Rencontre avec Ludovic Tézier

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Re: Rencontre avec Ludovic Tézier

Message par Stefano P » 10 avr. 2017, 15:28

Loïs a écrit :
10 avr. 2017, 15:21
Stefano P a écrit :
10 avr. 2017, 15:17
Je me demande bien pourquoi Massenet a réalisé cette version ; je crois que c'est à la demande du baryton Battistini, mais c'est sûr qu'il aurait fallu refondre beaucoup plus le rôle pour que ça puisse fonctionner, se contenter de bricoler la ligne de chant pour que ça devienne accessible pour un baryton, ça ne pouvait qu'être finalement frustrant...
D'un autre coté c'est plus facile à monter : on peut prendre n'importe quelle Charlotte (et le reste) sans demander à tout le monde de travailler une version qui ne serait que rarement montée. Et au final la frustration n'est que sur le lied. Le duo du premier acte peut même être magique (voir la version Hampson-Graham sur Voldemort)
Oui, tu as raison, et il faut reconnaître que dans le monologue de la fin du II et au moment de la mort, ça prend une dimension impressionnante, pas loin du côté funèbre et métaphysique de l'air de Philippe II dans Don Carlos...
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Re: Rencontre avec Ludovic Tézier

Message par Loïs » 10 avr. 2017, 15:35

Stefano P a écrit :
10 avr. 2017, 15:28
Loïs a écrit :
10 avr. 2017, 15:21
Stefano P a écrit :
10 avr. 2017, 15:17
Je me demande bien pourquoi Massenet a réalisé cette version ; je crois que c'est à la demande du baryton Battistini, mais c'est sûr qu'il aurait fallu refondre beaucoup plus le rôle pour que ça puisse fonctionner, se contenter de bricoler la ligne de chant pour que ça devienne accessible pour un baryton, ça ne pouvait qu'être finalement frustrant...
D'un autre coté c'est plus facile à monter : on peut prendre n'importe quelle Charlotte (et le reste) sans demander à tout le monde de travailler une version qui ne serait que rarement montée. Et au final la frustration n'est que sur le lied. Le duo du premier acte peut même être magique (voir la version Hampson-Graham sur Voldemort)
Oui, tu as raison, et il faut reconnaître que dans le monologue de la fin du II et au moment de la mort, ça prend une dimension impressionnante, pas loin du côté funèbre et métaphysique de l'air de Philippe II dans Don Carlos...
De manière générale je crois que l'on pourrait faire une étude sur les rôles distribués à une tessiture non attendue. En ce qui concerne les ténors et barytons : pourquoi Eleazar est tenor et non baryton? Inversement pourquoi Hamlet est il baryton? La réponse est souvent dans le choix d'un créateur pour lequel on a "plié" une partition à ses moyens mais il serait amusant d'imaginer des versions alternatives ou comme dans Marouf une double version.

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Re: Rencontre avec Ludovic Tézier

Message par Stefano P » 10 avr. 2017, 15:43

Loïs a écrit :
10 avr. 2017, 15:35
De manière générale je crois que l'on pourrait faire une étude sur les rôles distribués à une tessiture non attendue. En ce qui concerne les ténors et barytons : pourquoi Eleazar est tenor et non baryton? Inversement pourquoi Hamlet est il baryton? La réponse est souvent dans le choix d'un créateur pour lequel on a "plié" une partition à ses moyens mais il serait amusant d'imaginer des versions alternatives ou comme dans Marouk une double version.
A propos de la tessiture d'Eléazar, il y a des choses passionnantes sur la genèse du rôle dans les Souvenirs d'Halévy ; je te copie-colle le passage :

"C'est par une belle soirée d'été, dans le parc de Montalais, que M. Scribe me conta pour la première fois le sujet de La Juive, qui m'émut profondément, et je conserverai toujours le souvenir de cet entretien qui se rattache à une des époques les plus intéressantes pour moi de ma vie d'artiste. Dans l'exposition que M. Scribe me fit du sujet, de la manière dont il entendait le traiter, le rôle du chrétien Léopold, amant de la juive Rachel, était destiné à Nourrit. Eléazar, le père, eût été dévolu à Levasseur, et le cardinal à Dabadie. Mais, lorsque je commençai à m'occuper de la partition, je fus frappé des accents nouveaux que donnerait à la musique la voix de ténor, la voix de Nourrit, dans un rôle de père. Je gagnais ainsi dans le rôle du cardinal, qui est père aussi, la voix et le talent de M. Levasseur. M. Scribe fut de mon avis, et d'un commun accord nous donnâmes le poème à lire à Nourrit, le laissant maître de choisir son rôle. « Mon choix n'est pas douteux, nous dit-il quelques jours après, j'aurai des entrailles paternelles. » Nourrit, en s'associant ainsi à notre désir, était animé du sincère amour de son art. Le ténor, nous l'avons dit, tient à ses prérogatives d'amoureux. Il craint, en se grimant, de perdre à jamais le prestige de la jeunesse, et de laisser aux spectateurs, et surtout aux spectatrices, le souvenir durable d'un masque fâcheux, et l'empreinte trop hâtive de cet âge fatal que l'art du comédien est habile à cacher. Mais Nourrit était assez jeune et se sentait assez fort pour surmonter ce danger, et il s'y livra noblement dans l'intérêt commun.

Nourrit nous donna d'excellents conseils. Il y avait au quatrième acte un finale ; il nous demanda de le remplacer par un air. Je fis la musique de l'air sur la situation donnée. Nourrit demanda à M. Scribe l'autorisation de faire lui-même les paroles de l'air, dont la musique était faite. Il voulait choisir les syllabes les plus sonores, les plus favorables à sa voix. M. Scribe, généreux, parce qu'il est riche, se prêta de bonne grâce au désir du chanteur, et Nourrit nous apporta peu de jours après les paroles de l'air : Rachel quand du Seigneur..."
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Re: Rencontre avec Ludovic Tézier

Message par Loïs » 10 avr. 2017, 15:48

Stefano P a écrit :
10 avr. 2017, 15:43
Loïs a écrit :
10 avr. 2017, 15:35
De manière générale je crois que l'on pourrait faire une étude sur les rôles distribués à une tessiture non attendue. En ce qui concerne les ténors et barytons : pourquoi Eleazar est tenor et non baryton? Inversement pourquoi Hamlet est il baryton? La réponse est souvent dans le choix d'un créateur pour lequel on a "plié" une partition à ses moyens mais il serait amusant d'imaginer des versions alternatives ou comme dans Marouk une double version.
A propos de la tessiture d'Eléazar, il y a des choses passionnantes sur la genèse du rôle dans les Souvenirs d'Halévy ; je te copie-colle le passage :

"C'est par une belle soirée d'été, dans le parc de Montalais, que M. Scribe me conta pour la première fois le sujet de La Juive, qui m'émut profondément, et je conserverai toujours le souvenir de cet entretien qui se rattache à une des époques les plus intéressantes pour moi de ma vie d'artiste. Dans l'exposition que M. Scribe me fit du sujet, de la manière dont il entendait le traiter, le rôle du chrétien Léopold, amant de la juive Rachel, était destiné à Nourrit. Eléazar, le père, eût été dévolu à Levasseur, et le cardinal à Dabadie. Mais, lorsque je commençai à m'occuper de la partition, je fus frappé des accents nouveaux que donnerait à la musique la voix de ténor, la voix de Nourrit, dans un rôle de père. Je gagnais ainsi dans le rôle du cardinal, qui est père aussi, la voix et le talent de M. Levasseur. M. Scribe fut de mon avis, et d'un commun accord nous donnâmes le poème à lire à Nourrit, le laissant maître de choisir son rôle. « Mon choix n'est pas douteux, nous dit-il quelques jours après, j'aurai des entrailles paternelles. » Nourrit, en s'associant ainsi à notre désir, était animé du sincère amour de son art. Le ténor, nous l'avons dit, tient à ses prérogatives d'amoureux. Il craint, en se grimant, de perdre à jamais le prestige de la jeunesse, et de laisser aux spectateurs, et surtout aux spectatrices, le souvenir durable d'un masque fâcheux, et l'empreinte trop hâtive de cet âge fatal que l'art du comédien est habile à cacher. Mais Nourrit était assez jeune et se sentait assez fort pour surmonter ce danger, et il s'y livra noblement dans l'intérêt commun.

Nourrit nous donna d'excellents conseils. Il y avait au quatrième acte un finale ; il nous demanda de le remplacer par un air. Je fis la musique de l'air sur la situation donnée. Nourrit demanda à M. Scribe l'autorisation de faire lui-même les paroles de l'air, dont la musique était faite. Il voulait choisir les syllabes les plus sonores, les plus favorables à sa voix. M. Scribe, généreux, parce qu'il est riche, se prêta de bonne grâce au désir du chanteur, et Nourrit nous apporta peu de jours après les paroles de l'air : Rachel quand du Seigneur..."
Ah oui passionnant en effet, cela explique ce choix surprenant

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Re: Rencontre avec Ludovic Tézier

Message par Efemere » 11 avr. 2017, 15:45

Si si, la rubrique « Artistes » est bien utile, par ex. lorsqu'on a la flemme d'ouvrir un fil dans celle des « Représentations »...

Pour en revenir au Werther du WSO, je n'ai pas vu la vidéo de la soirée du 31 mars et ne sais pas comment la m.e.s. et les chanteurs donnaient sur un écran.

Sur place (le 3 avril dernier), j'ai bien aimé la production, simple, sans chichis. La scénographie était certes réduite à essentiellement un arbre immense, accompagné de quelques meubles et accessoires, mais les décors et les éclairages contribuaient à l'ambiance sombre et étaient en phase avec la progression du drame.
Malgré un Lied d'Ossian qui m'a un petit peu décontenancée, j'ai beaucoup apprécié la version baryton que je découvrais et qui proposait effectivement un aspect plus mûr et plus introverti chez Werther , convenant très bien à L. Tézier selon moi.
Peut-être celui-ci passait-il moins bien dans la vidéo. En tout cas, lors de la dernière, il m'a donné une impression de grande aisance ; contrairement à ce que j'ai pu voir à d'autres occasions dans le passé, je n'ai pas perçu de raideur dans son jeu, qui était intense et sobre ; et sur le plan vocal, malgré un début et quelques rares et courts moments un peu monochromes, j'ai trouvé qu'il a fait preuve d'expressivité et d'une très belle maîtrise de sa voix, ligne de chant, phrasé, diction...
Stefano P a écrit :
10 avr. 2017, 14:49
(...) Musicalement, je trouve que ça fonctionne très bien dans les passages méditatifs, comme à la fin du deuxième acte (Pourquoi trembler devant la mort..., encore plus beau et envoûtant que dans la version habituelle, ou la scène de la mort à la fin, où la voix de baryton ajoute de la profondeur tragique aux adieux de Werther : Là-bas, au fond du cimetière..., Tézier est fabuleux dans ce passage) (...)
Pour Tézier en tout cas, ça vaut vraiment le coup d'être entendu !
Loïs a écrit :
10 avr. 2017, 14:59
(...) La version baryton accentue le côté suicidaire de Werther et atteint son sommet avec "lorsque l'enfant..." (...)
Stefano P a écrit :
10 avr. 2017, 15:28
(...) il faut reconnaître que dans le monologue de la fin du II et au moment de la mort, ça prend une dimension impressionnante, pas loin du côté funèbre et métaphysique de l'air de Philippe II dans Don Carlos...
Plus prenant que le finale très réussi aussi, le point d'orgue de la soirée a été pour moi l'air « Pourquoi trembler devant la mort... Lorsque l'enfant revient d'un voyage » où L. Tézier a été très émouvant ; heureusement, mes voisines de loge jusqu'alors dissipées avaient enfin arrêté de bouger et daigné essayer de se concentrer – en voyant Tézier s'agenouiller et se rendant compte que le public était suspendu aux lèvres du chanteur, elles avaient dû se dire qu'il se passait quelque chose de particulier (qui ne les a sans doute pas incitées à découvrir davantage l'opéra, vu qu'après l'entracte, elles ne sont restées qu'à peine dix minutes et ont déguerpi en faisant du bruit et en prenant de dernières photos :?).
Depuis, c'est la version baryton de cet air que je préfère.

Intéressant aussi d'avoir entendu Adrian Eröd (lui aussi doté d'une impeccable diction) dont la voix claire contrastait avec celle plus sombre et plus profonde de Tézier, offrant du coup, à mes oreilles, un Albert plus humain (ou moins brutal).

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Re: Rencontre avec Ludovic Tézier

Message par Stefano P » 11 avr. 2017, 16:28

Efemere a écrit :
11 avr. 2017, 15:45
Intéressant aussi d'avoir entendu Adrian Eröd (lui aussi doté d'une impeccable diction) dont la voix claire contrastait avec celle plus sombre et plus profonde de Tézier, offrant du coup, à mes oreilles, un Albert plus humain (ou moins brutal).
Ah oui, tu as raison, il m'a fait aussi une très bonne impression ! Je vois qu'il est autrichien ; en tout cas, il chante impeccablement le français !
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Re: Rencontre avec Ludovic Tézier

Message par RODELINDA » 13 avr. 2017, 09:30

Stefano P a écrit :
11 avr. 2017, 16:28
Efemere a écrit :
11 avr. 2017, 15:45
Intéressant aussi d'avoir entendu Adrian Eröd (lui aussi doté d'une impeccable diction) dont la voix claire contrastait avec celle plus sombre et plus profonde de Tézier, offrant du coup, à mes oreilles, un Albert plus humain (ou moins brutal).
Ah oui, tu as raison, il m'a fait aussi une très bonne impression ! Je vois qu'il est autrichien ; en tout cas, il chante impeccablement le français !
Oui, Adrian Eröd est un artiste remarquable et très attachant, aussi à l’aise dans les répertoires français et allemand que dans le lied et la musique contemporaine, il chante d’ailleurs en ce moment Jason dans la Medea d’Aribert Reimann, une œuvre magnifique mais extrêmement exigeante. Quand j’ai entendu son Valentin (Faust) pour la première fois, j’ai été tellement impressionné que je suis allée lui demander comment il avait appris à prononcer notre langue aussi parfaitement, il m’a répondu en riant qu’il n’avait aucun mérite, sa mère étant française. Il vient d’être nommé Kammersänger, juste récompense de son immense talent et de son attachement au Staatsoper.
Comme Efemere j’ai trouvé cette version pour baryton absolument superbe (représentation du 26 mars) – magnifiée sans doute aussi par un interprète exceptionnel. J’ai eu pourtant besoin d’au moins un acte pour que mon oreille s’y accoutume, Il faut reconnaitre que quand on a en tête la version habituelle il est bien difficile de ne pas ressentir un léger déplaisir à chaque que la voix de Werther, au lieu de s’élever vers les cimes, descend d’une tierce ou d’un octave en donnant d’impression de rester désespérément « collée » à la ligne orchestrale. En revanche, on pourrait dire aussi que cette version contraint le public à ne pas céder à l’écoute facile – péché mignon assez répandu chez les fans de ténors ;-) qui consiste à guetter l’aigu, les fulgurances - pour le ramener à l’essentiel, le texte et la musique. Le problème parfois, c’est que les aigus sont directement motivés par le texte, du coup certaines phrases tombent un peu à plat – je pense à des passages comme « …la bénédiction du ciel sur toi repose » , le sublime crescendo « rêve, extase….je donnerais ma vie » « …mon existence entière n’aurait jamais été qu’une ardente prière », et bien sûr les éclats de « Pourquoi me réveiller », qui effectivement n’est plus ici le moment fort de l’œuvre.
A l’inverse, j’ai été moi aussi surprise de constater à quel point les couleurs spécifiques de la voix de baryton, sa densité, sa chaleur et ici surtout ce grain si particulier de celle de Ludovic Tézier donnait à certains passages, un impact, une forces inattendue, de sorte qu’on a l’impression de les entendre pour la première fois : c’est vrai en particulier pour le monologue du II ("Pourquoi trembler devant la mort"), presque effrayant dans sa nudité, sa profondeur, et son pendant du III, « Charlotte a signé mon arrêt, prends le deuil, O Nature… », d’une puissance, d’une noirceur dévastatrice. Thomas Hampson avait dit je crois que la version baryton était celle qui permettait le plus d’approfondir la psychologie du personnage, je commence tout juste à comprendre ce qu’il a voulu dire (même si je ne suis pas tout à fait encore convaincue). Plus surprenants encore, l’air du II « Lorsque l’enfant » suivi de la prière « Père, Père, appelle-moi » - des passages où l’on a entendu plus d’un ténor s’essouffler et terminer noyé dans l’orchestre, sont sublimés ici par une maîtrise du souffle, une diction, un phrasé absolument divins.…Scéniquement, par contre, il faut reconnaitre qu’on reste un peu sur sa faim, même si je ne suis pas objective : je déteste cordialement cette production d’Andrei Șerban qui laisse si peu de place au romantisme et à la poésie. J’ai trouvé tout de même Ludovic plus investi et plus à l’aise sur scène que dans le Trouvère, c’est un rôle que visiblement qui lui tient à cœur et sa scène finale était d'une intensité exceptionnelle, peut-être plus émouvante encore que la mort de Posa qui fut l'un de ses grands triomphes ici.
Avec Sophie Koch, on retrouve avec plaisir et émotion la charlotte de Paris (et de Vienne en 2011) que l’on a tant aimée – rayonnante de naturel et de simplicité, bouleversante de douceur, d’obstination douloureuse. Vocalement pourtant, elle apparaît en petite forme (Fatigue passagère après une longue série de Tristan (Brangäne), difficulté de passer d’un répertoire à l’autre ?), aigus hésitants, registre grave peu audible (son « tu frémiras » qui avait mis le public à ses pieds en 2011 passe difficilement), elle se ressaisit dans la scène finale (cette bouleversante et douloureuse luminosité dans « …te pardonner, quand c’est moi qui te frappe…"). J’espère en tous les cas qu’elle chantera encore longtemps ce rôle qui lui va si bien car bien rares sont les chanteuses capables d’exprimer à la fois ce naturel, ce charme encore juvénile et cette puissance dévastatrice de la passion.
On aurait pu craindre un accueil un peu mitigé du public pour cette version privée d’« éclat ténoral » - il n’en était rien heureusement et les chanteurs ont été très chaleureusement applaudis.

On pourra réentendre avec plaisir ce beau Werther le 22 avril à 19h30 sur oe1 :
http://oe1.orf.at/programm/463641

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Re: Rencontre avec Ludovic Tézier

Message par HeleneADAM » 13 avr. 2017, 11:24

RODELINDA a écrit :
13 avr. 2017, 09:30
Stefano P a écrit :
11 avr. 2017, 16:28
Efemere a écrit :
11 avr. 2017, 15:45
Intéressant aussi d'avoir entendu Adrian Eröd (lui aussi doté d'une impeccable diction) dont la voix claire contrastait avec celle plus sombre et plus profonde de Tézier, offrant du coup, à mes oreilles, un Albert plus humain (ou moins brutal).
Ah oui, tu as raison, il m'a fait aussi une très bonne impression ! Je vois qu'il est autrichien ; en tout cas, il chante impeccablement le français !
Oui, Adrian Eröd est un artiste remarquable et très attachant, aussi à l’aise dans les répertoires français et allemand que dans le lied et la musique contemporaine, il chante d’ailleurs en ce moment Jason dans la Medea d’Aribert Reimann, une œuvre magnifique mais extrêmement exigeante.
très touchée aussi par Adrian Eröd qui développe un chant superbe dans une diction de rêve que Sophie Koch pourrait lui envier :wink:
Moins touchée que vous tous par contre, par la version baryton à laquelle j'ai vraiment du mal à me faire, d'autant plus que deux voix de baryton sans aucun ténor, c'est un peu lourd dans un opéra.
Je regrette de ne pas avoir ouvert de fil vu le nombre de posts passionnants de ceux et celles qui ont vu l'opéra en salle ou en retransmission... :wink:
Regarde spectateur, remontée à bloc, de telle sorte que le ressort se déroule avec lenteur tout le long d’une vie humaine, une des plus parfaites machines construites par les dieux infernaux pour l’anéantissement mathématique d’un mortel.

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Re: Rencontre avec Ludovic Tézier

Message par FROJG2015 » 02 juin 2017, 18:31

Je ne sais pas si c'est le bon fil mais j'ai reçu un mail du ROH indiquant que Ludovic Tézier ne chantera pas Iago à Londres. Il est remplacé par Marco Vratogna. Moi qui tremblais pour JK, me voilà bien attrapée.

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aroldo
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Re: Rencontre avec Ludovic Tézier

Message par aroldo » 02 juin 2017, 19:27

Je viens de lire la biographie de Lucy Arbell, sortie cette année. L'auteur, un spécialiste de Massenet, rappelle que le compositeur n'a rien transposé ou travaillé pour cette version "baryton" que vous évoquiez il y a quelques semaines en vous demandant ce qui l'avait conduit à ce choix.
Il n'a simplement pas protesté quand Battistini a fait les transpositions, pratique qui est finalement un héritage du XIXème siècle (du genre Marietta Alboni qui transpose pour alto la partie de Don Carlos dans Ernani).
l'enlevement de Clarissa a été un des évènements de ma jeunesse.

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