Mozart - L’Enlèvement au sérail- Forès Veses/Cordoliani – Avignon- 02/2018

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Mozart - L’Enlèvement au sérail- Forès Veses/Cordoliani – Avignon- 02/2018

Message par jpb30 » 19 févr. 2018, 21:39

Die Entführung aus dem Serail (titre original)
Opéra en trois actes de Wolfgang Amadeus Mozart, livret de Gottlieb Stéphanie, d’après la pièce de Christoph Friedrich Bretzner.
Editions musicales Bärenreiter-Verlag Kassel Basel London New York Paha
-
Nouvelle production du Centre Lyrique Clermont-Auvergne
En co-production avec les Opéras de Massy, Reims et Rouen Haute-Normandie
-
Direction musicale : Roberto Forés Veses
Mise en scène : Emmanuelle Cordoliani
Chorégraphie : Victor Duclos
Scénographie et accessoires : Emilie Roy
Réalisation du décor Opéras de Reims et de Rouen Normandie
Costumes : Julie Scobeltzine
Réalisation des costumes Ateliers du Centre lyrique Clermont-Auvergne
et de l’Opéra Grand Avignon
Lumières : Pierre Daubigny
Konstanze : Katharine Dain
Blondchen : Elisa Cenni
Belmonte : Blaise Rantoanina
Pedrillo : César Arrieta
Osmin : Nils Gustén
Selim Bassa : Stéphane Mercayrol
Orchestre Régional Avignon-Provence
Choeur de l’Opéra Grand Avignon
Ballet de l’Opéra Grand Avignon

Image

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Re: Mozart/L’enlèvement au sérail- Forès Veses/Cordoliani – Avignon/février 2018

Message par jpb30 » 20 févr. 2018, 21:09

Représentation du dimanche 18 février 2018
« Trop beau pour nos oreilles et bien trop de notes mon cher Mozart » telle fut la remarque que fit l’empereur Joseph II à Mozart après la première de l’Enlèvement au Sérail qui eut lieu le 16 juillet 1782 à Vienne ; du haut de ses 26 ans, Mozart lui répondit « Pas une note de trop, Sire ».
Ce XVIIIème siècle est épris d’exotisme et les « turqueries » sont à la mode, deux ans auparavant Mozart avait composé Zaïde et Gluck en 1763 avait écrit Le Cadi dupé ; cette mode continua encore un peu au XIXème siècle avec le Turc en Italie de Rossini. Les autrichiens se souviennent qu’en 1683 l’armée ottomane avait assiégé Vienne et les imprécations d’Osmin « Qu’ils soient décapités, pendus, empalés…. » sont là pour rappeler le traumatisme subi par les autrichiens un siècle plus tôt.
Mais il est temps de revenir à cet opéra qui est une nouvelle production du Centre Lyrique Clermont Auvergne en co-production avec Avignon, Massy, Reims et Rouen. L’ensemble est confié à une équipe jeune qu’ils soient solistes, chef d’orchestre ou metteuse en scène.
Abordons en premier la réalisation scénique d’Emmanuelle Cordoliani qui sème le doute ! On a l’habitude des transpositions de lieu ou d’espace, quelques fois réussies. Dans cet Enlèvement on quitte le sérail pour se retrouver dans un cabaret soit disant très sélect[ qui a pour emblème « Sérail Cabaret » accueillant des clients alcoolo-tabagiques. Le pacha Selim devient le patron de cette entreprise, son fidèle Osmin est artiste voire videur et dans cette confusion générale on ne sait plus quels rôles jouent nos acteurs. Image Selon la metteuse en scène, Konstance serait la meneuse de revue !!! De plus Emmanuelle Cordoliani a cru bon de rajouter des poèmes soufis récités en perse et il y a également beaucoup de passages parlés et inventés entre les acteurs en allemand, français, espagnol ou anglais, on se demande bien pourquoi ! Pourquoi le très beau passage chanté au début du 2ème acte où Osmin et Blonde s’affrontent est-il lui aussi parlé ? Beaucoup d’interrogations qui nous laissent perplexes et qui doivent laisser pantois celui qui vient voir cet opéra pour la première fois.
Il est temps de parler des solistes dont la jeunesse et l’enthousiasme viennent gommer ces excès scéniques.Image La charmante Katharine Dain est une belle Konstance : voix chaude et colorée aux aigus très limpides, le rôle de son fiancé Belmonte est tenu par Blaise Rantoanina diplômé du CNSM de Paris, émouvant dans l’aria « oh ! Quelle angoisse, oh ! Quelle ardeur », il s’affirme de plus en plus au cours de l’opéra. Son duo avec Konstance « Je donne ma vie, de bon gré » est de toute beauté. Elisa Cenni est une excellente Blonde, sa voix de soprano éclatante est en totale harmonie avec les autres solistes. Très belle voix aussi que celle du ténor César Arrieta qui donne beaucoup de reflet au rôle de Pedrillo. Nils Gusten par sa taille, sa carrure, sa prestance et la profondeur de sa voix de basse est un excellent garde chiourme.
Le ballet de l’opéra d’Avignon est dans cette mise en scène étrange plus employé à faire de la figuration que de la danse. Les chœurs sous la direction d’Aurore Marchand sont toujours dans la qualité et le chef d’orchestre Roberto Forès Veses dont nous avions déjà apprécié la direction dans l’Orphée de Gluck en début de saison a conduit avec enthousiasme l’orchestre toujours au meilleur de sa forme.
Des applaudissements chaleureux ont salué tous ces jeunes interprètes chanteurs et chef jusqu’à l’arrivée sur scène de la metteuse en scène…
JPB 30
Crédit photo Cedric Delestrade – ACM Studio

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Pseudodile
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Re: Mozart/L’enlèvement au sérail- Forès Veses/Cordoliani – Avignon/février 2018

Message par Pseudodile » 21 févr. 2018, 14:41

Je me permets (avec sa permission) de poster ici la réaction d'un spectateur qui a vu la production hier soir :
"Nous qui sommes peu familiarisés avec l’opéra voici notre réaction à ce spectacle:
éléments positifs:

Les voix sont justes et de qualité: Constance, Blonde, etc…
L’orchestre, comme d’habitude parfait et un chef très généreux. Ce n’est pas si facile…
Les décors correspondent bien à la mise en scène proposée.

Eléments « discutables »

Pourquoi un cabaret au lieu d’un palais? Nous avons trouvé cette idée saugrenue et le résultat est que nous nous sommes ennuyés au moins pendant la première partie.
C’était (à nos yeux) prétentieux et ennuyeux. Finalement peu de chants et des dialogues froids qui ne suscitaient pas l’intérêt. Trop d’ajouts factices et sans intérêt. La proportion (chants/dialogues) au détriment de la musique.
La mise en scène et les costumes procédaient de cette idée « intellectuelle » de faire du neuf sur du classique: mais c’est raté….avec beaucoup de longueurs; exemple: le prestidigitateur , à la reprise avant les 12 coups de minuit: pourquoi ce mime avec la montre?
Du coup, la musique est oubliée, il y a de longs silences (de la musique) qui marquent un soi disant spectacle inutile: l’attention est souvent distraite. je sais bien que c’est un « singspiel » mais quand même...
Malgré tout, un spectacle doit être « enlevé »: c’était loin d’être le cas. On doit trouver une tension, une intrigue, et un dénouement; ici, pas de tension . Nous ne sommes pas convaincus.
F.M.
L'opéra est une gourmandise ...

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Re: Mozart/L’enlèvement au sérail- Forès Veses/Cordoliani – Avignon/février 2018

Message par fred78 » 21 févr. 2018, 15:35

Après avoir subi un Fortunio particulièrement raté à St Etienne et un Peer Gynt du même acabit à Dijon, j'évitais déjà soigneusement les mises en scènes de cette dame, qui ne trouve apparemment rien de mieux à proposer que de la pseudo originalité confuse, sans queue ni tête, déjà has been avant sa conception ("ouais mais c'est coooooool, tu peux pas comprendre").
En voilà un spectacle qui ne me fera pas changer d'avis. Quand on pense au nombre de gens qui ont du talent et ne peuvent pas l'exprimer dans ce milieu, et voir ça... Bref.

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