Michael William Balfe (1808 - 1870)

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Michael William Balfe (1808 - 1870)

Message par jerome » 07 mars 2015, 15:42

Michael William Balfe est un compositeur hélas injustement méconnu. De nationalité irlandaise, il a fait des études de chant puis est devenu le protégé de Rossini dont il a d'ailleurs chanté le rôle de Figaro à Paris. Il a fréquenté tout le gotha du grand chant belcantiste de son temps: Malibran, Grisi, Lablache, Rubini, Tamburini, ...
Il a composé de nombreux opéra italiens et surtout anglais:

I rivali di se stessi (1829 Palermo)
Un avertimento ai gelosi (1830 Pavia)
Enrico Quarto al passo della Marna (19.2.1833 Milano)
The Siege of Rochelle (29.10.1835 London)
The Maid of Artois (27.5.1836 London)
Catherine Grey (27.5.1837 London)
Joan of Arc (30.11.1837 London)
Diadeste, or The Veiled Lady (17.5.1838 London)
Falstaff (19.7.1838 London)
Keolanthe, or The Unearthly Bride (9.3.1841 London)
Le Puits d'amour (20.4.1843 Paris)
The Bohemian Girl (27.11.1843 London)
Les Quatre fils Aymon (29.7.1844 Paris)
Pittore e duca (21.11.1844 Trieste)
The Daughter of St. Mark (27.11.1844 London)
The Enchantress (14.5.1845 London)
L'Étoile de Séville (17.12.1845 Paris)
The Bandman (11.12.1846 London)
The Maid of Honour (20.12.1847 London)
The Sicilian Bride (6.3.1852 London)
The Devil's In It (26.7.1852 London)
The Rose of Castille (29.10.1857 London)
Satanella, or The Power of Love (20.12.1858 London)
Bianca, or The Bravo's Bride (6.12.1860 London)
The Puritan's Daughter (30.11.1861 London)
Blanche de Nevers (21.11.1862 London)
The Armourer of Nantes (12.2.1863 London)
The Sleeping Queen (31.8.1864 London)
The Knight of the Leopard (inc; 11.6.1874 London)

Sa musique est d'école belcantiste et n'a rien à envier à celle de ses illustres contemporains italiens.

Le disque s'est malheureusement assez peu penché sur son oeuvre:

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Re: Michael William Balfe (1808 - 1870)

Message par Leporello84 » 07 mars 2015, 16:05

Ça a l'air intéressant! Même sur un texte anglais, il reprend les formes traditionnelles (pezzi chiusi, airs tripartites, etc.)?

Quel opéra conseilles-tu pour découvrir?
Y a-t-il un air représentatif que tu pourrais nous indiquer, pour se faire une idée?

Je viens de voir qu'Elīna Garanča avait enregistré « I dreamt that I dwelt in marble halls », l'air de The bohemian girl. Mais il semble qu'il s'agisse d'un arrangement...

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Re: Michael William Balfe (1808 - 1870)

Message par jerome » 07 mars 2015, 16:22

oui y a tout de la cavatine, au rondo final en passant par les cabalettes, les ensembles concertants et les strette à dacapo avec vocalises et contre-notes + ballets et choeurs, ...

Moi je conseille de commencer par Falstaff qui est un petit bijou et qu'il a composé pour les chanteurs qui ont créé I Puritani de Bellini.

aria di Falstaff: https://www.youtube.com/watch?v=C7suDhkKojo

Rondo finale de Miss Ford: https://www.youtube.com/watch?v=yjvaXGy9nzg

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Re: Michael William Balfe (1808 - 1870)

Message par Leporello84 » 07 mars 2015, 19:15

J'aime beaucoup cette musique!
Effectivement, musicalement c'est très semblable à du Donizetti, vraiment agréable!

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Re: Michael William Balfe (1808 - 1870)

Message par jerome » 30 oct. 2015, 01:25

A paraître bientôt chez Naxos l'intégrale studio enregistrée en juillet 2014 de Satanella or the power of love sous la direction de Richard Bonynge.
Les chanteurs: Sally Silver, Kang Wang, Catherine Carby, Trevor Bowes, Anthony Gregory, Francis Church, Christine Tocci et Elizabeth Sikora.
Une excellente nouvelle!
Voilà une oeuvre splendide et passionnante créée en 1858 et complètement à la croisée des chemins et qui, en se libérant doucement du style belcantiste, montre de quelle manière la musique de Verdi était prégnante sur son temps et dans toute l'Europe. En effet l'écriture de Balfe dans cette oeuvre est très sensiblement influencée par le lyrisme verdien.
Rappeler qu'en 1857 c'est Simon Boccanegra et en 1859, Un Ballo in maschera permet de situer pleinement le cadre musical de la création de Satanella.

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Re: Michael William Balfe (1808 - 1870)

Message par Asvo » 30 oct. 2015, 15:59

Merci d'avoir remonté le sujet, je l'avais loupé ! C'est top comme musique !

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aroldo
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Re: Michael William Balfe (1808 - 1870)

Message par aroldo » 25 juil. 2018, 19:22

Je fais remonter ce topic pour dire mon plaisir (un peu coupable) toujours ressenti à l'écoute de la version Bonynge ... de The Beggar's Opera. Je ne vais pas créer un fil pour ça, à mon avis, les clients de Balfe pourrait se retrouver dans ce répertoire. Comme on le sait (ou pas), l'opéra de Gray est musicalement un "opéra à ballades", c'est à dire qu'il a adapté des airs préexistants (folklorique ou non) à son intrigue. Ce principe a servi de prétexte à des réécritures variées de l'oeuvre, y compris, celle, très belle de Britten. Bonynge et Gamley (l'arrangeur "officiel" de Sutherland) se sont amusés comme des petits fous à transformer ce faux opéras du XVIIIème siècle en "revue" qui pioche dans tous les styles, abordant aussi bien le registre rose bonbon victorien, que l'opérette à la Gilbert et Sullivan, en passant par des moments qui louchent vers le jazz "facile" ou la comédie musicale des années 20. La distribution est impressionnante et personnelle. James Morris n'a vraiment pas la voix du bon Dieu, la voix caverne et charbone. En revanche, il est étonnamment séduisant et onctueux dans les dialogues, avec un très beau timbre parlé. On peut en dire autant d'Angela Lansbury, qui a été une vedette de Broadway, mais avec plus de caractère que de voix (c''est ce que son personnage demande). Le temps d'un air ou d'une scène on croise une délicieuse et charnelle Ann Murray et une impayable Resnik qui met un peu de sa Quickly dans sa "Madame". Enfin, duel de divas oblige, Bonynge a arrangé de belles parties pour Sutherland et Te Kanawa. Cette dernière a un instinct fantastique pour la musique légère anglophone, qu'elle confirme ici, flirtant parfois avec une technique moins lyrique, sans cesser d'être vocalement très en beauté. Sutherland, beaucoup plus mure (nous sommes en 82), ce qui forme un intéressant contraste, est géniale dans les dialogues parlées, avec un accent cockney très théâtrales. Vocalement, dans cette tessiture facile, elle ne craint personne et on peut se douter que son mari lui a écrit des variations qui la mettent en valeur.

Longtemps introuvable, depuis quelques années réédité (avec le livret complet et une notice intéressante) par Eloquence. Un petit plaisir qui se suit comme une pièce radiophonique avec un minimum d'anglais.
l'enlevement de Clarissa a été un des évènements de ma jeunesse.

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