Poètes maudits dans la mélodie française

L'actu; découvertes, sorties, critiques et conseils !
Répondre
Lily
Ténor
Ténor
Messages : 535
Enregistré le : 09 juil. 2004, 23:00
Contact :

Poètes maudits dans la mélodie française

Message par Lily » 08 juin 2007, 18:34

Poètes maudits dans la mélodie française : Verlaine

Image

REYNALDO HAHN
1. D’une prison
2. Offrande
3. Fêtes galantes
4. L’incrédule
5. Chansons grises

GABRIEL FAURE
1. Prison
2. Spleen
3. Clair de lune
4. Chansons de Venise

CLAUDE DEBUSSY
1. Mandoline
2. La mer est plus belle
3. Le son du corps s’afflige
4. L’échelonnement des haies

ANDRE MATHIEU
1. Les chères mains
2. Il pleure dans mon coeur
3. Colloque sentimental
4. Le ciel est si bleu

Jean-François Lapointe, baryton
Louise-Andrée Baril, piano

Paru en France en mai 2007.


Il est évidemment inutile de présenter Reynaldo Hahn, Gabriel Fauré et Claude Debussy. André Mathieu, en revanche, est beaucoup moins connu en France. Il s’agit d’un compositeur québécois né en 1929 et mort en 1968. Il a été surnommé le Mozart canadien en raison de sa très grande précocité d’interprète et de compositeur. Les curieux pourront trouver plus d’informations ICI.

Venons-en au disque à proprement parler.
Les interprètes, Jean-François Lapointe et Louise-Andrée Baril, avaient comme projet de réaliser un album en hommage au poète Paul Verlaine. L’objectif me semble parfaitement atteint.
J’aime retrouver, par exemple, chez Jean-François Lapointe l’art de la demi-teinte si chère au poète messin ; la douce clarté du soleil couchant est ainsi rendue d’une manière saisissante dans « Le son du cor s’afflige ».
De plus, je suis toujours étonnée et émerveillée en entendant sa voix passer d'une douceur ineffable (« L’Heure exquise » de Reynaldo Hahn, à peine effleurée, est colorée avec l’intense légèreté de ce « brouillard clair » évoqué par Verlaine dans un autre poème) à la matérialité la plus expressive (les roulements de la mer, chez Debussy, sont rendus avec une réalité terrifiante), grâce à une palette de couleurs et de nuances d’une grande richesse.
Et en tant qu’amoureuse de la langue française, j’apprécie sa diction claire, dynamique, précise mais jamais maniérée. (dire de la poésie semble lui être tout à fait naturel et pour l’auditeur, c’est vraiment confortable ! Il ne reste plus qu’à se laisser emporter.) Et puis, sa profonde sensibilité aux textes de Verlaine donne au baryton québécois la possibilité d’offrir une interprétation à la fois musicale et littéraire des poèmes choisis. C’est précieux et c’est très beau.
Le travail de la pianiste est lui aussi saisissant : un vrai travail d’orfèvre lui permet de rendre d’une manière précise et évidente toutes les subtilités d’écriture des quatre compositeurs. Que de vie dans le tapis sonore qu’elle tresse ! J’ai une tendresse particulière pour l’élégance légère, ondoyante et désinvolte des « Fêtes Galantes » de Hahn, ainsi que pour la restitution douce et résignée de la pluie qui tombe dans le « Spleen » de Fauré. Du très grand art qui justifierait presque une écoute spécifique exclusivement concentrée sur la partie piano... Je dis « presque » parce qu’une autre très grande force de cet album réside dans l’entente époustouflante qui règne entre les deux artistes. Chaque intention musicale est partagée, au souffle près.

C’est un disque que j’aime beaucoup. :D

Avatar du membre
Fiordiligi
Alto
Alto
Messages : 287
Enregistré le : 10 nov. 2004, 00:00

Message par Fiordiligi » 08 juin 2007, 20:21

Tout a fait d'accord avec Lily: un disque à écouter sans modération. :clapping:

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 13 invités