Discographie don Carlo(s)

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valery
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Quel Don Carlo(s)?

Message par valery » 30 juin 2004, 17:47

Je sors du disquaire. Je voulais mettre la main sur une Forza Caballe, Carreras de chez mytho à la fin de laquelle il y a, je crois, en bonus Don Carlo que Xavier (ou qqn d'autre? j'étais dans le cirage post-LGTB) a passé à la dernière chouquetterie.
J'ai halluciné dimanche en entendant Montse tenir sa note pendant toute la conclusion orchestrale. Qui d'autre qu'elle a pu faire un jour :roll: une telle prouesse en direct?
Toute cette intro pour vous dire que j'observais les différents Don Carlo par la même occasion. Il y a je ne sais combien de lives avec Corelli, dont un qui semble insurpassable , du moins sur l'affiche: Price, Milnes, Bumbry, Siepi: qui dit mieux?
On parle toujours des 2 versions de studio, Solti et Giulini, mais quid des lives? lequel recommandez-vous? Entre parenthèse, j'aime beaucoup la version Giulini pour ses chanteurs, mais je trouve le chef un peu mollasson. (J'ai blasphémé?). Je préfère la fougue, l'emportement à la classe et au bon goût.

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Re: Quel Don Carlo(s)?

Message par JdeB » 30 juin 2004, 21:19

valery a écrit :Je sors du disquaire. Je voulais mettre la main sur une Forza Caballe, Carreras de chez mytho à la fin de laquelle il y a, je crois, en bonus Don Carlo que Xavier (ou qqn d'autre? j'étais dans le cirage post-LGTB) a passé à la dernière chouquetterie.
J'ai halluciné dimanche en entendant Montse tenir sa note pendant toute la conclusion orchestrale. Qui d'autre qu'elle a pu faire un jour :roll: une telle prouesse en direct?
Il s'agit du CD suivant :
http://www.allegro-music.com/online_cat ... g=OPD31296

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Message par Nerone » 30 juin 2004, 23:32

Ma version préférée de Don Carlo est le live de la Staatsoper de Vienne de 1970. Sous la direction de Horst Stein, Corelli, insolent en diable et de ligne bousculée, Janowitz, en état de grâce, Verrett, toutes griffes dehors, Wächter, discutable mais bouleversant, et surtout Ghiaurov et Talvela, encore plus impressionnants qu'avec Solti se livrent un combat de chefs. Soirée électrisante !

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Message par vincent » 01 juil. 2004, 09:21

Santini - Rome 1954, pour l'extraordinaire face à face entre le Philippe de Boris Christoff et l'Inquisiteur de Giulio Neri, un moment inoubliable !

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Message par lyricomaniaque » 01 juil. 2004, 09:58

La version 50 Stiedry nous fait entendre le merveilleux Björling, une Barbieri très en forme, un Siepi déjà formidable ; Merrill est fatigué, Rigal horrible, Hines percutant. Myto.

J'aime beaucoup la version Cetra pour les hommes : très bon Picchi, excellent Rossi-Lemeni, très bon Silveri, Neri fracassant. Caniglia sort ses habituelles griffes, Stignani peine. Mais cette version reste à mon humble avis incontournable pour les voix masculines.

Les Corelli live sont bien sûr à entendre : l'introuvable Guadagno (avec Kabaïwanska, Ghiaurov, Dominguez !!) avec les contre-ut !!la version viennoise recommandée à juste titre par Nerone (ça flambe !) ; le live avec Rysanek (soirée peu glorieuse pour le reste du plateau !) : il en est sorti d'autres... Il faut connaître Franco dans ce rôle !! Pour Ghiaurov, ce fut le plus beau Carlo (dans tous les sens du terme "beau"").

Les deux "pavés" officiels (Solti/Giulini) sont injustement mis sur un pied d'égalité en terme de notoriété : on s'ennuie ferme chez Giulini (je suis bien d'accord avec toi, Valéry), et le plateau vocal aussi (avec les faiblesses très audibles de Raimondi, Foiani, voire Caballé...). Solti, par contre, met le feu aux poudres, et le plateau affiche une cohérence et une insolence, une force dramatique aussi peu égalables. Mon choix est fait... mais la lutte des clans est, depuis toujours, serrée !

On n'oubliera pas Cerquetti (mais on oubliera Lo Forese : beurk !)... et le live de Covent Garden (qui n'est pas une station de métro : qu'est-ce c'était drôle cette tirade de X ! Qui, en effet, croit que Bastille est encore une prison - quoique cela m'irait assez de croire que Gall y est définitvement enfermé ...) : Brouwenstijn + Vickers + Christoff + Giulini jeune : émouvant, puissant, arraché. Le reste est mois probant - ou franchement détestable : Barbieri atroce. Myto rebelotte.

La vieillerie santinienne tient encore assez bien la route : de trsè bons troupiers (Labo, Vinco jeune), de grandes voix (Bastianini, Christoff, Cossotto, Stella)... un chef de routine et des coupes sombres...

J'ai un faible aussi pour la version Steber (je l'adore, celle-là) + Tucker (!) + Bastianini (!!) + Hines et Moscona + Thebom... en 55, chez Myto (rerebelotte) : de belles émotions !

On pourra vibrer au live scaligère de 78 (Domingo en forme, Nesterenko quand même bien, Bruson excellent, Obratsova déchaînée, Price correcte + Abbado en trsè grand élan )...

Karajan ? Le studio est tout de même d'un bon niveau... mais il manque quelque chose... le live salzbourgeois de 57 était bien parti, mais c'est trop charcuté ! Je préfère la version Nello Santi (je sais, il faut dire que c'est mauvais, tant pis !) de 60 avec Fernandi (bon jour), Jurinac dramatique, Christoff ***, Resnik qui truque bien, Batsianini le retour...et Arié imrpessionnant !

Le live viennois de 68 est plutôt passable (rien de rare : ah ! si ! j'aime beaucoup Sereni, toujours injustement sous-estimé ! una bella voce verdiana !)

Le live Prêtre est bizarre (tempi invraisemblables) : mais j'y aime Luchetti, Ghiaurov tonne, Cossotto vrombit, Ricciarelli est plutôt pas mal du tout... et Zancanaro fait la phrase Doudou !!!!! à avoir entendu !

Les "pavés" récents ? J'aime Muti (argh !!!!!!!) : allez, il y a Ramey ! J'aime Levine (Zajick ! Zajick ! Zajick !... et Ramey, sensationnel en inquisiteur hautain)

Les VF ? Châtelet pour pleurer sur l'ancienne voix de Roberto, la musicalité de Van Dam, de Mattila... les chanteurs sont souvent débordés ou un peu justes... La version Abbado ? Je n'y crois pas une seconde, et il faut se taper une Ricciarrelli game over, une Terrani game never done, Nucci pas assez "français" de ligne, et Raimondi im-bu-vable ! Mais : Ghiaurov est là en inquisiteur ! et je l'aime ce bonhomme ! Finalement, ma préférence va à la version Matheson qui réserve bien des surprises !!!! et des bonnes !!!Et un excellent complément (édition Ponto).

UNE préférence ? au studio Solti (Bumbry + Bergonzi + Ghiaurov + talvela + Tebaldi à sa place... je ne regrette que DFD) et Previtali (quels messieurs !); en live ??? difficile d'en choisir une... cela dépend des priorités (chanteurs ? chef ? ensemble ? tension ? beauté des timbres ? émotion ? intégrité de la partition ? pour ce dernier critère, il en tombe beaucoup !!!!)...

Bon choix ! bonne écoute, cher Valéry !

nb : il va de soi que j'en oublie des tonnes !!! les Don Carli, cela ne manque pas !

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Message par Nerone » 01 juil. 2004, 10:09

lyricomaniaque a écrit :Ricciarelli est plutôt pas mal du tout...
La version Prêtre souffre d'un son lointain, d'une direction aberrante, d'un plateau tautologique. Elle vaut surtout pour Luchetti que l'on n'a pas ailleurs et vient à point pour nous prouver que, dès le début de sa carrière et malgré la beauté hallucinante du timbre, Mlle Ricciarelli faisait n'importe quoi d'une partition : ppppp quand c'est écrit ff, et ffffffff quand c'est écrit pppp...

A noter qu'il s'agit de la première version "intégrale" de l'oeurve, mais en italien.

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Message par Xavier » 01 juil. 2004, 10:55

Je m'y colle...

A mon avis, Don Carlo est une ?uvre si polymorphe qu'aucune version ne peut faire le tour de la question. Outre qu'il en existe au moins trois versions à peu près officielles : en français, en italien en 4 actes ou en 5 actes et que beaucoup de versions ont été coupées, voire charcutées, il faut 6 ou 7 chanteurs principaux et un chef de grande qualité, ce qui multiplie les chances d'allergie.

Au studio, on parle souvent de Solti et Giulini. Elles ont chacune leur défaut. Au choix, la lenteur de Giulini, un Philippe II un peu limite et un Inquisiteur assez mauvais versus une Tebaldi plébéienne avec un haut médium bas et des aigus criés et un Fischer-Dieskau toujours un peu spécial. Bref, si on considère que l?affrontement Philippe II-Inquisiteur est le sommet de l??uvre : Vive Solti ! Si on pense que l?action se construit autour des trois duos Carlos-Elisabeth : Vive Giulini !

Si ces versions sont les plus recommandées, je trouve moi aussi la version Levine chez Sony très intéressante. On peut regretter que Ramey chante l'Inquisiteur et Furlanetto Philippe II (la faute à Muti et EMI qui avaient capté le Philippe II de Ramey très peu de temps avant) ou encore que le ténor soit un peu commun. Mais sinon, cette version est roborative, avec en prime la belle scène d?introduction du premier acte.

Je rejoins par ailleurs Vincent pour conseiller, en seconde version, celle de Santini chez EMI en 54. Filippeschi (Carlos) est peu hurleur et Elena Nicolai (Eboli) sans intérêt, mais je trouve Stella toute jeunette absolument splendide. Et les clefs de fa ! On dit beaucoup que la confrontation la plus spectaculaire est celle de Ghiaurov et Talvela. C?est selon moi mal connaître celle de Christoff et Giulio Neri, absolument grandiose ! De plus, si Gobbi a une voix un peu creuse, si son souffle est un peu court et s?il ne sait pas trier, je persiste à penser que ses adieux et sa mort de Posa sont parmi les choses les plus belles et bouleversantes qu?un baryton ait gravé en studio.

Les versions italiennes en live sont innombrables. Comme le souligne Lyricomaniaque, rien que chez Myto il en existe une demi-douzaine. Même si elle est très coupée, ma préférée reste le concert d?adieux de Rudolf Bing (avec Corelli, Caballe, Siepi, Milnes, Bumbry, Macurdy, dirigé par Molinari-Pradelli). D?ailleurs, pour Tuano, Caballé y tient sa note finale quasiment aussi longtemps qu?à Vérone.

Les versions Abbado de la Scala en 78, que ce soit avec Carreras, Freni, Ghiaurov, Cappuccilli, Obrastzova, Nesterenko ou avec Domingo, Price, Nesterenko, Bruson, Obrastzova, Foiani, sans être parfaites, sont hautement recommandables. Non seulement Abbado réussit à tirer de la plupart de ses chanteurs des ressources insoupçonnées, mais en outre ce sont parmi les versions italiennes les plus complètes. C?est quasiment tout Don Carlos, en italien.

En ce qui concerne Don Carlos, c?est à dire dans la langue sur laquelle Verdi a écrit sa musique*, on a vite fait le tour. A la version Abbado (DG), à un intérêt musicologique limité aux appendices et sa distribution est très discutable. Les amateurs de produits commerciaux préféreront sans doute la version Papano, même si là encore, tripatouillage et charcutage sont les deux mamelles des producteurs sans conception artistique? Laisser une seule strophe à O ma chère compagne ou Carlos notre espérance et ne faire aucun raccord, tout ça pour tenir en 3 CD !

Si certains veulent connaîtrent le meilleur Grand opéra composé, le chef d??uvre définitif de Verdi pour la « Grande boutique », il faut connaître l?enregistrement de la BBC édité par Ponto. Aucun des chanteurs n?est une star et aucun n?est exceptionnel, même si Michèle Vilma (Eboli) ne dépareillerait dans aucune bonne intégrale studio. Tous les chanteurs cependants donnent le meilleurs d?eux-mêmes et sont très scrupuleux avec la partition, aidés sans doute en cela par John Matheson dont j?ai lu, je ne sais plus où, que les tempi, je crois l?avoir déjà dit ici, correspondent à la durée des actes de la générale de 1867.

X

*Même la révision en 4 actes dite « version de Milan » de 1884 a été écrite par Verdi sur un livret français

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Message par lyricomaniaque » 01 juil. 2004, 11:25

Et question affrontement, cher Xavier, ne trouves-tu pas Rossi-Lemeni/Neri encore plus fracassant ?? Le premier trouve des accents d'une émotion prenante et le second est tonnant à souhait , non ?

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Message par JdeB » 01 juil. 2004, 11:50

Nerone a écrit :
lyricomaniaque a écrit :Ricciarelli est plutôt pas mal du tout...
La version Prêtre souffre d'un son lointain, d'une direction aberrante, d'un plateau tautologique. Elle vaut surtout pour Luchetti que l'on n'a pas ailleurs et vient à point pour nous prouver que, dès le début de sa carrière et malgré la beauté hallucinante du timbre, Mlle Ricciarelli faisait n'importe quoi d'une partition : ppppp quand c'est écrit ff, et ffffffff quand c'est écrit pppp...

A noter qu'il s'agit de la première version "intégrale" de l'oeurve, mais en italien.
tautologique veut dire évident, coulant de source, allant de soi, lapalissade. Es-tu sûr que c'est ce que tu voulais dire ?

Moi j'ai un faible pour Vérone 69, Vienne 70, Met 72 et Scala 78. C'est dans ce rôle que je préfère Domingo (et dans Don José);
J'ai Filipeschi en 33t je vais enfin l'écouter...

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Message par Remigio » 01 juil. 2004, 12:03

A noter tout de même en VF la rarissime version de l'ORTF avec un Alain Vanzo en état de grâce et Xavier Depraz en Philippe absolument sublime lui aussi. Il me semble qu'il y a aussi Jacques Mars qui traîne dans cette version ( je laisse Xavier confirmer ou infirmer sur ce point ). Les dames en revanche vont du passable ( Germaine Bonnet en Elizabeth ) au franchement improbable ( l'Eboli dont je tairai le nom par charité chrétienne ). A noter également que le chef pratique dans la partition ce que Sarkozy voudrait faire avec le budget de la Défense, autrement dit un dépecage en règle difficilement justifiable ( même pas de chanson du voile !!! :cry: )

R.
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