Jonas Kaufmann : l'opéra

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Jonas Kaufmann : l'opéra

Message par MariaStuarda » 19 sept. 2017, 10:32

Comme c'est de toutes façons un des événements discographiques de la rentrée, j'ouvre un fil afin que nous puissions discuter là du dernier album de Jonas Kaufmann.
Et je rapatrie ce qui est dit sur le fil Kaufmann déjà suffisamment boursouflé :
HELENE ADAM a écrit :
18 sept. 2017, 18:07
MariaStuarda a écrit :
18 sept. 2017, 17:43
Epsilon a écrit :
18 sept. 2017, 17:39
Tout cela est bel et bon, et tout plein de belles intentions, mais finalement, puisqu'il semble que vous l'ayez écouté, que pensez-vous de ce CD?
(Nadir et Roméo, entendus sur RadioClassique, m'ont un peu refroidie, j'hésite avant d'écouter Mignon....)
A ce stade, pas que du bien.
Mais je préfère réserver mon avis après avoir écouté l'album plusieurs fois.
C'est un album très étrange du fait du choix que fait Kaufmann de revisiter par des extraits toutes ses rencontres avec l'opéra français, même celles qui n'ont jamais abouti. Il n'a plus (ou n'a jamais eu) la voix pour certains rôles mais ne se propose pas de les chanter en entier, seulement de donner sa version actuelle d'un court extrait. C'est donc assez déconcertant, surtout justement pour les airs célèbres qu'on a l'habitude d'entendre avec des timbres très différents.(et alors là on pourra se mettre d'accord sur la phrase "il n'a pas la voix du rôle" :wink: ).
C'est donc un parti pris. A la première écoute j'étais plutôt sceptique sur certains airs, intéressée par d'autres, mais globalement hésitante. A la troisième écoute je suis en phase séduction. J'ai encore un problème avec Hoffmann et avec Mignon (mais il s'estompe). Je m'arrête là parce que je vais me faire charrier forcément. Je donnerai un avis détaillé après la 4ème écoute :lol:, quand je serai en extase totale.
Epsilon a écrit :
18 sept. 2017, 17:39
Tout cela est bel et bon, et tout plein de belles intentions, mais finalement, puisqu'il semble que vous l'ayez écouté, que pensez-vous de ce CD?
(Nadir et Roméo, entendus sur RadioClassique, m'ont un peu refroidie, j'hésite avant d'écouter Mignon....)
paul a écrit :
19 sept. 2017, 08:15
HELENE ADAM a écrit :
18 sept. 2017, 18:07
Je donnerai un avis détaillé après la 4ème écoute :lol:, quand je serai en extase totale.
Moi qui n'ai pas encore réussi à finir la première écoute (je vais essayer de m'y remettre), c'est dire si je suis loin de l'extase... Quel ennui, un ramassis de minauderies vocales avec un orchestre anémique; le CD Spyres, j'adhère bien, le Osborn c'est beau mais déjà moins excitant, mais alors Kaufman, je peux pas (peut-être dans dix ans quand j'en serai à la 4ème écoute comme Hélène :cry: :cry: )
HELENE ADAM a écrit :
19 sept. 2017, 08:25
paul a écrit :
19 sept. 2017, 08:15
HELENE ADAM a écrit :
18 sept. 2017, 18:07
Je donnerai un avis détaillé après la 4ème écoute :lol:, quand je serai en extase totale.
Moi qui n'ai pas encore réussi à finir la première écoute (je vais essayer de m'y remettre), c'est dire si je suis loin de l'extase... Quel ennui, un ramassis de minauderies vocales avec un orchestre anémique; le CD Spyres, j'adhère bien, le Osborn c'est beau mais déjà moins excitant, mais alors Kaufman, je peux pas (peut-être dans dix ans quand j'en serai à la 4ème écoute comme Hélène :cry: :cry: )
Ah que voilà Kaufmann (et l'orchestre de l'opéra de Bavière) habillé pour l'hiver (ce qui est plus prudent vu le temps et la fragilité du ténor)... :cold:

Je n'ai pas encore atteint l'extase...( :lol: ) et je préfère Osborn à Spyres dans leurs CD respectifs ce qui doit être logique. :wink:
paul a écrit :
19 sept. 2017, 08:30
HELENE ADAM a écrit :
19 sept. 2017, 08:25


Je n'ai pas encore atteint l'extase...( :lol: ) et je préfère Osborn à Spyres dans leurs CD respectifs ce qui doit être logique. :wink:
En matière de ténors, nous sommes opposés mais effectivement logiques :lol: :lol: :lol:
Mes reproches à l'orchestre sont aussi dus à des tempi et une prise de son très kaufmannocentrés (ce qui "logiquement" me gène)
En ce qui me concerne, je l'ai écouté hier en intégralité, très énervé mais je suis en train de remettre ça pour ne pas rester sur une première impression.
Pour le moment pour résumer :
- Ça va du sublime au pénible voire au ridicule
- c'est un album qui arrive soit trop tard soit trop tôt
(et effectivement l'orchestre est sous tranxene)

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Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Message par Adalbéron » 19 sept. 2017, 13:12

Pourquoi accuser l'orchestre d'être mou ? Aussi étonnant que ça puisse paraître, il y a un chef à sa tête. Et ce chef est... *roulements de tambours* : De Billy !
Je ne me souvenais plus que c'était lui qui dirigeait, j'ai mis l'album en route pour essayer, je me dis : "mais qu'est ce que c'est que ce truc mollasson ?" Je regarde qui dirige : "Ah, bon, alors ça n'est pas qu'une fixette de ma part sur le nom de ce chef"...
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Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Message par Peleo » 20 sept. 2017, 09:01

Finalement je préfère le système best of avec des enregistrements répartis sur toute une carrière.
Dans les nouveautés ténor, mon classement sera 1er Osborn, 2ème Spyres, 3ème Kunde, 4ème Kaufmann.

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Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Message par MariaStuarda » 20 sept. 2017, 09:19

Le premier sentiment que j’ai eu de l’album a été peu ou prou celui de Paul, à savoir un festival de minauderies et de larmoyances (je crois que ce mot n’existe pas mais je trouve ça joli) que j’étais prêt à juger sévèrement et surtout à ranger vite fait sur l’étagère des albums ratés. Je dois dire qu’après 4 écoutes (les trajets en métro, ça a parfois du bon), je sors de là avec un sentiment mitigé. En me relisant, je me rends compte que finalement, j’aime plus de choses dans l’album que je n’en déteste mais ces quelques fautes font vraiment tâche car ils amènent à penser que l’album aurait pu être beaucoup mieux pensé.
L'étrange impression composite qu'on a à son écoute repose sur le fait cet album semble être celui des rendez-vous manqués.
Entre deux âges (trop tôt ou trop tard), tantôt avec des rôles pris bien trop tardivement, tantôt avec du répertoire éprouvé mais aujourd'hui presque rabâché, enfin par les absences (Samson), l'entreprise semble être celle d'une carrière française contrariée voire d'un manque d'audace vers l'avenir. Le grand écart effectué brouille les pistes et l'image de ténor de répertoire français que Kaufmann souhaite donner.
Vocalement, on est souvent sous le charme mais aussi trop souvent sous l'emprise de l'emphase qui donne un sentiment de "démonstration de mon talent immense".
Une obsession à bien vouloir pro-non-cer (sans toujours y réussir d'ailleurs) donne un français parfois peu naturel.
Le mezza voce parfois magnifique mais souvent inutile et sur-utilisé conduit par moment à un sentiment d'uniformité entre des rôles pourtant fort différents.
Enfin, on ne va pas pouvoir éternellement s'abriter pour Kaufmann derrière "la vision personnelle de l'œuvre" que le ténorissime daigne nous donner. Il y a là une démarche qui s'éloigne de plus en plus de la modestie pour atteindre petit à petit un histrionisme dans lequel de nombreuses stars ont sombré. Le débat a eu lieu ici si souvent : serait ce aux compositeurs de se plier aux caprices de l'artiste ? Même si certains s'abriteront derrière sa remarquable technique et sa capacité à produire du beau son, après le Otello (que je reconnais avoir bien étrillé), cela commence à faire beaucoup.
Plutôt que de se tourner, comme je le disais, vers le futur (quel beau Samson il ferait), il s'accroche à des rôles qu'il n'a jamais abordés ou pour lequel il est aujourd'hui hors sujet. Le choix de certains extraits démontrent de surcroît, selon moi, l'incapacité qui était la sienne, à caractériser les rôles dans leur totalité (dont un Hoffmann qui laisse dubitatif car on ne sait pas après le passage choisi s'il en aurait fait une belle prise de rôle ou pas).
Parfois complice d'un hédonisme coupable, de Billy, trop soucieux de donner au ténor des pages pour alanguir ses mezza voce, étire les tempi à l'extrême et nous livre un album sous tranxene.
Pour autant, il y a dans cet album, des sacrées belles pépites même si l'album commence (très) mal.
Jonas se disqualifie dès les premières mesures de Roméo. Le beau jeune homme cède la place à un vieux beau réfugié dans les artifices. A oublier vite.
Heureusement, tout de suite à suivre, l'air de Werther est sublime dans la continuité des représentations historiques de Bastille de 2010.
L'air de ce José viril à l'extrême est tout autant un bonheur car c'est un des rôles dans lequel il a toujours été, selon moi, parfait.
Il arrive à alléger sa voix dans Mignon mais ne peut à ce stade de sa carrière rivaliser avec les interprètes qui ont marqué cet air.
En revanche, le passage des pêcheurs de perles est tout bonnement grotesque et inutile. Indépendamment du talent de son compère Tézier, on a l'impression d'être d'un coup propulsé dans une Forza del destino réécrite par Bizet ! L'exercice me fait penser aux vilaines barcarolles ou duos des fleurs lourdauds qu'on nous sert pour permettre à la mezzo et à la soprano de parvenir à chanter ensemble.
L'extrait du roi d'Ys retrouve un peu de légèreté et de dynamique.
Pour Manon, si le premier air n'est qu'un festival d'effets qui nuit plus à la caractérisation du personnage qu'il ne la sert, je trouve Jonas presque parfait dans le second passage avec des accents à la Villazon (c'est plutôt un compliment pour le coup) par la véhémence et l'engagement. Les effets récurrents qui truffent l'album sont remplacés par une rage et une passion qui lui siéent bien ! Dommage qu'il soit affublé d'une Manon, très belle voix, mais qui sonne parfois faux (son "enfin !" est digne de la mort de Cotillard dans Batman).
L'air du Cid le trouve dans les mêmes dispositions et est de toute beauté. La ligne de chant, la prononciation comme l'autorité sont pour moi les points d'appui qui auraient dû être ceux de cet album trop bigarré pour être convaincant.
L'air de la juive est beau mais on ne sent pas le sanglot qu'un Shicoff (et même Roberto) savait y mettre. De plus, on peut regretter l'alanguissement dans lequel de Billy sombre en milieu d'air.
Alors bien sûr, ce sont les deux derniers airs qui réconcilient avec le Kaufmann d'aujourd'hui, fantastique Faust de la damnation et futur Enée (espérons le) de référence.
Bref, pour résumer, et c’est ce que je vais faire (vive le numérique), si on ne veut pas passer de l'extase à l'agacement à l’écoute et à la réécoute, le mieux est d'extraire les belles pépites qui existent dans cet album et d’en bannir ce qui agace.

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Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Message par Bernard C » 20 sept. 2017, 12:41

MariaStuarda a écrit :
20 sept. 2017, 09:19
Heureusement, tout de suite à suivre, l'air de Werther est sublime dans la continuité des représentations historiques de Bastille de 2015.
Il a rechanté Werther en 2015 à Bastille ?

Bernard

ps : pour Enée , je ne sais pas , l'avenir le dira ; pour le Faust de la Damnation , je sais désormais qu'aujourd'hui il y a bien mieux que lui comme "référence"
«Or les traits de ma peinture ne fourvoient point, quoi qu’ils se changent et diversifient. Le monde n’est qu’une branloire pérenne : toutes choses y branlent sans cesse (), et du branle public, et du leur. La constance même n’est autre chose qu’un branle plus languissant.»
Montaigne Essais III,2

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Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Message par MariaStuarda » 20 sept. 2017, 13:13

Bernard C a écrit :
20 sept. 2017, 12:41
Il a rechanté Werther en 2015 à Bastille ?
Non, non, tu as raison; faute de frappe. Je corrige.
Bernard C a écrit :
20 sept. 2017, 12:41
ps : pour le Faust de la Damnation , je sais désormais qu'aujourd'hui il y a bien mieux que lui comme "référence"
des noms, des noms !

Puisque tu interviens sur ce fil, tu as écouté l'album ?

PS : Enfin, si je puis me permettre un avis à un vieux de la vieille de ODB comme toi, pour les citations longues, c'est quand même plus lisible de mettre (...), je trouve :

MariaStuarda a écrit :
20 sept. 2017, 09:19

Le premier sentiment que j’ai eu de l’album a été peu ou prou celui de Paul, à savoir un festival de minauderies et de larmoyances (je crois que ce mot n’existe pas mais je trouve ça joli) que j’étais prêt à juger sévèrement et surtout à ranger vite fait sur l’étagère des albums ratés. Je dois dire qu’après 4 écoutes (les trajets en métro, ça a parfois du bon), je sors de là avec un sentiment mitigé. En me relisant, je me rends compte que finalement, j’aime plus de choses dans l’album que je n’en déteste mais ces quelques fautes font vraiment tâche car ils amènent à penser que l’album aurait pu être beaucoup mieux pensé.
(...)

Rien n’empêche les lecteurs d'aller relire l'original.

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Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Message par Bernard C » 20 sept. 2017, 13:45

Je n'ai pas osé utiliser les ciseaux sur ton texte.

Bernard

Ps :non je n'ai pas écouté ce disque.
Mais j'ai entendu Kaufmann dans Faust sur scène et Spyres est beaucoup plus "idoine" dirait jéjé :wink: (il n'y a pas photo)
Mais j'attends Enée avec intérêt quoique sans impatience de la part de Jonas (je l'attends par contre fébrilement dans Tristan. HS je t'y verrai ? )
«Or les traits de ma peinture ne fourvoient point, quoi qu’ils se changent et diversifient. Le monde n’est qu’une branloire pérenne : toutes choses y branlent sans cesse (), et du branle public, et du leur. La constance même n’est autre chose qu’un branle plus languissant.»
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Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Message par MariaStuarda » 20 sept. 2017, 13:56

Bernard C a écrit :
20 sept. 2017, 13:45
Mais j'ai entendu Kaufmann dans Faust sur scène et Spyres est beaucoup plus "idoine" dirait jéjé :wink: (il n'y a pas photo)
Mais j'attends Enée avec intérêt quoique sans impatience de la part de Jonas (je l'attends par contre fébrilement dans Tristan. HS je t'y verrai ? )
Je suis un fâché avec Spyres depuis son Hoffmann à Munich.
Mais si j'ai l'occasion, j'irai l'écouter.
Moi je suis assez impatient d'entendre JK dans Enée et dans Tristan bien sûr [c'est un des rares opéras de Wagner que je pratique régulièrement (mais pas trop quand même :wink: )]
Bernard C a écrit :
20 sept. 2017, 13:45
Je n'ai pas osé utiliser les ciseaux sur ton texte.
N'hésite pas !

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Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Message par Bernard C » 20 sept. 2017, 14:16

(parce que pour Hoffmann tu as Polenzani dans les tripes, on pourrit grave le fil CD de JK, là)
«Or les traits de ma peinture ne fourvoient point, quoi qu’ils se changent et diversifient. Le monde n’est qu’une branloire pérenne : toutes choses y branlent sans cesse (), et du branle public, et du leur. La constance même n’est autre chose qu’un branle plus languissant.»
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Re: Jonas Kaufmann : l'opéra

Message par MariaStuarda » 20 sept. 2017, 14:28

Bernard C a écrit :
20 sept. 2017, 14:16

parce que pour Hoffmann tu as Polenzani dans les tripes

Polenzani est un dieu dans Hoffmann !
Bernard C a écrit :
20 sept. 2017, 14:16

on pourrit grave le fil CD de JK, là

Les autres n'ont qu'à participer (et écouter le CD d'abord d'ailleurs LOL)

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