Mendelssohn - Elias - Suzuki / Oratorio - 9/10/2019

Représentations
Répondre
Avatar du membre
Oylandoy
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 947
Enregistré le : 15 sept. 2012, 23:00
Contact :

Mendelssohn - Elias - Suzuki / Oratorio - 9/10/2019

Message par Oylandoy » 06 oct. 2019, 16:18

Elias Felix Mendelssohn (Version anglaise)

Carolyn Sampson soprano (La Veuve / Un Ange)
Anna Stephany mezzo-soprano (La Reine / Un Ange)
Robert Murray ténor (Abdias / Achab)
Roderick Williams baryton (Elias)
Emma Walshe soprano (L'Enfant)

Masaaki Suzuki direction
Orchestra and Choir of the Age of Enlightenment
Production Théâtre des Champs-Elysées
Programme de salle : ici

Représentation du 8 octobre 2019
Mendelssohn n’a jamais composé d’opéra, à part un singspiel de jeunesse, malgré les nombreuses demandes, mais sa musique religieuse, composée de chorals, cantates, motets et de trois oratorios, est relativement abondante. Cette musique doit moins au style de Bach qu’à celui de Haendel, dont il a dirigé les grands oratorios. Jean-Alexandre Ménétrier affirme, dans le Guide de la musique sacrée et chorale profane (Fayard) que le tempérament de Mendelssohn « était plus proche de la louange heureuse de Haendel que du mysticisme profond et de la douleur de Bach. Son art se rapproche finalement davantage des grandes épopées puisées dans l’Ancien Testament que des méditations sur les évangiles ». L’oratorio donné ce 8 octobre au TCE correspond parfaitement à cette dernière phrase.
Commande du festival de Birmingham, Elias est créé au Town Hall le 26 août 1846. L’ouvrage obtient un tel succès que plusieurs numéros sont bissés.
Tiré du Livre de Rois, Mendelssohn en a rédigé lui-même le livret, avec l’aide du pasteur de Dessau, Julius Schubring. Le sujet relate la lutte au sein d’Israël entre Elie et les souverains impies Achab et Jezabel, donc entre Baal, leur faux dieu et Jehova (JHWH), le vrai. Wilhelm Lampadius résume ainsi l’intrigue : « L’oratorio s’ouvre sur la prophétie de famine et de sécheresse faite par Elie, suivie des lamentations du peuple, puis du départ du prophète, de la résurrection du fils de la veuve (qui l’avait accueilli), de la destruction des prophètes de Baal, du nuage annonciateur de la pluie qui suscite un noble chœur d’action de grâces pour ce miracle. Là se termine la première partie. La deuxième décrit la fuite d’Elie, son enlèvement au ciel et la prophétie de la venue du Messie.
Berlioz, assistant à une nouvelle exécution d’Elias, à Londres, s’exclame : « C’est magnifiquement grand et d’une somptuosité harmonique indescriptible ». Fresque éclatante et sommet de l’oratorio romantique, Elias possède un relief dramatique impétueux, reprenant l’idée de chœurs épiques à l’orchestration flamboyante (Frank Mallet).

Image
La surprise, pour l’auditeur, n’est pas tant les hardiesses d’écriture, que l’énergie et la fougue déployées par Mendelssohn chaque fois que l’occasion se présente (l’enlèvement d’Elias sur un chariot de feu tiré par des chevaux de feu !), et les moments intimistes sont rares (le miracle de la pluie : une voix d’enfant, ici une choriste soprano, perçoit le nuage annonciateur, autre exemple : le chœur final de louanges).
Hélas, si les chœurs sont parfaits, et la direction énergique de Masaaki Suzuki entraînante, les solistes ne sont pas vraiment à la hauteur de la situation, hormis le ténor (Robert Murray) remplaçant Brenden Gunnell, annoncé souffrant. Le rôle-titre, Elias ou Elijah, est tenu par Roderick Willams, dont la voix engorgée et le peu de projection ne rendent pas justice aux imprécations et invocations impétueuses d’Elias. De plus un vibrato désagréable ne disparaît que lentement. Seules les parties implorantes sont bien réussies, l’interprète se révélant alors capable d’émouvoir. Carolyn Sampson (la veuve, un ange) a une voix sonore, aux aigus percutants et capable de nuances, mais un vibratello dans la partie médiane de la tessiture gâche le résultat. Anna Stephany (la reine, un ange) manque de projection et d’assurance. Le ténor remplaçant Robert Murray (Abdias, Achab) montre une belle ligne de chant et une belle projection.
Malgré les défauts, une belle soirée consacrée à une œuvre de Mendelssohn finalement peu connue, à tort.
la mélodie est immorale
Nietzsche

Avatar du membre
Oylandoy
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 947
Enregistré le : 15 sept. 2012, 23:00
Contact :

Re: Mendelssohn - Elias - Suzuki / Oratorio - 9/10/2019

Message par Oylandoy » 10 oct. 2019, 07:37

Mon CR ci-dessus
la mélodie est immorale
Nietzsche

Efemere
Basse
Basse
Messages : 2447
Enregistré le : 11 mars 2014, 14:04
Localisation : Paris

Re: Mendelssohn - Elias - Suzuki / Oratorio - 9/10/2019

Message par Efemere » 10 oct. 2019, 07:52

Oylandoy a écrit :
06 oct. 2019, 16:18
(...) hormis le ténor (Robert Noray ?) remplaçant Brenden Gunnell, annoncé souffrant (...)
Robert Murray (c'est indiqué sur le site du TCE, ici).

Avatar du membre
Oylandoy
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 947
Enregistré le : 15 sept. 2012, 23:00
Contact :

Re: Mendelssohn - Elias - Suzuki / Oratorio - 9/10/2019

Message par Oylandoy » 10 oct. 2019, 09:58

Merci !
Je rectifie
la mélodie est immorale
Nietzsche

houppelande
Ténor
Ténor
Messages : 607
Enregistré le : 01 juil. 2011, 23:00

Re: Mendelssohn - Elias - Suzuki / Oratorio - 9/10/2019

Message par houppelande » 10 oct. 2019, 14:01

Oylandoy a écrit :
06 oct. 2019, 16:18
Hélas, si les chœurs sont parfaits, et la direction énergique de Masaaki Suzuki entraînante, les solistes ne sont pas vraiment à la hauteur de la situation, hormis le ténor (Robert Murray) remplaçant Brenden Gunnell, annoncé souffrant. Le rôle-titre, Elias ou Elijah, est tenu par Roderick Willams, dont la voix engorgée et le peu de projection ne rendent pas justice aux imprécations et invocations impétueuses d’Elias. De plus un vibrato désagréable ne disparaît que lentement. Seules les parties implorantes sont bien réussies, l’interprète se révélant alors capable d’émouvoir. Carolyn Sampson (la veuve, un ange) a une voix sonore, aux aigus percutants et capable de nuances, mais un vibratello dans la partie médiane de la tessiture gâche le résultat. Anna Stephany (la reine, un ange) manque de projection et d’assurance.
Quelle sévérité pour les interprètes. Peut-être étais-tu bien mal placé/luné ? Je suis en désaccord total pour les deux femmes que j'ai trouvées remarquables. La voix très pure de Carolyn Sampson faisait merveille, jointe à son visage rayonnant. Anna Stephany avait une superbe voix d'alto d'une grande délicatesse et chaleur. Pour Roderick Williams, si la couleur de la voix peut surprendre un peu, j'avoue que j'ai trouvé beaucoup de présence dans son interprétation.
Enfin, on doit souligner que les chœurs, parfaits comme il a été dit, comportent des individualités dignes de solistes, comme on s'est rendu compte dans les différentes configurations plus petites qui ont été prises pour certains numéros.
Une œuvre de toute beauté, comme son oratorio jumeau Paulus, qu'on ne donne pas assez souvent.
L'entendre en anglais, ce qui est conforme à la la création, est un peu surprenant par rapport aux nombreuses versions enregistrées qui sont en allemand. Cette dernière langue, celle de Bach, est d'office un garant de sérieux pour ce genre d'oratorio très inspiré par Bach. L'anglais, à part quelque Purcell et le Messie de Haendel, me fait souvent penser à une comédie musicale ! Heureusement, la musique magnifique de Mendelssohn me remet vite dans le droit chemin.
Le public ne s'y est pas trompé et j'ai rarement vu en concert un public aussi attentif. Pas un seul mouvement, pas de toux pendant toute la première partie. Après l'entracte, c'est toujours plus dur de reprendre le fil et les petits toussotements sont apparus, peu nombreux heureusement.

Avatar du membre
Oylandoy
Administrateur ODB
Administrateur ODB
Messages : 947
Enregistré le : 15 sept. 2012, 23:00
Contact :

Re: Mendelssohn - Elias - Suzuki / Oratorio - 9/10/2019

Message par Oylandoy » 11 oct. 2019, 14:29

Mal placé ? Au milieu du rang K, au parterre
Mal luné ? J'ai dit beaucoup de bien des chœurs, du chef et du tenor
Pour Stephany et Sampson, je persiste.
Roderick Williams chante avec cœur, mais sa voix engorgée me déplaît.
De plus, je ne lui pardonne pas d'avoir gâché à ce merveilleux enregistrement :
Image
la mélodie est immorale
Nietzsche

houppelande
Ténor
Ténor
Messages : 607
Enregistré le : 01 juil. 2011, 23:00

Re: Mendelssohn - Elias - Suzuki / Oratorio - 9/10/2019

Message par houppelande » 11 oct. 2019, 15:19

Ah, mais c'est un règlement de compte !
Bon, il semble que tu n'aimes pas ce type de voix. Pour le disque, j'extrais des critiques ceci :
- Roderick Williams is an excellent, rich-toned baritone soloist, while Ruth Massey conveys just the right measure of fragility in her Pie Jesu. (Sunday Times)
-The soloists form a well-balanced team, with Roderick Williams assured and expressive in his major solo in the Fauré, and Elin Manahan Thomas true in intonation and charming in gesture in 'Laudate... (BBC music Magazine)
-The Offertoire features the rich and warm baritone of soloist Roderick Williams. (Amazon).

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 72 invités