Il Trovatore (discographie)

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Resi-vonWerdenberg
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Re: Il TROVATORE, Prague, 1979

Message par Resi-vonWerdenberg » 28 févr. 2017, 12:00

micaela a écrit :
28 févr. 2017, 11:42
Est-il facilement disponible ?
Sur internet oui. Par internet j'entends Y... :wink:
Dieu protège nos amours.

Resi-vonWerdenberg
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Re: Il TROVATORE, Prague, 1979

Message par Resi-vonWerdenberg » 28 févr. 2017, 12:05

micaela a écrit :
28 févr. 2017, 11:42

il existe un fil "il trovatore-discographie" (voir surtout à partir de la page 6).
A ce propos, mille excuses à l'administration qui va devoir déplacer le fil...
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Re: Il TROVATORE, Prague, 1979

Message par Oylandoy » 28 févr. 2017, 12:35

Resi-vonWerdenberg a écrit :
28 févr. 2017, 12:05
micaela a écrit :
28 févr. 2017, 11:42

il existe un fil "il trovatore-discographie" (voir surtout à partir de la page 6).
A ce propos, mille excuses à l'administration qui va devoir déplacer le fil...
J'ai fusionné les deux fils.
la mélodie est immorale
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Re: Il TROVATORE, Prague, 1979

Message par Resi-vonWerdenberg » 28 févr. 2017, 12:52

Oylandoy a écrit :
28 févr. 2017, 12:35

J'ai fusionné les deux fils.
Danke sehr, liebchen.
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Re: Il Trovatore (discographie)

Message par Adalbéron » 06 sept. 2017, 14:57

Ce que Toscanini n'avait pas dit, soit que l'humilité l'empêchât de l'affirmer, soit qu'il ne s'en rendît pas compte, c'est qu'Il Trovatore est un opéra de chef.

:mrgreen:

Je suis enfin devenu dingue de cet opéra il y a quelque mois quand j'ai vu en DVD la mise en scène de McVicar présentée au Met, plus précisément quand j'ai découvert le rideau de scène qu'il avait fait faire (car le reste de la mise en scène est à peu près aussi insipide et décevante que son idée de départ était géniale) : il s'agissait, immense, d'une reproduction d'une des pinturas negras de Goya.
Cela ne m'étonnerait pas qu'il ait eu l'idée en lisant quelque part que l'esthétique du cycle de Goya et celle de l'opéra de Verdi pouvaient être rapprochées, et cela semblera sans doute évident à certains, mais ça a été alors pour moi une révélation. L'oeuvre de Verdi avait toujours eu à mes oreilles et à mes yeux quelque chose d'anachronique ; et le sujet médiéval et espagnol me renvoyait à la fascination du premier Hugo (le romantique convaincu) pour le Moyen Âge et l'Espagne (et puis ce coup de théâtre final, c'est so Hugo...), mais évidemment, il fallait aller plus loin, creuser plus profond : Il Trovatore devait être un cauchemar (peut-être que la prétendue irrationalité de son livret serait-elle alors indiscutablement légitimée), un univers ombreux, calciné, où des spectres terribles s'entre-déchireraient, se jetteraient dans les feux de la passion (et puis tout ça à quelque chose d'assez shakespearien, et on connaît la fascination de Verdi pour le poète anglais).

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Alors, il fallait un chef pour prendre à bras le corps cette vision. J'ai trouvé cette fièvre en ouvrant les disques brûlants de Sinopoli et Muti.
Sinopoli, en 1992, à Munich assume une lecture bestiale de la partition, enflammée, qui met en valeur la force dramatique de la musique de Verdi. Brendel (Luna) est à la peine quand il faudrait du legato, mais il est au diapason du chef dans le reste : accents féroces et présence de feu. Varady (Leonora) est-elle aussi très bien, ambiguë, troublante, à la fois faussement naïve et insidieusement violente (mais la diction n'est vraiment pas terrible...) Je ne connaissais pas O'Neill (Manrico), et je l'aime beaucoup là-dedans : il donne une vraie épaisseur au personnage, en fait un torturé, un homme dévasté par la passion et par le destin. Toczyska (Azucena) a un timbre magnifique, riche et enveloppant, et un instinct dramatique certain. D'ailleurs, tant pis si la distribution vocale a des faiblesses : Sinopoli et son orchestre (de l'Opéra de Munich) mènent le Sabbat.

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Muti, en 2000, à la Scala, donne à entendre ce qui est incontestablement l'une de ses plus puissantes interprétations : ce qu'on entend est extraordinaire, inouï, éblouissant, fantastique ! Une jubilation de tous les instants ! Jamais on aura entendu la partition si bien conduite, animée, une direction plus construite, plus accomplie. On entend des choses qu'on n'entend pas ailleurs : sort de la fosse un vrai bouillon de couleurs, de feux, de contrastes... Il faut écouter le duo Luna/Leonora du dernier acte pour s'en rendre compte, entendre comment Muti met en valeur les dynamiques, les lignes et les couleurs de l'orchestration de Verdi (Verdi qui devient sous sa baguette le meilleur orchestrateur du monde...) : ça claque, ça jaillit, ça cavalcade, ça bondit, c'est une vraie marmite en fusion (il y a un passage dans le duo où la ligne du comte est doublée par la clarinette et le hautbois puis par la trompette et par un tourbillon de croches aux cordes, l'orchestre devient la fureur même, c'est incroyable). La distribution n'est peut-être pas à la mesure de cette direction magistrale, Fritolli est par moment vocalement plutôt fade, Licitra également, Urmana encore plus, mais Nucci cependant is on fire, et ils sont tous emportés finalement malgré eux dans la tempête qu'a lancé Muti dès le début de l'opéra, se dépassent, deviennent à nos yeux et oreilles les personnages mêmes du drame. (Quand j'écoute ça, je préfère vraiment oublier ce qu'il a fait dans Aïda récemment à Salzburg...)

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Re: Il Trovatore (discographie)

Message par Loïs » 06 sept. 2017, 15:06

Adalbéron a écrit :
06 sept. 2017, 14:57
Je ne connaissais pas O'Neill (Manrico), et je l'aime beaucoup là-dedans : il donne une vraie épaisseur au personnage, en fait un torturé, un homme dévasté par la passion et par le destin. Toczyska (Azucena) a un timbre magnifique, riche et enveloppant, et un instinct dramatique certain.
Il y aurait il eu transmutation? Je ne connais pas l'enregistrement mais je connais ces chanteurs qui sévirent dans les années 90.
O'Neill, voix extrêmement puissante au demeurant (entendu dans Turandot, Bohème et en récital) chante comme un métronome et dispose un charisme qui rendrait n'importe quelle huître hystérique à côté. Quand il chanta Riccardo à Garnier dans Ballo in mashera, un spectacteur du parterre s'était levé en criant "achevez le ", pendant la scène finale.
Toczyska (Carmen et un ou deux trucs russes) possédait un timbre, une technique et un physique qui allumèrent les projecteurs sur elle mais elle disposait du même sang de navet qu'O'Neill .

J'ai l'impression d'être tout fiel aujourd'hui :devil2:

Par contre ok pour ton analyse de la version Muti

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Re: Il Trovatore (discographie)

Message par Adalbéron » 06 sept. 2017, 15:13

Loïs a écrit :
06 sept. 2017, 15:06
Adalbéron a écrit :
06 sept. 2017, 14:57
Je ne connaissais pas O'Neill (Manrico), et je l'aime beaucoup là-dedans : il donne une vraie épaisseur au personnage, en fait un torturé, un homme dévasté par la passion et par le destin. Toczyska (Azucena) a un timbre magnifique, riche et enveloppant, et un instinct dramatique certain.
Il y aurait il eu transmutation? Je ne connais pas l'enregistrement mais je connais ces chanteurs qui sévirent dans les années 90.
O'Neill, voix extrêmement puissante au demeurant (entendu dans Turandot, Bohème et en récital) chante comme un métronome et dispose un charisme qui rendrait n'importe quelle huître hystérique à côté. Quand il chanta Riccardo à Garnier dans Ballo in mashera, un spectacteur du parterre s'était levé en criant "achevez le ", pendant la scène finale.
Toczyska possédait un timbre, une technique et un physique qui allumèrent les projecteurs sur elle mais elle disposait du même sang de navet qu'O'Neill .
Il faut dire merci à Sinopoli sans doute :mrgreen:
(Parfois, il y a des avantages à ne pas avoir l'image...)
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Re: Il Trovatore (discographie)

Message par PlacidoCarrerotti » 06 sept. 2017, 15:14

Loïs a écrit :
06 sept. 2017, 15:06

Il y aurait il eu transmutation? Je ne connais pas l'enregistrement mais je connais ces chanteurs qui sévirent dans les années 90.
O'Neill, voix extrêmement puissante au demeurant (entendu dans Turandot, Bohème et en récital) chante comme un métronome et dispose un charisme qui rendrait n'importe quelle huître hystérique à côté. Quand il chanta Riccardo à Garnier dans Ballo in mashera, un spectacteur du parterre s'était levé en criant "achevez le ", pendant la scène finale.
Si c'est vraiment le cas, c'est un vulgaire imitateur.
En revanche, moi, j'ai crié "Achève-le !" à Garnier pour Cianella. Mais c'était en 1985 (le 1er juin).
“Plus on ira, moins il y aura de centenaires qui auront connu Napoléon 1er.” Alphonse Allais.

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Re: Il Trovatore (discographie)

Message par Loïs » 06 sept. 2017, 15:16

PlacidoCarrerotti a écrit :
06 sept. 2017, 15:14
Loïs a écrit :
06 sept. 2017, 15:06

Il y aurait il eu transmutation? Je ne connais pas l'enregistrement mais je connais ces chanteurs qui sévirent dans les années 90.
O'Neill, voix extrêmement puissante au demeurant (entendu dans Turandot, Bohème et en récital) chante comme un métronome et dispose un charisme qui rendrait n'importe quelle huître hystérique à côté. Quand il chanta Riccardo à Garnier dans Ballo in mashera, un spectacteur du parterre s'était levé en criant "achevez le ", pendant la scène finale.
Si c'est vraiment le cas, c'est un vulgaire imitateur.
En revanche, moi, j'ai crié "Achève-le !" à Garnier pour Cianella. Mais c'était en 1985 (le 1er juin).
P...! J'en étais sur et je voulais faire un clin d'oeil, c'était bien toi :Jumpy:
Les dates correspondent à peu près et ils étaient en alternance ou en reprise (d'où l'info fausse qu'on m'avait donnée à l'époque). Comme quoi il faut toujours s'abreuver à la source (ne pas prendre au premier degré :lol: )

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Re: Il Trovatore (discographie)

Message par PlacidoCarrerotti » 06 sept. 2017, 15:26

Loïs a écrit :
06 sept. 2017, 15:16
PlacidoCarrerotti a écrit :
06 sept. 2017, 15:14
Loïs a écrit :
06 sept. 2017, 15:06

Il y aurait il eu transmutation? Je ne connais pas l'enregistrement mais je connais ces chanteurs qui sévirent dans les années 90.
O'Neill, voix extrêmement puissante au demeurant (entendu dans Turandot, Bohème et en récital) chante comme un métronome et dispose un charisme qui rendrait n'importe quelle huître hystérique à côté. Quand il chanta Riccardo à Garnier dans Ballo in mashera, un spectacteur du parterre s'était levé en criant "achevez le ", pendant la scène finale.
Si c'est vraiment le cas, c'est un vulgaire imitateur.
En revanche, moi, j'ai crié "Achève-le !" à Garnier pour Cianella. Mais c'était en 1985 (le 1er juin).
P...! J'en étais sur et je voulais faire un clin d'oeil, c'était bien toi :Jumpy:
Les dates correspondent à peu près et ils étaient en alternance ou en reprise (d'où l'info fausse qu'on m'avait donnée à l'époque). Comme quoi il faut toujours s'abreuver à la source (ne pas prendre au premier degré :lol: )

La vieillesse est un naufrage. En 1985, Giuliano Ciannella alternait avec Taro Ichihara , Luis Lima, en remplacement de Pavarotti.
O'Neill a chanté Toccardo en 92, dans la première série avec Pavarotti (peut-être un remplacement là encore, ce qui excuserait un peu ta confusion), puis tout seul comme un grand en 93.

Approximation plus grave, j'étais en loge de côté paire et non à l'orchestre :roll: Je ne me suis pas levé : j'étais déjà debout ;-), fond de loge oblige.

Il se disait à l'entracte que Ciannella avait négocié un contrat avec l'ONP pour d'autres spectacles, d'où une certaine réaction ... viscérale. :2guns:
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