Récital Ciofi/Nucci/Zambelli - TCE - 19/09/2012

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Bernard C
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Récital Ciofi/Nucci/Zambelli - TCE - 19/09/2012

Message par Bernard C » 12 sept. 2012, 16:40


Récital Théatre des Champs Elysées 19 septembre 2012


Patrizia Ciofi soprano
Leo Nucci baryton
Orchestre de chambre de Paris
Marco Zambelli direction


programme prévu :
extraits de
Luisa Miller (Verdi),
Lucia di Lammermoor (Donizetti)
Rigoletto (Verdi)
La Traviata (Verdi)

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raph13
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Message par raph13 » 12 sept. 2012, 16:51

Le programme complet (d'après le site des Grandes Voix):

Luisa Miller
Ouverture

Lucia di Lammermoor
"Ancor non giunse... Regnava nel silenzio… Quando rapito in estasi"

Rigoletto
Prélude
"Pari siamo… Mio padre!"
"Caro nome"
"Cortigiani"
"Tutte le feste… Si, vendetta"

Entracte

La Traviata
Prélude Acte I
"È strano!… Ah, fors’è lui… Sempre libera"
"Di provenza il mar, il suol"
Prélude Acte III
"Madamigella Valery… Dite alla giovine"

En voyant Luisa Miller, j'avais espéré le duo "Andrem, raminghi e poveri" :(
Et il faudra attendre Orange en août 2013 pour avoir le duo Lucia/Enrico!
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Message par JdeB » 13 sept. 2012, 10:09

Et je rappelle que Leo Nucci sera, en solo, à Nîmes le 3 novembre.
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Message par Bernard C » 20 sept. 2012, 16:22

Jolie soirée , Beau moment musical .

Un géant : un grand, un immense Nucci .

Un triomphe pleinement justifié tant ce Rigoletto ( et ce Germont) n'ont pas d'équivalent actuels .

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Message par raph13 » 20 sept. 2012, 16:35

Soirée triomphale hier soir avec un public parisien chauffé à blanc que le bel canto semble sortir de sa torpeur habituelle.

Il faut dire que le duo de chanteurs réunis valait le déplacement.

L'inoxydable Leo Nucci, qui affiche à 70 printemps une insolence vocale à faire pâlir d'envie de nombreux barytons qui n'ont pas la moitié de son âge, n'a pas déçu les spectateurs.
On retrouve quelques défauts soulignés lors du Rigoletto d'Orange: vibrato parfois envahissant, certaines notes attaquées par en dessous et un registre grave parfois faiblard.
A côté de ces réserves, on se demande qui aujourd'hui peut reprendre le flambeau du baryton Verdi avec un éclat et une aisance pareils, couplés à un registre aigu des plus arrogants.
Il est à son meilleur en Rigoletto, le rôle de sa vie, dont il connait les moindres recoins et sait traduire la complexité.
Le récitatif "Pari siamo" est une leçon à lui seul, le baryton réussissant à camper en quelques mesures un personnage à part entière.
Sous nos yeux, le bouffon difforme évolue et passe de la peur à la douceur, des pleurs à la rage au travers d'un chant qui sait être tour à tour survolté ou suppliant; même si on peut sentir poindre ça ou là une certaine routine, bien compréhensible après plus de 450 représentations dans cet opéra.
Germont le trouve quelque peu monolithique mais vocalement impérial, négociant les chausse-trappes dont est parsemée la partition avec une facilité déconcertante.

A ses côtés, on peut dire que Patrizia Ciofi offre son exact contraire: vocalement parfois incertaine mais toujours d'une justesse d'interprétation rare.
On sentait la chanteuse tendue en début de récital, qui voyait le retour de Lucia. L'ovation qui a accueilli l'air du 1er acte a semblé la soulager et immédiatement on l'a retrouvé plus à l'aise.
La cavatine et la cabalette qui suit ont montré quelle coloriste la soprano italienne est, avec une urgence dans le chant et une grande attention apportée au drame qui va se nouer.
La grammaire belcantiste n'a plus de secret pour elle: trilles, ornements et style sont impeccables.
Seul le suraigu est, comme souvent, assez précaire mais ce soir, "passe" relativement bien.
L'air de Gilda est toujours l'occasion de voir sous nos yeux la jeune fille s'éveiller aux délices de l'amour et, si la cadence met un peu à mal la chanteuse, rarement le personnage ne nous est apparu aussi frémissant et délicat.
Le grand air de Violetta nous permet d'admirer une fois de plus l'artiste, au sens véritable du terme, qu'est la Ciofi.
Intelligence du texte, nuances, palette de couleurs, virtuosité: tout s'imbrique pour donner naissance à un véritable instant de théâtre chanté.

Les duos sont l'occasion de retrouver les deux chanteurs dans un répertoire qui n'a plus de secret pour eux et où ils sont pleinement crédibles, tant vocalement que scéniquement.

Le public ne s'y trompe pas et applaudit à tout rompre nos deux protagonistes, réclamant le bis de la "Vendetta" dès l'entracte!
Bis, et même tris ("En souvenir d'Orange!" précise le chef) qu'ils obtiendront à l'issue de ce concert magnifique, qui voit la salle se lever pour les acclamer.

Le seul bémol viendra d'un Orchestre de Chambre de Paris brouillon et qui a du mal à "respirer" à l'unisson avec les chanteurs, Marco Zambelli étant avare de rubati et pas assez attentif.
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Message par PlacidoCarrerotti » 20 sept. 2012, 17:12

Oui, c’était une grande soirée, avec de vrais grands chanteurs (suivez mon regard ….). Personnellement, ce qui m’a le plus scotché, c’était le duo de Traviata. Un pur moment de théâtre.
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Message par pipistrello » 20 sept. 2012, 17:34

C'était la première fois que je les entendais en live et effectivement, c'était une très bonne soirée. J'ai beaucoup aimé Ciofi, notamment dans La traviata.

A l'inverse, j'ai trouvé Nucci mieux dans Rigoletto qu'en Germont. Son "Di provenza il mar il suol" ne m'a franchement pas convaincu. J'imagine que sa prestation serait mieux passée au théatre qu'en récital mais j'ai trouvé que ça manquait un peu de finesse.

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Message par Adalgeesira » 20 sept. 2012, 17:39

PlacidoCarrerotti a écrit : avec de vrais grands chanteurs (suivez mon regard ….).
Est-ce bien nécessaire de tenir ce genre de propos?...

PlacidoCarrerotti a écrit :Personnellement, ce qui m’a le plus scotché, c’était le duo de Traviata. Un pur moment de théâtre.
+1, +1

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Message par PlacidoCarrerotti » 20 sept. 2012, 17:50

Adalgeesira a écrit :
PlacidoCarrerotti a écrit : avec de vrais grands chanteurs (suivez mon regard ….).
Est-ce bien nécessaire de tenir ce genre de propos?...

PlacidoCarrerotti a écrit :Personnellement, ce qui m’a le plus scotché, c’était le duo de Traviata. Un pur moment de théâtre.
+1, +1
C’est un message à destination de ceux qui se satisfont de certaines des distributions actuelles de l’ONP : c’est toujours une question de référentiel …
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Message par abaris » 20 sept. 2012, 20:08

Je n'ai pas assisté à ce concert mais j'ai pu voir Patrizia Ciofi à la Fenice la semaine dernière pour la dernière des quatre représentations de Traviata qu'elle y a données (dans la bien connue et contestable production de l'inévitable Robert Carsen.)

Elle y a été époustouflante vocalement et surtout absolument bouleversante, déchirante.

Une magnifique chanteuse qu'on voit bien trop peu à Paris.

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