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Croustilleux La Fontaine (J-F Novelli) - Les Déchargeurs, Paris - 07/2018

Posté : 03 juin 2018, 18:38
par EdeB
Le talentueux et polyvalent ténor Jean-François Novelli reprend son spectacle autour des contes licencieux de La Fontaine aux Déchargeurs.
Les amateurs de musique baroque connaissent déjà son sens du texte, l’équilibre et l’esprit de ses interprétations. Cette fois-ci, c’est sur les chansons d’Antoine Sahler, qu’il va nous entrainer dans le verbe coquin et élégant d’un poète qui n’écrivit pas que pour les écoliers...

Comme le précise le site du théâtre,

« Le ténor Jean-François Novelli s’empare des œuvres moins connues et plus « osées » de Jean de La Fontaine sur la musique du compositeur Antoine Sahler.
Des contes que l’on écoute l’oreille collée au trou de la serrure et où la haute tenue littéraire du XVIIe siècle éclate dans toute sa splendeur au service d’un propos on-ne-peut-plus léger !
Un récital décalé et un peu fou entre théâtre et chansons, où les histoires de nonnes affriolantes et de pâtés d’anguilles prennent vie sous l’oeil malicieux de la facétieuse Juliette
. »


ODB-opéra publiera bientôt une interview de Jean-François Novelli, ainsi qu’un compte rendu du CD Silentium.

Croustilleux La Fontaine (J-F Novelli) Les Déchargeurs, Paris 06 et 07/2018

Posté : 30 juin 2018, 11:51
par EdeB
L'interview de Jean-François Novelli vient d'être mise en ligne : joomfinal/index.php/les-dossiers/48-les ... ut-d-erato

Et Télérama a adoré le spectacle Croustilleux La Fontaine...
https://www.telerama.fr/sortir/au-theat ... 688817.php

Croustilleux La Fontaine (J-F Novelli) Les Déchargeurs, Paris 06 et 07/2018

Posté : 06 juil. 2018, 20:28
par EdeB
Croustilleux La Fontaine
Texte de Jean de La Fontaine, adapté par Juliette, Antoine Sahler et Jean-François Novelli
Antoine Sahler – musique
Jean-François Novelli – tous les personnages (faut-il les citer tous ?)
Juliette – mise en scène
Luigi – lumières
Romain Vaille – pianiste

Les Déchargeurs (Paris), le 6 juillet 2017


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Contes lestes et jouissifs

Si les Contes de La Fontaine étaient enclos dans l’Enfer des bibliothèques bourgeoises, ses Fables ont longtemps fait l’ordinaire des écoliers de France et de Navarre. Avec souffrances, parfois. Gageons qu’ils auraient moins rechigné à mémoriser ces histoires lestes (mais jamais vulgaires) où divers représentants de l’Eglise, de la Robe et de l’Epée cabriolent à foison dans une bonne humeur polissonne exubérante !

Pour héroïnes et héros de ces historiettes réjouissantes, il ne manque ni oisonne rapidement déniaisée, ni paysan abruti, ni rebouteux filou, ni nonne enceinte, ni abbesse à la cornette bien de guingois… et qui n’a plus rien ici rien de « l’aile blanche » si chère aux écrivains du XIXe siècle ! On y trouve même un Pasté d’anguille (distribution des ingrédients bio à la sortie, mais nul n’est besoin de l’oignon pour pleurer de rire durant une bonne heure), une oreille manquante, un veau disparu, une jugeote à venir (mais on sait comment l’esprit vient traditionnellement aux filles…), le dernier épisode de Perruque, Gloire et Beauté et autres foutraqueries jubilatoires, en un assemblage désopilant où la verve toute en métamorphoses de Jean-François Novelli fait merveilles. Qu’il soit prieure presbyte, mari cocu et revanchard, directeur de conscience lubrique ou père putatif devenu amant ; qu’il convoque clichés du music-hall, ou détourne grand air d’opéra en direct (on ne saura jamais ooooooù… est partie… on ne sait quoi ni qui, au fait !) ou cours faussement magistral ; qu’il s’épanche sur les malheurs de l’amour et du désir, en de délicieuses et nostalgiques ballades, le ténor incarne en un tournemain le fabuliste, ses contradictions bigarrées et sa pléthore de personnages. On se prendrait à croire au don d’ubiquité tant sont prestes ces transmutations.

Si c’était pêcher que de lire ces Contes en 1665, 1666, 1671 et 1674, c’est désormais fauter que de ne pas aller les entendre ainsi… Mêlant le patrimonial désempesé et le présent, saupoudrés de quelques accessoires et d’un génie espiègle, ces textes un peu oubliés recouvrent une vie bouillonnante. En un assemblement faussement foutraque à la remarquable fluidité, en un panorama gouleyant où pas un vers, pas une incise – qu’elle soit verbale ou musicale – n’est de trop. Ces couleurs palpitantes de chairs en émoi revivent grâce à l’alliage malicieux d’une bien coquine Juliette, par la séduction des mélodies narquoises et éloquentes (bourrées de clin d’œil savoureux) d’Antoine Sahler et des éloquentes lumières de Luigi (l’apparition démoniaque en remontrerait à Lucasfilm !) Impavide et goguenard, Romain Vaille prête ses doigts déliés à l’enchâssement musical de ces humanités peu politiquement correctes, sans négliger de répliquer aux pirouettes de son sémillant compère. Absolument irrésistible.

Précipitez-vous, il reste deux représentations, les 11 et 12 juillet. (En espérant une reprise ?)

Emmanuelle Pesqué

PS : seul regret : un DVD serait le bienvenu…

L’interview de Jean-François Novelli, dans laquelle il parle de ce spectacle, ainsi que de son dernier CD Silentium, est disponible dans les Dossiers d’ODB-opéra.

Présentation et biographies des artistes.