Rosa PONSELLE

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FONOTIPIA
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Rosa PONSELLE

Message par FONOTIPIA » 27 août 2005, 23:24

Nouveau sur le site, je veux lancer un premier sujet consacré à Rosa PONSELLE. Née en 1897, de son vrai nom Rosa Ponzillo, américaine mais de parents napolitains, elle venait du vaudeville où elle se produisait avec sa soeur Carmela (elle-même excellente contralto qui la rejoindra au Met).
Son histoire ressemble à un conte de fées : Caruso vient voir le spectacle, la remarque et enthousiasmé par sa voix demande au Directeur de l'auditionner. C'est ainsi qu'à 22 ans elle fait ses débuts dans la création au Met de "La Forza del Destino" aux côtés de Caruso et De Luca !
Pendant près de 20 ans elle va régner au Met. Elle sera le soprano verdien du Met où après Leonora elle chantera Elvira, Luisa Miller et l'autre Leonora, celle du Trovatore. Le Met montera également pour elle La Vestale et Norma, deux autres rôles qu'elle marquera profondément. Après une Carmen discutable du point de vue interprétation scénique, elle veut chanter Adrienne Lecouvreur. La direction refuse, sur un coup de tête, elle décide de quitter l'Opéra, à 40 ans et au sommet de son art. Néammoins, elle continuera de se produire en concert ou à la radio.Après la Guerre, elle fait installer un studio d'enregistrement chez elle et s'amuse sur disques souples. A plus de 50 ans, la voix est toujours là. En 1954, elle accepte de retourner dans les studios de R.C.A. pour un dernier microssillon. Artiste intelligente, elle choisit de ne pas chanter ses airs les plus fameux et propose un éventail de superbes mélodies qui s'accordent admirablement à son timbre d'exceptionnelle qualité. Enfin, en 1957, de nouveau chez elle et s'accompagnant elle-même au piano, elle laisse encore une mélodie russe de toute beauté. A 60 ans, le timbre s'est assombrie, mais la voix reste intact, ne bouge pas. Elle devient Directrice de l'Opéra de Baltimore et nous quitte en 1981.
Que faut-il admirer le plus chez Ponselle ? Cette voix de falcon au timbre unique qui couvre un peu plus de trois octaves et dont l'épaisseur fait parfois songer à Flagstad ? Cette Musicienne et technicienne hors-pair, maîtresses d'un legato magnifique et de trilles époustouflantes ? Cette comédienne moderne qui en plus possédait un physique de jeune première ? Difficile de le dire, en vérité. Ponselle fût aussi reconnue par ses pairs : Callas la jugeait "la plus grande" ainsi que Pavarotti. Madame Schwarzkopf dans son livre "La Voix de mon Maître" consacre un chapître à Ponselle et on sent à travers ces lignes l'admiration mais aussi toute la tendresse qu'elle lui portait.
Le legs discographique de Ponselle est colossal. Sa voix passait admirablement au disque, même si elle disait ne pas aimer ses enregistrements. Parmi ses réussites les plus fameuses, l'air "Pace, pace, mio Dio " de la Forza, bien sur mais aussi la Cabalette de Norma "Ah! bello a me ritorna" absolument incroyable. Sa Traviata prise sur le vif en 1935 est aussi un sommet : L'acte II avec Lawrence Tibbett est prodigieux. mais c'est peut-être dans l'air de "la Vestale", "O Nume tutelar" qu'elle atteint à la quasi perfection (cet enregistrement est souvent cité comme l'un des plus beaux disques lyriques jamais réalisés, toutes tessitures confondues).
Je vous conseille d'aller sur le site qui lui est dédiée et qui est réalisée par la Fondation qui porte son nom. Vous pourrez notamment télécharger un documentaire retraçant sa carrière. Pour les CD, Naxos Historical a réédité ses enregistrements verdiens ainsi que sa Traviata. Marston a publié l'intégrale des bandes de Radio.
J'espère que tout cela donnera envie à ceux qui ne l'ont jamais entendu de s'empresser de l'écouter car il s'agit là d'une des plus grandes cantatrices du XXème siècle.

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philopera
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Message par philopera » 27 août 2005, 23:55

Pour découvrir Ponselle je conseille les 2 CD de chez Nimbus Records où on peut entendre en dehors des airs évoqués par Fonotipia une Vergine degli angeli ( avec Pinza), des duos d' Aida avec Martinelli, un "suicidio "de la Gioconda poignant et bien d'autres merveilles .
Gérard Mortier a raison d'offrir Elektra sans entracte ( Eric Dahan Libération 25/6/2005)

bajazet
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Message par bajazet » 28 août 2005, 01:09

Un très beau papier de J. Cabourg sur Ponselle à lire dans un des derniers Opéra International (tout à la fin).

Dans l'excellente émission "Une vie, une ?uvre" consacrée à Maria Callas par Fr. Caunac sur France-Culture il y a quelques années, on entendait un enchaînement éloquente entre la Vestale de Ponselle et celle de Callas : mimétisme étonnant !

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Message par MarshallinWerdenberg » 28 août 2005, 05:25

Il a été très fréquemment dit de Rosa Ponselle qu'elle était intrinséquement la plus belle voix jamais enregistrée... je dois avouer que je suis tout à fait d'accord avec ce jugement (dans la mesure bien sûr où on peut parler de "plus belle ceci" ou "plus beau celà"...).
J'ai la chance de connaître les enregistrement sus-mentionnés: une Aïda à la hauteur d'une Leontyne Price (largement), une excellente Traviata (en dépit du son épouvantable...), une Vestale qui n'a vraiment pas à rougir de l'inévitable comparaison avec Maria Callas; mais avant tout, une Norma merveilleuse de beauté vocale, qui ferait paraître ridicules même Caballé et Sutherland (ne parlons pas de certain rossignol tchécoslovaque...), et cette "Vergine degli angeli" à pleurer, qui surpasse de loin toutes celles que j'avais pu entendre avant.
Non contente de posséder cette voix unique et tellement belle, Rosa Ponselle était en plus naturellement une véritable vocalisatrice (pas comme -je marche sur des oeufs, philopera!- Maria Callas et tellement d'autres cantatrices fêtées dans ce type de rôles): l'écouter dans la cabalette de Norma devient un véritable plaisir; là où presque toutes les autres peinent, elle semble voler, en dépit de l'airain de sa voix.
A ceux qui ne la connaissent pas encore, on ne peut que conseiller de filer chez leur disquaire: le live de Traviata mis à part (dont le son est réellement pénible), il n'y aura pas de mauvaise surprise (là aussi, contrairement à tant d'autres... Callas en tête!) - tout est excellent!
Bien à vous, amoureux des belles voix,
Die Feldmarshallin, Prinzesin Werdenberg

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Message par DavidLeMarrec » 28 août 2005, 05:52

MarshallinWerdenberg a écrit :(ne parlons pas de certain rossignol tchèque...),
Slovaque ! Déjà qu'il n'y a aucun auteur, aucun compositeur célèbres en Slovaquie, que leur patrimoine architectural se limite à quelques châteaux forts, qu'il s'agit de l'un des pays économiquement les plus faibles de l'Union, qu'on y mange mal et que leurs dictionnaires ne stipulent pas toujours le genre, on ne va tout de même pas leur enlever Grubi, Popp et Dvorsky !

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Message par Kat » 28 août 2005, 08:44

Pour ceux qui souhaiteraient connaître les enregistrements studio de Ponselle, je vous conseille d'essayer de retrouver les volumes Romophones qui comportent aussi les airs gravés à sa villa, longtemps après son départ du Met et qui témoignent de sa longévité vocale. Les deux volumes d'enregistrements radio publiés par Marston sont aussi à connaître.
Il existe enfin une excellente biographie de la chanteuse :
James A. Drake, Rosa Ponselle. A Centenial Biography, Opera Biography Series n°9, Amadeus Press, Portland, 1997. Très bien documentée et illustrée, elle apporte un éclairage nouveau sur le départ de Ponselle en 1937, alors au sommet de ses moyens. On y trouve aussi une bibliographie exhaustive et une très bonne chronologie des apparitions de Ponselle sur scène, ainsi que la liste de ses enregistrements.
Kat, Ponsellophile au dernier degré.
There are two golden rules for an orchestra : start together and finish together. The public doesn't give a damn what goes on in between. Sir Thomas Beecham.

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Message par ironstyling » 28 août 2005, 09:29

DavidLeMarrec a écrit :
MarshallinWerdenberg a écrit :(ne parlons pas de certain rossignol tchèque...),
Slovaque ! Déjà qu'il n'y a aucun auteur, aucun compositeur célèbres en Slovaquie, que leur patrimoine architectural se limite à quelques châteaux forts, qu'il s'agit de l'un des pays économiquement les plus faibles de l'Union, qu'on y mange mal et que leurs dictionnaires ne stipulent pas toujours le genre, on ne va tout de même pas leur enlever Grubi, Popp et Dvorsky !
Dvorsky ce sont les Slovaques qui se l'enlèvent ! :lol:

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MarshallinWerdenberg
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Message par MarshallinWerdenberg » 28 août 2005, 12:28

DavidLeMarrec a écrit :
MarshallinWerdenberg a écrit :(ne parlons pas de certain rossignol tchèque...),
Slovaque ! Déjà qu'il n'y a aucun auteur, aucun compositeur célèbres en Slovaquie, que leur patrimoine architectural se limite à quelques châteaux forts, qu'il s'agit de l'un des pays économiquement les plus faibles de l'Union, qu'on y mange mal et que leurs dictionnaires ne stipulent pas toujours le genre, on ne va tout de même pas leur enlever Grubi, Popp et Dvorsky !
Recevez toutes mes excuses, mon cher enfant...
Mais vous savez bien que j'appartiens à une génération pour laquelle les Tchèques étaient les Tchécoslovaques; à mon âge avancé, il est fréquent de confondre Tchèques et Slovaques, Croates, Bosniaques ou Slovènes et Yougoslaves. Vous me parleriez de Sena Jurinac, je vous dirais sans aucun scrupule qu'elle est yougoslave... de même que si vous me parliez de consulter en ligne votre compte en banque, je vous répondrais emprunt russe, assignats et anciens francs.
L'ancien monde vous salue affectueusement, cher David
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Message par bajazet » 28 août 2005, 12:39

À propos, quelqu'un sait-il ce qu'est devenu Concino Concini ?

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