Wagner - Tristan und Isolde - Chung - vc - Pleyel - 13/10/12

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pingpangpong
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Re: Wagner - Tristan und Isolde - Chung - vc - Pleyel - 13/1

Message par pingpangpong » 14 oct. 2012, 07:33

quetzal a écrit :

Le travail du larynx est spectaculaire , le placement du thorax , l'élargissement des épaules , les mouvements du diaphragmes sont visibles . Le cou gonfle , les vaisseaux turgescents , les mâchoires inférieures subissent de puissantes forces ( spécialement chez Nilsson et Sutherland ) parfois elles subissent un déplacement latéral qui déforme la bouche , enlaidissant l'expression .

Les orbites subissent cette tension . Quand comme chez Stemme il préexiste un légère exophtalmie , lors des notes de grande puissance le regard tend à se figer et les globes à s'exorbiter . Mais c'est le fait de nombreux chanteurs wagnériens majeurs ( par exemple chez Jones )

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Oui ben...je crois que Hulk peut aller se rhabiller ! :dizzy:
Enfin elle avait fini ; nous poussâmes un gros soupir d'applaudissements !
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Message par genoveva » 14 oct. 2012, 08:19

Réécoute sur le site de France-Musique (merci pour la diffusion en direct) pendant une semaine à partir de lundi !

meteosat
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Message par meteosat » 14 oct. 2012, 08:37

J'étais hier soir au 1er rang (qui sont des places de 3e catégorie) et je me suis finalement retrouvé pratiquement devant Stemme toute la représentation, je peux vous dire que j'en ai encore des frissons. Je ne sais pas comment ma voisine a fait pour s'endormir (et ronfler) pendant le 2e acte.

Par contre Christian Franz avait l'air vraiment mal en point il n'arrêtait pas de tousser, de prendre des pastilles pour la gorge (d'ailleurs il chantait directement après, comment est-ce possible ?).

Mis à part ces anecdotes, une superbe soirée. Sarah Connolly indique sur twitter qu'elle attend avec impatience la version scénique "en 2014", à Vienne ?

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Message par Bernard C » 14 oct. 2012, 08:52

meteosat a écrit :J'étais hier soir au 1er rang (qui sont des places de 3e catégorie) et je me suis finalement retrouvé pratiquement devant Stemme toute la représentation, je peux vous dire que j'en ai encore des frissons. Je ne sais pas comment ma voisine a fait pour s'endormir (et ronfler) pendant le 2e acte.

Par contre Christian Franz avait l'air vraiment mal en point il n'arrêtait pas de tousser, de prendre des pastilles pour la gorge (d'ailleurs il chantait directement après, comment est-ce possible ?).

Mis à part ces anecdotes, une superbe soirée. Sarah Connolly indique sur twitter qu'elle attend avec impatience la version scénique "en 2014", à Vienne ?
donc pile devant moi (au 3 rang sur l'alignement de N.Stemme ) :wink:

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Message par Christopher » 14 oct. 2012, 09:02

et pas loin de moi aussi, au premier rang sur le côté droit.

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Message par pingpangpong » 14 oct. 2012, 09:15

Euh ! désolé, je me suis contenté du rang W en fond de parterre; mais l'essentiel c'était d'y être, non.
La semaine dernière je m'étais replacé comme meteosat (au passage voilà un pseudo original) juste à 2m50 de Gergiev.J'en ai eu mal au crâne durant deux jours et j'ai regretté mon fauteuil du 2ème balcon de côté, même si ça m'a permis de constater qu'il dirigeait avec un cure-dent.( voir ici modules.php?name=Forums&file=viewtopic&t=11653 ).
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Message par Snobinart » 14 oct. 2012, 09:22

C'étaient vous les 3 zazous excités que je voyais du 1er balcon ;-)

Stemme ne chante-t-elle pas Idolde déjà a Vienne en mai/juin prochain ? (Mise en scène de McVicar si je me souviens bien, je crois à avoir demandé des places sans trop y croire)

Je sors ébloui de cette représentation, même si je regrette la santé de Tristan. Du premier balcon on aurait dit qu'il marquait le rôle plus qu'il ne le chantait. Ce 3ème acte quelle angoisse pour un chanteur.

Je suis beaucoup plus partagé que vous sur certains choix du chef. Je l'ai trouve très mauvais dans le II, notamment sur le duo d'amour, très brouillon entre les pupitres.

Stemme m'a cette fois totalement conquis : j'ai hâte de la voir en Turandot a Stockholm et je croise les doigts pour Vienne !!!

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Message par Philippes » 14 oct. 2012, 11:31

Christopher a écrit :et pas loin de moi aussi, au premier rang sur le côté droit.
Moi au 3ème rang sur le côté gauche !

Christian Franz était vraiment malade : il a d'ailleurs fait appel au médecin de garde au 2ème entracte. Cela rend d'autant plus admirable sa prestation (je suis entièrement d'accord avec quetzal sur ce sujet).
Ce que je reprocherai à Mikko Franck au IIe acte, c'est surtout la grosse coupure dans le duo (malheureusement assez fréquente) : cela dit, il n'est pas certain que Ch. Franz ait pu supporter les "dem Tage", vu son état. Sinon bel orchestre et belle direction (le prélude du 3ème acte venu des profondeurs)

Quant à Nina Stemme, les mots manquent pour décrire ce qu'elle nous a donné : ce n'est pas la Mort d'Isolde qu'elle a chantée, mais véritablement sa Transfiguration. Époustouflant et bouleversant de bout en bout.

philippe78
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Message par philippe78 » 14 oct. 2012, 11:49

bonjour
juste quelques mots car je suis encore bien épuisé ce matin après cette soirée..
tout d 'abord côté mondanités j étais au rang C de l orchestre donc l alignement parfait pour profiter du spectacle , 3 rangs juste devant moi quetzal et 5 rangs devant dans l alignement parfait Stemme
sur quetzal tout d 'abord je suis ravi de voir qu' à côté de l'aspect cérébral , documenté, brillant de ses ruborqies ici il sait vivre de manière émotionnelle le spectacle ( se lever, crier bravo ..)
bon j avoue j ai pas eu le courage de l aborder aux entractes..
( ps je sais j'ai un style un peu ironique parfois et violent ici mais c'est pour cacher une ceretaine timidité )


sur le spectacle
vous savez que je laisse les commentaires techniques aux autres ici
donc sur le plan purement émotionnel ( et forcément subjectif!!!) je dirai (
en untilsant des images

j avais dit en parlant de Goerne mercredi ' présent à nous et ailleurs '
là je dirai en parlant de Stemme pour la différencier des autres ( qui furent loin de démériter hier...)
que si les autres chanteurs pensent leur musique, leur chant ( donc un aspect de ' superfiacibilité ' , llisse pas très varié dans leurs visages ... relatif bien sûr)
pour elle le chant vient de l'intérieur
c'est venu des profondeurs de son être une incandescence, une nécessité qui cherchent à s'extérioriser
c'est quelque chose qu'elle nous offre, qui la dépasse
en fait j 'ai bien aimé la description physiologique de Quetzal car j 'ai ressenti la même chose
en fait il nous a décrit un accouchement, une femme qui doit mettre au monde une vie
la vie ici c 'est le chant

et au fond de nous quand on nous offre celà, inconsciemment nous nous sentons tous pères
immensément et nous remercions celle qui nous l'offre

que dire des autres
Tristan était bien malade , au 3éme acte il a survécu à grands renforts d'eau et de pastilles
dans ces conditions quel mérite
mais surtout pour tous les autres..
comment affronter un tel météorite Stemme
celà induit émotion et humilité
mais aussi après prise de marques celà peut induire transcendance de ses propres capacités ( et sincérement Brangaine a très très bien tié son épingle de tout celà )

bon maintenant les choses qui fachent..
un opéra ( même vc ) c est un spectacle total
et là..
je n'ai guère apprécié le chef ( l orchestre?) pour employer un euphémisme
quel manque de nuances
que de passages en force
que de pupitres non homogènes ( pour un basson un hautbois super , quelle panique dans les cuivres )

cmment expliquer celà
jeunesse
remplacement tardif
psychologiquement volonté/ nécessité de compenser dans la sur énergie de l'orchetre certains pbs physiques personnels?

peut être aussi le traditionnel pb fosse/scène
comment transposer un travail prévu pour la fosse en travail de scène?

bon bref celà a contribué à ' plomber ' la soirée ( tout est relatif )

j ai compris que pour beaucoup la 'démesure' de Stemme avait induit une sur évaluation des performances connexes ( orchestre, chef )

donc ( pour une fois ) je ne suis pas d accord avec Q.
il ne s agit pas d une soirée d anthologie en termes d appréciation globale ( mais effectivemment celà en est une si on se focalise sur Stemme )
le chateau de BB ( mercredi/jeudi ) était bcp plus homogène en termes de chef/orchestre/équilibre chanteurs

bon voilà je suis sur qu on va encore me prendre pour qqun de bizarre ici

dongio
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Message par dongio » 14 oct. 2012, 12:05

On n'aura eu d'yeux et d'oreilles au cours du prélude du I que pour le chef et l'orchestre. Tassé dans son fauteuil, le geste long, Mikko Frank obtient du Philharmonique de Radio France un son clair et une dynamique rapide qui surprend. Pas de clair obscur, pas de longues phrases suspendues, pas d'aurore boréale mystique auxquels on aurait pu s'attendre et que Kleiber au disque ou, dans la fosse, Salonen, nous avaient fait partager. Le drame avance d'emblée et semble courir vers sa conclusion. Etrange impression, malgré l'excellence des pupitres dans leur ensemble, et le son fondu que le chef obtient de tous les instruments. Version concert se respectant, les solistes assis devant l'orchestre de part et d'autre du chef : Brangaene (Sarah Connolly), Isolde (Nina Stemme), puis Tristan (Christian Franz) et Kurwenal (Detlef Roth). Immobiles, hiératiques , concentrés, mais Tristan tassé, ramassé, déjà frappé.
Le drame avance vite mais soudain, aux dernières mesures du prologue, quelque chose s'anime : l'oeil d'Isolde s'enflamme, le corps prend vie avant que Stemme ne se lève de sa chaise, et Isolde tout entière apparaît soudainement. Le théâtre surgit ainsi de par la volonté physique d'une artiste absolument hors norme, à l'admirable silhouette, et qui va devant nous envahir la scène, la salle, l'espace et s'investir, se consumer devant nous. Il faut dire en effet d'emblée, comme d'autres, comme tant d'autres, l'ahurissante performance de Nina Stemme, le stupéfiant engagement vocal de l'artiste, la crucifiante prise de possession du rôle qu'elle fait sien, qu'elle intègre, et qui la possède entièrement. Qu'aurait été cette soirée si mise en scène il y avait eu, si Stemme avait été intégrée aux passionnantes réflexions de Sellars à Paris ou de Chéreau à Milan ? Il eût sans doute été impossible de se remettre facilement de ce coup de poing vocal et scénique asséné hier soir. L'immensité de la voix, la qualité de la tessiture dans son ensemble, des graves terriens jusqu'aux aigus glorieux, assurés avec une maîtrise rare de nos jours car frappés de pleine masse et de plein fouet, la ligne vocale jamais malmenée mais assurée avec gourmandise et aplomb, tout , absolument tout, fait de cette prestation, de cette incarnation, un moment exceptionnel, rare, et renversant. Faut- il dès lors comparerWaltraud Meier, autre Isolde de légende de ces dernières années, à Nina Stemme ? Fi de cette comparaison, les deux artistes ayant leur génie propre et leurs capacités intrinsèques pour investir les rôles qu'elles visitent. Impossible d'évoquer l'une devant l'autre : la scène était présente avec l'une ,l'engagement physique génial de cette dernière faisant rendre les armes. Mais hier soir l'autre, par l'engagement vocal pur, par le truchement simple de la voix, du regard, du port de tête et du corps, et en l'absence de scène, atteignait des sommets d'émotion identique et où l'oxygène était rare.
Sarah Connolly répondait à cette incarnation avec une magnifique véhémence, et poussant à l'extrême un engagement avec une voix saine, et riche, et habitant les longues phrases du II avec une poésie exemplaire. L'autre immense bonheur de la soirée fut donné par le Roi Marke de Peter Rose : voix sonore, art du phrasé propre à un grand Liedersänger, attention portée à chaque mot, à chaque inflexion de douleur, de colère, de résignation. Stupéfiante incarnation là aussi, même si n'atteignant pas les sommets suffocants où règnaient Kurt Moll au disque, ou l'immense Salminen avec Chéreau qui malgré une voix plus atteinte par les ans, arrivait à l'absolu par le geste, la stature, le regard, l'attitude. Grands bravos aussi au sensible et magnifique Kurwenal de Detlef Roth, humain, compassionnel, fraternel. Applaudissements au Melot de Richard Berkeley-Steele, au Marin et Pascal Bourgeois, au Berger de Christophe Poncet . Et grand, très grand respect au cor anglais, véritable protagoniste éploré du III.
Tristan...on a dit Christian Franz malade hier soir, avalant pilules sur cachets, ceci expliquant l'attitude du chanteur tournant de temps en temps le dos au public. On a dit à quel point la posture du chanteur aura intéressé au I : tassé, ramassé, déjà meurtri, déjà coupable de cet amour que le regard d'Isolde posé sur lui malade aura posé. Et le simple « Was ist ? Isolde ? » sensationnel du I faisait espérer, par la douceur caressante avec laquelle le nom de l'aimée était évoquée après l'effroi de la question, une incarnation mémorable. De beaux, de très beaux moments auront alterné au cours de la soirée avec un chant émis en force, avec une ligne vocale tendue à se rompre, qui auront hélas repoussé à l'arrière dans cette distribution un chanteur honorable qui a le mérite d'assurer crânement dans des conditions difficiles pour lui hier soir ce rôle impossible entre tous. Le sublime duo du II à compter de « O sink hernieder Nacht der Liebe » sera ainsi déséquilibré du fait de Franz incapable d'assurer les longues phrases de pair avec Stemme, et subissant de minimes décalages. Le III le verra en difficultés plus d'une fois, et se réfugiant de façon ponctuelle dans le falsetto ou le Sprechgesang. Rien de déshonorant, tout d'honorable, mais à cause de la maladie, le bémol de la soirée.
On l'aura dit : après un début clair et à mon sens trop allant, Mikko Frank retrouve un discours plus ample, dont la noirceur au prélude du III aura été le point culminant. Trouvant une fluidité remarquable, les pupitres dans leur ensemble auront suivi le drame avec un engagement et une profondeur de son tout à fait sensationnels. Plus qu'un soutien, c'est à une narration orchestrale que l'on aura assisté hier soir, le chef montrant son aptitude à maintenir une ligne tout au long du drame, culminant dans une mort d'Isolde éthérée et pleine de chair, suivant celle que, de toute fraîcheur après les deux longs actes crucifiants qu'elle nous avait offert, Nina Stemme chantait en la culminant sur un « höchste Lust » piano et tenu encore...
Ovations sans fin pour les artistes, applaudissements nourris de l'orchestre pour son chef. Moment wagnérien d'exception, rarement entendu à Paris ces dernières saisons. Sauf pour le Tannhäuser de l'ONP et la Walkyrie du TCE...mais où encore brillait la lumière et l'airain de Nina Stemme l'incomparable.

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