Ildar Abdrazakov, CD "Verdi", Nezet-Seguin- DG

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HELENE ADAM
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Ildar Abdrazakov, CD "Verdi", Nezet-Seguin- DG

Message par HELENE ADAM » 02 sept. 2019, 18:23

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Yannick Nézet-Séguin
Ildar Abdrazakov


Orchestre Métropolitain de Montréal
Int. Release 16 Aug. 2019

1 CD Deutsche Grammophon
0289 483 6096 3


Giuseppe Verdi (1813 - 1901)
Attila
Act 1
1.“Uldino! Uldin! Mio Re!”
(avec Rolando Villazón)
2."Mentre gonfiarsi l'anima"
3.“Raccapriccio!”

Don Carlo
Act 3
4."Ella giammai m'amò!"
5. "Dormiro sol"

Nabucco
Act 1
6."Sperate, o Figli!"
7. "D'Egitto là sui lidi"
avec Rolando Villazón

Simon Boccanegra
Prologue
8. "A te l'estremo addio"
9. "Il lacerato spirito"

Oberto, Conte di San Bonifacio
Act 2
10. "Ei tarda ancor!"
11. "L'orror del tradimento"
12. "Ma tu, superbo giovane"

Nabucco
Act 2
13. "Vieni, o Levita!"
14. "Tu sul labbro dei veggenti"

I vespri siciliani
Act 2 -
15. "O patria"
16."O tu, Palermo"

Luisa Miller
Act 1
17. "Che mai narrasti!"
18. "Il mio sangue, la vita darei"

Macbeth
Act 2
19. "Studia il passo, o mio figlio"
20."Come dal ciel precipita"


Ernani
Act 1
21. "Che mai veggio"
22. "Infelice!... e tuo credevi"
23."Infin che un brando vindice"

Don Carlos (bonus hors CD)
1. Elle ne m'aime pas
2. Je dormirai

J'y reviendrai dans les détails mais globalement, je trouve que c'est un très bon enregistrement (son deuxième récital chez DG, le premier était en duo avec Villazon il y a deux ans), magnifiquement (et luxueusement) accompagné par YNS et formidablement interprété. Quelques petites réserves viendront dans le détail...
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Ildar Abradzakov, CD "Verdi", Nezet-Seguin- DG

Message par Raminagrobid » 02 sept. 2019, 23:34

J'aurais préféré un CD de René Pape dans ce même répertoire...

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jerome
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Re: Ildar Abradzakov, CD "Verdi", Nezet-Seguin- DG

Message par jerome » 03 sept. 2019, 08:43

Ah ben pas moi! Tant les moyens vocaux d'Ildar d'Abdrazakov sont de très loin supérieurs à ceux de René Pape, surtout pour le répertoire verdien!

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Re: Ildar Abradzakov, CD "Verdi", Nezet-Seguin- DG

Message par Loïs » 03 sept. 2019, 10:25

jerome a écrit :
03 sept. 2019, 08:43
Ah ben pas moi! Tant les moyens vocaux d'Ildar d'Abdrazakov sont de très loin supérieurs à ceux de René Pape, surtout pour le répertoire verdien!
J'attends avec impatience le Don Carlo du mois prochain à Bastille pour le match retour.
J'ai vu 2 fois Abradzakov (Bastille & Turin) et une fois Pape (Zurich) en Philippe et malgré le pied que j'ai pris avec Abradzakov qui offre un Philippe plus jeune (et donc orgueilleux et menaçant mais aussi doutant), Pape fut pour moi la référence en s'érigeant en monument d'humanité.

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Re: Ildar Abradzakov, CD "Verdi", Nezet-Seguin- DG

Message par Loïs » 03 sept. 2019, 10:32

HELENE ADAM a écrit :
02 sept. 2019, 18:23
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Yannick Nézet-Séguin
Ildar Abdrazakov
J'ai l'impression que DG confie beaucoup plus souvent l'accompagnement des récitals de chanteurs à de grandes baguettes que les autres maisons de disques.

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Re: Ildar Abradzakov, CD "Verdi", Nezet-Seguin- DG

Message par HELENE ADAM » 03 sept. 2019, 12:27

Loïs a écrit :
03 sept. 2019, 10:25
jerome a écrit :
03 sept. 2019, 08:43
Ah ben pas moi! Tant les moyens vocaux d'Ildar d'Abdrazakov sont de très loin supérieurs à ceux de René Pape, surtout pour le répertoire verdien!
J'attends avec impatience le Don Carlo du mois prochain à Bastille pour le match retour.
J'ai vu 2 fois Abradzakov (Bastille & Turin) et une fois Pape (Zurich) en Philippe et malgré le pied que j'ai pris avec Abradzakov qui offre un Philippe plus jeune (et donc orgueilleux et menaçant mais aussi doutant), Pape fut pour moi la référence en s'érigeant en monument d'humanité.
Oui moi aussi...
Je partage avec Jérôme le point de vue général qu'Abradzakov a des moyens fabuleux pour Verdi et certains airs sont tout simplement des références (actuelles) sur ce CD (Luisa Miller, Nabucco, Attila, Oberto et même les Vêpres où il est littéralement renversant dépassant AMHA Shrott référence actuelle de ce rôle). Concernant Pape que j'ai beaucoup moins souvent entendu dans Verdi, son Filippo est en effet un monument (Munich 2011 en particulier, à pleurer...), en offrant sur le CD virtuel les deux versions, en italien et en français, Abradzakov se permet d'en donner deux interprétations que je juge assez différentes et tout aussi passionnantes. On l'a entendu en français dans le rôle à Bastille, on va l'entendre, dans la même mise en scène, en italien. Impatience. Dommage que son "Posa" ne soit pas exactement aussi excitant...
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Re: Ildar Abradzakov, CD "Verdi", Nezet-Seguin- DG

Message par Loïs » 03 sept. 2019, 12:41

HELENE ADAM a écrit :
03 sept. 2019, 12:27
Abradzakov se permet d'en donner deux interprétations que je juge assez différentes et tout aussi passionnantes. On l'a entendu en français dans le rôle à Bastille, on va l'entendre, dans la même mise en scène, en italien. excitant...
Ben non ce sera Pape justement :wink:

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Re: Ildar Abradzakov, CD "Verdi", Nezet-Seguin- DG

Message par HELENE ADAM » 03 sept. 2019, 13:34

Loïs a écrit :
03 sept. 2019, 12:41
HELENE ADAM a écrit :
03 sept. 2019, 12:27
Abradzakov se permet d'en donner deux interprétations que je juge assez différentes et tout aussi passionnantes. On l'a entendu en français dans le rôle à Bastille, on va l'entendre, dans la même mise en scène, en italien. excitant...
Ben non ce sera Pape justement :wink:
Et voilà ! trop de soleil ! :D :D :D
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Re: Ildar Abdrazakov, CD "Verdi", Nezet-Seguin- DG

Message par HELENE ADAM » 04 sept. 2019, 09:00

Petit aperçu d'un grand CD

En commençant par les extraits d'Attila, le plus emblématique de ses rôles, celui qu'il habite littéralement et où il a brillé très récemment en ouverture de la saison de la Scala (dominant presque outrageusement ses partenaires), Ildar Abdrazakov joue sur du velours pour accrocher immédiatement l'auditeur.
Si le très court “Uldino! Uldin! Mio Re!” (avec Villazon) reste un peu anecdotique, comme une mis en bouche, le "Mentre gonfiarsi l'anima" est un monument d'émotions, arrêts, reprises, ralentissements, notes longuement tenues, nuances, mezza voce, beauté des graves, legato verdien, tout y est, avec cette capacité des très grands de vous faire frissonner dès les premières notes.
L'attaque du “Raccapriccio!” lui permet aussitôt après le moment de grande gravité de passer à cet air entrainant et conquérant. L'orchestre est une vraie fête, accompagnant de toutes ses couleurs, la performance vocale qui se termine par un "aigu" très longuement tenu, la beauté, la classe, le talent, l'émotion.
Personnellement, même si un très léger vibrato se fait entendre lors de la très courte introduction, je trouve cette entrée en matière carrément luxueuse et Ildar Abdrazakov en pleine maturité rayonnante dans une entente parfaite avec ce diable de YNS qui sait faire danser son orchestre.

L’introduction orchestrale du thème du Don Carlo qui suit est à elle seule un très bel enregistrement, les cordes sont soyeuses et nostalgiques, tout le malheur du monde s’entend à cet instant et la voix de Ildar/Don Filippo s’élève alors, un petit peu tremblotante, avant de se stabiliser pour dialoguer avec le violoncelle tout doucement, puis avec l’orchestre avec force. Et comme toujours avec Abdrazakov, la tension s’installe dans ce "Ella giammai m'amò!" puis du "Dormiro sol" monte doucement, avec une maitrise stupéfiante (malgré quelques vibratos), les longues notes filées se font pianissimo puis crescendo, et, en l’écoutant, il n’est plus de doute que la jeune basse russe a une maitrise passionnante de Verdi et une grande intelligence musicale.
L’écoute de l’enregistrement sur les plate-formes musicales permet de bénéficier de deux passionnants « bonus » puisqu’il s’agit des deux mêmes airs mais extraits du Don Carlos, donc de la version française celle où Abradzakov avait interprété Don Filippo en intégralité à la Bastille . Légèrement plus rapide, dans un français enviable (et bien meilleur qu’à l’époque), les deux airs ont une tonalité différente, plus « jeune », plus innocente sans doute aussi. Bref, la comparaison est tout à fait passionnante.

Les deux airs de Nabucco qui suivent chantés par Zacharia "Sperate, o Figli!" et "D'Egitto là sui lidi" (air et cabalette) se situent au début de l’opéra dont c’est l’un des temps forts. On admirera là encore la solennité de l’aria, et la soudaineté de l’intervention des chœurs (splendides) suivis d’une cabalette énergique et étincelante à laquelle il ne manque aucune de ces répétitions qui qualifient le genre avec une belle conclusion orchestrale brève mais magistrale.

C’est son Fiesco dans Simon Boccanegra qui m’a paru le moins abouti : les extrêmes graves de "Il lacerato spirito" sont parfaitement assumés mais la voix manque à plusieurs reprise d’assurance. Là encore superbe accompagnement de l’orchestre et des chœurs.

Oberto, conte di San Bonifacio, premier opéra de Verdi, rarement donné, le retrouve à l’inverse très à l’aise dans le rôle-titre de facture verdienne « classique » avec trois airs enlevés sans grande imagination musicale mais dont Abradzakov ne fait qu’une bouchée savoureuse et très bien maitrisée, au rythme soutenu et très conquérant. Direction d’orchestre encore une fois de grande classe qui ne se contente pas d’accompagner … Ce n’est pas ce que Verdi a écrit de mieux mais c’est … entrainant !

On revient ensuite à Nabucco (sans que l’ordre choisi soit très compréhensible …) avec le « Vieni o levita » de l’acte 2 (Zacharias) suivi du « tu sul labbro dei veggenti », lent et solennel, musicalement superbe qui vous prend aux tripes, timbre idéal et gestion splendide du souffle et belles notes basses.

Le « O patria » suivi du « O tu Palermo » reste dans la tonalité très grave, lente et solennelle pour ces deux airs célèbres, celui des superbes Vespri Siciliani, avec toujours cette subtile et intelligente introduction de l’orchestre qui se fait léger tout en annonçant la gravité du propos. Abradzakov sait donner à la deuxième partie de son Palermo, toute la fièvre de Procida, tandis que l’orchestre accélère et enfle progressivement pour donner toute sa solennité à cet hymne à la patrie bafouée (et l’on sait combien Verdi chargeait de sens à peine caché tous ces airs).

Très belle maitrise de l’air de Walter dans Luisa Miller, Il mio sangue la vita darei, là aussi avec ces belles accélérations/crescendo, ces aigus « arrêtés », ce très beau legato à suivre et ce final à la longue note tenue qui est l’une des qualités principales requise pour un bel interprète de Verdi (on l’aura remarqué, je n’aime pas ceux qui « trichent » et coupent dans la longueur de ces notes parce qu’ayant mal maitrisé le souffle nécessaire).

L’enregistrement atteint des sommets à mon avis avec le « come dal ciel precipita », l’air de Banco dans Macbeth qu’il chantera au MET à la rentrée. Un modèle de beau chant expressif partaitement maitrisé, aux multiples nuances, paroles fortes scandées avec autorité suivies de pianissimo sublimes, mille facettes, mille couleurs dans la voix, une gestion des rythmes parfaite.

Autant de bonheur pour ces extraits d’Ernani avec le « Infelice!..e tuo credevi » de Don Ruy Gomez, du beau chant verdien qui fait vivre le personnage, ses états d’âme et ses colères qui rattache Abdrazakov aux grandes basses historiques comme Samuel Ramey.

Outre le magnifique orchestre du Orchestre Métropolitain de Montréal (et le très inspiré Yannick Nezt-Seguin décidément un des chefs les plus intéressants du moment), et les chœurs du metropolitan, Ildar Abdrazakov se fait donner la réplique par Rolando Villazon et l’on retrouve pendant deux ou trois phrases musicales et avec émotion, le sens « verdien » du chant du ténor qui fut, un temps, le ténor le plus demandé. Petite réplique aussi du baryton Geoffroy Salvas pour Luisa Miller.
De la belle ouvrage….
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Re: Ildar Abdrazakov, CD "Verdi", Nezet-Seguin- DG

Message par HELENE ADAM » 04 sept. 2019, 13:41

HELENE ADAM a écrit :
03 sept. 2019, 13:34
Loïs a écrit :
03 sept. 2019, 12:41
HELENE ADAM a écrit :
03 sept. 2019, 12:27
Abradzakov se permet d'en donner deux interprétations que je juge assez différentes et tout aussi passionnantes. On l'a entendu en français dans le rôle à Bastille, on va l'entendre, dans la même mise en scène, en italien. excitant...
Ben non ce sera Pape justement :wink:
Et voilà ! trop de soleil ! :D :D :D
Il sera Filippo dans Don Carlo en octobre mais à Moscou au Bolchoi (affiche intéressante d'ailleurs...) puis successivement au festival de Pâques de Salzbourg, à Munich et enfin à Dresden (pas vraiment de bons Don Carlo AMHA mais d'excellentes Elisabetta avec Harteros et Netrebko).
On le verra deux fois en retransmission cinéma du MET, pour Macbeth puis pour la Damnation de Faust.
Il donne également un récital à Bordeaux.
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