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Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Posté : 20 sept. 2017, 17:32
par Efemere
L'album (dont on m'a gentiment transmis les fichiers) ne m'a absolument pas fait grimper au rideau. Je l'ai trouvé inégal.
Un détail : je ne suis pas tombée sous le charme de l'élocution de J. K., certes globalement bonne, mais je ne sais quoi – peut-être son accent ? – ne m'a pas emballée.
Bref, un CD de plus qui me confirme qu'il vaut mieux que j'entende J. K. en live (et que j'écoute autre chose que du lyrique chez moi – et ce n'est pas une question de qualité de matériel hifi, j'ai une chaîne plus que correcte avec notamment de bons baffles).

Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Posté : 20 sept. 2017, 18:08
par Adalbéron
Oui, sa prononciation du francais sonne absolument a-naturelle. Ce n'est même pas qu'une question d'accent, mais on dirait qu'il fait des efforts immenses pour articuler chaque mot. Chaque mot, chaque syllabe presque est détaché(e) du reste, c'est vraiment ça notamment qui me fait dire que ça sonne fabriqué.

C'est pour ça qu'il vaut mieux l'entendre en vrai, effectivement, parce qu'il est en live plus spontané, moins extérieur, moins dans l'effort de produire quelque chose de parfait (c'est ce que j'entends - mais le résultat ici, ce n'est pas la perfection, c'est la désarticulation de la musique et surcharge d'effets et d'efforts).

Mais la prise de son en plus n'est pas terrible, c'est normal si ça ne rend pas bien sur une chaîne hi-fi ; et si en plus c'est un fichier compressé, ça rend encore moins bien si le matériel est bon.

Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Posté : 20 sept. 2017, 18:52
par Adalbéron
Bernard C a écrit :
20 sept. 2017, 13:45
Mais j'attends Enée avec intérêt quoique sans impatience de la part de Jonas (je l'attends par contre fébrilement dans Tristan.)
Le seul Tristan que j'attends, moi, c'est celui de Currentzis :mrgreen: (2020).

Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Posté : 03 oct. 2017, 23:17
par veniziano
Et bien moi, je trouve cet album magnifique et il n'y a rien de ridicule comme j'ai pu lire plus haut, la technique est epoustoufflante , le timbre est magnifique, moi j'ai pratiquement tout aimé , JK est un extraterrestre, j'aurais simplement aimé, en plus, des airs de Samson et Dalila, ou Herodiade, ou même Sigurd : peut être dans un prochain disque.

Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Posté : 07 oct. 2017, 12:58
par Iphigenie42
J'ai enfin pu écouter le CD. Je suis globalement d'accord avec certains avis.

Le récital alterne le meilleur comme le pire. Bon, il chante Romeo avec la voix d'un homme mûr et non pas avec le soleil et la jeunesse. Et il vaut mieux oublier Willem Meister... Son Hoffmann n'est pas convainquant. Je me demande ce que ça aurait pu donner sur scène.
Je trouve le duo des pêcheurs de perle à la fois beau et dérangeant. Il y a tout le talent de Ludovic Tézier mais on a de la peine à différencier les 2 voix.
J'ai beaucoup aimé Enée et Faust. Et justement j'ai l'impression que la voix parait moins sombre dans les rôles qui sont pour sa voix actuelle et non pas passée. Les autres airs sont très beaux mais comme certains je suis gênée par sa prononciation, enfin pas tant la prononciation que les effets de sa prononciation. Je ne sais pas comment expliquer. Peut-être un disque trop appliqué, un concert enregistré live aurait peut-être rendu un résultat différent, plus naturel.
Ce n'est pas le disque du siècle mais il y a quand même de très belles choses. ET je n'ai pas la chance de pouvoir entendre en live tous ces grands artistes, donc je me contente des Cd et DVD.
Par contre la pochette... Quelle horreur : il faut arrêter avec photoshop !

Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Posté : 07 oct. 2017, 15:14
par micaela
Il faut surtout arrêter de faire de mauvais choix (ce n'est pas sa première pochette de CD à être moche), alors qu'il existe tant de bien plus belles photos de Kaufmann (homme très photogénique)...Rien que la photo (dans son fil) qui illustre le message sur sa participation à l'émission de Ruquier est plus belle.

Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Posté : 10 oct. 2017, 17:17
par jeantoulouse
On vient de m'offrir le CD. Excellente première écoute, malgré ici ou là quelques réserves, qui ne sont pas d'ordre technique (qui suis je pour critiquer la technique d'un tel artiste ? ) , mais davantage sur l'effet produit. Le Roméo qui ouvre l'album est en effet trop sombre, trop mûr. Magnifiquement chanté, il ne rayonne pas du soleil de l'adolescence. Je trouve bien plus convaincant l'air de Mylio dans le Roi d'Ys avec un fin époustouflante de nuances, de subtilité. Don José épatant, ardent, fiévreux. Werther crépusculaire, baigné par "le soleil noir de la mélancolie", en tous points conforme à la conception que je me fais du rôle , et qui ainsi retrouve l'esprit de Goethe. "En fermant les yeux" de Grieux sonne comme un vrai rêve avec des diminuendos de... rêve : c'est une splendeur qui offre un beau contraste avec la scène de Saint Sulpice, superbe d'engagement dramatique avec une Yoncheva sensuelle. Fervente prière du Cid, puissante et intériorisée à la fois, peut-être le sommet du disque. Faust magnifique avec ces détimbrages dont Kaufmann a le secret et qui ici émeuvent.
Il faut admirer le soin que Kaufmann apporte non seulement aux paroles (c'est bien le moins) , mais à la mise en situation des airs choisis (cf Manon) et donc à l'affect du personnage au moment où il s'exprime. Le CD s'écoute en continu sans l'ombre d'un ennui, sans la moindre sensation de redites car c'est une galerie de personnages différents ,une palette de sentiments qui s'ouvrent à chaque nouvel air.
La singularité de ces interprétations est qu'elles sentent non pas l'effort, mais le travail, non pas l'application mais la recherche d'une forme de perfection stylistique . D'où parfois sur certaines syllabes, l'apprêt de la prononciation. D'où ponctuellement un excès de variété de couleurs, un petit manque de naturel. C'est sans doute le risque que court Kaufmann : ne pas se fier à une technique magnifique (souffle, phrasé, infinie colorations, éclat de l'aigu, souplesse) mais chercher à varier, à colorer, à nuancer presque à l'infini (écoutez l'air d'Eléazar, d'une subtilité à tomber).
Mais c'est chercher la toute petite bête. Combien de récitals consacrés à l'opéra français réunissent-ils autant de qualités et provoquent -ils autant d'admiration ?
Excellent soutien de l'orchestre dirigé par Bertrand de Billy, qui sait lui aussi varier les climats.

Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Posté : 22 oct. 2017, 08:41
par robertram
à l'écoute et à la réécoute hier la voix m'est apparue fabriquée (prononciation, timbre, projection, nuances...) et une petite moitié des airs ne correspondent plus à sa voix actuelle, d'où sans doute l'extrême attention qui leur est portée, et partant leur aspect "fabriqué". De tous les récitals "hommes" de la rentrée (Kunde, Spyres, Osborn, Florez...), c'est celui que j'aime le moins tout en saluant le mérite d'avoir choisi un florilège d'opéras français (où manque Samson, je suis d'accord). Je préfère l'artiste dans le Don Carlos "live" vu récemment .Un dernier reproche qui vaut aussi pour d'autres récitals, il est dommage que les airs avec cabalette soient amputés systématiquent de celle-ci (i est vrai qu'elle est souvent ardue, et accompagnée d'un chœur-La Juive, L'Africaine..)