Marais - Sémélé - Niquet, Montpellier 2006

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OrfeoEuclides
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Marais - Sémélé - Niquet, Montpellier 2006

Message par OrfeoEuclides » 14 juil. 2006, 09:27

Sémélé de Marin Marais
Tragédie lyrique en 5 actes (1709)
Livret de Antoine Houdar de la Motte
Version concert - Recréation
Blandine Staskiewicz : Sémélé
Bénédicte Tauran : Dorine
Hjordis Thébault : Junon
Emiliano Gonzales-Toro : Adraste
Renaud Delaigue : Mercure
Thomas Dolié : Jupiter
Marc Labonnette : Cadmus
Le Concert Spirituel
Hervé Niquet: direction


Je suppose que ovus avez ecouté Sémélé par Radio France.

je trouve les parties orchestrales de la piéce extraordinaires, un sommet dans l'oeuvre scenique de Marais que je connais, mais le livret assez faible. Pourquoi ce double histoire Sémélé/Jupiter, Dorine/Mercure? Pourquoi on connait beaucoup en avance la mort deSémélé jusqu'au point que quand elle finisse d'arriver, on n'est pas affecté?

Le continuo, avec les theorbes, la viole da gamba, le chelo et les claviers etait magnifique aussi.

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Rodolphe
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Message par Rodolphe » 14 juil. 2006, 14:38

Oui... L'oeuvre est très intéressante en ce qui concerne l'orchestration de Marais mais j'ai été un peu déçu du travail du concert spirituel... H.Niquet dirige une partition toujours à plein volume sans aucune nuance. La tempête, qui devait être un moment impressionnant passe donc presque inaperçue et se fond dans le reste.

michel38
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Message par michel38 » 15 juil. 2006, 08:59

J'ai écouté Sémélé et musicalement cette oeuvre m'a fort plu mais bien que ce soit en français j'ai eu du mal à suivre le déroulement de l'action. Alors je me demande s'il n'existe pas un support,tel que le Kobbé,où l'on pourrait trouver le résumé,acte par acte,de ces opéras qui sont peu joués.Dansle Kobbé il y a bien un Sémélé mais c'est celui de Haendel.

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Message par EdeB » 15 juil. 2006, 12:14

Effectivement, la diction rendait l'action encore plus embrouillée.
Je mettrai donc un synopsis en annexe de mon compte rendu (radio) que je ferai quand j'aurai réécouté tranquillement mon enregistrement radio, livret en main.
Mon mari m'a rapporté le programme de Montpellier, lequel comporte également un article passionnant sur "Aspect de l'orchestre dans les opéras de Marais" (Edmond Lemaître, CMBV) et un autre sur "La restauration de Sémélé" (Gérard Geay, CMBV)
Mais ce sera sans doute dans le courant de la semaine prochaine, je suis un peu débordée en ce moment.

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Message par EdeB » 23 juil. 2006, 21:52

EdeB a écrit : Mais ce sera sans doute dans le courant de la semaine prochaine, je suis un peu débordée en ce moment.
Je n'ai pas oublié ma promesse, mais j'en suis toujours à l'acte III (je réécoute les 3 premiers actes en boucle. Cette partition est fichtrement intéressante.) et toujours aussi débordée par des tas de priorités incompressibles...

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Message par EdeB » 28 juil. 2006, 23:10

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Frontispice de « Recueil des opéra, représentés par l'Académie Royale de Musique depuis son établissement, tome 11 » La Haye : Guillaume de Voys, 1714


L’’uvre fut créée à l'Académie royale de musique, le 9 avril 1709,, avec les participants suivants :
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(Parfaict Dictionnaire des théâtres de Paris’ (1767))

Cette tragédie, sur un livret d’ Houdar de la Motte n’eut que peu de succès. Ce fiasco poussa Marin Marais à abandonner le théâtre.
Le texte s’inspirait des Amours de Jupiter et Sémélé, pièce à machines de Claude Boyer (1618-1698)., créée au Théâtre du Marais, le 1er janvier 1666.

Comme il l’a été dit maintes fois, la recréation de cette tragédie en musique s’est faite sur une partition reconstituée par le musicologue Gérard Geay (du CMBV), à partir d’une partition réduite imprimée en 1709. Cette dernière ne comportait que les parties principales, ceci pour raison d’économie (l’impression était très coûteuse) et pour donner un matériel qui permette une exécution « de chambre ». (On se souvient de l’exécution du Persée de Lully, faite par Impe à Ambronay en 1997, dans un même type de version.)

Dans « La restauration de Sémélé » (article inclus dans le programme donné à Montpellier), Gérard Geay apporte les précisions suivantes sur l’état de la partition :
« [‘] Les parties principales d'une oeuvre lyrique conservées dans une partition réduite sont les suivantes :
- toutes les parties vocales solistes ;
- tous les choeurs généralement complets.
Dans le cas de Sémélé toutefois, seules les parties de dessus et de basse des choeurs ont été imprimées, à l'exception du choeur d'hommes à trois parties "D'un affreux ravage... ", du choeur d'hommes à quatre parties " Ordonne, nous obéissons..." de la cinquième scène de l'acte III et du choeur à quatre parties du tremblement de terre " Ciel ‘ Quel bruit souterrain !" de la troisième scène de l'acte V, dont la polyphonie est entièrement notée. Lorsque la parie de Dessus est divisée, nous obtenons alors, avec la partie grave, une polyphonie à trois parties le " petit choeur " qui s'oppose au "grand choeur" ou tutti) qui est toujours entièrement notée dans une partition réduite.
- la partie de dessus et la partie de basse de l'orchestre. Comme pour le choeur, la partie orchestrale de dessus peut être divisée dans le " petit choeur " : les trois parties qui en résultent, avec la partie grave, sont également toujours notées.
- la totalité de la basse continue.
En résumé, ont été conservées de Sémélé, outre la basse continue :
- les parties vocales solistes ;
- les deux parties extrêmes des choeurs ;
- les trois parties des " petits choeur " vocaux et instrumentaux ;
- toutes les parties des trois choeurs mentionnés plus haut ;
- les deux parties extrêmes de l'orchestre (ouverture, danses, doublure des choeurs, préludes, ritournelles) ;
- certaines parties de bassons ou de contrebasses épisodiquement imprimées.
(‘)
Dans le cas de Sémélé, la restauration concerne les parties interne de haute contre, taille et quinte de violon ainsi que celles de haute contre et taille du choeur.
(‘.) »


Si l’on peut à juste titre se réjouir de la continuation du défrichage de ce répertoire encore mal connu (les années charnières entre la fin du règne lulliste et la venue de Rameau), il faut une fois de plus déplorer les coupures effectuées. On peut en repérer quelques unes, minimes, d’après le livret-programme, mais celles-ci ne sont pas indiquées précisément (contrairement aux programmes du TCE où les coupures des ‘uvres rares figurent quasiment toujours), ce qui fort dommage, car on ne sait du premier coup d’oeil quelles excisions ont été faites (s’il y en a), en dehors du prologue (Sale habitude ! Mais finalement, on ferait tout aussi bien de couper au moins une heure de chaque partie de la Tétralogie, parce que ces dieux teutons qui s’enguirlandent à longueur de partition, c’est assez répétitif, non ‘ Et assez nul du point de vue dramaturgique’)
Un petit tour par le livret imprimé en 1709 s’imposerait donc. J’invite donc tous les curieux à aller consulter l’original.

Le texte entrecroise plusieurs niveaux d’intrigues : celle des amours de Sémélé-Idas/Jupiter, l’amour malheureux d’Adraste pour Sémélé (et qui le pousse à aller solliciter l’aide de Junon, l’épouse bafouée. On retrouve ici une des composantes habituelles de ce type de canevas), et les amours (plus anecdotiques et cyniques, présentées sur un registre badin) de Dorine et Arbate /Mercure. En ce sens, ce mélange rappelle fortement le procédé du livret de Cadmus et Hermione, avec un entrecroisement des niveaux de langues et de systèmes narratifs. Un peu archaïsant, donc, et qui a sans doute un peu dérouté le public de 1709, qui s’était depuis habitué à une unité de style.

Si le livret est bien agencé sur le plan littéraire, incorporant la plupart des passages obligés qui structurent une tragédie en musique, on ne peut pour autant pas dire que le texte brille par son tempérament ou par une construction originale. Je l’ai trouvée un peu brouillonne par moments et piétinant un peu. Mais il est vrai qu’il faut ménager l’arrivée des péripéties obligatoires et essayer de créer une manière de suspense. Dure tâche.
Cependant le librettiste arrive à nous servir sur le plateau, sans trop tirer sur la corde dramaturgique, successivement, un triomphe guerrier (Marche et « Que son triomphe est glorieux » I, 3), une fête pastorale (« Accourez, venez rendre hommage.. » et la superbe Chaconne, avec castagnettes : II, 3), une,scène infernale (III, 5), un intermède pastoral (avec musettes, IV, 2) et enfin la catastrophe (dramatique et sur/naturelle), le tremblement de terre qui clot le dernier acte. Le cahier des charges est rempli, tout le monde est content (sauf le public de la première, apparemment.)

L’histoire de Sémélé était bien connue, tout comme le sujet de maintes tragédies lyriques, et ce n’est que la manière d’arriver au but qui ménage des transformations possibles. La broderie l’emporte presque sur la trame, en une variation recommencée.
Ainsi, le personnage de Sémélé a été quasiment « purgé » de ses aspects les moins attractifs. Le « mauvais côté » de sa personnalité s’incarne presque en Adraste, qui devient un espèce de bouc émissaire ‘c’est d’ailleurs lui qui sera victime de la manifestation de puissance de Jupiter, puisque Sémélé se retrouve établie au rang des immortelles inférieures, au lieu d’être punie de son outrecuidance.
Le rôle-titre est finalement assez peu sympathique et présente des aspects peu attrayants, par son arrivisme, son narcissisme et ses ambiguïtés. On est loin de la pure héroïne ne vivant que par sa passion’ Et ce qui sied à une héroïne, le souci de sa « gloire », est ici illustré d’une manière assez ironique.

Notons que le lien entre le Prologue (Bacchus est le fils de Sémélé) et la tragédie a malheureusement sauté dans les coupures pratiquées par H Niquet. C’est fort dommage, car cette perception cyclique du mythe fait partie intégrante de la conception globale de la narration.

Si la présence du second couple d’amants semble exogène à la narration, elle n’en est pas pour autant plaquée : Dorine présente une variante d’un épisode amoureux qui fait pendant à celle de Sémélé : en effet de miroir, la suivante illustre donc les bienfaits de l’inconstance bien comprise. Il est vrai que cette attitude réaliste siérait plus au rôle-titre, Jupiter n’étant pas connu pour sa constance !

Plus étonnant, l’irruption de la magie noire dans l’oeuvre. Jusqu’alors, les scènes infernales ou de magies étaient des scène d’invocations réelles : c'est-à-dire, vraisemblables dans l’économie de l’oeuvre, puisque le personnage magicien utilisait réellement ses pouvoirs pour faire apparaître démons, créatures infernales etc’ Ici, la réelle invocation de Junon (sous l’apparence illusoire de Béroé) qui résulte en l’apparition de démons, se fait sous couvert d’illusions présentées comme factices à Sémélé. C’est un peu le théâtre dans le théâtre qui nous est présenté ici, et ses trompes-l’oeil potentiels. Cependant, cette scène est intéressante à plusieurs titres : elle reprend des topoi de scènes infernales dont la matrice est sans doute l’Armide de Lully, mais elle va bien plus loin. En mêlant les registres mythologiques (Junon) avec une illusion revendiquée comme telle, un charlatanisme ésotérique qui pouvait en faire rêver certains, elle renvoie sans doute également à la nouvelle réglementation de 1682 sur les poisons et les charlatans magiciens, qui faisait suite à l’Affaire des Poisons. Alors que les magicien(nes) de tragédie lyrique sont souvent des être semi-divins, qui tirent leurs pouvoirs d’ascendance divine. On retombe ici dans un prosaïsme un peu étrange qui met un pied dans des préoccupations du début du XVIIIe siècle.

Marais utilise intelligemment les ouvertures ménagées par son librettiste : les parties purement hédonistes et musicaux (marches, cérémonies, divertissements) sont somptueux, dans un orchestration riche et originale. On en déplore d’autant plus la perte du Prologue’
Raccourcis saisissants également, que ces dénouements rapides, tels la mort de Sémélé, l’écroulement du palais etc’ C’est que le Prologue tient lieu de morale et que le lieto fine ne s’impose pas ici.

Si la variété des couleurs de l’orchestre de Marais m’a semblée souvent admirable (quelle Chaconne !) et les intermèdes pastoraux agrestes à souhait, il m’a souvent paru empêtré dans certains récits. La forme était elle trop contraignantes pour lui ‘ Je n’y ai pas totalement retrouve les modulations d’un discours qui sait se faire si fluide et passionnant chez le Florentin, ou même encore chez Desmarets. On sent qu’il y a une certaine économie dans la forme, et le contraste n’en est que plus grand quand l’orchestre remplace le simple continuo.

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Choeur et Orchestre Le Concert Spirituel et Hervé Niquet lors du concert.
Photographies ©Marc Ginot / Festival de Radio France et de Montpellier


Si ce dernier est bien en place, Hervé Niquet a tendance à manquer de nuances et d’aborder la partition sabre au clair. C’est un assaut bien enlevé et la citadelle tombe, mais au détriment de douceur et de fraîcheur dans les scènes pastorales, et de grandeur dans les grands mouvements plus hiératiques. La chaconne, superbe morceau de dieu, est encore gênée aux entournures. Le tout est encore bien rugueux, rustique, presque, et manque de liant : les contrastes de la partition ne se fondent pas encore en un tout, et les détails ont peine à se faire remarquer dans ce panorama énergique mais un peu monochrome. Mais certaines couleurs sont bien belles : sans doute, quelques représentations de plus et le révélateur de la scène, feront-ils émerger d’autres lignes de force.

Image
Hervé Niquet
Photographie ©Marc Ginot / Festival de Radio France et de Montpellier


La distribution est jeune et équilibrée :
Pourtant Blandine Staskiewicz (Sémélé) rendait mal, à mon sens, les ambiguïtés du personnage ; je l’ai trouvée un peu monocorde. Sémélé est supposée passer par divers états émotionnels, mais l’animation du chant de la soliste ne suffisait pas à une caractérisation pleinement aboutie. La voix est cependant belle, et la diction impeccable, mais il manque un je-ne-sais-quoi et un presque-rien qui ont fait défaut. Beau « Descendez cher amant, quittez les Cieux pour moi’ »
Jupiter magnifiquement caractérisé par Thomas Dolié. Très intéressante Bénédicte Tauran (Dorine), qui réussit un ravissant et ironique duo avec Stephan MacLeod (Mercure) : « Faisons notre bonheur suprême » Les deux voix n’ont rien d’exceptionnelles mais le sens du théâtre éclate dans leurs courtes apparitions.
Hjordis Thébault est une Junon acide et savoureuse, d’une perfidie jouissive.

Image
Thomas Dolié, Blandine Staskiewicz et Emiliano Gonzales-Toro
Photographie ©Marc Ginot / Festival de Radio France et de Montpellier


Emiliano Gonzales-Toro (Adraste) râcle un peu dans les aigus, mais compose un personnage attachant et emporté, avec une diction magnifique. Il est complètement convainquant et semble de plus en plus à l’aise dans ce répertoire. Enfin, le Cadmus de Marc Labonnette est heureusement distribué.


Reprises (en concert) lors des Grandes Journées Marin Marais à Versailles, le 23 octobre prochain, et (en version scénique, dans une mise en scène d’Olivier Simonnet) en février 2007 à l’Opéra national de Montpellier.
On pourra également entendre une autre version de l’’uvre cet été (avec Prologue ‘) au festival de Sablé le 26 août par Philippe Pierlot et le Ricercar Consort.



PS : L’argument de la tragédie
[Tiré du programme du Festival de Radio France et de Montpellier. Texte non signé.]

Prologue
Cadre pastoral où paraissent sylvains, bacchantes et satyres.
On rend hommage à Bacchus, rappelant qu'il est fils de Jupiter. Que l'on chante ses exploits et ses charmes. Apollon descend annoncer le thème de l'ouvrage qui suit en ordonnant aux Muses de retracer le grand événement qui donna le jour a Bacchus.

Acte I
Le Temple de Jupiter.
Cadmus, roi de Thèbes, veut unir sa fille Sémélé au prince Adraste mais Sémélé aime Idas qui partage ses sentiments. L'héroïne s'interroge : lui faut-il suivre le projet de son père ou écouter son coeur ‘ Malgré les conseils que sa suivante Dorine lui prodigue, elle décide d'obéir et de renoncer à l'amour. Elle ne sait pas alors jusqu'où l'entraînera cette décision car elle ignore qu'en réalité, sous les traits d'Idas, se cache Jupiter. Ceci explique pourquoi lors de la cérémonie qui célèbre les succès militaires d'Adraste, survient un premier rebondissement. Alors qu'Adraste offre à Jupiter les armes prises à l'ennemi, le temple se ferme et les Furies enlèvent les trophées, semant l'effroi dans l'assistance.

Acte Il
Un bois coupé de rochers.
On découvre d'abord que Dorine a noué de tendres liens avec Arbate qui n'est autre que Mercure. Mais alors qu'Idas (Jupiter) reproche à Sémélé son choix, il est forcé de révéler son rang suprême et, pour continuer à séduire il ordonne un divertissement magnifique qui occasionne un changement de décor peu ordinaire laissant apparaître des cascades jusque sur le devant de la scène. Surgit Adraste qui s'indigne du spectacle. Lorsque Sémélé lui révèle être aimée de Jupiter, Adraste reste incrédule et tente de frapper Idas (Jupiter). Aussitôt un nuage emporte les deux amants, et le prince resté seul, désespéré, réclame que son rival mette fin à son tourment. "Viens me réduire en poudre ; Punis mon affreux désespoir ; Force moi par un coup de foudre à reconnaître ton pouvoir "

Acte III
Les jardins de Cadmus.
Reprenant courage, Adraste réclame l'aide de Junon qui accepte de le venger tout en vengeant ses propres tourments. Pour mieux perdre Sémélé, Junon prend l'apparence de Béroé, son ancienne nourrice. La déesse parvient à semer le doute dans l'esprit de sa proie : "Par une trompeuse apparence ; Peut-être un enchanteur a-t-il séduit vos yeux ‘" Après que Junon a fait entrevoir les antres des Enfers pour mieux impressionner la princesse, elle lui conseille de demander à Jupiter de descendre armé de son tonnerre "tel qu'aux yeux de Junon il paraît dans les cieux" et qu'il annonce aux Thébains son choix amoureux !

Acte IV
Une grotte, puis un hameau.
Après un nouveau dialogue entre Dorine et Mercure vient un divertissement champêtre pendant lequel Jupiter dit vouloir cacher le dieu qu'il est pour ne montrer que l'amant. Ombrageuse, Sémélé dévoile les soupçons qui la dévorent. Elle lui demande alors de paraître dans sa gloire céleste, tel qu'il ne se montre jamais aux humains. Jupiter tente de la faire changer de projet ; accéder à sa demande c'est la condamner à mort ; elle insiste !

Acte V
Le palais de Cadmus.
Sémélé attend que Jupiter se présente en grand apparat tandis qu'Adraste laisse éclater sa rage et sa révolte. Cadmus et le peuple réclament la protection de Jupiter, que la victoire soit au rendez-vous et que règne la paix. Mais le divertissement tourne à la catastrophe : on assiste à un tremblement de terre ! Le tonnerre gronde et la foudre est menaçante... une pluie de feu consume tout sous elle. Restent Adraste et Sémélé qui attendent de voir Jupiter. Il paraît, elle se meurt. Jupiter ravit Sémélé au royaume des Cieux afin "qu'elle y partage, aux yeux de Junon même, l'éternelle gloire des dieux". Adraste, resté seul, est enseveli sous le déluge de feu qui achève de détruire le palais.

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Message par JdeB » 29 juil. 2006, 16:24

Et hop, un 'tit rabiot de photos (merci au Festival de Radio France...)

Thomas Dolié, Blandine Staskiewicz et Hervé Niquet lors du concert de Sémelé le 12 juillet à Montpellier.
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Message par elem » 01 août 2006, 08:04

Un grand merci pour ce document.

OrfeoEuclides
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Message par OrfeoEuclides » 02 août 2006, 18:55

Quelle souvenir!! Merci par le message.

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