la mysogynie à l'opéra (dans les livrets)

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Message par Ruggero » 12 sept. 2005, 15:42

paul a écrit : Dans le cas de Ford, il me semble que ces paroles sont faites pour exprimer le désarroi (et la jalousie) d'un homme étroit d'esprit en face d'une femme plus subtile que lui; donc rien de mysogine, au contraire! Que Ford soit, lui, mysogine, peut-être, mais sa mysoginie doit être interprétée plus comme un outil dramaturgique et que comme un message délivré par le livret.
c'est bien ce que je disais :
RuggeroRaimondi a écrit : la mysogynie du personnage sert encore une fois à dénoncer un travers masculin, ici la jalousie stupide.
on est d'accord.
L'opéra semble voué à être le dernier refuge du besoin de la beauté artistique en toc.
(Bernard Shaw, 1898)

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EdeB
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Re: la mysogynie à l'opéra (dans les livrets)

Message par EdeB » 12 sept. 2005, 21:56

RuggeroRaimondi a écrit :Que faut-il penser de chacun de ces cas, et connaissez vous d 'autres références précises?
Il me semble qu'il faut replacer ce type de thématique dans le cadre plus grand de la tradition buffa (issue du théâtre de tréteaux et plus loin encore, des sources de la comédie antique et des farces médiévales).
Ces lazzi et cette "guerre des sexes" a une lointaine origine qui trouve son avatar opératique dans l'opéra comique et opere buffe (quel que soit leur appellation par ailleurs.)

On trouve généralement au XVIIe et XVIIIe des nourrices lubriques /amoureuses, des servantes impertinentes et qui font la leçon (amoureuse) à leur maîtresse ou la fille de celle ci (seule latitude sociale qu'elles ont de prendre leur revanche sur leur condition), des propos mysogynes de valets, des coquetteries et embrouilles diverses etc.... qui sont des topoi et épisodes quasi obligés de ce type d'oeuvre.

Mais il est vrai que Mozart arrive à donner une force psychologique très forte à des canevas souvent mainte fois répétés...

Je pourrais en dire plus sur l'exemple viennois à l'époque de Mozart quand j'aurais remis la main sur mon volume d'articles intitulé Opera Buffa in Mozart's Vienna (Cambridge Studies in Opera), sous la direction de Mary Hunter.
Il y a un article fort intéressant : "Figaro as Misogynist : on arias types and arias rethorics", par Ronald J Rabin, que je souhaite relire avant de répondre plus avant... :oops:

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