Définition "cavatine"

Vos souhaits, vos commentaires !
bjorling
Messages : 14
Enregistré le : 13 févr. 2008, 00:00

Re: Définition

Message par bjorling » 04 févr. 2013, 22:43

:)

dans la définition d'origine (et j'avais trouvé deux définitions presque différentes, l'une dans un livre spéciale classissisme et l'autre spéciale baroque) au fait ca parlait d'une scène qui prépare une autre! mais au fait ( et je ne trouvais pas d'exemple consistant) ca parlait aussi de scène de sortie! j'imagine que c'est une scène qui est moins important de ce qui a precedé!

le se vuol ballare m'avais justement intrigué l'année dernière!
c'est intéressant, je vais relire les livrets pour voir!

Avatar du membre
Peleo
Ténor
Ténor
Messages : 851
Enregistré le : 06 févr. 2007, 00:00

Re: Définition

Message par Peleo » 05 févr. 2013, 07:31

Aria di Sortita... c'est à dire Air d'entrée en français ?

Avatar du membre
PlacidoCarrerotti
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 12239
Enregistré le : 04 mars 2003, 00:00
Contact :

Re: Définition

Message par PlacidoCarrerotti » 05 févr. 2013, 09:19

Leporello84 a écrit :
bjorling a écrit :il y a eu beaucoup de définitions. J'avais essayé de comprendre la définition exacte pendant mes années de conservatoire, et j'avais simplifié la règle pour moi même afin de mieux l'ingérer.
si l'air est la conclusion claire des sentiments décrits pendant le récit ou la scène qui lui précédaient (, (peur, amour, colère etc...) la cavatine est loin d'être une conclusion. En général c'est un air de passage qui s'enchaine directement à une scène bien plus importante! plusieurs compositeurs l'ont utilisé à des fins descriptifs par ex : "notte e giorno faticar" de leporello, donne des éléments essentiels! la cavatine introduit leporello et don giovanni, nous met dans l'humeur musicale, et annonce la prochaine scène quand il dit que quelqu'un arrive et explique qu'ils ne doivent pas être vus! c'est un des exemples les plus clairs de la cavatine! Vous pourriez vous amusez en lisant le texte de la cavatine de barbarina pour trouver l’élément cavatine.

chez faust aussi c'est très claire! l'action se passe juste après avec les bijous! et pendant l'air il est émerveillé! ca se serait appelé AIR, si par exemple il le chantait après le duo, pour s’émerveiller de sa beauté! ca allait être conclusif et par définition ca ne pouvait pas être une cavatine!

la cavatine semble être l'évolution du principe baroque "arioso" qui n'est pas un air car encore une fois pas de conclusion des émotions, mais un passage vers un élément bien plus important.
Ce que tu dis là est tout à fait intéressant. Si l'on s'en tient à ta définition, alors on ne peut plus prendre en compte la place du morceau dans l'opéra (il est dit parfois que la cavatine est le premier air d'un personnage), ni sa taille (car l'air de Faust n'est pas si bref que cela).

Toutefois, ton explication, à mon avis, ne couvre pas tous les cas possibles. Ainsi, le « Se vuol ballare » de Figaro, communément appelé sa cavatine, ne débouche pas sur une scène plus importante, puisque le personnage quitte la scène pour laisser place à Marcellina et Bartolo (dans une scène au demeurant plus divertissante que vraiment importante dramatiquement). Pourtant, Figaro annonce bien, dans son air, son intention de déjouer les plans du comte, et de fait, il y parviendra. Donc il s'agit bien d'une annonce dramatique importante, point selon toi essentiel à cette définition.

Que penser, alors, du grand air à cabalette d'Enrico, au premier acte de Lucia di Lammermoor? Enrico y chante sa colère, et énonce clairement son désir de vengeance. Vengeance qui, comme on sait, s'accomplira et entrainera la mort des deux amants. Pourtant, formellement parlant, cette scène énergique (« Cruda, funesta smania... La pietade in suo favore ») ne débouche pas immédiatement sur une scène plus importante dramatiquement, puisque l'on change de tableau et que Lucia chante sur un air lent l'histoire tragique de la fontaine. Il n'en reste pas moins que cette grande scène du baryton est appelée Scena e cavatina dans la partition de l'opéra.

Quid? Ton avis m'intéresse. :D
La définition de Bjorling me plait bien à un bémol près : je dirais que la cavatine, c'est un air qui n'est pas déclenché par une situation dramatique et qui n'a pas vraiment de conséquence.
Ça convient pour l'entrée de Lucia, pourtant structurée air et cabalette.
Pour l'air d'entrée d'Enrico aussi : il est au bord de la banqueroute et on vient lui annoncer le retour de l'amant de sa soeur à qui il espère faire faire un riche mariage : c'est pas le moment de chanter une cavatine ! On est d'emblée dans l'action. Le fait que l'action ne s'enclenche pas immédiatement derrière n'est pas fondamental car le livret n'est pas linéaire ni monolithique (cette intrigue là reprend avec le duo Enrico / Lucia).
“Plus on ira, moins il y aura de centenaires qui auront connu Napoléon 1er.” Alphonse Allais.

Avatar du membre
Leporello84
Basse
Basse
Messages : 2553
Enregistré le : 11 juil. 2010, 23:00
Contact :

Re: Définition

Message par Leporello84 » 14 févr. 2013, 14:12

Voici la définition que donne le Dictionnaire culturel en langue française (par ailleurs excellent), publié sous la direction d'Alain Rey, du mot « cavatine »:

« CAVATINE [kavatin] n.f. (1767, J.-J. Rousseau; empr. à l'ital. cavatina, de cavata « action de tirer un son d'un instrument », de cavare « creuser » de même origine que le franç. caver → 1 caver, spécialisé en mus.)

Mus. Pièce vocale assez courte, plus brève que l'air, dans un opéra. « Lucie entama d'un air brave sa cavatine en sol majeur; elle se plaignait d'amour, elle demandait des ailes. » (Flaubert, Madame Bovary). »


Pour Gustave Flaubert, il semble donc que l'air de la folie de Lucie de Lammermoor soit une cavatine...

Avatar du membre
PlacidoCarrerotti
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 12239
Enregistré le : 04 mars 2003, 00:00
Contact :

Re: Définition

Message par PlacidoCarrerotti » 14 févr. 2013, 14:51

Leporello84 a écrit :Voici la définition que donne le Dictionnaire culturel en langue française (par ailleurs excellent), publié sous la direction d'Alain Rey, du mot « cavatine »:

« CAVATINE [kavatin] n.f. (1767, J.-J. Rousseau; empr. à l'ital. cavatina, de cavata « action de tirer un son d'un instrument », de cavare « creuser » de même origine que le franç. caver → 1 caver, spécialisé en mus.)

Mus. Pièce vocale assez courte, plus brève que l'air, dans un opéra. « Lucie entama d'un air brave sa cavatine en sol majeur; elle se plaignait d'amour, elle demandait des ailes. » (Flaubert, Madame Bovary). »


Pour Gustave Flaubert, il semble donc que l'air de la folie de Lucie de Lammermoor soit une cavatine...
Il s'agit de l'air d'entrée :

"Elle n’avait pas assez d’yeux pour contempler les costumes, les décors, les personnages, les arbres peints qui tremblaient quand on marchait, et les toques de velours, les manteaux, les épées, toutes ces imaginations qui s’agitaient dans l’harmonie comme dans l’atmosphère d’un autre monde. Mais une jeune femme s’avança en jetant une bourse à un écuyer vert. Elle resta seule, et alors on entendit une flûte qui faisait comme un murmure de fontaine ou comme des gazouillements d’oiseau. Lucie entama d’un air brave sa cavatine en sol majeur ; elle se plaignait d’amour, elle demandait des ailes. Emma, de même, aurait voulu, fuyant la vie, s’envoler dans une étreinte. Tout à coup, Edgar Lagardy parut" (Lagardy, c'est le ténor : donc c'est bien l'acte I).
“Plus on ira, moins il y aura de centenaires qui auront connu Napoléon 1er.” Alphonse Allais.

Avatar du membre
PlacidoCarrerotti
Hall of Fame
Hall of Fame
Messages : 12239
Enregistré le : 04 mars 2003, 00:00
Contact :

Re: Définition

Message par PlacidoCarrerotti » 14 févr. 2013, 14:56

PlacidoCarrerotti a écrit :
Leporello84 a écrit :Voici la définition que donne le Dictionnaire culturel en langue française (par ailleurs excellent), publié sous la direction d'Alain Rey, du mot « cavatine »:

« CAVATINE [kavatin] n.f. (1767, J.-J. Rousseau; empr. à l'ital. cavatina, de cavata « action de tirer un son d'un instrument », de cavare « creuser » de même origine que le franç. caver → 1 caver, spécialisé en mus.)

Mus. Pièce vocale assez courte, plus brève que l'air, dans un opéra. « Lucie entama d'un air brave sa cavatine en sol majeur; elle se plaignait d'amour, elle demandait des ailes. » (Flaubert, Madame Bovary). »


Pour Gustave Flaubert, il semble donc que l'air de la folie de Lucie de Lammermoor soit une cavatine...
Il s'agit de l'air d'entrée :

"Elle n’avait pas assez d’yeux pour contempler les costumes, les décors, les personnages, les arbres peints qui tremblaient quand on marchait, et les toques de velours, les manteaux, les épées, toutes ces imaginations qui s’agitaient dans l’harmonie comme dans l’atmosphère d’un autre monde. Mais une jeune femme s’avança en jetant une bourse à un écuyer vert. Elle resta seule, et alors on entendit une flûte qui faisait comme un murmure de fontaine ou comme des gazouillements d’oiseau. Lucie entama d’un air brave sa cavatine en sol majeur ; elle se plaignait d’amour, elle demandait des ailes. Emma, de même, aurait voulu, fuyant la vie, s’envoler dans une étreinte. Tout à coup, Edgar Lagardy parut" (Lagardy, c'est le ténor : donc c'est bien l'acte I).

Petit complément : dans la version française "Lucie", "Regnava nel silenzio" est remplacé par la cavatine "Que n'avons-nous des ailes" (tirée de Rosmonda d'Inghilterra)

Ce qui correspond bien à "elle demandait des ailes".
“Plus on ira, moins il y aura de centenaires qui auront connu Napoléon 1er.” Alphonse Allais.

Avatar du membre
Leporello84
Basse
Basse
Messages : 2553
Enregistré le : 11 juil. 2010, 23:00
Contact :

Re: Définition

Message par Leporello84 » 14 févr. 2013, 21:32

Bien sûr, évidemment. :oops:
Au temps pour moi!

Ange_de_feu
Alto
Alto
Messages : 353
Enregistré le : 24 mars 2009, 00:00

Re: Définition

Message par Ange_de_feu » 20 févr. 2013, 03:41

Julian Budden écrit dans le premier volume de sa monographie sur les opéras de Verdi que, dans l'opéra italien de la première moitié du siècle XIX, les termes cavatine et rondò-finale ont très vite perdu toute valeur formelle. Il ne désignent rien que la position du morceau dans la partie d 'un chanteur (une cavatina est un air d'entrée) et dans la structure générale de l'opéra: le rondò-finale est l'air qui conclut l'opéra, à quelques exceptions près, celui de la primadonna ou, rarement, d'une autre voix (l'air d'Edgardo dans Lucia di Lammermoor serait bien un rondò-finale). Cependant, un air plutôt lent dans un mouvement serait plutôt une romanza (Oh, quante volte dans I Capuleti e i Montecchi, bien qu'il s'agisse d'un air d'entrée), et il y a quelques airs dans un mouvement qui sont des cabalettes isolées, comme les deux airs de Lisa dans La sonnambula ou O luce di quest'anima dans Linda di Chamounix).

Cette définition avec toutes ces distinctions se limite presque exclusivement à l'opéra italien, mais il y a aussi des óperas d'autres pays et cultures qui suivent ces conventions. E. g. le contact entre l'opéra italien et l'opéra français était plutôt étroit à l'époque, donc il y a aussi bien des morceux structurés à l'italienne dans les opéras de Meyerbeer, et même de Délibes, mais il y a aussi un duo de cette structure jusque dans Iolanta de Tchaïkovski.

Cependant, cette définition de cavatine et la cavatine dans un opéra français ou allemand de l'époque n'ont rien à voir entre elles.

P.S. L'air d'entrée de Lucia est bien une cavatine, et, si la mémoire me sert bien, celui de Lucie aussi.

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 12 invités