Lully - Proserpine - Niquet, Paris, 05/03/06

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Lully - Proserpine - Niquet, Paris, 05/03/06

Message par JdeB » 08 juil. 2006, 13:59

Lully : Proserpine

Livret de Philippe Quinault, d'après "les Métamorphoses" d'Ovide

Magali Léger : Proserpine
Stéphanie d'Oustrac : Cérès
Blandine Staskiewicz : Aréthuse
Cyril Auvity : Alphée
Francois-Nicolas Geslot : Mercure
Benoît Arnould : Ascalaphe
Marc Labonnette : Jupiter
Joào Fernandez : Pluton
Direction : Hervé Niquet

Enregistré par France Musique à la Cité de la Musique à Paris, le 5 mars 2006.


Je vous rappelle que ce concert sera diffusé ce soir à 20h (à moins qu'il n'y ait une seconde déprogrammation... )

Le livret se trouve dans la base de données régulièrement alimentée par Jacky ( :clap: )... au lien suivant http://site.operadatabase.com.site.hmt- ... it&lid=306

Il est particulièrement intéressant d'entendre la matrice musicale faite sur le livret de Quinault, qui a été repris par la suite.
On peut en effet trouver la Proserpin de Kraus (1781) et celle de Paisiello (1803) dans le commerce. Le livret du Paisiello, retouché par Guillard, se trouve également dans la base de données du site.

Rappelons qu'Hervé Niquet, selon sa très fâcheuse habitude ( :evil: ) a évidemment coupé le Prologue de la tragédie en musique...
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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EdeB
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Message par EdeB » 08 juil. 2006, 22:09

Découverte passionnante que cette partition (je n?étais pas au concert) mais je ne puis qu?émettre quelques réserves devant le résultat global, même s?il est bien supérieur à ce dont Niquet nous a donné l?habitude d?entendre ces derniers temps.

Sans doute est-ce à mettre sur le compte d?une belle distribution dont se détachait la superbe Stéphanie d?Oustrac. Elle domine aisément le rôle, aussi impérieuse dans la colère que tendre dans les effusions. Diction parfaite, comme toujours avec elle, car la comédienne n?est jamais loin, et la chanteuse envoûte par sa voix charnue et sensuelle. Remarquable scène de déploration (III, 7).

Sa fille ravie par Pluton, incarnée par Magali Léger est bien plus en retrait, mais arrive à pallier une voix parfois un peu blanchie au début de la soirée, par sa compréhension du rôle. Mais il est vrai que le rôle-titre est bien effacé, n?arrivant qu?en milieu du Ier acte, et ne trouvant ses marques que dans les deux derniers.

Le vrai couple d?amoureux de l?histoire, Aréthuse-Alphée, est servi par Blandine Staskiewicz et Cyril Auvity. Ils rendent attachants ces personnages un peu en marge du drame, et les duos (dont le charmant « Arrêtez nymphe trop sévère ») comptaient parmi les beaux moments de la soirée. B Staskiewicz séduit par son timbre, qui s?il est proche de celui de S d?Oustrac, s?en différencie par un art du chant très différent : elle donne une profonde élégance aux tourments de la nymphe. Son amant se distingue par une superbe ligne de chant, une voix plaisante, même si on le sent parfois un peu empêtré.

Benoît Arnould, l?amant malheureux d?Aréthuse, ne m?a fait grande impression, je l?avoue : mais il est difficile de téléphoner et d?écouter un opéra en même temps !

Plus courtes interventions de François-Nicolas Geslot qui en fait trop peu pour que j?aie réellement une opinion sur sa prestation de la soirée, mais la voix est belle et bien menée.

Voix intéressante pour Marc Labonnette que je ne me rappelle pas avoir déjà entendu.

J?avoue un faible pour Joào Fernandes que j?ai toujours beaucoup aimé, même s?il est ici un peu de deçà de ce que j?espérais? La voix est toujours aussi splendide, mais j?ai trouvé qu?il semblait avoir un chouïa de manque de motivation dans le personnage, qui s?est construit sur la fin.

La partition fait la part belle aux ch?urs, entre le divertissement du premier acte (« Célébrons la victoire du plus puissant des dieux ! » assez jouissif. Oui, je sais que c?est un divertissement de propagande basique, mais moi, j?adore ! et c?est diablement efficace, comme effet produit !) C?est chanté avec une énergie communicative et les réponses à la tristesse de Cérès sont tout à fait appropriées, cependant je suis restée un peu sur ma faim quant à l?effet général. J'ai trouvé que le tout était un peu morcellé et que cela manquait de souffle et de liant, quant à la réunion de tous ces divers éléments.

Mais la direction d?Hervé Niquet n?arrange pas forcément les choses. J?ai été surprise par une certaine sécheresse sans sensualité de la direction et une espèce d?effet de « bordures un peu floues » sur toute la durée de la retransmission. Alors qu?H. Niquet a souvent un son net et incisif en ce qui concerne la musique religieuse (ses Charpentier sont souvent magnifiques, et la messe de Geoffroy chez Naxos est formidable.), ici il m?a paru brouillé et pas forcément très stable? et bien acide par moment. Impression subjective certes, et qui relève peut-être aussi de la captation du concert et de ma réception radio.
Si l?ouverture est un peu faiblarde, le reste est tout à fait honnête et même tout à fait intéressant (surtout dans les divertissements et « symphonies »), et permet de prendre connaissance de l??uvre, qui est un petit chef-d??uvre, et compte parmi les plus immédiatement séduisantes de Lully.

Regrettons une fois de plus le choix douteux de couper systématiquement le prologue : certes, on peut arguer que ces derniers étaient toujours coupés dans les dernières reprises de ces ?uvres au XVIIIe siècle, mais il s?agit là d?un épisode conjoncturel de l?histoire de l??uvre. Et qui ne se justifie pas à notre époque. Option idéologique (apparemment !) d?autant plus désastreuse qu?on peut parier qu?on attendra longtemps une version complète? le marché du disque classique étant ce qu?il est?
On est donc privé de l?appréhension de l??uvre dans sa globalité, ce qui est d?autant plus regrettable que les tenants du théâtre sans adjonctions musicales superflues peuvent programmer les plages de leur CD? (L??uvre fera l?objet d?une parution discographique.)

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