Mozart - La clémence de Titus - Langrée - TCE, 25/02/12

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Mozart - La clémence de Titus - Langrée - TCE, 25/02/12

Message par Asvo » 26 févr. 2012, 00:11

La Clémence de Titus
Mozart

Opéra seria en deux actes K. 621 (1791)
Livret de Pietro Metastasio, adapté par Caterino Mazzolà

Louis Langrée direction
Michael Schade Titus
Alice Coote Sextus
Malin Hartelius Vitellia
Rosa Feola Servilia
Christina Daletska Annius
Brindley Sherat Publius
Die Deutsche Kammerphilharmonie Bremen


Une des versions de concert les plus théâtrales que j'ai pu voir au TCE (infiniment plus que la récente représentation de Tosca par exemple). Deux tapis rouges venant du fond de la scène séparaient l'orchestre, permettant aux protagonistes de faire des entrées et sorties de plusieurs endroits différents. Ajoutez à ce dispositif astucieux les nombreux déplacements des chanteurs ainsi qu'un véritable travail dramaturgique et cela donne une VC extrêmement vivante.

Le meilleur ici est que ce théâtre ne servait pas du tout à compenser une quelconque faiblesse musicale : bien au contraire, j'ai été comblé de ce point de vue !

D'une manière générale, étant habitué au Mozart baroqueux, j'ai été surpris par les changements brusques de tempo, allant presque jusqu'au rubato, de Louis Langrée. Mais force est de reconnaître que j'ai adhéré et me suis laissé emporter par son Mozart et par sa direction, très respectueuse des chanteurs. Le finale de l'oeuvre m'a complètement emballé, Langrée arrivant à donner une épaisseur sonore incroyable au Deutsche Kammerphilharmonie Bremen.

S'il fallait que je fasse un reproche à Michael Schade, cela serait d'être trop brillant ; j'attendais par moments un Titus plus mat, moins impulsif, un peu plus sombre. D'un autre côté, quelle vie dans les récitatifs (le bougre m'a fait sursauter à plusieurs reprises). Côté chant, rien à dire, même son air virtuose du deuxième acte, qui fait savonner de nombreux Titus (de nombreus Titi ?), est parfaitement chanté.

En début d'année, je m'étais réservé cette soirée pour voir le Sesto d'Elina Garanca. Celui d'Alice Coote ne souffre clairement pas de la comparaison. Très vivant, très fougeux, parfois pas assez "amoureux aveugle", la ligne vocale et l'engagement sont superbes, le timbre délicieux ; ce n'est pas pour rien que la chanteuse fut la plus acclamée. Je suis content de pouvoir la réentendre l'année prochaine, dans un autre Sesto, celui de Giulio Cesare au Met.

Pourant je crois que Malin Hartelius a eu ma préférence ce soir. Rien que par sa présence, qui transpirait le tempérament de Vitellia, qu'elle a incarnée à la perfection. Jalouse, manipulatrice, mais aussi complètement paumée, nous avons eu droit à toutes les facettes du personnage. L'interprétation était magistrale, presque "belcantiste"(arrêtez-moi si je dis des âneries ! je ne suis vraiment pas sûr de mon terme.) parfois : je parle de ces moments où l'orchestre se taisait et où la chanteuse variait la ligne mélodique. Bien sûr, on fera remarquer les quelques aigus craqués au premier acte : j'aurais étripé mes voisins, qui, après avoir entendu ces aigus ratés, ont presque refusé de l'applaudir...

Les deux rôles secondaires s'accordaient à merveille. L'alliance des voix fraîches et jeunes de Rosa Feola (Servilia) et Christina Daletska (Annius) a donné un couple très crédible. J'ai particulièrement apprécié le jeu de Daletska (et ses yeux, mais c'est une autre histoire :) ).

Enfin, Brindley Sherat s'en est très bien tiré au milieu de toutes ces voix féminines. J'ai particulièrement apprécié de vraiment l'entendre dans les ensembles.

Rien de particulier à dire sur le choeur, qui ne m'a pas déplu.

En somme, une excellente soirée, très bien applaudie d'ailleurs !

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Message par tuano » 26 févr. 2012, 07:28

Je trouve ça normal de ne pas applaudir une chanteuse qui vient de craquer des aigus. Ce n'est pas du tout la même chose que de huer. S'agissait-il d'aigus non écrits (variations) ou de ceux qui étaient dans la partition ? Malin Hartelius est à la base un soprano aigu, j'aurais cru que c'était les graves de Vitellia qui pouvait lui poser problème.

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Message par Ruggero » 26 févr. 2012, 10:27

à moins d'avoir des hallucinations à répétition, j'ai croisé hier soir dans le public Alexia Cousin... quelqu'un confirme?

Titus impressionnant de technique mais aussi d'effets douteux et de manières, Vitellia très belle mais trop juste dans l'aigu, Sesto contrôlant mal son volume, c'est en fait aux trois "petits" rôles qu'on doit de passer une bonne soirée, ainsi qu'au choeur et à l'orchestre. Direction martiale presque, énergique en tout cas et très théâtrale de Louis Langrée.
L'opéra semble voué à être le dernier refuge du besoin de la beauté artistique en toc.
(Bernard Shaw, 1898)

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Message par Ruggero » 26 févr. 2012, 10:29

tuano a écrit :Je trouve ça normal de ne pas applaudir une chanteuse qui vient de craquer des aigus. Ce n'est pas du tout la même chose que de huer. S'agissait-il d'aigus non écrits (variations) ou de ceux qui étaient dans la partition ?
Il s'agissait des aigus écrits de la fin du trio de la fin de l'acte I.
Ce qui peut être énervant c'est de voir ses voisins s'abstenir d'applaudir uniquement parce qu'un aigu a été loupé, et d'ovationner un chanteur expressivement calamiteux mais techniquement en place.
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Message par Asvo » 26 févr. 2012, 12:14

tuano a écrit :Je trouve ça normal de ne pas applaudir une chanteuse qui vient de craquer des aigus.
À propos des applaudissements, c'est surtout le fait que mes voisins l'ont acclamée dès le début pour, après ces aigus craqués, ne presque plus l'applaudir, mêmes aux saluts finaux...

tuano a écrit :Malin Hartelius est à la base un soprano aigu, j'aurais cru que c'était les graves de Vitellia qui pouvait lui poser problème.
J'étais assez proche de la scène donc les graves m'ont paru très audibles, et pas trop détimbrés.

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