Entretien avec le ténor Kevin Amiel – Toulouse - 27/09/2018

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Entretien avec le ténor Kevin Amiel – Toulouse - 27/09/2018

Message par jeantoulouse » 02 oct. 2018, 17:11

Entretien avec le ténor Kevin Amiel – Toulouse - 27/09/2018

Kevin Amiel, la scène du Capitole où vous interprétez Alfredo de La Traviata ne vous est pas totalement inconnue. Vous avec chanté ici même à plusieurs reprises dans des circonstances assez différentes, dont en 2008 au Concours international où André Tubeuf membre du jury
s’était battu comme un beau diable pour défendre votre prestation. Vous rappelez vous cette finale et les autres occasions ?


Les années concours sont des années que j’ai en moi, dans mon expérience, mais que les souvenirs ont un peu occultées dans le sens où j’ai fait bien des choses entre temps. Mais le Concours de Toulouse m’a marqué plus profondément parce que c’est la ville où je suis né ; j’étais très jeune et j’étais arrivé jusqu’en finale. C’est une scène lyrique fabuleuse, mythique avec un public de connaisseurs. J’y ai chanté l’année dernière pour la journée du Patrimoine. Et avant cela La Périchole en 2008 avec Karine Deshayes, Jean Philippe Lafont. J’étais trèsjeune (19 ans) et Nicolas Joël m’avait donné cette chance juste après le concours justement.

André Tubeuf parlait il y a 10 ans d’une voix sans poli musical, mais avec un désir du chant qui est l’essentiel. Comment, par quel travail, quelles rencontres, cette voix brute s’est-elle polie, affutée pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui ?

C’était mes premières années de chant. Ma voix n’était pas vraiment travaillée. Avec les années la voix évolue, par des rencontres, et un travail acharné, en faisant très attention à ce qu’on peut nous dire. Il ne faut pas prendre pour argent comptant tout ce qu’on nous dit. Il faut faire le tri et ressentir par nous-même, savoir ce qui est bon pour nous, ce qui l’est moins. Avec les années, la voix se taille bien comme il faut, les bases se consolident. Et la voix continuera d’évoluer. Il faut juste évoluer en même temps qu’elle. Moi qui ai un tempérament de feu, je fais attention à ne pas me laisser emporter.

Vous reconnaissez d’emblée avoir un tempérament de feu.

Et oui. Je suis de Toulouse. C’est de famille. Dans la famille on est très passionnés.

Puisque votre sœur assiste à cet entretien, je me permets la question. La famille c’est très important pour vous ?

C’est absolument essentiel. Mais pas seulement la famille. Les amis que l’on peut compter sur les doigts des deux mains, parfois même d’une seule main. C’est notre soutien, notre support. On se repose sur la famille et les amis. Car notre vie personnelle passe un peu derrière la carrière. Mais il ne faut pas mettre la vie privée de côté non plus, car je peux dire que si à une époque, je n’avais pas rencontré une certaine personne il y a quelques années, je ne serais pas ici, ou du moins je serais allé plus lentement dans la démarche. L’amour est une force, un moteur incroyable, il nous maintient à flot dans un métier comme celui-ci. Après cela fonctionne à long terme ou non, et ce sont des choix de vie qui entrent en jeu, en discussion avec la personne qui partage votre vie. Et quand je me retrouve sur la scène, que je suis dans ce deuxième acte de La Traviata, que je vois le plafond, les cintres, quand je vois le rideau s’ouvrir, les gens qui réagissent au décor, quand j’entends l’orchestre, je regarde le ciel et je sais pourquoi je fais ce métier et grâce à qui, pas seulement les professionnels et professeurs, C’est juste extraordinaire. C’est une vie qui vaut le coup d’être vécue. Mais dès lors, la famille, les amis deviennent plus importants, et je dis merci à toutes ces personnes qui restent ou traversent ma vie.

Vous faites votre prise de rôle dans Alfredo dans cette nouvelle production du Capitole. Est-ce une date importante dans votre jeune carrière ? un tournant ? ou ce tournant est-il venu déjà avec le Hoffmann de Dijon ?

Les Contes d’Hoffmann étaient une production très particulière, version réduite avec effectif orchestral réduit. Le travail avec le metteur en scène et toute l’équipe a été fabuleux, avec un accueil du public magnifique. Mais le véritable tournant c’est Alfredo je pense. D’abord, je me répète, je le chante dans la ville où je suis né. Ensuite, c’est un des rôles que je préfère, avec Rodolphe dans La Bohème que j’ai fait à l’Opéra – Comique, un de mes rôles fétiches, et Nemorino de L’Elixir d’Amour que je vais faire sans doute faire un jour. Oui, à coup sûr, Rodolphe était un premier tournant aussi, mais plus Alfredo. Je suis dans les dernières années où je vais faire des seconds plans. Je commence à enclencher les rôles de premier plan.
Je sens cette évolution à plusieurs signes. Avant on venait me saluer par politesse, parce que j’étais dans la production et que j’étais jeune, parfois on ne me saluait pas. Maintenant, les gens viennent me saluer parce qu’ils m’ont entendu à tel endroit, ils commencent à savoir qui je suis. Cela vient petit à petit et c’est exactement ce que je voulais, étape par étape. Une carrière se construit. Je préfère faire les choses en ramant tout doucement, donner de temps en temps une petite impulsion et repartir de plus belle, plutôt que d’aller trop vite et de me
brûler les ailes.
Avoir de bonnes fondations et construire brique par brique et chercher à terminer la maison peu à peu, même si de toute façon ce n’est jamais fini.

Image
Crédit Mirco Magliocca.jpg
Kevin Amiel dans le rôle de Rodolphe avec Polina Pastirchak (Violetta). Septembre 2018

Vous avez commencé par être, si j’ose dire, « une bête à concours ». Et cette année encore lauréat de Voix Nouvelles où vous avez chanté en finale le grand air de Tonio de « Pour me rapprocher de Marie » ( La Fille du Régiment, Donizetti). Pourquoi cet appétit de concours ?

Je prends toujours les choses comme elles viennent. A cette époque-là, je ne réfléchissais pas à l’impact que cela pourrait avoir. Avec l’expérience, la participation à des concours est plus réfléchie et j’ai encore l’âge. Les Voix nouvelles est un concours qui n’avait pas eu lieu depuis très longtemps. Mon but n’était pas d’obtenir un prix, mais d’arriver jusqu’en finale parce que je savais que j’aurais des retours positifs sur mes progrès et j’avais envie de bluffer ceux qui plusieurs années auparavant me disaient trop jeune, trop fougueux, trop ceci, pas assez cela, leur prouver que j’avais fait les progrès demandés. L’expérience des concours c’est de faire connaitre un milieu dont j’ignorais tout. Mes envies c’était le théâtre, le cinéma ou les arts martiaux…
Pour Voix nouvelles, j’avais choisi cet air de Tonio, et pas l’autre, parce que je n’avais pas envie de faire du spectacle. Je voulais un air plus sensible, amoureux.

J’ai vu sur Internet une interview de vous (après la victoire révélations classiques de l’ADAMI 2011) et j’ai été frappé par la récurrence du verbe « apprendre » : on apprend, j’ai envie d’apprendre, on apprend toujours et aussi le verbe « prendre ». Qu’avez-vous envie d’apprendre ou de prendre ?

Tellement de choses. C’est comme pour la carrière. J’aime échanger, écouter, entendre ce qu’on me dit, vérifier si j’ai fait passer cette émotion. Je suis toujours en recherche d’une information. Et en même temps je sais ce que je sais faire et aussi ce que je ne sais pas faire, car je pense que c’est très important d’être aussi capable de se situer dans nos capacités et proposer quelque. J’ose en arrivant en production, pas juste attendre qu’on nous dise quoi faire. Vocalement, on est toujours en recherche. On passe d’un rôle à l’autre. Chaque jour est différent, l’humeur, la santé, le corps, l’esprit. On a envie d’apprendre à gérer ces variations,
et comment gérer le professionnel, la vie privée, la voix. Et dans une production, apprendre à gérer le chef, les partenaires, la mise en scène, les informations qu’on nous donne. Mais il faut aussi apprendre à se protéger. A se mettre dans une bulle et laisser de temps en temps rebondir les informations, parce-que quand on est sur la représentation, on n’a plus besoin d’informations, on a besoin de bien-être et de concentration.

Je connais votre admiration pour Pavarotti. Je vais vous proposer quatre noms et vous direz ce que vous auriez envie d’apprendre d’eux ou de leur prendre. Alagna ? Kaufmann ? Pavarotti ? Georges Thill ?

Les meilleurs ! J’écoute beaucoup. Je ne copie pas, je m’inspire et j’essaie d’apprendre à savoir d’où vient ce qu’ils font. Alagna, j'admire le naturel de la voix et le français, cette diction fabuleuse. Je l’ai entendu dans Werther : on comprend tout, le moindre mot. Et cette émotion
quand il chante. Et sa constante bonne humeur. Georges Thill est toujours magnifique, mais je connais un peu moins, mais une voix et une ligne magnifiques. Kaufmann, c’est un artiste extraordinaire, très sensible très humain et il va chercher dans ce qu’il a de plus profond pour
exprimer et rendre sensible l’émotion. Et il a une technique qui va avec sa sensibilité. J’apprendrais de lui qu’il faut chercher au fond de soi et être soi-même. Pavarotti, il a tout dans la voix. On ne l’encensait pas pour son jeu de scène. Tout, l’histoire, le personnage, tout rentrait dans la voix. Et quelle ligne. Quelle technique ! Pas besoin de bouger, de sur-jouer. Aujourd’hui, on est dans l’univers de l’image, du paraitre. Et peut-être, y-a-t-il moins de voix extraordinaires… Ce que j’apprends aussi de Pavarotti c’est qu’une carrière se construit surtout sur des « Non », des refus.
Je continue à écouter Pavarotti. C’est le premier ténor qu’on m’a fait écouter. Et cela a été un choc. Cette italianité a un peu disparu aujourd’hui, surtout en France et cela est en partie dû, je pense, à l’enseignement, qui a beaucoup changé.

Je parlais de prendre. Mais en vous écoutant, on a surtout l’impression que vous donnez. Vous chantez avec un engagement, une énergie, une foi étonnante. (un peu comme Villazon, auquel on songe en vous écoutant, tant l’énergie est palpable). En avez-vous conscience ? Et n’est-ce pas dangereux ?

On en revient au tempérament. Par rapport à Villazon, il a fait ses choix de vie, de rôle. Très consciemment et avec beaucoup de passion. Il a peut-être des regrets, car sans les regrets on n’avance pas, Mais en même temps, cela lui a ouvert de nouvelles portes, de nouveaux rôles, même si je ne le connais pas en privé (je l’ai déjà rencontré au concours de Marseille et nous avons échangé) je pense qu’il est heureux dans ce qu’il fait. Il s’est ouvert les portes de Mozart et après tout, je ne vois pas pourquoi on spécialiserait certains ténors dans Mozart. Pour ma part, cela me plairait de chanter Mozart, mais on me dit toujours : « Tu as une trop grosse voix pour chanter du Mozart ». Mais Don Ottavio, Cosi, Tamino me tenteraient.Kaufmann l’a fait, Tamino. Il y a par ailleurs un enregistrement de Kaufmann dans Manon en allemand : méconnaissable. Il a une voix d’une totale clarté.
Le tempérament, oui. Mais je fais attention. Ne pas donner sur scène toute la voix qu’on a dans le corps. On peut donner physiquement sur scène. Mais vocalement trouver des passages plus doux. Marcelo Alvarez m’a donné un excellent conseil. Il faut trouver tous les moments
dans l’opéra, en accord avec le chef, où l’orchestre est moins fort, donner de l’émotion, de la sensibilité.


Vous avez chanté de nombreux « seconds rôles », par exemple dans Ariane à Naxos à l’Opéra de Paris, Fantasio avec Marianne Crebassa. Qu’apportent –ils essentiellement comme expérience : l’expérience des planches ? de la confrontation avec des partenaires ? la joie de chanter ?

Marianne est une amie que j’estime beaucoup. Et nous sommes de la même année ADAMI.
Pour répondre à la question, c’est tout cela à la fois. Quand on fait de grandes scènes comme Bastille, on regarde les ainés jouer. On discute avec eux. On est là pendant les répétitions. On acquiert l’expérience en écoutant le chef, les autres chanteurs, le metteur en scène. On est là, on est présent, on donne tout ce qu’on peut, mais sans être réellement en danger. Et surtout, j’aime discuter avec tout le monde même celles et ceux qui ne sont pas chanteurs, mais qui sont dans l’équipe du spectacle, on est tous dans le même bateau ...

Votre année est très très riche . Vous abordez un nombre très important de rôles : à Marseille,à Bordeaux, à Limoges, à Reims, au Théâtre des Champs Élysées dans Hamlet ? Cette multiplication est à la fois la preuve de votre succès, mais ne constitue –telle pas un danger ? Encore un !


Encore un. Mais la voix de ténor en elle-même est dangereuse. A tout moment, elle peut dériver. Il faut toujours faire attention. Pendant les répétitions par exemple, certains chanteurs chantent à pleine voix pendant un mois et le jour de la représentation, ils sont parfois en difficulté. D’autres non, cela dépend des personnes… Mais il faut vraiment apprendre à gérer et ne pas prendre de risque. Ce qui est dangereux aussi c’est de varier d’un répertoire à l’autre.
Mais pour l’instant, je dois équilibrer les seconds rôles et les premiers rôles, encore un an. Puis j’aurais plus le choix avec encore un peu plus de lucidité et de prudence. Mais cette année, il n’y a pas vraiment de grand danger, car je fais toujours des seconds plans. A
Bordeaux, Anna Bolena, je chante Sir Hervey. Dans Candide, c’est génial, je tiens plusieurs rôles de ténor. Dans Hamlet, Marcellus. Ce n’est ni trop aigu, ni trop grave, C’est plutôt central. Malcolm dans Macbeth : je connais bien le rôle. Non, cette année, il n’y a pas danger réel. Si jamais je passais d’un premier rôle ici à un premier rôle là, Don José à Toulouse et Les Contes d’Hoffmann à Bordeaux, là ce serait vraiment dangereux et pas encore pour moi, nous verrons !

Quels sont les rôles que vous rêveriez de chanter dans un horizon proche ?

Rodolphe c’est fait. Alfredo c’est fait. L’Elixir d’amour cela va se faire, Tonio, Roméo et plus tard je rêve de Werther !

Vous avez chanté Siegfried…

C’est très bien qu’on en parle. Car il y a eu beaucoup de remarques sur ce choix, des réflexions qui m’ont conduit à faire des choix de CV. C’était à Saint Etienne. J’étais dans une production de Norma où je chantais Flavio. Jean Louis Pichon avait un Siegfried en projet pour l’année suivante. Il me propose le rôle en me disant « Tu penses bien que si c’était le vrai rôle avec le vrai orchestre, je ne te le proposerai jamais ». Je lui ai répondu : « Si c’était le vrai rôle, je ne l’aurais pas accepté. Je vais regarder la partition ». C’étaient des conditions particulières, opéra réduit avec un orchestre réduit ici encore. Wagner, je sais que je ne m’y aventurerai pas dans de vraies conditions. Je ne sais pas comment va évoluer ma voix. Mais ce n’est pas un répertoire qui m’attire pour la voix. La musique est évidemment fabuleuse. Mais ce n’est pas pour moi. Ce n’est pas mon univers vocal. On m’a proposé à Bordeaux Les Contes d’Hoffmann dans de vraies conditions, j’ai refusé. C’est un rôle que je chanterai dans 10 ans dans de vraies conditions. Pour en revenir à Siegfried réduit ou à Hoffmann que j’ai fait dans les conditions très particulières, j’adore ses projet qui permettent à des enfants devenir à l’école. Lapsus. Oui, en fait, à l’école de l’opéra, découvrir ce monde merveilleux. Et
cela me sert aussi à voir dans de bonnes conditions, jusqu’où je peux aller ou non vocalement !

Quid de la mélodie ou du lied ?

Le lied je vais commencer à le travailler avec mes professeurs. Et notamment en écoutant Kaufmann ça m’a donné encore plus envie. La mélodie, j’en ai beaucoup fait à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris. J’ai un peu lâché prise. Quand je suis allé cet été au Festival de Marmande, j’avais mon petit carnet et je notais tout ce qui me plaisait le plus, que je trouvais intéressant à travailler… Dans mes recherche pour un récital à l’Atelier lyrique, j’avais découvert une mélodie de Massenet assez peu connue, sublime. Elle s’appelle « Je t’aime » que Carreras a enregistrée. Splendide. Je vous invite à l’écouter si vous trouvez l’enregistrement, assez rare, je crois.

En vous écoutant, je ne vous connaissais pas, je découvre ou je pressens un tempérament
comique.


Oh, ça oui. J’adore le comique. Si j’avais fait du théâtre, je me serais dirigé la dedans. Je trouve que c’est beaucoup plus difficile que le dramatique. Avec le comique, il faut s’imposer un rythme, trouver le juste milieu pour provoquer un rire général et non pas juste cerner l’humour d’une seule personne, faire rire c’est très dur.

Il y a peu de rôles comiques pour les ténors.

Oui, c’est pour cela que L’Elixir d’amour, je serais heureux. J’avais chanté La Finta Giardinera : le
rôle du Podestat, un rôle haut en couleurs. Il n’était pas fait pour ma voix. Mais à l’Atelier, on ne décide pas toujours en raison du fait que le programme est établi à la saison et qu’il faut distribuer les rôles à tous les chanteurs de l’Atelier. Mais le rôle théâtralement correspondait bien à
mon tempérament : c’était très dynamique, ça bougeait dans tous les sens, à la De Funès. J’adore ça. Mais il y a toujours une petite pointe de sourire ou de rire, même dans le dramatique. Il faut mettre du détachement et c’est ce que permet le comique. C’est important : il faut rire !

J’ai appris que vous étiez adepte des arts martiaux que vous pratiquez : lequel en particulier ? Est-ce nécessaire à votre équilibre ? Qu’apporte cette discipline sportive à votre travail ?

Je suis dans la Kung fu et le Tai chi. J’en ai pratiqué à haut niveau puisque j’ai participé à une compétition en Chine. J’ai passé un diplôme pour enseigner. J’ai enseigné en tant qu’assistant avec mon professeur. Les arts martiaux ne sont pas un sport de combat, comme on veut bienle faire croire chez nous, c’est au delà, C’est un art de vivre. Le respect, le travail, une façon de vivre correctement avec son corps, avec les gens, avec soi-même. Il faut gérer son souffle. C’est une philosophie : prendre les choses comme elles viennent. Ne pas se laisser submerger par l’anxiété, le stress. Quand je stresse, je m’isole et je ne le montre pas, par refus de le transmettre, car si on peut transmettre la joie, il en va de même pour les autres émotions. Les arts martiaux m’apportent cette distance nécessaire pour mieux vivre, et mieux vivre avec les autres. Ce soir j’ai un entrainement. Après la Générale, je suis parti à l’entrainement aussi.Crevé, mais cela m’a changé des émotions de la représentation, sinon je n’aurais pas dormi.

Vous nous reviendrez au Capitole ?

Oui, mais il est trop tôt pour l’annoncer.

Nemorino ?

Pourquoi pas en effet ? Ce serait bien…

[Jean Jordy ]

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Re: Entretien avec le ténor Kevin Amiel – Toulouse - 27/09/2018

Message par HELENE ADAM » 02 oct. 2018, 17:45

merci beaucoup de cet entretien passionnant, Jean.
C'est un jeune ténor dont on devinait l'intelligence (et la modestie) dans "bohème de ma jeunesse", l'opéra de Puccini en français et raccourci donné la saison dernière à l'opéra comique. Il chantait Rodolphe et, avec les trois autres interprètes (Marcel, Mimi, Musette) c'était vraiment rafraichissant tout en étant très très bien chanté. Timbre frais et fruité, beaucoup beaucoup de nuances, des notes longuement tenues et aucun problème sur les contre-notes. j'avais noté "à suivre". On le verra bientôt dans Candide....
http://www.odb-opera.com/viewtopic.php? ... evin+amiel
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Entretien avec le ténor Kevin Amiel – Toulouse - 27/09/2018

Message par HELENE ADAM » 02 oct. 2018, 17:53

...et dans Hamlet (Marcellus) à l'Opéra Comique.
(et on l'a vu au Chatelet dans Fantasio...)
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Entretien avec le ténor Kevin Amiel – Toulouse - 27/09/2018

Message par JdeB » 03 oct. 2018, 11:51

il faut publier cet entretien dans la partie Dossiers bien sûr.
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Re: Entretien avec le ténor Kevin Amiel – Toulouse - 27/09/2018

Message par jeantoulouse » 03 oct. 2018, 12:55

C'est à moi de le faire ou compte tenu de la présentation particulière des Dossiers (mise en page, questions en rouge...) , un meilleur technicien s'en charge -t-il ?

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Re: Entretien avec le ténor Kevin Amiel – Toulouse - 27/09/2018

Message par JdeB » 03 oct. 2018, 13:09

jeantoulouse a écrit :
03 oct. 2018, 12:55
C'est à moi de le faire ou compte tenu de la présentation particulière des Dossiers (mise en page, questions en rouge...) , un meilleur technicien s'en charge -t-il ?
Non tu n'as pas l’accréditation pour le faire, il faut prévenir Oylandoy qui s'en chargera
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Re: Entretien avec le ténor Kevin Amiel – Toulouse - 27/09/2018

Message par JdeB » 04 oct. 2018, 09:47

et voilà le travail !

joomfinal/index.php/les-dossiers/48-les ... evin-amiel

un grand merci à Oylandoy dont on ne soulignera jamais assez le travail considérable et si discret accompli pour ODB
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Re: Entretien avec le ténor Kevin Amiel – Toulouse - 27/09/2018

Message par jeantoulouse » 04 oct. 2018, 09:56

Un grand merci à lui en effet pour cette mise en page soignée et claire.

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