Wagner - Tristan und Isolde - Chung - vc - Pleyel - 13/10/12

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philippe78
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Message par philippe78 » 14 oct. 2012, 16:05

PS à mon message de tout à l heure

j avais oublié de dire que le Liebestod de W.Meyer devant la vidéo de Viola était sans doute à mon ressenti dans ma subjectivité selon mon opinion ( ouf que de pincettes ) beaucoup plus émouvant que celui d'hier soir..
question d orchestre
de chef
de mise en scène sans doute


re PS ok avec Q .
le respect de l'autre dans l'écoute de l'oeuvre ne passe pas par le déguisement
( heureusement j étais en costume gris et pas noir hier...)
mais par l'ouverture des yeux des oreilles et du coeur essentiellement et par la fermeture du téléphone et de la bouche surtout

rereps
merci de m avoir rappelé qu'il fallait que j'aille au grand palais avant qu'il y ait trop de monde....

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Bernard C
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Message par Bernard C » 14 oct. 2012, 16:17

philipppe a écrit :
quetzal a écrit :


C'est très juste et comme toi je trouve ce personnage exaltant , la fraîcheur d'une Isolde furieuse puis heureuse d'aimer .

et puis ces incroyables couleurs , par exemple dans le I,3
schmerzlich bitter ( "Wie lenkt'er sicher den Kiel zu König Markes Land ?")
avant d'altérer furieusement la voix pour respecter l'indication grell und hefitg(/i]("Den Zins ihm auszuzahlen, den er aus Irland zog!")



ça s'est incroyable

et l’inouïe puissance du "Fluch dir, Verruchter" , on n'a tout de même pas entendu ça depuis Nilsson .

--


Oui suis d'accord les imprécations initiales étaient fabuleuses, je ne les ai jamais
entendues comme cela; en revanche un peu en retrait sur "er sah mich in Den Augen" où il n'y avait pas le legato et le piano sublime que j'aime et que je par exemple Price fait miraculeusement dans son enregistrement, et que Meier fait certains soir d'une façon bouleversante.
Plus encore que la Liebestod j'ai trouvé sublime sa première déploration devant le corps mort de Tristan " nur eine Stunde".


Je suis aussi d'accord sur ce dernier point .

On parle beaucoup de W. Meier que j'ai entendue à plusieurs reprises ( jamais en concert ) .
Je considère que W. Meier ( que j'adore ) et qui pour moi reste la plus grande des Brangäne , n'a jamais eu la voix pour chanter la partition d'Isolde .
Ceci dit son génie théatral , le charme de sa voix , son timbre , la volupté qu'elle met dans le personnage d'Isolde est incomparable .
Même dans sa dernière représentation à NY où la voix n'avait absolument pas les ressources raisonnables , elle est restée émouvante .

Donc je suis toujours ému par cette magnifique chanteuse , mais elle n'est pour moi absolument pas une Isolde vocalement ; ce type d'Isolde a , je crois été justement ouvert par l'enregistrement de Margaret Price , enregistrement que j'ai aussi adoré , fabriquant une rupture avec l'Isolde de Nilsson qui dominait l'esthétique du rôle .

Stemme revient comme très grande voix wagnérienne et c'est en cela que je crois elle est unique . Mais je conçois qu'on puisse préférer une voix plus "chaleureuse" comme W.Meier ( j'ai eu cette discussion avec des inconnus hier soir dans le métro entre Etoile et Raspail ) .

Je redis qu'il faut juger Nina Stemme et son Isolde sur la scène d'un théatre ( idem pour sa Brünnhilde) . Elle va venir je crois à Paris pour Minnie ( la Fanciulla). Je suis certain que nombreux vont découvrir le moelleux qui a pu manquer parfois dans l'Isolde du concert de hier soir .

---

philipppe
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Message par philipppe » 14 oct. 2012, 16:25

Je suis d'accord aussi ! Meier a des sortilèges en scène qui sont indicibles, elle a été ma première Isolde, et je garde des sons et des mots en tête qui sont inoubliables.

Et c'est vrai que Stemme là est unique et immense, et je n'ai pas trouvé qu'il s'agissait d'une voix froide comme entendu hier à la sortie de Pleyel.

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Message par Snobinart » 14 oct. 2012, 16:47

Oui et tu signalais à juste titre la première déploration, extrêmement émouvante.

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Message par meteosat » 14 oct. 2012, 17:25

Snobinart a écrit :C'étaient vous les 3 zazous excités que je voyais du 1er balcon ;-)
Non j'étais plus à gauche mais je les ai entendus ! :-)

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Message par Leyla » 14 oct. 2012, 20:12

quetzal a écrit :
Leyla a écrit :(...)
Quant au public, je trouve regrettable qu'il soit en jeans. Assister à un concert, à un opéra, c'est une cérémonie (rien à voir avec la "mondanité") qui n'est pas à mettre sur le même plan qu'une balade à la campagne.
Respecter l'opéra et la musique ce n'est pas aller à la messe le dimanche ou se montrer au balcon , ou faire cocktail à l'entracte , ou exposer ses bijoux en montant les marches .

ça c'est autre chose qui ne m’intéresse absolument pas .

La cérémonie du spectacle est intérieure .
Certains connards en habits noirs et en robe plus ou moins "habillée" me sont insupportables quand sous l'apparence de la solennité du moment ils manifestent la plus grande des vulgarités par leur babillement idiot , leur arrivée en retard , les bruits de leur corps pendant la musique , leur ennui pendant le II acte parce qu'il n'y a pas "assez d'action" , leur ricanement bruyant etc...

La cérémonie , c'est l’extrême concentration qu'on met à cet instant attendu , précieux entre tous , cette attente sacrée de ce vrai moment de bonheur , ce respect pour l'artiste même défaillant , cette respiration suspendue pour que rien n'altère l'harmonie offerte .

ça c'est la cérémonie du concert ou du spectacle de l'art .

C'est le silence devant " Nighhawks" de Hopper et peu importe que j'aie ma chemise blanche déboutonnée et mes jeans bleus délavés , et que Goerne semble ne pas s'être rasé depuis 3 jours et que Kurwenal porte des slim pants en baryton allemand contemporain qu'il est .

Et si Stemme a besoin de boire son 1/2 vitel pour que son gosier puisse être hydraté ( ce qu'elle ferait dans un spectacle dans les coulisses ) c'est parfait .

Et comme c'est une "jeune" Isolde , si héroïque mais si humaine , et bien ça colle parfaitement . En tout cas moi j'aime ça .

Bien plus que les "divas" bien brunchées et bien lisses .

question de style , chacun ses goûts hein !

--
Je suis entièrement d'accord avec toi pour la "cérémonie intérieure", mais pas pour le reste, qui pour moi va de pair, y compris devant Hopper que j'aime autant que toi. Il ne s'agit pas de bijoux ou de smocking, mais encore une fois de tenue qui est aussi un signe de respect. D'ailleurs, Nina Stemme n'est pas venue en jeans, non ? Et pourquoi Marke et Melot étaient-ils habillés comme ils l'étaient, parfaitement ? Je ne parle pas non plus de brushing et surtout pas de "lisse" : ta réponse vire à la caricature. Fischer-Dieskau ou Hampson n'étaient pas plus "lisses" ou moins recueillis que Goerne, Callas, Nilsson ou Gencer pas plus que Stemme, et ils se présentaient autrement. D'autre part, il est évidemment erroné de dire que Stemme aurait bu dans les coulisses en plein milieu d'une scène !!! Imagine-t-on certaine Imogene, en janvier 1959 à Carnegie Hall, buvant au goulot pendant que son partenaire chante sa réplique ? Non, elle, en concert comme au théâtre, elle était présente à chaque seconde.
"Chacun ses goûts", oui...

Verdiprati
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Message par Verdiprati » 15 oct. 2012, 03:20

Globalement c’était une excellente soirée.

Stemme a une voix bien solide pour chanter Isolde, et surtout elle ne manque pas de souplesse et de nuance ! Intonation toujours précise, aigu généreux et naturel, vibrato parfaitement maîtrisé. Sublime !
Elle est ma 11ème Isolde, et elle est la meilleure avec Meier de 2000 et de 2005, elle surpasse Jones de 1986 et Behrens de 1989.
Contrairement à Stemme, Meier est une cantatrice très insatable pour son état vocal dès ses débuts. Son Isolde de 1993 ( sa prise de rôle ) et de 2001 était décevante, et après 2008 elle en net déclin.
Ce qui m’a étonné, c’est que Stemme est plus à l’aise en Isolde qu’en Sieglinde. Et elle y était aussi à l’aise qu’en Elisabeth ( à Zurich, non à Bastille ), et plus à l’aise qu’en Brünnhilde de Walkyrie et de Siegfried.

Franz est honorable malgré son état vocal, il était particulièrement en difficulté pour chanter piano, et je ne suis pas sûr si c’est uniquement à cause de sa maladie...
Très bon Kurwenal de Roth avec chaque inflexion bien mise en relief.
Incarnation véhémente de Connolly en Brangäne qui malencontreusement ne manque pas de forcer par endroits.
Rose était bon Marke, mais on connaît beaucoup d’autres chanteurs plus marquants pour la profondeur d’émotion comme Adam en tête.

Je suis bien content que Chung soit remplacé par Franck, du fait que le second acte de Tristan que le premier a dirigé à Châtelet en 2002 était loin d’être convaincant.
Franck a réussi à tirer la sonorité germanque et substantielle de l‘orchestre.
J’ai plutôt aimé sa lecture franche et fluide, bien que je lui veuille plus de sens de coloris.
On pourrait tout à fait le préférer à Barenboim ou à Nelsons qui sont beaucoup plus flamboyants avec leur fluctuation de tempo et dynamique contrastée.

Applaudissements tonnaires avant l’évaporation du dernier accord.
5 secondes de silence qu’on observe le plus souvent en Allemagne ne sont jamais respectées ici même après la neuvième de Mahler ou la Passion selon St. Matthieu, sans que le public et le presse s’émeuvent particulièrement.
On peut voir la grimace de Barenboim à la Scala à la fin de Liebestod...
Le postlude de Donizetti effacée par l’applaudissement me gêne beaucoup moins, bien que je préfère attendre la fin pour applaudir.
Qu’en pensez-vous?

Sur le disque, mon Isolde préférée est de loin Varnay, que je trouve à la fois puissante et svelte, nuancée, intelligente, et moderne.
Quelqu’un a-t-il l‘entendue sur la scène dans les rôles wagnériens sopranos?
Il paraît qu’elle a chanté Isolde à Paris et Nice...

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lautromi
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Message par lautromi » 15 oct. 2012, 08:30

Très bonne soirée, bien relatée ci dessus.
J'ai été aussi agacé par les applaudissements avant la fin du dernier accord.
Dans mon souvenir, ce silence avait été respecté en mars dernier au TCE.

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Bernard C
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Message par Bernard C » 15 oct. 2012, 08:34

Verdiprati a écrit :Globalement c’était une excellente soirée.

Stemme a une voix bien solide pour chanter Isolde, et surtout elle ne manque pas de souplesse et de nuance ! Intonation toujours précise, aigu généreux et naturel, vibrato parfaitement maîtrisé. Sublime !
Elle est ma 11ème Isolde, et elle est la meilleure avec Meier de 2000 et de 2005, elle surpasse Jones de 1986 et Behrens de 1989.
Contrairement à Stemme, Meier est une cantatrice très insatable pour son état vocal dès ses débuts. Son Isolde de 1993 ( sa prise de rôle ) et de 2001 était décevante, et après 2008 elle en net déclin.
Ce qui m’a étonné, c’est que Stemme est plus à l’aise en Isolde qu’en Sieglinde. Et elle y était aussi à l’aise qu’en Elisabeth ( à Zurich, non à Bastille ), et plus à l’aise qu’en Brünnhilde de Walkyrie et de Siegfried.

Franz est honorable malgré son état vocal, il était particulièrement en difficulté pour chanter piano, et je ne suis pas sûr si c’est uniquement à cause de sa maladie...
Très bon Kurwenal de Roth avec chaque inflexion bien mise en relief.
Incarnation véhémente de Connolly en Brangäne qui malencontreusement ne manque pas de forcer par endroits.
Rose était bon Marke, mais on connaît beaucoup d’autres chanteurs plus marquants pour la profondeur d’émotion comme Adam en tête.

Je suis bien content que Chung soit remplacé par Franck, du fait que le second acte de Tristan que le premier a dirigé à Châtelet en 2002 était loin d’être convaincant.
Franck a réussi à tirer la sonorité germanque et substantielle de l‘orchestre.
J’ai plutôt aimé sa lecture franche et fluide, bien que je lui veuille plus de sens de coloris.
On pourrait tout à fait le préférer à Barenboim ou à Nelsons qui sont beaucoup plus flamboyants avec leur fluctuation de tempo et dynamique contrastée.

Applaudissements tonnaires avant l’évaporation du dernier accord.
5 secondes de silence qu’on observe le plus souvent en Allemagne ne sont jamais respectées ici même après la neuvième de Mahler ou la Passion selon St. Matthieu, sans que le public et le presse s’émeuvent particulièrement.
On peut voir la grimace de Barenboim à la Scala à la fin de Liebestod...
http://www.youtube.com/watch?v=oOGs8TtnwoI
Le postlude de Donizetti effacée par l’applaudissement me gêne beaucoup moins, bien que je préfère attendre la fin pour applaudir.
Qu’en pensez-vous?

(...)
Bonjour

Il y a deux ou 3 points qui m'étonnent un peu dans vos appréciations .Peut être cela vient-il du fait que nous n'avons pas entendu les mêmes choses .

La Sieglinde de Stemme à Vienne fut légendaire , d'une folle luminosité et avec une passion hallucinée .

Sa Brünnhilde de Walküre , Siegfried et Götterdämmerung à San Francisco dès sa prise de rôle furent d'une maîtrise totale , d'emblée d'anthologie . Peut être quelques prestations en Europe qui ont suivi ces prestations ont montré des signes de fatigue ? ( je ne sais pas ,car je n'ai vu que les premières représentations américaines) .

Quant à cette Isolde elle n'est pas récente . Dès 2004 elle était en place d'une façon mémorable , avec certes une voix moins énergique mais avec une maîtrise technique et stylistique déjà exemplaire .

Mais tout cela est un peu aléatoire , car je vous concède bien volontiers qu'une représentation n'est pas pleinement reproductible et qu'on peut avoir une artiste qui chante mieux un soir qu'un autre .

Pour ce qui concerne Pleyel , sur les applaudissements , je suis un peu surpris , parce que précisément , j'ai apprécié le silence total qui a régné après la dernière note ; et on pouvait noter la timidité des applaudissements des premières secondes tant le public était subjugué . Il n'a explosé que dans un second temps , mais à aucun moment le moindre bruit n'a touché la dernière note de musique .

Le temps était suspendu . J'imagine ne pas être le seul à avoir apprécié cette suspension des respirations du public au final de Tristan du concert de Pleyel (?)

bien à vous

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Snobinart
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Message par Snobinart » 15 oct. 2012, 08:39

Je me suis fait la même remarque oui. J'ai trouvé les applaudissement presque gênés au départ avant qu'ils n'explosent vraiment par la suite.

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