Dmitri Hvorostovsky (1962 - 2017)

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JdeB
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Re: Dmitri Hvorostovsky (1962 - 2017)

Message par JdeB » 24 nov. 2017, 11:15

NiklausVogel a écrit :
24 nov. 2017, 11:07
j'ai remarqué des reprises de souffle extrêmement bruyantes et surtout très laides, une sorte de bruit guttural humide.
oui, ça me gênait beaucoup aussi.
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Re: Dmitri Hvorostovsky (1962 - 2017)

Message par Bernard C » 24 nov. 2017, 11:21

La respiration de Hvorostovsky a toujours été audible.
Ça n'a jamais empêché deux qualités essentielles , le legato grâce à la longue tenue du souffle et sa maîtrise qui lui a toujours permis de maintenir la beauté du timbre et ses nuances .

Dans sa dernière apparition au MET de New York au mois de mai , nous avions cela , gardé intact, malgré la fatigue.

Et la prestance !

:bowdown:

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Re: Dmitri Hvorostovsky (1962 - 2017)

Message par twizzle » 24 nov. 2017, 11:23

NiklausVogel a écrit :
24 nov. 2017, 11:07
A chaque fois, la beauté du timbre, la projection inimitable et l'élégance de l'incarnation étaient là. Mais - ben oui il y a un mais -, à Paris et à Londres j'ai remarqué des reprises de souffle extrêmement bruyantes et surtout très laides, une sorte de bruit guttural humide, qui, malgré la bonne volonté de l'auditeur, perturbait l'écoute de passages situés en général en début d'oeuvre (au premier acte dans Don Carlo et le "alla vite che t'arride" du Ballo). Curieusement ce bruit très désagréable s'estompait en cours de soirée et n'a déparé ni Eri tu, ni la mort de Posa. Apprenant la terrible maladie qui le frappait, je me suis demandé s'il n'y avait pas un lien de cause à effet.
J'ai assisté à une représentation du Ballo à Londres en janvier 2015 et pendant sa première aria j'avais aussi été un peu gêné par ses inspirations bruyantes. Moins par la suite mais peut-être m'étais-je habitué? Par contre, cela ne devait pas être la même représentation que toi car ses partenaires étaient Calleja et Monastyrska, que j'ai trouvés vraiment très bien!
J'avais vu DH en récital quelques années auparavant et je n'avais pas remarqué ses respirations.. Peut-être était-ce effectivement lié à sa maladie..

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Re: Dmitri Hvorostovsky (1962 - 2017)

Message par paco » 24 nov. 2017, 11:25

Forum d'hommages sur le blog du ROH, avec extrait vidéo de son Valentin
http://www.roh.org.uk/news/remembering- ... -1962-2017

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Re: Dmitri Hvorostovsky (1962 - 2017)

Message par altini » 24 nov. 2017, 12:03

Grand souvenir de ce magnifique baryton dans Eugène Onéguine à Vienne voilà quelques années, avec Anna Netrebko. Voix somptueuse et présence charismatique.

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Re: Dmitri Hvorostovsky (1962 - 2017)

Message par sopranolove » 24 nov. 2017, 15:42

Si l'on en croit JDB, il ne serait pas une star ? Mais on s'en fout, star ou pas, c'était d'abord un très grand artiste. Et l'histoire retient ceux là et non les idoles préfabriquées... S'il fallait ne parler que des superstars, ce serait bien triste, non ?
J'ai été à l'Opéra de Lorraine voir le très beau récital de Ludovic Tézier (y avait-il d'autres ODBiens dans la salle ?) et il nous a parlé de Dimitri très délicatement, très chaleureusement, comme d'un artiste inspiré par la musique et les grandes œuvres : face à lui dans Simon Boccanegra (à l'époque, notre Ludovic chantait encore Paolo), il a essayé de le rejoindre... comme il nous l'a dit avec pudeur, humilité et affection. Il lui a dédié ce concert... Et dans la salle (beaucoup ne savait pas qu'il nous a quitté), le public a partagé cette émotion avec des oh de tristesse... L'Opéra Bastille a t'il eu la même attention ?
Mais bien sûr dans les journaux people, et sur nos chaînes, rien, comme cela l'a été pour Robert Hirsch !
RIP, cher Dimitri...

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Re: Dmitri Hvorostovsky (1962 - 2017)

Message par tuano » 24 nov. 2017, 15:57

A voir sur Met Opera on Demand : l'entrée de Luna dans Il Trovatore où l'ovation géante du public oblige l'orchestre à s'interrompre et à rejouer. Cet extrait est gratuit (voir "Free Previews").

Sinon pour rebondir sur les propos de JdeB, je crois que les barytons ne sont jamais des stars en France. Ces trente dernières années, il y a peut-être eu Raimondi et van Dam à cause de leurs apparitions au cinéma mais le vedettariat en France semble plutôt réservé aux voix aiguës (ténors et dans une moindre mesure, sopranos).

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Re: Dmitri Hvorostovsky (1962 - 2017)

Message par HELENE ADAM » 24 nov. 2017, 15:58

La presse Russe après avoir publié régulièrement ces derniers mois des "news" très brèves et très répétitives concernant Dmitri Hvorostovsky, où il était assez visible qu'on attendait sa mort, commence à publier des papiers plus approfondis rendant hommage au plus grand baryton russe de ces dernières années.
Ce qui ressort de ces longs papiers c'est la personnalité très particulière de Dmitri Hvorostovsky dans le monde de l'opéra et le caractère bling-bling qu'il a parfois en Russie (je ne citerai personne :mrgreen: ) pour insister sur son attachement à sa terre de Sibérie, ses forêts, ses lacs et les grands froids, sa jeunesse de komsomol et le fait qu'au-delà de ses rôles à l'opéra, il a beaucoup chanté d'airs russes, profondément ancrés dans le patrimoine culturel de son pays, mais aussi beaucoup de chants contemporains qu'il a tenté d'ailleurs d'exporter hors des frontières comme les compositions de Gueorgui Sviridov.
Il a donné beaucoup de concerts de ce type en Russie (qui se terminaient par d'interminables ovations), a sorti des CD de mélodies russes qui restent des must dans sa discographie.
Et quelque part, ses meilleures incarnations ont sans doute été dans le Démon, Eugène Onéguine et la Dame de Pique... l'âme russe. :wink:

https://www.russkiymir.ru/publications/234009/
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Dmitri Hvorostovsky (1962 - 2017)

Message par micaela » 24 nov. 2017, 16:03

@ sopranolove
Qu'il n'y ait rien sur les journaux people (qui de toute façon s'intéressent peu à ce type d'artistes), c'est tant mieux, quand on voit le contenu de ces journaux -que je ne parcours que dans les salles d'attente ou chez le coiffeur (enfin, ça dépend aussi de ce que tu appelles des journaux people). Et, en parcourant le Net, j'ai vu que nombre de sites de radios ou de journaux lui ont rendu hommage, lui consacrant des articles de taille non négligeable.
Et il n'avait rien d'une idole préfabriquée. On peut trouver certains chanteurs lyriques surestimés , mais il me semble impossible qu'une carrière lyrique, surtout aussi longue que la sienne soit "préfabriquée". Si par hasard c'était le cas (artiste lancé dans le circuit à coup de promo) , la carrière de l'artiste en question prendrait vite l'eau...
Tu sembles avoir une dent contre les stars. C'est bien de parler de chanteurs peu connus, mais pourquoi négliger les autres ? En plus, ils sont ceux qui peuvent attirer un public pas forcément lyricomane et lui faire découvrir d'autres chanteurs moins connus.
Pour les journaux télé, la musique classique et le théâtre occupent peu de place. Donc, même si on peut le regretter, c'est logique qu'il ait été peu question de Hirsch et de Dmitri Hvorostovsky.
Mais oui, et ce n'est pas un reproche, mais une constatation, même en étant connu et apprécié, il n'avait pas en France le statut de star qu'il pouvait avoir ailleurs. Il n'y a qu'à voir comme ses CD sont rares en magasin...
Très belle initiative de Tézier. Mais ce type d'hommage est plus difficile à faire lors d'une représentation d'opéra (et il n'y avait rien à l'affiche à Bastille ou Garnier le 22/11). A noter que, lors de son récital au théâtre du Palais Royal (janvier 2014) , avant de commencer, Dmitri Hvorostovsky avait de la même façon prononcé quelques mots en hommage à Abbado qui venait de décéder.
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

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Re: Dmitri Hvorostovsky (1962 - 2017)

Message par micaela » 24 nov. 2017, 16:12

HELENE ADAM a écrit :
24 nov. 2017, 15:58
La presse Russe après avoir publié régulièrement ces derniers mois des "news" très brèves et très répétitives concernant Dmitri Hvorostovsky, où il était assez visible qu'on attendait sa mort, commence à publier des papiers plus approfondis rendant hommage au plus grand baryton russe de ces dernières années.
Ce qui ressort de ces longs papiers c'est la personnalité très particulière de Dmitri Hvorostovsky dans le monde de l'opéra et le caractère bling-bling qu'il a parfois en Russie (je ne citerai personne :mrgreen: ) pour insister sur son attachement à sa terre de Sibérie, ses forêts, ses lacs et les grands froids, sa jeunesse de komsomol et le fait qu'au-delà de ses rôles à l'opéra, il a beaucoup chanté d'airs russes, profondément ancrés dans le patrimoine culturel de son pays, mais aussi beaucoup de chants contemporains qu'il a tenté d'ailleurs d'exporter hors des frontières comme les compositions de Gueorgui Sviridov.
Il a donné beaucoup de concerts de ce type en Russie (qui se terminaient par d'interminables ovations), a sorti des CD de mélodies russes qui restent des must dans sa discographie.
Et quelque part, ses meilleures incarnations ont sans doute été dans le Démon, Eugène Onéguine et la Dame de Pique... l'âme russe. :wink:

https://www.russkiymir.ru/publications/234009/
C'est vrai qu'en Russie , ça atteignait un côté parfois bling bling (mais pas dans son look -je ne citerai personne non plus :mrgreen: ) et certainement people (on trouve sur YT par exemple une interview de 2008 dans une sorte de TéléMatin local en compagnie de son épouse, et si je me fie à la traduction d'un des internautes commentateurs, il y parlait plus de sa vie personnelle que de musique). Il a lui aussi fait un album très pop avec Krutoy , accompagné de concerts où il chantait avec un micro (il a dit après qu'il en resterait là, faire un concert d'une vingtaine de titres en chantant au micro, ce n'était pas son métier) et d'un clip très kitsch.
J'aime beaucoup ses CD consacrés aux chants populaires russes (traditionnels ou non) qui sont d'ailleurs certainement pour beaucoup dans son statut de star en Russie . Je connaissais certains de ces titres avant qu'il ne les interprète, et j'aurais aimé l'entendre dans encore bien d'autres titres du genre...J'aimais ce type de chansons bien avant de le connaître (en partie grâce aux Chœurs de l'Armée Rouge) et je trouve qu'il en donnait des versions superbes.
NB S'il a continué à se produire régulièrement en Russie, ça faisait près de 10 ans (voire près de 15) qu'il ne s'y était pas produit dans un opéra mis en scène quand il a interprété le Démon à Moscou début 2015 (version de concert, mais avec mise en espace, costumes, quelques éléments de décor...). Il aurait dû chanter dans Don Carlo au Bolchoï il y a un an, mais avait dû renoncer.
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

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