Jonas Kaufmann - Dolce Vita - CD Sony- 2016

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HELENE ADAM
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Jonas Kaufmann - Dolce Vita - CD Sony- 2016

Message par HELENE ADAM » 05 oct. 2016, 19:08

J'écoute.
Surprenant, déroutant.

Avis plus tard.
Une chose est sûre : cette voix, ce style, ce sens de l'interprétation, ce sens des nuances est unique (qu'on aime ou non et là, il faut reconnaitre que ce n'est pas son répertoire habituel mais ça décoiffe quand même...) :wink:

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https://www.br-klassik.de/aktuell/br-kl ... ta100.html

http://cultura.elpais.com/cultura/2016/ ... rsoc=FB_CC

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Regarde spectateur, remontée à bloc, de telle sorte que le ressort se déroule avec lenteur tout le long d’une vie humaine, une des plus parfaites machines construites par les dieux infernaux pour l’anéantissement mathématique d’un mortel.

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Re: Jonas Kaufmann - Dolce Vita - CD Sony- 2016

Message par raph13 » 06 oct. 2016, 12:01

En tout cas je trouve les pochettes de CD archi-photoshopées de plus en plus laides...
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Re: Jonas Kaufmann - Dolce Vita - CD Sony- 2016

Message par Loïs » 06 oct. 2016, 13:39

Par contre il y a quoi dedans (liste airs)? Merki

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Re: Jonas Kaufmann - Dolce Vita - CD Sony- 2016

Message par raph13 » 06 oct. 2016, 14:28

1 Caruso

2 Mattinata

3 Parla più piano

4 Passione

5 Un amore così grande

6 Il canto

7 Voglio vivere così

8 Catari', Catari' (Core 'ngrato)

9 Ti voglio tanto bene

10 Non ti scordar di me

11 Fenesta ca' lucive

12 Musica proibita

13 Parlami d'amore Mariù

14 Torna a Surriento

15 Volare

16 Rondine al nido

17 Con te partirò

18 Il Libro dell' Amore
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Re: Jonas Kaufmann - Dolce Vita - CD Sony- 2016

Message par Loïs » 06 oct. 2016, 16:51

raph13 a écrit :En tout cas je trouve les pochettes de CD archi-photoshopées de plus en plus laides...
C'est pour passer incognito dans la rue: les écarts comencent à être tels entre la réalité et la photo que les stars peuvent sortir incongnitos, on ne les reconnait plus. :lol:

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Re: Jonas Kaufmann - Dolce Vita - CD Sony- 2016

Message par Loïs » 06 oct. 2016, 16:54

raph13 a écrit :1 Caruso
2 Mattinata
3 Parla più piano
4 Passione
5 Un amore così grande
6 Il canto
7 Voglio vivere così
8 Catari', Catari' (Core 'ngrato)
9 Ti voglio tanto bene
10 Non ti scordar di me
11 Fenesta ca' lucive
12 Musica proibita
13 Parlami d'amore Mariù
14 Torna a Surriento
15 Volare
16 Rondine al nido
17 Con te partirò
18 Il Libro dell' Amore
C'est dommage que les chanteurs depuis Pavarotti s'attachent plus à la canzone qu'aux mélodies de Tosti comme le firent Di Stefano ou Carreras

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Re: Jonas Kaufmann - Dolce Vita - CD Sony- 2016

Message par Stefano P » 07 oct. 2016, 17:12

Il n’y a pas beaucoup de discographies de ténors sans un (ou plusieurs) disque(s) de chansons italiennes, et JK a donc décidé de combler cette lacune avec ce Dolce Vita. Etait-ce vraiment nécessaire ? A l’écoute de ce CD, on peut malheureusement en douter. La liste des titres choisis ne brille pas par son originalité : très peu de chansons napolitaines (trois, et quand on entend la façon dont il chante le napolitain, on se dit qu’il a bien fait de limiter les dégâts), quelques mélodies classiques hyper connues : Mattinata, Passione, Musica proibita, et beaucoup de canzonette bocelliennes, notamment les indigestes Con te partirò, Il canto, Il libro dell’amore, Un amore così grande, (le chant du cygne de Del Monaco) et ce Caruso si rebattu qui est l’une des plus mauvaises compositions de Lucio Dalla qui a pourtant fait tant de belles chansons que l’on n’entend jamais. J'espère au moins qu'il nous épargnera les exhibitions avec Il Volo, dont c'est le répertoire habituel...

JK chante tout cela avec beaucoup de sérieux, comme s’il s’agissait de lieder : les intonations sont savantes et variées, il y a de jolis effets de sfumato, des pianissimi ou des aigus sonores en point d’orgue. C’est très engagé, très appliqué, très maîtrisé. Le problème, c’est que dans ce répertoire, il faut de la spensieratezza, de la morbidezza, de la solarità, et ici il n’y a rien de tout cela ! Le titre est d’ailleurs complètement décalé, car ce n’est pas la dolce vita qu’évoquent la plupart des mélodies napolitaines, mais plutôt l’insoutenable légèreté de l’être, le défi au destin, la quête du bonheur en dépit des avanies et des outrages, comme dans Fenesta ca lucive, où la sérénade au pied de la fenêtre éclairée s’adresse en fait à une jeune fille morte...

A quoi bon par exemple reprendre la merveilleuse chanson de Modugno Volare (là aussi une histoire pas si drôle où l’on échappe à la vie pas si dolce et au monde en se perdant dans un au-delà de légèreté et d’azur) si c’est pour y rajouter de la lourdeur et du pathos, avec des mandolines dans l’orchestre sensées alléger le tout, alors qu’elles ne font que renforcer le cliché ? Et c’est la même chose dans Parla più piano, chanté avec un sérieux imperturbable comme s’il s’agissait d’un grand air d’opéra, et qui fait presque regretter la version de Tino Rossi ou celle de Dalida... Si l’on ajoute des orchestrations qui pèsent trois tonnes, on est en plein dans l’erreur de casting : sans doute la première faute de goût dans la superbe discographie de JK. :?
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Re: Jonas Kaufmann - Dolce Vita - CD Sony- 2016

Message par Lucas » 08 oct. 2016, 08:04

Stefano P a écrit : JK chante tout cela avec beaucoup de sérieux ...Le problème, c’est que dans ce répertoire, il faut de la spensieratezza, de la morbidezza, de la solarità, et ici il n’y a rien de tout cela ! Si l’on ajoute des orchestrations qui pèsent trois tonnes, on est en plein dans l’erreur de casting : sans doute la première faute de goût dans la superbe discographie de JK. :?
Entièrement d'accord avec cela. J'ai écouté cet enregistrement en streaming et c'est particulièrement mauvais. Décidément, les deux récitals principaux de cette rentrée (Kaufmann + Netrebko même si cette dernière chante très bien mais sans exprimer grand chose) sont d'immenses déceptions et il faut donc se méfier des sirènes du marketing.

J'ajouterai qu'à titre personnel, l'exercice du récital ne m'intéresse pas car il ne permet pas de juger de la construction psychologique d'un personnage sur la durée. Et puis le principe d'une juxtaposition d'airs me semble loufoque un peu comme si, sur le même disque, on alignait le premier mouvement de l'Hammerklavier de Beethoven, le largo de la 3ème sonate de Chopin et l'Alborada del gracioso de Ravel. Une œuvre d'art s'appréhende pourtant dans sa globalité ou pas du tout.

C'est pourquoi l'événement lyrique de septembre reste l'Andrea Chénier de Kaufmann en DVD tout en espérant qu'Anna Netrebko, dans le cadre d'un bon DVD ou d'une intégrale d'opéra digne d'elle (c'est à dire sans son mari), saura mieux déployer ses ailes.

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Re: Jonas Kaufmann - Dolce Vita - CD Sony- 2016

Message par HELENE ADAM » 11 oct. 2016, 12:59

raph13 a écrit :En tout cas je trouve les pochettes de CD archi-photoshopées de plus en plus laides...
+1000, Sony se distingue particulièrement par son goût de ch.... :wink:
Regarde spectateur, remontée à bloc, de telle sorte que le ressort se déroule avec lenteur tout le long d’une vie humaine, une des plus parfaites machines construites par les dieux infernaux pour l’anéantissement mathématique d’un mortel.

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Re: Jonas Kaufmann - Dolce Vita - CD Sony- 2016

Message par HELENE ADAM » 11 oct. 2016, 13:25

Stefano P a écrit :Il n’y a pas beaucoup de discographies de ténors sans un (ou plusieurs) disque(s) de chansons italiennes, et JK a donc décidé de combler cette lacune avec ce Dolce Vita. Etait-ce vraiment nécessaire ? A l’écoute de ce CD, on peut malheureusement en douter. La liste des titres choisis ne brille pas par son originalité : très peu de chansons napolitaines (trois, et quand on entend la façon dont il chante le napolitain, on se dit qu’il a bien fait de limiter les dégâts), quelques mélodies classiques hyper connues : Mattinata, Passione, Musica proibita, et beaucoup de canzonette bocelliennes, notamment les indigestes Con te partirò, Il canto, Il libro dell’amore, Un amore così grande, (le chant du cygne de Del Monaco) et ce Caruso si rebattu qui est l’une des plus mauvaises compositions de Lucio Dalla qui a pourtant fait tant de belles chansons que l’on n’entend jamais. J'espère au moins qu'il nous épargnera les exhibitions avec Il Volo, dont c'est le répertoire habituel...

JK chante tout cela avec beaucoup de sérieux, comme s’il s’agissait de lieder : les intonations sont savantes et variées, il y a de jolis effets de sfumato, des pianissimi ou des aigus sonores en point d’orgue. C’est très engagé, très appliqué, très maîtrisé. Le problème, c’est que dans ce répertoire, il faut de la spensieratezza, de la morbidezza, de la solarità, et ici il n’y a rien de tout cela ! Le titre est d’ailleurs complètement décalé, car ce n’est pas la dolce vita qu’évoquent la plupart des mélodies napolitaines, mais plutôt l’insoutenable légèreté de l’être, le défi au destin, la quête du bonheur en dépit des avanies et des outrages, comme dans Fenesta ca lucive, où la sérénade au pied de la fenêtre éclairée s’adresse en fait à une jeune fille morte...

A quoi bon par exemple reprendre la merveilleuse chanson de Modugno Volare (là aussi une histoire pas si drôle où l’on échappe à la vie pas si dolce et au monde en se perdant dans un au-delà de légèreté et d’azur) si c’est pour y rajouter de la lourdeur et du pathos, avec des mandolines dans l’orchestre sensées alléger le tout, alors qu’elles ne font que renforcer le cliché ? Et c’est la même chose dans Parla più piano, chanté avec un sérieux imperturbable comme s’il s’agissait d’un grand air d’opéra, et qui fait presque regretter la version de Tino Rossi ou celle de Dalida... Si l’on ajoute des orchestrations qui pèsent trois tonnes, on est en plein dans l’erreur de casting : sans doute la première faute de goût dans la superbe discographie de JK. :?
Je suis partagée d'où mon hésitation à écrire une critique complète. Je rebondis donc sur la tienne dont je partage une bonne partie des remarques.
je commencerai par la fin : l'orchestre et son chef sont manifestement à côté du style que tente de déployer Kaufmann en se rapprochant autant que faire se peut, des contextes sociaux, sociétaux, qui a présidé à l'écriture et surtout à la popularisation de ces différents airs, que tous les grands ténors ont eu envie d'enregistrer. Il pèse des tonnes, Asher Fish n'est pas l'homme de la situation et le tout semble avoir été enregistré assez précipitamment, avec une prise de son assez médiocre. L'enregistrement a sans doute eu lieu en janvier-février dernier et Kaufmann a dû faire cela dans un court laps de temps puisque c'est une des périodes où il a eu des pépins de santé.

Quand Pavarotti, Domingo, ou auparavant Del Monaco, ont enregistré les même airs, cela m'avait aussi agacée parce que je ne suis pas très fan de la chansonnette Italienne "opératisée" et que j'attendais des enregistrements d'opéra, mais, à l'époque je m'étais penchée sur l'histoire de ces airs très populaire en Italie et j'ai vu que, sans surprise le concernant, Kaufmann s'est passionné pour son sujet (voir ses interviews) et est allé chercher, à l'instar de sa démarche "opérettes allemandes", le pendant (réussi) de ce CD, les origines de chacun de ces airs.

Origines finalement assez diverses, puisqu'il y a des chansonnettes sans doute jamais enregistrées du temps de leur écriture et qui se sont installées dans l'Italie du début du siècle dernier comme des références populaires tristes ou gaies passant à la postérité internationale du fait d'enregistrements tardifs mais prestigieux. Ce qui a sans doute fait généralement perdre de vue, leurs origines populaires, souvent mélancoliques.

D'autres sont plus opératiques et classique et c'est d'ailleurs celles que Kaufmann chante de la manière la plus convaincante : Mattinata, Passione, Musica proibita, sans l'être totalement, du fait d'une hésitation légèrement perceptible entre plusieurs registres. Mis à part ce qui est l'objet courant des bis (très apprécié depuis longtemps) de Kaufmann "Catari, Catari" ou le "Torna a surriento" où l'on retrouve du grand Kaufmann.
Le pire est "volare" à l'inverse qui ne colle pas du tout avec sa voix malgré ses évidents efforts pour l'adapter à cette chanson qui ne demande aucune voix d'opéra pour être simplement belle.

Je n'ai pas du tout les capacités de Stefano pour juger de son Napolitain mais je le crois sur parole (on sent un manque de "fluidité".

Par contre, je suis sûre, malgré mes réticences à l'égard de Sony Classical, qu'il s'agit bien d'un projet voulu par Kaufmann, fasciné par l'Italie de tout temps (ce que je comprends, ayant aussi passé toutes mes vacances d'enfance dans ce pays superbe :wink: où la musique est à tous les coins de rue), qui a volontairement recherché à enregistrer un hommage à l'Italie populaire des chansons, celle qui n'est jamais loin de l'Italie populaire qui aime l'opéra, (d'une manière très éloignée de ce que nous connaissons en France), et où l'on passe de l'un à l'autre facilement.

C'est vrai et c'est un plaisir de l'écouter parler avec enthousiasme de cette Italie qui, comme le Berlin des années 30, chantait avec nostalgie et mélancolie mais aussi avec joie et légèreté, la vie, l'amour, la mort.
J'écoute le CD sans déplaisir, par curiosité, sans plus. Et puis la voix de Kaufmann me procure toujours un certain plaisir. :wink:
j'y reviendrai peut-être après avoir lu d'autres critiques.

PS : la pochette et sans doute le titre à côté de la plaque sont typiquement la "marque" Sony Classical".
Regarde spectateur, remontée à bloc, de telle sorte que le ressort se déroule avec lenteur tout le long d’une vie humaine, une des plus parfaites machines construites par les dieux infernaux pour l’anéantissement mathématique d’un mortel.

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