Les Nuits d'été et autres mélodies avec orchestre et cantates françaises

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Vos Nuits d'été sont (en)chantées par (en plus de Régine Crespin)

Janet Baker
3
16%
Victoria de Los Angeles
1
5%
Véronique Gens
4
21%
Bernarda Fink
1
5%
Eleanor Steber
1
5%
Anne Sophie Von Otter
1
5%
Suzanne Danco
0
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Susan Graham
3
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Frederica Von Stade
2
11%
Une ou un autre
3
16%
 
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aroldo
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Re: Les Nuits d'été et autres mélodies avec orchestre et cantates françaises

Message par aroldo » 11 août 2018, 20:44

Suite de ma saga personnelle. Et bonne surprise. Je crois que la lecture de Colin Davis des Nuits d'été s'apparie mieux avec Barbara Hendricks (EMI) qu'avec Norman (j'en parle plus haut). Elle tend plus vers l'aurore que le crépuscule : la transparence de l'orchestre répond à la clarté de la chanteuse, sa respiration ample et détendue permet permet à la soliste de prendre son temps pour les nuances et les pianissimos. Et Davis est vraiment attentif, ne donnant jamais l'impression que Hendricks est confrontée à une œuvre trop large pour ses moyens. Elle n'est pas à son aise dans le grave ("linceul", "immense" ... à la limite du parlé) mais, dans ses très bonnes années, comme ici, la poésie du timbre fait beaucoup. Vocalement, elle a une discrète vibration qui s'épanouit dans les lignes des mélodies et ses aigus éthérés s'évanouissent sur le souffle, laissant l'auditeur particulièrement rêveur. On sent vraiment le travail qu'elle a effectué et sa familiarités avec le français est tangible : ce n'est pas tant une question de fermeté que de compréhension évidente du texte, sans (trop de) maniérisme. Quand elle s'arrête sur "secret", elle y met un souffle qui m'a carrément rappelé ... Crespin ! Une version très purement vocale et féminine, sans héroïsme ni bel canto romantique, dans un versant apollinien rarement entendue, finalement. Évidement, pour l'inquiétude et l'étrangeté, on verra du côté de Baker ou Smith, mais je suis tout à fait séduit, d'autant que dans la dernière réédition de cette version, il y a un beau disque Ravel dirigé par Gardiner (curieux de noter que Hendricks, si décriée, a toujours travaillé avec le haut du panier, quel que soit le répertoire abordé, avec un instinct infaillible). L'"Asie" de Shéhérazade est, par exemple, éperdue, assoiffée, affamée, très dramatique. On ne l'attendait pas aussi inquiète, même si vocalement c'est plus audiblement plus ardu (ceci explique d'ailleurs peut-être cela, au fond !).

A noter que le double-disque comporte aussi des Illuminations de Britten par Hendricks-Davis dont il faudrait parler ailleurs, sans doute.
l'enlevement de Clarissa a été un des évènements de ma jeunesse.

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