Décès de Geori Boué (1918 - 2017)

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Décès de Geori Boué (1918 - 2017)

Message par offenbach » 05 janv. 2017, 19:18

Je viens d'apprendre que la grande Geori Boué vient de nous quitter.

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Re: Décès de Geori Boué

Message par JdeB » 05 janv. 2017, 19:34

http://www.odb-opera.com/joomfinal/inde ... geori-boue (interview + chronologie + discographie & vidéographie)

C'était une femme exquise.

Quelle hécatombe !
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Re: Décès de Geori Boué

Message par Martine » 05 janv. 2017, 19:39

L’hécatombe continue. :(
Elle sera Mireille pour toujours

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Re: Décès de Geori Boué

Message par JdeB » 05 janv. 2017, 19:46

Et pour toujours aussi la Malibran de Guitry
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Re: Décès de Geori Boué

Message par paco » 05 janv. 2017, 19:48

98 ans !!

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Re: Décès de Geori Boué

Message par Franz Muzzano » 05 janv. 2017, 20:38

JdeB a écrit :Et pour toujours aussi la Malibran de Guitry
Oui, et d'une certaine façon malheureusement, n'étant en rien comparable à ce qu'on peut savoir de Malibran (timbre, répertoire, caractère...). Sympathique à voir, c'est tout de même un des pires films de Guitry (il est vrai tourné sans moyens), étrillé dans sa critique du 12 mai 1944 par Rebatet/Vineuil qui, s'il n'avait pas su voir le génie cinématographique du grand Sacha dans ses précédents films, n'a pas vraiment tort sur ce coup-là. Suite de saynètes sans scénario et caméra absente, il n'est aujourd'hui qu'un témoignage permettant d'entendre Geori Boué dans un répertoire que Malibran n'a pas chanté (une scène la montre dans Fidelio, si je me souviens bien à Londres !!!!), Mario Podesta et surtout Jacques Jansen. Et évidemment Cocteau assez désopilant en Musset.
Nous n'avons pas besoin d'artistes, nous avons besoin de gens qui ont besoin d'artistes...

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Re: Décès de Geori Boué

Message par micaela » 05 janv. 2017, 22:40

Pas d'accord du tout. Ce n'est pas un chef d'œuvre, et ce n'est pas un des meilleurs Guitry, mais j'aime bien le film. Que Rebatet l'ai descendu en flammes n'est pas une preuve de sa mauvaise qualité et ça rend le film encore plus sympathique. Le film fait des clins d'œil à Lafayette et aux Américains, insiste sur le côté "international" -Guitry , me semble-t-il, évite de parler de "cosmopolitisme" terme plus que péjoratif à l'époque-de l'artiste "espagnole née en France, mariée aux USA à un Belge, et décédée en Angleterre". Ca n'a pas dû plaire à Rebatet...
Le film n'est certes pas très rigoureux (euphémisme...) historiquement parlant, mais c'est un trait commun à beaucoup de Guitry. Côté scenario, il en a un, plutôt bien écrit, mais qui apparente le film à un film à sketches (à la mort de la Malibran, ceux qui l'ont connue se réunissent pour évoquer leurs souvenirs, ce qui permet à Guitry d'organiser un défilé de célébrités comme il les aimait-la présence de Cocteau en Musset est en effet un must...).
Et reste l'interprétation des extraits d'opéras (beaucoup d'airs en italien, au lieu d'une bande son uniquement en français, comme c'était souvent le cas à l'époque). De plus, Guitry a utilisé aussi les artistes lyriques pour interpréter les chanteurs à l'écran, ce qui n'est pas si fréquent.
Après, si on examine le film d'un point de vue musicologique, c'est sûr qu'on lui trouve plus de défauts que de qualités. Mais je l'aime bien tel qu'il est.
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

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Re: Décès de Geori Boué

Message par Stefano P » 05 janv. 2017, 22:49

Franz Muzzano a écrit :
JdeB a écrit :Et pour toujours aussi la Malibran de Guitry
Sympathique à voir, c'est tout de même un des pires films de Guitry (il est vrai tourné sans moyens), étrillé dans sa critique du 12 mai 1944 par Rebatet/Vineuil qui, s'il n'avait pas su voir le génie cinématographique du grand Sacha dans ses précédents films, n'a pas vraiment tort sur ce coup-là.
Mouais, pour moi dix secondes d'un film de Guitry, même de ceux qui sont moins réussis, valent mieux que trois mille pages de ce critique haineux pour qui un artiste ou une œuvre sont aussitôt disqualifiés dès qu'ils sentent le "cosmopolitisme" (doux euphémisme dont on ne sait que trop ce qu'il cache dans les critiques de Rebatet-Vinneuil). Il fut un temps où il était partout et je suis bien content pour ma part que désormais, il ne soit plus nulle part...
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Re: Décès de Geori Boué

Message par Franz Muzzano » 05 janv. 2017, 23:54

Stefano P a écrit :
Franz Muzzano a écrit :
JdeB a écrit :Et pour toujours aussi la Malibran de Guitry
Sympathique à voir, c'est tout de même un des pires films de Guitry (il est vrai tourné sans moyens), étrillé dans sa critique du 12 mai 1944 par Rebatet/Vineuil qui, s'il n'avait pas su voir le génie cinématographique du grand Sacha dans ses précédents films, n'a pas vraiment tort sur ce coup-là.
Mouais, pour moi dix secondes d'un film de Guitry, même de ceux qui sont moins réussis, valent mieux que trois mille pages de ce critique haineux pour qui un artiste ou une œuvre sont aussitôt disqualifiés dès qu'ils sentent le "cosmopolitisme" (doux euphémisme dont on ne sait que trop ce qu'il cache dans les critiques de Rebatet-Vineuil). Il fut un temps où il était partout et je suis bien content pour ma part que désormais, il ne soit plus nulle part...
À tous les deux : je citais Rebatet car c'est la seule critique de l'époque assez fouillée qui soit disponible. Son regard sur le cinéma de Guitry a changé avec le temps, et pas seulement pour les films d'après-guerre, reconnaissant s'être trompé dans ses jugements d'alors. Mais pour "La Malibran", au contraire, il commence par louer l'idée de mettre en avant une femme, je cite, "née en France de parents espagnols, découverte à 17 ans en Italie, mariée à New York avec un Français, remariée à un Belge, illustre à 25 ans dans le monde entier, morte à 28 en Angleterre". Comme disqualification du cosmopolitisme, on fait mieux ! Ce qu'il reproche à Guitry (parce qu'il ne sait pas qu'il n'en a pas eu les moyens financiers), c'est de ne pas avoir mis ces "mille vies en 10 ans" en scène. C'est justement la "liberté" de Malibran qu'il aurait voulu voir à l'écran, et qu'il ne voit pas parce que matériellement, elle ne peut pas y être. Il connaît la vie de Malibran, il veut voir une aventurière, une voyageuse, il voit un salon parisien. Et une interprète qui n'est pas une comédienne, qui en plus est alors débutante, chargée de l'incarner alors qu'elle n'en a pas les moyens "théâtraux" en plus de chanter un répertoire qui n'est pas le sien. Rien, absolument rien "d'idéologique" dans cette critique, comme d'ailleurs dans beaucoup d'autres. Au contraire, il a massacré nombre de films exaltant le régime (même "Vénus aveugle", pourtant d'Abel Gance), et n'a cessé d'incriminer la censure vichyssoise (article "entre deux saisons", mai 1942, par exemple). A contrario, il a encensé des films de réalisateurs à l'opposé de ses positions. Comme il avait admiré Renoir, alors en exil, il continue à défendre Carné ou Grémillon (pourtant notoirement communiste), le jeune Becker ou le débutant Bresson, ainsi que les scénarios de Prévert ou celui de Cocteau pour "L'Éternel retour". Il faut lire l'ensemble de ses critiques des années 1940-1944, et surtout ses propos sur le cinéma en général et la censure en particulier durant cette période (le tout édité chez Pardès), pour s'apercevoir qu'il y a un abyme entre le Rebatet haineux déversant son fiel dans divers journaux et le Rebatet/Vineuil critique amoureux du cinéma, comme il le fut de la musique. Sortir du binaire, en quelque sorte. Et ce n'est pas pour rien si de très nombreux critiques de cinéma d'après-guerre, jusque dans "Les cahiers", ont à de nombreuses reprises salué son jugement. Ils ne sont pas un instant suspects "d'amitiés fascisantes" :)
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Re: Décès de Geori Boué

Message par Stefano P » 06 janv. 2017, 08:54

Un dernier HS sur Rebatet, parce que je trouve dommage de polluer le fil consacré à la disparition de cette grande chanteuse par l'évocation de ce sinistre personnage, qui a semble-t-il trouvé ici un avocat enthousiaste ; pour l' "amour de la musique", je renvoie à son livre Une histoire de la musique, sorti en 1969 et republié ensuite dans la collection Bouquins, dans lequel il tempère, pour des raisons stratégiques et circonstancielles, son racisme virulent, et notamment son antisémitisme viscéral (qui, rappelons-le, allait jusqu'à la délation et l'appel au meurtre dans ses articles écrits dans la presse d'Occupation, ou dans son best seller Les Décombres, publié en 1942). A côté de considérations souvent intéressantes mais plutôt convenues sur des compositeurs qu'il apprécie (mais sur Bach, Mozart, Beethoven ou Wagner, on peut trouver bien mieux informé ailleurs), le naturel revient souvent au galop quand il s'agit d'aborder les musiciens qui ont "des origines". Par exemple, Meyerbeer est un "israélite berlinois, commerçant richissime et pauvre musicien (...) il n'y a pas l'ombre d'originalité chez ce cosmopolite que l'on ne peut rattacher à aucune école nationale". Halévy, ou plutôt comme il ne manque pas de le préciser "Jacques Fromental Elie Lévy, dit Halévy" est lui aussi traîné dans la boue ; La Juive est présenté comme un "terrible mélodrame médiéval et raciste"... Il est fort heureux qu'aujourd'hui on joue de plus en plus les œuvres de ces deux grands musiciens tandis que le nom de leur contempteur ne dit plus grand chose à grand monde...
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