom, Michael Schade, porte (et c'est pas dommage) bien mal le sien!

Quant à Goerne, ca devait être Schwanengesang, car le dernier lied de Schwanengesang n'est pas systématiquement donné - la notion de cycle est de toute facon moins evidente pour le chant du cygne. Ce lied a été rajouté au cycle parès la mort de Schubert, il me semble, et l'idée de le donner en bis peut être un bon compromis...

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Re: Bostridge au TCE

Message par lachlan » 18 févr. 2005, 12:18

Golaud a écrit :
RuggeroRaimondi a écrit :il a chanté hier soir la Belle Meunière de Schubert. je n'arrive pas à me faire un avis définitif
C'est bien symptomatique de tout ce que fait Bostridge ! On ne peut pas le critiquer vocalement (timbre de rêve, parfaite maîtrise technique) donc on cherche autre chose !Ses interprétations sont toujours un peu "dérangeantes", surtout dans ce genre de répertoire. Certains les jugent maniérées, d'autres sont agacés par la prédominance accordée au texte... Pour ma part (et je ne suis pas le seul :wink: ), j'ai trouvé qu'il "disait" ces poèmes de Mûller avec une rare intelligence et qu'il avait réellement abordé l'oeuvre comme un cycle avec une vraie gradation psychologique.
Et puis, qui d'autres que lui peut se permettre de tels pianissimi (les derniers lieder) sans casser la phrase ni détimbrer ?
Je suis tout à ma joie de lire une analyse qui est objective et réellement pertinente! Ian ne fait pas les beaux jours d'ODB qui lui préfèrent des voix plus "abruptes"... Pour ma part, je suis fan de cette stylisation du chant qui confine certes jusqu'au manièrisme mais arrêtons de penser que ce maniérisme est une tare. Bien au contraire, il peut dans le texte comme dans sa musicalité intrinsèque lui apporter une volupté inconnue. Ces pianissimi sont incomparable, sa diction allemande superlative, ses phrasés d'une rare onctusosité et son élocution en générale empreinte d'une subtile élégance. Il ne faut pas chercher par exemple un ténor verdien là il n'y a que du Mozart. Je veux dire que quel que soit nos préférences en matière de style, rendons grâce à ce type de ténor, même si sa préciosité peut dérangé, qui accompli avec justesse (et le mot n'est pas galvaudé) un répertoire où bcp d'autres étoiles sont autrement plus pâles.

Je suis un peu sur la défensive car j'appréhendais les colibets de certains Odbiens et leurs récriminations récurrentes sans pour autant disposer de la finesse analytique pour leur opposer ma sensibilité.

Ian est un grand artiste, sensible et merveilleusement impliqué. Un timbre d'une douceur qui n'a rien de doucereuse, une voix capiteuse qui ne verse jamais dans le pathos. En un mot, c'est un gentleman digne (dans un autre registre) d'un Alfedo Kraus.

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Message par Friedmund » 18 févr. 2005, 12:24

tuano a écrit :N'est-ce pas normal de ne pas donner de bis après un long cycle de Lieder qui constitue le programme unique de la soirée ? C'est comme après un opéra en version de concert, on n'espère pas qu'il y aura un bis. Ce n'était pas un "récital DE Bostridge" mais la belle Meunière interprétée par Bostridge. Ne pas donner de bis peut aussi être considéré comme une manière de na pas se mettre en avant.
A titre personnel, je pense même qu'un bis à l'issue de Schone Mullerin ou Winterreise serait une faute de goût et gacherait la soirée. Je veux pouvoir sortir d'un cycle schubertien en étant encore sous l'emprise de la progression dramatique et émotionnelle du cycle.

Le cas de Schwanengesang qui n'est pas un cycle mais plus un recueil post-mortem sans progression propre est un peu différent.

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Re: Bostridge au TCE

Message par Friedmund » 18 févr. 2005, 12:30

lachlan a écrit :Je suis tout à ma joie de lire une analyse qui est objective et réellement pertinente! Ian ne fait pas les beaux jours d'ODB qui lui préfèrent des voix plus "abruptes"... Pour ma part, je suis fan de cette stylisation du chant qui confine certes jusqu'au manièrisme mais arrêtons de penser que ce maniérisme est une tare. Bien au contraire, il peut dans le texte comme dans sa musicalité intrinsèque lui apporter une volupté inconnue. Ces pianissimi sont incomparable, sa diction allemande superlative, ses phrasés d'une rare onctusosité et son élocution en générale empreinte d'une subtile élégance. Il ne faut pas chercher par exemple un ténor verdien là il n'y a que du Mozart. Je veux dire que quel que soit nos préférences en matière de style, rendons grâce à ce type de ténor, même si sa préciosité peut dérangé, qui accompli avec justesse (et le mot n'est pas galvaudé) un répertoire où bcp d'autres étoiles sont autrement plus pâles.
Je suis à compter aussi au nombre des admirateurs de Bostridge. Et puis tout le prix d'aimer les voix est d'avoir des interprétations différentes des mêmes choses: la vie de mélomane serait moins belle si nous vivions systématiquement avec LA référence et LA référence uniquement.

Son enregistrement de "Ich habe genug" fait partie des must absolus de ma discothèque, quoi qu'en ait pensé la critique. La pureté de la voix et du style fait un écho d'une sensibilité extrême à la flûte de la version pour ténor. Difficile aussi d'oublier son évangéliste.

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Message par Golaud » 18 févr. 2005, 13:22

tuano a écrit :
Rameau a écrit :Ce qui est bien avec ce concert est que j'aurais pu écrire un compte-rendu avant même d'y aller (je devrais le faire, ça peut dans certains cas devenir très drôle).
Oui mais tu es sur un forum d'amateurs.
Peut-être si un jour tu deviens critique pour la presse, tu t'y mettras !
Certains critiques écrivent leurs articles sans assister au concert, ça revient à peu près au même, non ?

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Message par tuano » 18 févr. 2005, 13:29

Oui parce que de toute façon, ils ne laissent jamais surprendre. Ils savent à l'avance qui ils vont aimer et qui ils vont détester.

Ça aurait été sympa que Ian Bostridge chante Nessun dorma en bis, non ?

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Re: Bostridge au TCE

Message par Golaud » 18 févr. 2005, 13:34

lachlan a écrit : Je suis tout à ma joie de lire une analyse qui est objective et réellement pertinente!
Je n'en demandais pas tant ...
lachlan a écrit : Ian est un grand artiste, sensible et merveilleusement impliqué. Un timbre d'une douceur qui n'a rien de doucereuse, une voix capiteuse qui ne verse jamais dans le pathos. En un mot, c'est un gentleman digne (dans un autre registre) d'un Alfedo Kraus.
Alors là, je ne peux que te renvoyer le compliment !! :wink:

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Message par Friedmund » 18 févr. 2005, 13:35

tuano a écrit :Ça aurait été sympa que Ian Bostridge chante Nessun dorma en bis, non ?
Dans le cadre d'une passion de Bach au Stade de France avec Bocelli, ca serait idéal :P :P :P :P :P

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Message par tuano » 18 févr. 2005, 14:02

Je l'ai déjà dit : Nessun dorma ! (ce qui est un miracle après un cycle de Schubert...)

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