Rigoletto Hvorotovsky (Delos)

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Re: Rigoletto Hvorotovsky (Delos)

Message par Loïs » 01 janv. 2018, 19:56

Adalbéron a écrit :
01 janv. 2018, 19:10
Ah oui, Callas je n'ai jamais osé, ça me fait trop peur... Mais il y a Gobbi, c'est un argument de choc !
Il y a aussi le live de Mexico mais sans Gobbi. Il faut absolument écouter car tu vas entendre une chanteuse que tu ne connais pas
Adalbéron a écrit :
01 janv. 2018, 19:10
Figure-toi que je ne connais même pas ce live de Milan.......
Il y en a deux celui de la saint Ambroise et un issu d'une représentation ultérieure de la série. Il faut impérativement écouter le premier pour la conclusion à tomber le cul par terre de "caro nome"; on ne réussit ce genre de note qu'une fois dans sa vie. Aussi pour Giulini avec un ahurissant crescendo au moment ou Rigoletto cherche sa fille. Giulini estimant qu'il ne pourra dépasser ces représentations ne dirigera plus Rigoletto. Seul l'enregistrement studio 3 décennies plus tard préservera sa vision.

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Re: Rigoletto Hvorotovsky (Delos)

Message par Adalbéron » 01 janv. 2018, 20:07

Merci pour ces conseils ! 😘
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Re: Rigoletto Hvorotovsky (Delos)

Message par DieFeen » 01 janv. 2018, 23:50

jerome a écrit :
01 janv. 2018, 18:53
Les timbres de Sierra et Scotto ont peu, très peu en commun. Le seul vrai point commun entre elles 2, c'est que Sierra est un lirico leggero comme l'était fondamentalement à l'époque Scotto. Mais en termes de timbre, Scotto était très métallique sans parler de l'acidité de l'aigu et de son suraigu de scie à métaux! Le timbre de Sierra est comparativement tout en rondeur!
C'est super nuancé ça :cry:

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Re: Rigoletto Hvorotovsky (Delos)

Message par micaela » 02 janv. 2018, 01:15

Bon Ok, pour certains Sierra fait penser à Scotto. Mais est-ce une raison suffisante pour quasiment transformer ce fil (comme d'ailleurs le fil Sierra) en fil sur Scotto à partir de la comparaison entre les deux chanteuses ?
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

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Re: Rigoletto Hvorotovsky (Delos)

Message par jerome » 02 janv. 2018, 11:30

Il aurait fallu traiter de ce coffret dans le fil consacré à la discographie de l'oeuvre.
Par delà l'émotion, ô combien logique, qui est la nôtre de retrouver, dans le contexte particulier que nous savons, Hvorostovsky dans une intégrale dont nous aurions tous aimé qu'elle ne fût pas son ultime, il nous faut bien tout de même déterminer le plus objectivement possible la place que peut occuper cette nouvelle version dans une discographie pléthorique où trônent déjà quelques références quasi-absolues.
Inutile de s'attarder sur la basse et la mezzo, certes efficaces, mais aux personnalités vocales suffisamment neutres pour ne pas faire vaciller Talvela, Siepi, Ghiaurov, ... Cossotto, Simionato, Verrett, ...
Que dire de la direction d'Orbelian ? Ben que dans une discographie qui ne comprendrait pas Gavazzeni, Solti, Giulini, Muti et même, hé oui, Bonynge, Sanzogno et Molinari-Pradelli, sa battue orchestrale dynamique retiendrait vraiment l'attention. Mais à la tête d'une phalange pas exceptionnelle comme le Kaunas City Symphony Orchestra, elle n'est qu'efficace.
Restent Demuro, Sierra et Hvorostovsky ...
Demuro a tous les défauts de Giuseppe di Stefano sans aucune de ses qualités: les voyelles sont vulgairement débraillées et démesurément ouvertes (le pire défaut de di Stefano!) comme le plus lamentable des gondoliers vénitiens mais nous n'avons pour compenser aucune beauté de timbre, aucune facilité de l'aigu et aucun suraigu capable de nous faire décoller de notre fauteuil (parce que pour moi les cris de chapon de Demuro ne rentrent pas dans la catégorie aigus et suraigus!) et c'est là qu'on réalise combien sublimement précieux dans la discographie est le Duc de Mantoue de Pavarotti (et particulièrement le premier des 4 qu'il a enregistrés!) car là, beauté vocale, aisance de tessiture, impeccabilité du style prennent tout leur sens!!
Bref, Pavarotti, Kraux, Bergonzi, Gedda et le jeune Alagna restent en tête!
Sierra, et je suis désolé de le redire à ceux qui veulent absolument voir une parenté vocale dans sa Gilda, n'a pas grand chose en commun avec la jeune Renata Scotto pour des raisons que j'ai précisées dans un post plus haut (laquelle Scotto, je tiens à le préciser était bien supérieure dans sa première version que dans sa seconde et pourtant très peu d'années les séparaient ...). Pour autant, dans une discographie qui a beaucoup privilégié l'option complètement fausse, musicologiquement parlant, d'une Gilda forcément soprano léger (ce que n'était pas Mme Brambilla, la créatrice du rôle!), peu de Gilda vraiment majeures nous ont été données: si Callas a montré le chemin (mais a contrario son timbre était trop noir), Scotto, Sutherland, Moffo, Cotrubas, Dessi et Rost ont été beaucoup plus pertinentes que le reste des Gilda de la discographie. Alors, oui c'est vrai, Sierra s'y fait une très jolie place, pas la meilleure de la discographie mais la meilleure possible actuellement parce que le timbre est beau et finement corsé, que le style est éprouvé et que le chant est de belle facture. Il fallait que sa Gilda, hautement goûtée en live ces derniers temps, fût enregistrée! C'est là chose faite!
Enfin Hvorostovsky! C'est globalement très beau ce qu'il fait. On n'est pas avec lui dans les Rigoletto hyper verdiens et arrogants vocalement comme l'étaient Warren, Cappuccilli, MacNeil et Milnes et même Nucci. On serait plutôt ici chez Victor Hugo. Le timbre, tout de bronze, reste assez impérial. Le chant est tenu à la corde et l'incarnation vibrante qui est la sienne ne peut que nous émouvoir et nous faire regretter que cette intégrale n'ait pas été conçue plus tôt avec un autre chef, un autre orchestre et certains autres partenaires. Le seul vrai défaut le concernant ici serait des prises d'air un peu trop audibles.
Donc une intégrale qui vaut essentiellement pour Gilda et Rigoletto et qui ne bouleverse nullement la discographie.
je suis donc globalement assez d'accord avec Loïs.

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Re: Rigoletto Hvorotovsky (Delos)

Message par Lucas » 02 janv. 2018, 11:43

jerome a écrit :
01 janv. 2018, 18:53
Les timbres de Sierra et Scotto ont peu, très peu en commun. Le seul vrai point commun entre elles 2, c'est que Sierra est un lirico leggero comme l'était fondamentalement à l'époque Scotto. Mais en termes de timbre, Scotto était très métallique sans parler de l'acidité de l'aigu et de son suraigu de scie à métaux! Le timbre de Sierra est comparativement tout en rondeur!
Bon, ben là, je ne peux être que d'accord.

Sinon, ma Gilda préférée reste Moffo, à son zénith, chez Solti : on comprend mieux pourquoi le duc "craque" pour elle :

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jerome a écrit :
02 janv. 2018, 11:30
Que dire de la direction d'Orbelian ? Ben que dans une discographie qui ne comprendrait pas Gavazzeni, Solti, Giulini, Muti
J'aime beaucoup Solti d'habitude mais sa direction dans Rigoletto est horrible : clinquante, vulgaire et pompeuse avec un orchestre de série B et un Merrill terriblement braillard. En revanche, Moffo et Kraus sont remarquables.

Mais dans l'absolu, tu as raison : la battue d'Orbelian est banale comparée aux couleurs crépusculaires de kubelik ou Giulini et de la verve rythmique et du sens du théâtre de Muti (surtout sa première version avec Zancanaro divinement captée et en dépit d'un Duc au petit pied).
jerome a écrit :
02 janv. 2018, 11:30
Enfin Hvorostovsky! C'est globalement très beau ce qu'il fait. On n'est pas avec lui dans les Rigoletto hyper verdiens et arrogants vocalement comme l'étaient Warren, Cappuccilli, MacNeil et Milnes et même Nucci. On serait plutôt ici chez Victor Hugo. Le timbre, tout de bronze, reste assez impérial. Le chant est tenu à la corde et l'incarnation vibrante qui est la sienne ne peut que nous émouvoir et nous faire regretter que cette intégrale n'ait pas été conçue plus tôt
C'est aussi mon grand regret car on sent que les moyens de Hvorostovsky se sont sensiblement émoussés avec le temps : perte des harmoniques de la voix, problèmes d'intonation, nuances plus rares, voire quelques effets véristes et prises de respirations de plus en plus bruyantes. Mais malgré ces réserves, c'est un Rigoletto interessant, beaucoup plus verdien que Milnes (dont j'ai toujours trouvé la voix beaucoup trop claire pour ce répertoire) et incarné que McNeil. Néanmoins, il reste en deçà de mes interprètes préférés : Zancanaro, Cappuccilli et Fischer-Dieskau.

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Re: Rigoletto Hvorotovsky (Delos)

Message par opera-tic » 02 janv. 2018, 23:58

Loïs a écrit :
01 janv. 2018, 19:56
Adalbéron a écrit :
01 janv. 2018, 19:10
Ah oui, Callas je n'ai jamais osé, ça me fait trop peur... Mais il y a Gobbi, c'est un argument de choc !
Il y a aussi le live de Mexico mais sans Gobbi. Il faut absolument écouter car tu vas entendre une chanteuse que tu ne connais pas
Adalbéron a écrit :
01 janv. 2018, 19:10
Figure-toi que je ne connais même pas ce live de Milan.......
Il y en a deux celui de la saint Ambroise et un issu d'une représentation ultérieure de la série. Il faut impérativement écouter le premier pour la conclusion à tomber le cul par terre de "caro nome"; on ne réussit ce genre de note qu'une fois dans sa vie. Aussi pour Giulini avec un ahurissant crescendo au moment ou Rigoletto cherche sa fille. Giulini estimant qu'il ne pourra dépasser ces représentations ne dirigera plus Rigoletto. Seul l'enregistrement studio 3 décennies plus tard préservera sa vision.
Pour retrouver le live de Milan de la Saint-Ambroise avec Scotto et Giulini, qui sont les autres protagonistes (ou l'année) ?

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Re: Rigoletto Hvorotovsky (Delos)

Message par jerome » 03 janv. 2018, 00:56

opera-tic a écrit :
02 janv. 2018, 23:58
Pour retrouver le live de Milan de la Saint-Ambroise avec Scotto et Giulini, qui sont les autres protagonistes (ou l'année) ?
tu ne le retrouveras jamais pour la simple et bonne raison que jamais Giulini n'a ouvert une saison scaligère avec Rigoletto et que jamais Scotto n'a chanté Gilda à La Scala. Donc ce live supposé n'existe pas.
Scotto a enregistré en studio sa deuxième intégrale de l'oeuvre pour DGG avec Kubelik et les forces de La Scala mais c'est du studio.
En revanche Giulini et Scotto ont laissé 2 lives mémorables de Rigoletto aux côtés de Pavarotti et de Paskalis en novembre 1966 à l'Opéra de Rome et en décembre 1966 à l'Opéra de Florence.
Ces 2 lives se trouvent en CD:

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Re: Rigoletto Hvorotovsky (Delos)

Message par Loïs » 03 janv. 2018, 07:55

jerome a écrit :
03 janv. 2018, 00:56
En revanche Giulini et Scotto ont laissé 2 lives mémorables de Rigoletto aux côtés de Pavarotti et de Paskalis en novembre 1966 à l'Opéra de Rome et en décembre 1966 à l'Opéra de Florence.
Ben m..... alors! Cela fait des années que je vis avec une erreur? J'avais capté la supposée retransmission scaligère sur France Musique où elle avait été présentée comme telle (et c'est ce que j'ai écrit à la main sur mon CD.). En fouillant ce matin , je vois que la version la moins électrisante des deux est celle de Florence donc cela voudrait dire que celle qu'il faut avoir est la version romaine?
Je suis confus de ma confusion :toilet:
PS: j'avais bien noté à l'époque que Florence était écrit sur la jaquette mais vu qu'il s'agissait de la maison Opera d'Oro et que je possédais un autre enregistrement (le Norma des Chorégies avec Caballé & Vickers et il est attribué à Turin), j'en déduisais que l'inscription du lieu était erronée même si la distribution et la date étaient exactes

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Re: Rigoletto Hvorotovsky (Delos)

Message par jerome » 03 janv. 2018, 11:34

Oh tu sais France Musique ... 8O
Moi j'ai pris mes distances le jour où j'y ai entendu qu' Il Trovatore enregistré par EMI avec Karajan, Callas et di Stefano était un live de La Scala dont on avait retiré absolument tous les applaudissements!!! (ce qui bien évidemment est un mensonge éhonté ou plutôt 4 mensonges éhontés regroupés en 1).

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