Discographie de La Gioconda

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Discographie de La Gioconda

Message par jerome » 04 août 2017, 13:00

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Re: Discographie de La Gioconda

Message par Loïs » 04 août 2017, 13:21

jerome a écrit :
04 août 2017, 13:00
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Tiens je ne connaissais pas l'enregsitrement Milanov diStefano
Faudrait que j'écoute Casolla cela me rappellera Verone

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Re: Discographie de La Gioconda

Message par aroldo » 04 août 2017, 13:24

Di Stefano Milanov c'est reparu chez Decca, en même temps que leur Forza. C'est d'ailleurs meilleur, Milanov y faisant moins grabataire.
Dans mon souvenir (mais il faudra une réécoute), c'est une assez bonne version qui bénéficie de la très belle Laura d'Elias.
l'enlevement de Clarissa a été un des évènements de ma jeunesse.

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Re: Discographie de La Gioconda

Message par Loïs » 04 août 2017, 13:26

un live qui vaut l'écoute :
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Re: Discographie de La Gioconda

Message par aroldo » 04 août 2017, 13:29

Je me demande qui faisait la discographie de l'ASO (Von Moere ? Je ne sais plus) mais il avait dit beaucoup de bien de la version Caballé, alors qu'elle y était, à mon sens, ... comparable à ce que dit Placido dans le fil Decca Sound (d'ailleurs, en général, ces enregistrements Pavarotti Caballé pour Decca la trouvent en petite forme). Je me demande pourquoi elle semblait tenir à ce rôle qui ne flattait pas ses plus grandes qualités.

Je regrette qu'il n'y ait rien eu d'officiel pour Souliotis (même un live). Il y a des choses sous le manteau (et tout le dernier acte est donné dans un cd fourni avec la bio italienne de Souliotis).
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Re: Discographie de La Gioconda

Message par jerome » 04 août 2017, 14:08

ah je regrette de devoir te contredire mais il y a un live avec Souliotis qui a été édité en CD et qui était disponible dans toutes les bonnes crémeries il y a quelques années:

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Re: Discographie de La Gioconda

Message par aroldo » 04 août 2017, 14:16

Ah ben non, c'est moi qui ne sais pas, donc tu n'as pas à regretter quoi que ce soit.

En général dans 'Il y a quelques années", on peut comprendre "aujourd'hui se trouve à 543 euros".
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Re: Discographie de La Gioconda

Message par Lucas » 05 août 2017, 10:02

Petite discographie sélective et subjective :

1- Gavazzeni 1958 :

Le chef, pourtant excellent d'habitude, dirige comme un bourrin. C'est clinquant, agressif, trop rapide et inutilement vulgaire. Mais le cast remarquable- Cerquetti, Bastianini, Simionato, Siepi- rachèterait tout s'il n'y avait pas l'abominable MariodelMo qui hurle à la mort.

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2- Votto 1959 :

Quand on interrogeait Callas sur son enregistrement préféré, elle citait systématiquement le dernier acte de cette seconde Gioconda avant Lucia, Norma ou Tosca. Et cela ne doit rien au hasard. La voix y est magnifique, bien que très spécifique, à des années-lumière des stridences d'enregistrements plus anciens dues aux vieilles prises de son. Rien de semblable dans cette gravure stéréo redonnant au timbre de Callas ses lettres de noblesse. Et quelle incarnation devant des chanteurs qui ne sont pas des manchots : Cappuccilli, Cossotto, Vinco, ce n'est pas rien sous la baguette très noire de Votto qui signe l'enregistrement de sa vie. Dommage, dans ce contexte, qu'un ténor très quelconque gâche un peu la fête. Choisir impérativement la dernière version remasterisée avec la pochette ci-dessous.

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3- Bartoletti 1981 :

C'est cette version qui avait été conseillée dans la discographie de l'avant-scène opéra et ce n'est que justice. Caballé, Pavarotti, Baltsa, Milnes et Ghiaurov chantent remarquablement et offrent, pour la première fois, une distribution sans faille sous la baguette engagée de Bartoletti. C'est, à mon avis, par là qu'il faut commencer.

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4- Viotti 2003 :

Version fraichement reçue à sa sortie et cela me semble bien injuste. Certes, l'ensemble manque d'engagement dramatique mais c'est aussi l'enregistrement le plus raffiné de la discographie, en grande partie grâce au sublime orchestre de la radio bavaroise qui, sur le plan instrumental, renvoie toute la concurrence aux oubliettes. Quant au cast, il ne me semble pas présenter de failles majeures. Urmana, captée à son zénith, y est irrésistible de beauté vocale même si un peu impavide. Atanelli et Luciana d'Intino en remontrerait à des noms plus illustres et Scandiuzzi est excellent. Reste le cas Domingo dont c'est l'un des derniers enregistrements en tant que ténor et qui a cristallisé toutes les passions. C'est certes bien tendu dans l'aigu mais le reste de la voix est solide et c'est bien plus stylé que MariodelMo ou Miranda Ferrarro. Bref une très belle version de concert, un peu statufiée, à offrir à ceux qui redoutent, à tort, la vulgarité d'un opéra qui, comme Jérôme l'a souligné justement, regorge d'airs et duos remarquables et qui constitue l'un des sommets du vérisme (pour le style plus que pour le scénario).

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Re: Discographie de La Gioconda

Message par jerome » 05 août 2017, 13:03

Je nuance un tout petit peu: c'est pas vraiment du vérisme. La Gioconda est composée entre Aida et Otello et donc là Ponchielli est davantage dans la continuité de l'opéra tel que Verdi le concevait à cette période et en même temps il annonce par bribes ce que sera la nouvelle école italienne. Mais dans l'ensemble on est encore dans une conception très romantique de l'opéra italien avec succession de numéros (airs, duos), ensembles concertants, stretta, choeurs, ballet.

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Re: Discographie de La Gioconda

Message par jerome » 05 août 2017, 14:35

Sur la discographie, je suis d'accord sur presque tout avec Lucas.
Déjà j'ai envie de dire que c'est globalement une belle discographie avec des enregistrements de qualité (et toutes les oeuvres ne peuvent pas se prévaloir d'une telle proportion de bonnes versions)
Je ne parlerai pas de la dernière version (Steckler) que je ne connais pas mais je possède toutes les autres.

1) Les versions Callas:
Callas est en très grande voix dans cette première version et bien entourée et dirigée mais le son mono est assez plat et ne permet pas de goûter pleinement tout le relief de cette musique. Elle est quasiment en aussi grande voix dans sa 2ème version (stéréo cette fois ci), merveilleusement entourée (au ténor près qui n'est cependant pas indigne du tout!) et dirigée. Pour l'époque la prise de son est superlative et Votto signe là une très grande version de référence. Quant à Callas, elle a considérablement approfondi le rôle et c'est là qu'il faut l'entendre bien davantage que dans sa 1ère version.

2) La version Cerquetti:
Là sera ma nuance d'avec Lucas car je trouve la direction de Gavazzeni absolument sensationnelle d'électricité dramatique. Evidemment pour la conclusion de La Danse des Heures, on en vient à se dire que c'est absolument in-dansable mais quand on connait d'autres interprétations isolées de ce ballet par d'autres chefs (je pense à Solti par exemple), le tempo est rigoureusement le même que Gavazzeni. C'est donc à prendre comme une interprétation symphonique pour le disque. Pour ce qui est du chant, c'est superbe de bout en bout! Mention spéciale pour Cerquetti et petite nuance pour Del Monaco qui est beaucoup trop spinto. Il chante très bien (et non très objectivement il ne hurle pas à la mort et n'est absolument pas abominable) mais il me pose là le même problème que pour son Duc de Mantoue: ses moyens vocaux sont trop larges!

3) La version Previtali:
Beaucoup critiquée à cause de Milanov un peu fatiguée et de Di Stefano, usé vocalement et recourant à des effets vocaux vulgaires, cette intégrale n'en demeure pas moins une intégrale très intéressante d'abord parce qu'elle est merveilleusement enregistrée et dirigée. Ensuite Milanov et Di Stefano ne dénaturent pas cette partition dans laquelle ils arrivent tout de même à se couler assez bien et on leur doit de vrais beaux moments. Je dois préciser que Di Stefano pose tout de même le problème inverse que celui que pose Del Monaco: si ce dernier est trop large vocalement pour le rôle, Di Stefano ne l'est pas assez ...
Par ailleurs tout le reste du cast est de grande eau, Warren en tête.

4) La version Gardelli:
Gardelli est dans sa période DECCA c'est à dire sa meilleure période et il faut bien reconnaître que ce chef qui a certainement une des discographies lyriques les plus abondantes (et contrastées) de l'histoire du disque signe là une immense version. Très inspirée par une partition qu'il semble beaucoup aimer, il en restitue toute l'architecture sonore et toute la fibre dramatique. Il est merveilleusement aidé en cela aussi par une prise de son sensationnelle. Le cast est absolument magnifique et touche même au sublime avec Bergonzi. Le seul bémol, c'est peut-être la trop grande maturité du timbre de Tebaldi. Certes on ne peut pas le lui reprocher comme on est tout à fait légitime à le faire dans son intégrale de Don Carlo mais certaines notes sont devenues un peu laides. Pour autant, elle signe là une de ses grandes intégrales car Gioconda a été un de ses très grands rôles.

5) La version Bartoletti:
Une belle version plutôt bien dirigée: c'est efficace mais moins inspiré que Votto, Previtali et Gardelli! C'est très bien enregistré, merci DECCA une fois de plus et c'est globalement très bien chanté. Est ce que Caballé était intrinsèquement une Gioconda ? Ce n'est pas certain mais elle s'en sort avec éclat. Est ce que Pavarotti est un Enzo ? Si l'on considère que ce rôle est essentiellement lyrique et écrit dans une zone de confort qui permet ce lyrisme et c'est le cas, alors oui le ténor lirico qu'est Pavarotti convient parfaitement. Ses moyens vocaux le placent dans un juste milieu entre Di Stefano et Del Monaco.

6) La version Patane:
C'est peut-être la version la moins convaincante et ce n'est pas le cast qui en porte la responsabilité car c'est globalement bien chanté. En fait, pour une raison que je m'explique pas, le responsable est Patane qui pourtant aimait beaucoup cette oeuvre : sa direction est un peu molle, sans grand relief et ça plombe un peu tout ... comme quoi La Gioconda est aussi indubitablement un opéra de chef!

7) La version Viotti:
Très belle version dirigée avec classe par le regretté Marcello Viotti avec un cast de premier ordre. Je précise que c'est effectivement un des derniers enregistrements de Domingo (où il est un peu tendu et peut-être un peu trop musclé mais en grande voix!) ténor et je dirais même de Domingo tout court car tout ce qui suivra en mode baryton (qu'il n'est pas!) ça n'existe pas! En revanche, son Enzo dans cette version, là oui ça existe!

8) Les versions lives de Callegari et Renzetti:
Elles permettent de saisir l'impact en public de cette partition flamboyante et dramatiquement forte dans de bonnes conditions sonores et dans un niveau artistique tout à fait satisfaisant. Mention spéciale à Callegari, magnifique chef!

Et puis les regrets d'une telle discographie: Quel dommage que ni Muti ni Abbado ne se soient frottés à cette oeuvre. Chailly le fera t'il ??
Quel dommage qu'une maison comme DGG ne l'ait toujours pas à son catalogue.
Quel dommage que Souliotis ne l'ait pas enregistrée avec Gardelli et que Tebaldi ne l'ait pas enregistrée avec Previtali (à la place de Milanov) ...
Quel dommage que le meilleur Enzo n'ait pas été enregistré à savoir Franco Corelli ...

C'est pourquoi s'il y a un live qu'il faut connaître, c'est celui-là:

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SUPERBE!!!

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