Dossier Alexia Cousin

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JdeB
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Dossier Alexia Cousin

Message par JdeB » 13 oct. 2014, 09:17

Alexia Cousin, l'Aiglonne



Un éclair - puis la nuit.



3 mars 2005. Un communiqué sur le site de son agent, puis un encart dans un programme du Théâtre des Champs-Élysées, quatre jours plus tard, annoncent la nouvelle aussi inhabituelle qu’inattendue : Alexia Cousin « a décidé de mettre fin à sa carrière » à l’aube de ses 26 ans.

Pourquoi parler d’Alexia Cousin, pourquoi revenir sur sa courte carrière, plus d’un an et demi après sa décision ? Nous ne disposons d’aucun nouvel élément (ni nous, ni les musiciens dont elle était proche) depuis mars 2005, permettant d’élucider les motivations de ce départ. Notre propos n’est donc pas de faire gonfler les spéculations mais d’essayer de rappeler ce qu’a été la météorite Alexia Cousin, de revenir sur son bref parcours.

Nous tenons toutefois à remarquer que personne ne peut encore dire pourquoi la soprano a arrêté sa carrière, ni affirmer catégoriquement que c’est pour des raisons de fatigue vocale.
La seule phrase d’explication qu’elle ait donné étant : « C’est la passion et l’intégrité profonde avec lesquelles j’ai toujours chanté qui orientent aujourd’hui ma vie vers d’autres activités», pourquoi ne pas croire qu’effectivement, d’autres centres d’intérêt ont changé la vie de cette jeune femme ?

La lueur

« En fait, je reste une autodidacte.
Et je déteste l’intellectualisme.
Dans le monde lyrique, il y a trop de fausse culture,
trop de gens qui ne se remettent pas en question.»

Alexia Cousin naît en 1979 près de Paris, dans une famille n’écoutant pas de musique classique. Très jeune, elle aime le spectacle, la récitation de poèmes, les feux de la rampe.
La jeune Alexia passe même chez Jacques Martin dans l’émission « L’école des fans ». «Se retrouver ainsi, à chanter devant un micro, c’était magique.»
L’école tout court, en revanche, ne semble pas l’intéresser vraiment et elle décide de commencer l’étude du piano, «Sans doute pour m’échapper du carcan scolaire.»
Suivent le solfège, la gymnastique, la guitare, la peinture et la danse. Elle n’imagine pas encore faire de la musique son métier : «Ça me donnait beaucoup trop de plaisir ! La musique, ce ne pouvait pas être un travail.»

Elle découvre le chant grâce à son professeur de solfège à Aubervilliers. Le chant classique répond à son désir de démarquer sa personnalité de l’uniformité réglant le monde des adolescents : «Le chant, c’était pour moi une forme de subversion.»
Elle découvre le répertoire, les grandes voix, achète son premier disque : une compilation de Maria Callas, «simplement parce que j’avais entendu prononcer son nom» et elle assiste à son premier concert, salle Gaveau : un récital de Gwyneth Jones. «En l’écoutant chanter Wagner, je suis restée clouée à mon siège ! J’ai acheté tous ses enregistrements, puis ceux de toutes les grandes wagnériennes.»

Commencent alors de sérieuses études musicales. Alexia travaille quatre heures par jour, au retour du lycée, et renonce à des études en classe préparatoire puis à l’université, qu’elle fuit avec l’accord et le soutien de sa mère.
Elle suit une formation de chant au Conservatoire National de Région de La Courneuve avec Daniel Delarue qui lui donne «de solides bases techniques. Il a rempli mon sac à dos pour que je puisse maintenant partir à l’aventure.» C’est le Concours « Voix Nouvelles » qui la révèle, à 19 ans, à l’Opéra de Paris, la même année que Stéphane Degout. Ce n’était que la deuxième édition de ce concours qui avait couronné, dix ans auparavant, une certaine Natalie Dessay.
L’aventure peut commencer.

Une voix incandescente

«Je crois qu’il faut chanter avec le cœur.
Mon but, c’est qu’une personne, ne serait-ce qu’une seule,
vienne me voir à la fin du concert et me dise :
"Pendant ces deux heures et demie, j’ai vécu trente secondes exceptionnelles"».


Il existe peu de traces de la voix d’Alexia Cousin, du fait de son manque d’intérêt pour l’enregistrement en studio.
Seuls deux enregistrements « officiels » existent : le rôle de Diane (un air) dans l’édition dirigée par Marc Minkowski d’Iphigénie en Tauride (Archiv Produktion) et un Lied de Schumann publié dans un CD promotionnel du numéro de Classica de février 2000, un enregistrement réalisé live au Festival de Saint-Denis 1999 et de très mauvaise qualité.

Un enregistrement de mélodies françaises avec orchestre était en projet chez Virgin Classics, a été réalisé avec Louis Langrée, mais n’est jamais sorti.

Nous ne savons toutefois pas si c’est d fait d'une opposition personnelle de la part d’Alexia Cousin qui critiquait souvent et sévèrement les «enregistrements nickel, froids, aseptisés (…). Ce perfectionnisme technique tue l’esprit vivant de l’opéra. Je préférerais que l’on m’enregistre en live, avec toutes mes imperfections, plutôt que de fabriquer un son artificiel, en mélangeant ma phrase piano d’aujourd’hui avec mon aigu d’hier sous prétexte qu’il était plus beau (…).Si j’arrive à résister à ce mouvement, je serai très heureuse. Pour l’instant [1999], de toute façon, je ne me sens pas en mesure de fixer quelque chose de définitif (…). Mais si je peux imaginer garder des témoignages de moments scéniques exceptionnels, alors je suis prête à tenter le coup.»

Tous ceux qui ont entendu la voix d’Alexia Cousin ou tendent l’oreille en écoutant les deux enregistrements cités auront été frappés à la fois par sa maturité, par son ampleur et par sa jeunesse.
Sur scène, elle donne l’impression d’une Brünnhilde dans le corps d’un enfant. Nul(le) n'aura autant donné l'impression de remplir la salle de l'Opéra Bastille que lors de ses Manon parisiennes. Cette démesure est pourtant estompée par un équilibre évident entre la fraîcheur de la voix et sa maîtrise technique. Cette voix est bien sûr celle d’une femme de 20 ans, au moment de l’enregistrement d’Iphigénie, et de 25 ans lors de sa dernière apparition musicale publique, mais elle était exceptionnellement exempte des défauts naturels souvent présents à cet âge : sa fraîcheur est sans verdeur, ses aigus ne sont pas aigres, la sincérité du timbre ne compromet pas sa justesse.

Bien sûr, une voix aussi atypique et les ambitions affichées inquiètent déjà les mélomanes.

En se moquant des Cassandre, Ivan Alexandre écrit dans Diapason :
«A la seconde même, la rumeur galope : trop tôt ! trop tôt ! Les registres ne sont pas unis, le vibrato guette, l’instinct ne fait pas le style, elle court à sa ruine, elle va se tuer. Et quelle arrogance ! Bébé Cousin ne déclare-t-il pas que son modèle, c’est Callas, et son destin, Isolde ? Alerte !» (Juin 1999, p. 17).

A l’inverse, l’enthousiasme et les espoirs sont grands dans celle qu’on considère comme une future grande Falcon ou une future grande soprano dramatique. Certains la comparent à la jeune Régine Crespin ("Opera-L" ou ici-même), d’autres la voient déjà dans le rôle de Rachel ou dans celui de Valentine (Les Huguenots).

On se réjouit d’avoir découvert une voix hors normes, à la puissance rare, de nos jours. Gérard Mannoni s’enflamme : «Depuis qu’elle a remporté le concours "Voix nouvelles" à l’Opéra de Paris, en 1998, la soprano Alexia Cousin perturbe le monde lyrique. D’abord, elle ressemble plus à Sharon Stone qu’à la Castafiore. Ensuite, elle a une voix immense. On avait perdu l’habitude d’entendre pareil registre à cet âge. Enfin, elle chante ce qu’elle a envie de chanter, sans tenir compte des menaces des sages de la critique. Nous, on trouve qu’elle a raison. Puisqu’elle a des moyens inhabituels, qu’elle s’en serve.». (Elle, août 2004).

Quel est le secret de la jeune femme ?
Les exercices techniques, avant tout. «J’adorais les maths pour la concentration intense qu’elles demandent et pour leur rigueur, qui m’a d’ailleurs été utile dans la technique vocale » qu’elle perfectionne avec des suites d’exercices de « piqués, liés, vocalises, arpèges tous les matins» en compagnie de Daniel Delarue. Elle considère que son maître forme sa voix en deux ans.

Alors qu’on l’accusera par la suite, à tort, d’avoir été très imprudente, elle tient un discours plus que précautionneux, à l’orée de sa carrière : «Je risquais de sacrifier [ma voix] dans des airs "monstrueux", un grand Verdi, par exemple, ou la mort d’Isolde. Si on chante cela chez soi, avec un piano, ce n’est pas grave. Mais s’il faut "passer" l’orchestre, alors là… Tant de voix s’y sont détruites…»
Très consciente des risques vocaux que l’on court en abordant des rôles aussi lourds qu’Aïda, Isolde, Kundry, Turandot ou Léonore, elle analyse ainsi l’évolution de la voix de Maria Callas: «Elle y allait de tout son être, elle poitrinait les graves jusqu’au médium, elle hurlait les aigus (…). Année après année, mois après mois, on peut percevoir la dégradation de sa voix. Cela commence très subtilement. D’abord, un amincissement: la voix commence à bouger dans les piani, puis dans les forte aigus. Tout d’un coup, il y a un trou entre le grave et le bas médium».
Elle avait certes signé pour une Léonore, à seulement 25 ans, mais il s’agissait d’une version concert: elle aurait chanté devant l’orchestre, ce qui limite les problèmes de projection et de fatigue vocale. Quant aux autres rôles dramatiques, elle n’en a chanté que des airs, en récital et en concert (Cf. infra, chronologie).

Son attitude vis-à-vis des risques courus par ses choix de rôles est claire dès le début. Elle les envisage avec une grande confiance, du moins lorsqu’elle déclare, en 1999: «J’ai une confiance très forte dans mon destin, qui m’a été transmise par les gens que j’aime (…). Je n’ai à aucun moment eu peur. Cette intuition, cette confiance sont essentielles pour que ma vie avance dans le bon sens.» A la même époque, un critique écrit: «Il ne faut pas avoir peur pour elle. Il faut se faire peur avec elle.»

Alexia Cousin, imprudente ? Décidément non, en tout cas certainement pas au départ : elle refuse à 23 ans une Lady Macbeth, «un rôle meurtrier», aux Arènes de Vérone.
«J’ai dit non tout de suite, en rigolant. Je le sais très bien : si je chante cela aujourd’hui, je suis finie dans dix ans. Peut-être même avant.».

Wagner, Strauss, les Verdi les plus dramatiques ? «Je dois attendre que ma voix évolue. Quand j’aurai chanté Elektra de Strauss, je me dirai: j’ai accompli quelque chose, je peux même m’arrêter ! Si je chante Isolde, ce sera dans vingt ans, quand ma voix se sera épanouie avec l’âge. Je ne connais personne qui attende ses 40 ans avec autant d’impatience que moi !»
si elle chante Desdémone, c’est dans le petit théâtre de l’Opéra de Nantes et non à Orange, où elle décide finalement d’annuler sa participation.
Elle est d’autre part consciente de la nécessité de soigner son organe par une hygiène de vie qui la démarque, encore une fois, de celle des gens de son âge dont elle se sentait si différentes, à l’école : «Il faut être bien dans son corps. Dormir son comptant, manger sainement, ne pas fumer ni boire… La soirée un peu alcoolisée jusqu’à 3 heures du matin, c’est rarissime pour moi. La voix est "dans" le corps. Après une nuit blanche, elle est fatiguée.»

En attendant, les spectateurs de ses représentations goûtent avec un grand plaisir les qualités de cette voix sans pareille, dans des rôles toujours complexes, théâtralement, et jamais hors de portée, vocalement : Salomé (Hérodiade de Massenet), Mélisande, Tatiana…

L’ardente flamme

« L’opéra est plus que jamais un art moderne !
Les gens sont en manque de rêve et de sensations fortes.
Eh bien, l’opéra peut leur en donner. »


Alexia Cousin, c’est avant tout une forte personnalité, très attachée à la scène et à ses personnages. Dès quatorze ans, à son premier cours de chant, elle se sent des affinités particulièrement fortes avec le page des Noces de Figaro : «Quand j’ai chanté l’air de Chérubin, je haletais comme Chérubin, cet ado un peu boutonneux et amoureux qui se cherche… J’étais Chérubin… Ce fut une révélation ! J’ai compris qu’on pouvait mettre la musique au service d’une expression dramatique. Il y avait les mots, les gestes, mais aussi l’œuvre du compositeur, le soutien de l’orchestre… Le théâtre sublimé par la musique ! »

Elle vit sur scène entièrement dans la peau de son personnage. «On prétend qu’il faut conserver 50% de contrôle intellectuel et se laisser aller à 50%. Moi, je me laisse aller ! J’oublie la partition. Je chante et c’est tout.»
La communion avec le public est son moteur. Si c’est le cas de bien des artistes lyriques, elle pousse cette relation à un tel point que ceux qui l’ont vue sur scène s’en souviennent toujours, même lorsque sa performance vocale ne les a pas marqués et même si elle les a marqués négativement.
«C’est l’énergie du public qui me fait fonctionner. Les spectateurs sont ma pile électrique. A moi de donner l’impulsion. Si je sens une réponse, je donne de plus en plus. Cela peut paraître inexplicable, mais c’est très réel : le public est une masse, mais on peut percevoir les individualités. Quand je sors de scène, je peux vous dire où, dans la salle, on a le mieux écouté.»

Ardente défenseuse de ses choix artistiques, son idée motrice est celle de la primauté du texte sur les notes. «Pour moi, il y a un avant-Callas : des gens qui chantent des notes, et un après-Callas : des gens qui chantent en interprétant un personnage.»

Et de regretter une sorte de retour actuel au mauvais jeu d’acteur du chanteur «la main sur le cœur». On a pris le jeu timide d’Alagna en Des Grieux, à la Bastille, pour un étonnement impatienté face au chant inadéquat de sa Manon ; ne peut-on pas plutôt (ou aussi) y déceler la manifestation du contraste existant entre une véritable actrice et un artiste qui est un chanteur, avant tout ? «Devant un public avec lequel une relation immédiate et très forte se vit à chaque seconde, on ne peut pas chanter sans s’engager totalement, physiquement et mentalement. Mes modèles sont ceux qui brûlent sur scène, pas les techniciens d’exception. Je préfère mille fois quelques imperfections mais une grande intensité émotionnelle et artistique.»

C’est peut-être ce qui l’a conduite à accepter le rôle de Manon et ce qui lui a permis de tenir face aux sévères critiques qu'elle a reçu (Cf. infra). Le jeu scénique, pour elle, fait accepter un chant qui peut ne pas être à la hauteur de ce que font ses partenaires. Pas de couple plus mal assorti qu’Alagna et Cousin, en somme.


Brûler les planches...

«Le théâtre m’intéresse aujourd’hui beaucoup.
Et puis un jour on m’a suggéré de chanter.
L’émerveillement s’est vite installé.»


Alexia Cousin n’a pas attendu de se retirer à 25 ans pour être une chanteuse "pas comme les autres", pour se démarquer de ses collègues. Elle fascine. Qui d’autre est parvenu à exprimer une ambition aussi démesurée avec, en même temps, autant de simplicité et sans donner l’impression de se vanter, de se mettre en avant, qu’elle dans ces lignes :
«Beaucoup de cantatrices ont d’emblée chanté des rôles lourds ou dramatiques. Je suis très étonnée de voir que tant de gens s’inquiètent de ma jeunesse car, en consultant un dictionnaire des interprètes, on voit bien que la plupart des cantatrices ont débuté fort jeunes aussi. Qu’il s’agisse d’italiennes comme Mirella Freni, ou de germaniques comme Leonie Rysanek, elles ont toutes chanté avant vingt-cinq ans, dans de vrais rôles, et sans péril pour leur voix. Je continue à surveiller de très près la fréquence de mes prises de rôle, et le rythme de mon emploi du temps. Pour l’instant, j’y suis parvenue. J’ai dit beaucoup plus souvent "non" que "oui".».
La même confiante et intelligente attention aux choix de sa carrière scénique apparaît avec évidence dans cette autre citation : «Je dois travailler mes rôles très en profondeur. Et même si mon expérience de vie n’est pas la même que celle d’une quarantenaire, je pense avoir des choses à dire dans ce que je chante».

Alexia Cousin aura tout de même chanté une quinzaine de rôles sur scène (en omettant les opéras en version concert), dont une douzaine de premiers rôles et deux rôles secondaires, en l’espace de cinq ans exactement, soit en moyenne trois prises de rôles par an, un rythme plus qu’honorable !



Liste des rôles interprétés en version scénique, dans l’ordre chronologique.

Iphigénie (Gluck, Iphigénie en Tauride)

Blanche de la Force (Poulenc, Dialogues des Carmélites)

Frédéric Chaslin : «J’ai dirigé Alexia Cousin dans les Dialogues. Elle avait fait grande impression, tant sur le plan vocal que sur le plan musical. Rien à dire en particulier, c'était une jeune femme très renfermée qui venait aux répétitions et repartait sans un mot de plus que nécessaire».

Mélisande (Debussy, Pelléas et Mélisande)

«Avec [les interprètes qui m’accompagnaient à Genève en 2000], j’ai pu faire évoluer ma vision de Mélisande [qu’elle interprétait pour la première fois en public]. Au début, je la ressentais comme une fille presque perverse et sadique, qui mentait tout le temps et faisait souffrir Pelléas en toute conscience. Maintenant, je la vois plus complexe, plus sincère et perdue. Je butais d’autre part sur le texte, qui me semblait trop flou. On peut partir dans tous les sens sur ce livret, et c’est très perturbant. J’ai appris à resserrer le dédale de possibilités qui s’offraient à moi pour m’orienter vers plus de simplicité. Je me suis mise à décrypter le symbole derrière l’image, la pureté derrière la colombe».

Extraits de critiques : «Alexia Cousin est une délicate et mystérieuse Mélisande. Les trois [chanteurs, Alexia Cousin, Laurent Naouri, Nicolas Rivencq] ont parfaitement assimilé le style d’interprétation de cette musique unique : leur diction, leur musicalité et leur articulation du texte aux notes sont irréprochables» (Christophe Vetter, pour les représentations de Gand en 2001).

On se reportera également au texte de Laurent Naouri, plus bas.

Micaëla (Bizet, Carmen)

Hélène (Verdi, Jérusalem)

Salomé (Massenet, Hérodiade)

Extraits de critiques : «L’engagement d’Alexia Cousin en Salomé emporte tout sur son passage. La voix, la projection, sont de fait exceptionnelles, l’incarnation scénique incandescente. Et ce sont ces qualités même qui, justement, autorisent les plus vives réserves. La beauté de l’artiste, sa rayonnante jeunesse, ce rapport enthousiaste à la scène, l’amènent à "sur-dimensionner" presque constamment un chant déjà plus que généreux de nature et d’une facilité déconcertante. Elle puise sans mesure, bousculant à plusieurs reprises sa ligne de chant, exacerbant l’aigu et ne parvenant pas à stabiliser les piani. Au premier air de Salomé, "il est doux, il est bon", modulé et contenu, répond un second, "charme des jours passés", qui semble vouloir repousser les limites humaines. L’artiste, encore une fois, fascine assurément et peut soulever une salle. Pour autant, Alexia Cousin cherche-t-elle à se prouver quelque chose ? Le chemin abordé semble semé d’embûches et, par certains aspects, artificiel, sinon fort dangereux… D’autres s’y sont brisé les ailes !» (José Pons, Opera International, avril 2001, sur la représentation du 4 mars).

Desdemona (Verdi, Otello)

Extraits de critiques : «À 22 ans, ce soprano en pleine ascension a convaincu par sa voix pleine, soutenue et projetée mais capable de nuances (l’air du saule). Son interprétation du personnage n’est pas effacée et soumise comme à l’accoutumée, mais véhémente et fière comme la fille d’un noble vénitien. Lorsque son mari va trop loin, elle commence par lui tenir tête puis, par amour, cède à l’humiliation et finit par se mettre genoux à terre comme il l’exige » (Elie-Gérard Souquet, Altamusica, 10 juin 2001).


Sacerdotessa (Verdi, Aida)

Troisième Norne (Wagner, Crépuscule des Dieux)

Juliette (Martinu, Juliette ou la clef des songes)

Tatiana (Tchaïkovski, Eugène Onéguine)

Traviata (Verdi, Traviata)

Extraits de critiques : «Le spectacle [de Lausanne] n’aurait pas atteint de tels sommets sans l’engagement scénique époustouflant d’Alexia Cousin. Alexia Cousin s’investit tellement dans son personnage qu’on en oublie les vocalises imprécises du premier acte, la diction approximative, la voix terriblement dure et surtout une désagréable tendance à trop souvent chanter fortissimo. Dans un autre lieu et une autre production, sa prestation aurait été sanctionnée sévèrement » (Claudio Poloni, 2003).

Manon (Massenet, Manon)

(De nombreuses photos de cette production peuvent être regardées sur le Site de l'agence Enguerand Bernand.)

C’est peut-être le rôle qui a le plus contribué à la célébrité d’Alexia Cousin et, en même temps, c’est son choix de rôle le plus critiqué, le plus controversé. C’est aussi la première fois qu’elle a fait face à une quasi-unanimité de la critique contre elle.
Toujours aussi peu timide et circonspecte, la jeune Alexia accepte en effet sa prise de rôle en Manon à l’Opéra de Paris, pour un rôle chéri des mélomanes français qui ont encore dans les oreilles des interprètes comme Bidu Sayao, Anna Moffo, Beverly Sills, Ileana Cotrubas et plus récemment Angela Gheorghiu, Leontina Vaduva ou, dans la même production, Renée Fleming, c’est-à-dire des voix bien plus "légères" que la sienne. D’où une stupeur et une hostilité du public et de la critique face à une interprétation vocalement en force et très (trop ?) engagée scéniquement. La plupart des critiques parlent de l’attente que représente sa prise de rôle et de la déception qui a suivi :

«Alexia Cousin, hors son physique agréable et l’âge scénique du rôle, n’a rien d’une Manon. Certes dotée de moyens vocaux puissants, et peut-être à cause de cela, elle a souvent donné l’impression de perdre le contrôle, cédant à une météorologie vocale perturbée, notes sauvagement poussées, aigus cycloniques et phrasés en giboulées, que ne justifient ni le texte, ni la musique. Malgré de beaux moments, on a le sentiment d’être en permanence au bord de la crise de nerfs ou d’une scène de la folie, bien loin du fin modelé musical de Massenet» (Marie-Aude Roux, Le Monde, 16 avril 2004).

«Ce soprano (…) a alterné des moments de pure beauté quand elle a daigné chanter piano ou dans le morceau de bravoure qu’est son air d’entrée au Cours-la-Reine. Mais pour ces rares moments, quel chant déplacé quand elle donne à la pauvre Manon — qui n’en demande pas tant — tout le volume de sa voix, au détriment de la justesse et il faut bien le dire des tympans des spectateurs ! (…) Une interprète à oublier, dans l’état actuel de son interprétation ». (Olivier Brunel, Resmusica, 22 avril 2004).

«A la première, Alexia Cousin s’est faite huée et la critique ne s’est pas montrée tendre envers elle. Deux soirées plus tard la tendance s’était inversée, quelques rares huées, et de francs bravos pour la jeune soprano. Sa Manon est grisante, fascinante, perverse, elle efface le portrait habituel de la jeune fille fragile et perdue par ses désirs, elle commande à son destin dès le second tableau du premier acte. La composition un peu pataude de tout le premier tableau, où Cousin joue la jeune fille de province encore enfant (...), est vite oubliée dès qu’elle règne sur l’alcôve et sur Des Grieux. (...) Sa caractérisation dramatique laissait pantois, tenait le spectateur en haleine. Si tout le I l’avait montrée souffrant de problèmes de passage, les aigus durcis, elle y instilla aussi des diminuendo surprenants, des soufflets rarement entendus, un art prosodique inédit, sans la moindre des minauderies qu’on y entend trop souvent. Le plus admirable dans son chant, outre la caractérisation dramatique pour le moins incendiaire, est bien la clarté de la diction chez une voix si grande. (...) Jusque dans la mort au tableau du Havre elle continua à se montrer volontaire, (...) décidée, consciente du destin qu’elle a choisi. Cette mort ressemblait presque à un suicide. ("L’autre visage de Manon : Alexia Cousin ose une Manon différente", Concert-Classic, Jean-Charles Hoffelé, avril 2004.)

«Elle vient d’être une adorable Manon à la Bastille et sera l’Aiglon de Honegger, à Marseille, à la rentrée» (Gérard Mannoni, Elle, août 2004).


L’Aiglonne

«Le chant est imprégné de tout ce qui est ressenti,
de tout ce qui peut être vu sur scène.»


Le dernier rôle interprété sur scène par Alexia Cousin est celui de L’Aiglon, le rôle-titre de l’opéra écrit en collaboration par Jacques Ibert et Arthur Honegger, une œuvre rarement donnée, sur un livret inspiré par la pièce d’Edmond Rostand (1900), créée par Sarah Bernhardt.
Il s’agit d’une grande fresque balzacienne (qui évoque les récits de grognards qu’on peut trouver, par exemple, dans le Médecin de Campagne) racontant la jeunesse du Duc de Reichstadt, fils de Napoléon Ier et de Marie-Louise, sa volonté d’émancipation de la tutelle des princes européens, la fascination qu’il a pour l’écrasante figure paternelle et finalement sa mort. Ce rôle, tel qu’il a été interprété par Alexia Cousin, a marqué durablement les spectateurs.

C’est le dernier des grands rôles français interprétés par la soprano, qui aura approximativement chanté 10 rôles intégraux en français, 5 en italiens, 1 en allemand et 1 en russe. Cette prééminence du répertoire français dans sa carrière est favorisée par une diction exemplaire, parfaite jusque dans l’extrême aigu. Les consonnes claquent, retentissent avec netteté, les voyelles sonnent clairement. La voix est également très à son aise dans le grave de la tessiture, elle est charnelle, sensuelle, d’une volontaire et émouvante fragilité (lors des comptines de l’acte V, par exemple) et d’une ardeur brûlante. Alexia ne fait pas que chanter, elle se donne à son personnage avec une générosité vocale totale. La fin de l’acte IV est le plus impressionnante, à ce point de vue, avec cette succession de cris d’horreur poignants et de retour à soi de l’Aiglon chef de guerre, donnant froidement des ordres inutiles à ses soldats. Son agent Laurent Delage décrivait d’ailleurs sa présence scénique en parlant d’une «exigence artistique forte» qui l’amène à vouloir énormément «donner, sans aucune concession, sans aucun ménagement de soi». Elle n’aura pas été la seule à pleurer lors de ces soirées de l’automne 2004.


Extraits d’une interview avec Jérémie Rousseau diffusée sur France Musique le 16 octobre 2004, avant la diffusion de l’opéra :

Jérémie Rousseau : (…) Vous avez chanté ce rôle-titre de L’Aiglon dans une jolie production de l’Opéra de Marseille qui vient juste de se terminer. Comment avez-vous découvert cet opéra ?
Alexia Cousin : Alors tout d’abord, pardonnez-moi, mais ce n’est pas une « jolie » production ! (rires)
JR (faussement étonné) : Ce n’est pas une jolie production ?
AC : Non, ce n’est pas une « jolie » production, c’est une magnifique production ! (rires) J’ai découvert cet opéra très récemment, je ne connaissais pas du tout L’Aiglon et c’est la proposition de Renée Auphan qui m’a permis de découvrir l’œuvre. J’avoue que j’étais un peu sceptique, au départ.
JR : Pourquoi étiez-vous sceptique ?
AC : Parce que je trouve que le rôle travesti est une vraie difficulté, à l’opéra. J’aimais beaucoup la pièce, que je connaissais, mais je me demandais ce qu’on pouvait y ajouter. Je n’étais pas partante d’emblée et puis, finalement, en découvrant l’œuvre, en travaillant et en dépassant aussi certains a priori, je me suis vraiment passionnée pour elle.
JR : C’est un rôle écrasant. L’opéra est court, il dure moins de deux heures, je crois, mais vous êtes quasiment tout le temps sur scène, ça demande un gros effort.
AC : Oui, c’est vrai. C’est un vrai rôle-titre qui vaut vraiment le coup d’être endossé, à la fois pour le personnage et aussi vocalement : c’est un vrai enrichissement que de jouer cet Aiglon.
JR : C’est la première fois que vous jouiez un rôle travesti ?
AC : Oui, c’est la première fois et je crois qu’il y aura certainement peu d’autres occasions, parce qu’il y a peu de rôles travestis pour sopranos, à l’opéra.
JR : Pour un soprano dramatique comme vous, qui plus est.
AC : Oui.
JR : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur ce spectacle ? On a dit que c’était une magnifique production, qui est signée Patrice Caurier et Moshe Leiser, Qu’est-ce que vous voudriez dire aux auditeurs de France Musique qui vont entendre cette retransmission de l’Opéra de Marseille mais qui n’auront pas, bien sûr, l’image, pour expliquer un peu l’atmosphère de cette production d’opéra ?
AC : Évidemment, c’est difficile de parler d’un spectacle. Ce qui est sûr, c’est que le travail a été tellement intense et tellement profond que, au-delà du fait que c’est, bien sûr, toujours dommage de ne pas voir un spectacle, ils entendront notre travail parce que tout est imbriqué et qu’on chante un personnage au sens littéral, c’est-à-dire qu’on le joue en le chantant. Le chant est imprégné de tout ce qui est ressenti, de tout ce qui peut être vu sur scène.
JR : Est-ce que vous vous êtes amusée, avant de chanter ce rôle, à écouter de vieux enregistrements de Sarah Bernhardt, par exemple, ou d’autres comédiens et comédiennes ?
AC : J’ai entendu, oui, un petit extrait de Sarah Bernhardt dans le rôle, effectivement.
JR : Depuis toujours, quasiment, cet Aiglon a été joué par une femme.
AC : Ah oui ! Depuis toujours. Enfin, après, il y a eu des reprises par certains comédiens mais, bien sûr, à la création, c’était une femme qui le jouait. Mais je crois que, finalement, le travesti apporte un trouble qui va bien à ce personnage.
(…)

Extraits de critiques :

«Alexia Cousin trouve en Franz un autre rôle-clef de sa jeune carrière. Il ne suffit pas de dire que, physiquement, elle est le personnage : elle entre en scène, en uniforme blanc, et l’on croit voir s’animer le portrait peint par Daffinger. Sans jamais forcer sa voix purement lyrique [sic], en la modulant jusqu’au murmure, elle incarne un Aiglon blessé, juste réchauffé par un faible espoir» (M. Parouty, 3 octobre 2004, Les Echos).
«Elle est le duc de Reichstadt par le charme et l’autorité de sa voix comme par la jeunesse et l’intensité de son jeu» (J. Doucelin, 4 octobre 2004, Le Figaro).
«Le rôle du duc de Reichstadt, l’Aiglon, va comme un gant à Alexia Cousin. Elle y est magnifique. Champ et prestance. Elle crache ses éponges mitées avec infiniment d’émotion. Elle est unique» (L. Décygnes, 6 octobre 2004, Le Canard enchaîné).
«Alexia Cousin sera pour longtemps encore un Aiglon de référence» (Marseille Hebdo).
On peut aussi lire les impressions des membres d’ODB-opéra ayant assisté aux représentations.


Témoignages

Laurent Naouri et Jean-Claude Casadesus ont accepté de participer à la publication de cet hommage à Alexia Cousin.

"Arrêtez ! Ecoutez mes décrets éternels." Trois notes. Ni très aiguës, ni très graves. De quoi passer totalement inaperçue. Diane, le deus ex machina d’Iphigénie en Tauride. Mes premiers concerts avec Alexia. Je dois admettre qu’à chacun d’entre eux, ce n’était pas "Malheureuse Iphigénie" ou "Dieux qui me poursuivez", ou bien encore "Unis dès la plus tendre enfance" que j’attendais, malgré le talent immense de leurs interprètes. Non, à chaque concert c’étaient ces trois fameuses notes : "Arrêtez !" que je guettais, leur impact sur moi, et aussi sur le public, de façon si directe, palpable. Si jamais l’expression anglaise "showstopper" a signifié quelque chose, c’était bien à cette occasion ! Cette jeune femme de 19 ans à peine en savait au fond plus sur la musique que je n’en saurai jamais. On peut parler de miracle, pour une fois le mot n’est pas galvaudé.
J’ai eu par la suite le plaisir de la retrouver, notamment dans Pelléas et Mélisande, rôle qu’elle ne voulait plus chanter alors. Et comment ne pas faire le parallèle entre l’artiste et la petite fille trouvée au bord de l’eau, toutes deux si nimbées de mystère, mais toutes deux aussi finalement peu désireuses de l’entretenir, ce mystère. Il leur colle à la peau comme malgré elles, d’autant plus impénétrables qu’on tente de le percer. Mais il y a peut être des choses qu’il ne faut pas expliquer, simplement les recevoir comme un beau cadeau dont on ignore la provenance. Elle me manque.

Laurent NAOURI

J’ai eu le plaisir d’offrir à Alexia Cousin l’une de ses premières émissions télévisées avec Jacques Chancel à Lille où j’ai été à même de découvrir le potentiel extrêmement élevé de cette artiste promise aux plus belles destinées musicales.
Nous avons eu l’occasion de faire plusieurs tournées ensemble où j’ai pu l’accompagner dans des œuvres de Poulenc et de Richard Strauss, notamment, au Théâtre des Champs-Élysées.
Je sais les succès qu’elle a remportés à l’Opéra de Paris dans Juliette ou la clef des songes de Martinu ; à l’Opéra de Genève dans Pelléas et Mélisande de Debussy ; à l’Opéra de Marseille dans L’Aiglon de Ibert et Honegger ; pour n’en citer que quelques-uns…
Comme tous les admirateurs de son talent, je formule des vœux pour que cette interruption de sa carrière puisse être suivie d’une renaissance qui ne pourra que réjouir tous les mélomanes et amoureux des grandes et belles voix. Ou, en tout état de cause, qu’elle trouve les joies artistiques ou autres qu’elle mérite.

Jean-Claude CASADESUS





L’extinction de la flamme
(Documents)

Suite à son départ, elle annule notamment :
- Léonore de Beethoven au TCE, 7 et 9 mars 2005
- La voix humaine de Poulenc, en Suède
- Manon Lescaut de Puccini en juin 2005, à Vienne (Ozawa/Carsen, Shicoff. Remplacée par Barbara Haveman)
- Un récital au Châtelet (Brahms, Wolf, Wagner) le 5 octobre 2005
- La reprise de Juliette de Martinu à Garnier en février 2006
- La rumeur l’annonçait en Rachel à Bastille si Marc Minkowski avait dirigé l’œuvre.

- Par ailleurs, elle avait finalement renoncé à une Belle Hélène pour la reprise de décembre 2001 au Châtelet, après s'être libérée en annulant un récital à Lagord, prévu en novembre 2001 (remplacée par David Pittmann-Jennings avec Susan Manoff au piano)

Communiqué officiel d’Alexia Cousin le 3 mars 2005 :
«J’ai pris la décision de mettre un terme à ma carrière artistique. C’est la passion et l’intégrité profonde avec lesquelles j’ai toujours chanté qui orientent aujourd’hui ma vie vers d’autres activités. Je remercie du fond du cœur les personnes qui, de près ou de loin, d’un côté ou de l’autre du rideau, m’ont soutenue dans cette aventure extraordinaire; et en particulier mon agent, Laurent Delage, en qui j’ai pu placer toute ma confiance, et qui m’a assistée avec énergie et perspicacité en toutes circonstances ».

Commentaire de l’agent d’Alexia Cousin sur son site Internet :
«Ceux qui ont connu et aimé l’artiste seront frustrés et se demanderont pourquoi une telle décision. On en reviendra probablement à cette question : comment trouver la force, l’énergie de monter sur scène, quand on a une exigence artistique aussi forte et que l’on veut tant donner, sans aucune concession, sans aucun ménagement de soi ? Car vivre Alexia Cousin sur scène engendrait nécessairement cette interrogation. Quoi qu’il en soit, retenons qu’Alexia Cousin, personnalité entière s’il en est, a mûrement réfléchi et pris sa décision en toute sérénité. Sa réalisation personnelle passe désormais par autre chose que la scène.»

Extrait de l’article publié dans Opéra International :
«Même si la (courageuse) décision d’Alexia Cousin nous attriste, nous la respectons, bien entendu. Un chapitre se clôt, un nouveau commence, loin de la scène, et nous souhaitons à Alexia beaucoup de bonheur. Mais qui peut prédire l’avenir ? Si donc l’avenir venait à raviver en elle la vocation de la scène, la position de tous ceux qui croient en elle est qu’il serait dommage, compte tenu de son talent unique et du destin exceptionnel qu’elle avait commencé d’accomplir précocement (…) de lui en fermer les portes de façon définitive. Qu’Alexia le sache donc : elle trouvera toujours une porte ouverte chez ceux qui lui sont fidèles (…). » (SOURCES DE L’ARTICLE ??? auteur, titre, n°, page etc…)

Extrait d’un article du journal du Wiener Staatsoper, où elle aurait dû faire ses débuts dans Manon Lescaut :
«Alexia Cousin hatte offenbar das Gefühl, ihrer von der Oper entfesselten Gefühle nicht mehr Herr zu werden. Deshalb entschloss sie sich zu diesem harten Schnitt. Dafür gebührt ihr unser aller, wenngleich von Trauer begleiteter Respekt. »
[Alexia Cousin avait apparemment le sentiment de n’être plus maîtresse des sentiments déchaînés propres à l’opéra. C’est pourquoi elle s’est décidée à cette dure rupture. Nous devons tous à cette décision le respect, même s’il est accompagné de tristesse.]


Chronologie de carrière



1998

24 février 1998, Paris, Favart, Concours voix nouvelles 1998
Massenet, Verdi avec notamment "Surta è la notte", bissé (Ernani).
Tournée de concerts prévue par le Prix :
Opéra-Comique - Paris ; Opéra Berlioz - Montpellier ; Théâtre de Caen ; Grand-Théâtre de Tours ; Grand-Théâtre de Limoges ; Angers-Opéra ; Opéra-Théâtre de Besançon ; Opéra-Théâtre d'Avignon et des Pays de Vaucluse ; Esplanade-Opéra - Saint-Etienne
Opéra-Théâtre de Metz ; Château d'Ansouis (Vaucluse).


1999

Date ?
Récital
Milan, la Scala

Septembre 1999
Paris, Opéra-Comique
Concert
ONF, Extraits de Thaïs de Massenet
Ensemble Orchestral de Paris

Date ?
Dresde
Ravel, L'Enfant et les Sortilèges
Plasson, Version Concert

Hiver 1999
Paris, Salle Gaveau et Grenoble, le 23 février
Monteverdi, Le Couronnement de Poppée (Poppée)
Minkowski, (Version de concert=
avec Kozena, Marini, Gabail, Pujol, Grégoire, Berthon….

26 mars 1999 - ?
Paris et Poissy, Théâtre
Christoph Willibald Gluck : Iphigénie en Tauride (Diane)
Mireille Delunsch (Iphigénie), Laurent Naouri (Oreste), Yann Beuron (Pylade), Stephen Gadd (Thoas), Alexia Cousin (Diane)
Les Musiciens du Louvre, Chœur des Musiciens du Louvre, Marc Minkowski

Mars 1999
Paris, La Maison de la Radio, Studio 104
Gluck, Iphigénie en Tauride (Diane)
Minkowski, Musiciens du Louvre, Version concert
Delunsch, Naouri, Beuron, Keenlyside, Norman-Webb, Alvaro, Kennedy, Delgado-Boge
CD

13 et 15 juin 1999
Avignon
Poulenc, Dialogues des Carmélites (Blanche de la Force)
Chaslin/Auvray
Dotti, Olmeda, Cortez, Dune, Beuron

22 et 23 juin 1999
Basilique de Saint-Denis
Britten, War Requiem
Orchestre National de France, Yutaka Sado, avec Ian Bostridge

25 juin 1999
Festival de Saint-Denis, La Légion d'Honneur
Récital
Notamment : Schumann, « In der Fremde »

6 août 1999, Château d'Ansouis, concert avec Elodie Méchain

12 septembre 1999, Chartres

25 septembre 1999
Opéra de Vichy
Poulenc, Dialogues des Carmélites (Blanche de la Force)
Chaslin/Auvray
Cousin, Dotti, Devellereau, Cortez, Lamprecht, Huchet, Vernhes, Gautier

22, 24, 26 octobre 1999
Nantes
Débuts scéniques
Gluck, Iphigénie en Tauride (Iphigénie)
Powell/Criqui, Büchler, Orchestre des Pays de la Loire
Bou, Ermerson, Byrne, Cottin


2000

9, 12, 15, 18, 20, 22 février 2000, Genève
Debussy, Pelléas et Mélisande (Mélisande)
Langrée/Caurier et Leiser
Van Dam, Keenlyside

8 février 2000
Lyon
Orchestre de l'Opéra National de Lyon, Louis Langrée

15 mars 2000
TCE
Gloria de Poulenc et Requiem de Fauré
Concert avec l'orchestre Philarmonique de Lille et JC Casadesus

25 avril 2000
Francfort (Alte Oper)
Au Festival de Dresde (Version Concert), 2001 (?)
Verdi, Jérusalem (Hélène)
Daniele Callegari
Ikaia-Purdy, Youn, Lie, Raymond

14 mai 2000 (?)
Pologne, Institut Culturel français de Varsovie
Récital
Bertrand Halary, piano
Faure, Duparc, Ravel, Poulenc

2, 4 et 6 juin 200, Avignon
Bizet, Carmen (Micaëla)
François-Xavier Bilger / Bernard Broca
Marie-Ange Todorovich, Alexia Cousin, Jean-Pierre Furlan, Jean-Marc Ivaldi

6 juillet 2000, Antibes

9 juillet 2000, Monte-Carlo, Cour du Palais princier,
M. Janowski

14 juillet 2000
Sénat, Jardin du Luxembourg
Concert
Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus, chorales "A cœur Joie"

24, 25, 26, 28 novembre, 3 décembre 2000
Théâtre Carlo Felice de Gênes
Verdi, Jérusalem (Hélène)
M. Plasson / E. Olmi
Veronica Villarroel / Alexia Cousin, Fabio Sartori / Ivan Momirov, Carlo Colombara / Jian Hao Tian, Alain Fondary / Jean Marc Ivaldi, Federica Bragaglia, Giorgio Casciarri, Marcos Pujol, Giancarlo Tosi, Reda El Wakil, Enrico Facini, Alessandro Patalin

7, 9, 12, 14, 17, 19, 22, 26, 31 décembre 2000, Genève
Bizet, Carmen (Micaëla)
Alain Lombard /Christian Räth
Sarah Fulgoni, John Ketilsson, A. Cousin / Rachel Harnisch, Jorge Lagunes.

29 décembre 2000
Monaco, Centre de Congrès
Concert de fin de millénaire
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Marek Janowski
Johann et Josef Strauss, Lehar, Offenbach


2001

28 février 2001 (année ?)
Locaux de l'Adami
Concert

2, 4, 6 mars 2001
Saint Etienne, Esplanade
18 et 20 mars 2001
Avignon
Massenet, Hérodiade (Salomé)
Fournillier/Pichon
Uria-Monzon, Lombardo, Fondary, Martin-Bonnet, Vernier Serré, Pavesi

23 avril 2001, Nice, Acropolis,
25 avril 2001
Paris, TCE
Concert Ravel, Gluck, Massenet, Strauss
Orchestre National de Lille, Casadesus

10, 12, 14, 16 juin 2001
Nantes
Verdi, Otello (Desdemona)
Drewanz/Drewanz, Orchestre National des Pays de Loire, Chœurs de l’Opéra de Nantes
Hayes, Otey, Marin, Zimmer, Laingui, Eumont, Giot et Chasseau

juin 2001, Saint-Denis
Lieder de R. Strauss dir Paavo Järvi.

13, 14, 15 septembre 2001
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, Salle Philharmonique
Chausson, Poème de l'amour et de la mer ; Ravel, Shéhérazade
Orchestre Philharmonique de Liège, Louis Langrée

4, 6, 9, 11, 14 novembre 2001 à Gand
22, 24, 27, 30 novembre, 2 et 4 décembre 2001 à Anvers
Debussy, Pelléas et Mélisande (Mélisande)
Zanetti/Jones, Orchestre Symphonique de l'Opéra des Flandres
Rivenq, Naouri, Tréguier, Laurence, Lapidaire/Jacobs, Deroo


2002

7 janvier 2002
Récital
Capitole de Toulouse

10, 12, 14, et 15 février 2002
Montpellier, Opéra Comédie
Debussy, Pelléas et Mélisande (Mélisande)
Jordan/Kokkos, Orchestre national de Montpellier
Burden, Le Roux, Bernadi, Schaer, Calleo, Varnier

25 février 2002
Paris, Radio France
Finale du Concours Voix nouvelles 2002
Airs tirés de Tannhäuser de Wagner et de Semiramide de Rossini

Laon, 8 mars, 2002
Fontevraud, 10 mars 2002
Liszt : Christus
Evgueni Svetlanov, Chœur de Radio France, Orchestre national de France
Domashenko, Litaker, Petrov

28 avril 2002 (année ?)
Gênes, Teatro Carlo Felice
Concert Richard Strauss : Cäcilie, Das Rosenband, Wiegenlied, Freundliche Vision, Gesang der Appollopriseterin.
Casadesus, Orchestre National de Lille

30 avril, 3, 5, 8, 18 mai 2002
Genève, BFM
Wagner, Le Crépuscule des Dieux (troisième Norne)
Andersen, Roth, Kapellmann, Rydl, Ronge, Whitehouse, Livingston, Duras, Schaer, Jansen, Friedli.
Orchestre de la Suisse Romande, Armin Jordan

6, 10, 14, 17, 20, 23, 25, 27 juin 2002
Genève, BFM
Tchaïkovski, Eugène Onéguine (Tatiana)
Langrée/Garichot
Naouri, Brenciu, Pondjiclis, Schelomianski, Marestin, Svenden, Krawetz, Tikhonov

27 septembre 2002
Paris, Théâtre des Champs-Élysées
Récital Wagner : "Dich teure Halle", "Allmächt'ge Jungfrau"
Orchestre Philharmonique de Radio France, Myun Wung Chung
(Radio)

6 , 9, 13, 18, 22, 25, 27 novembre 2002
Opéra National de Paris, Garnier
Martinù, Juliette ou la clef des songes, version française (Juliette)
Albrecht/Jones
Burden, Naouri, Vernhes, Matiakh, Deshayes, Le Roi, Pujol, Keller, Bisson, Tréguier, Mahé, Lagrange
(Radio)


25 28 et 30 décembre 2002
Annule Liù à l'Opéra Bastille (Puccini, Turandot)

2003

21 et 22 février 2003
Liège
Récital : Magnard, Duparc, Chausson
Louis Langrée, Orchestre Philharmonique de Liège

Hiver
Victoires de la musique classique
Nomination pour le titre d'artiste lyrique de l'année
Avec Mireille Delunsch et Patricia Petibon.

12 et 15 juillet
Orange, Chorégies
Annulation d'Otello. Remplacée par Tamar Iveri

11, 14, 16 et 19 novembre 2003
Lausanne
Verdi, La Traviata (rôle-titre)
Sloane/Caurier et Leiser, Chœur de l’Opéra de Lausanne, Orchestre de Chambre de Lausanne
Avec Canniccioni, Ormiston, Welborn, Drabowicz, Gonzalez-Toro, Salzmann, Alexiev, Diakoff

27 novembre 2003, Bruxelles, Palais des Beaux-Arts
28 novembre 2003, Liège, Salle Philharmonique
Zemlinsky, Symphonie lyrique
Orchestre Philharmonique de Liège, Armin Jordan
Dietrich Henschel/Ralf Lukas

7 décembre 2003
Paris, Théâtre du Châtelet
Récital Ravel, St Saëns, Schubert, Kosma, Pfitzner, Rachmaninov, Berg, Tchaikovsky, Jolivet, Turina, Bernstein, Mompou, Rosenthal.
Bertrand Halary, piano
(Elle avait pris soin de réciter chaque texte en français avant de les interpréter dans les langues originales)

11 et 12 décembre 2003
Francfort, Alte Oper
Berlioz, La Mort de Cléopâtre
Radio-Sinfonie Orchester Frankfurt, Hugh Wolff


2004

19, 21 et 22 février 2004
Lièges et Bruxelles
Concert Fauré, Duparc, Ravel et Chausson
Orchestre Philharmonique de Liège, Louis Langrée
En vue de l’enregistrement d’un CD

13, 18, 20, 24, 27, 30 avril 2004
Opéra National de Paris, Bastille
Massenet, Manon (rôle-titre)
Benini/Deflo
Alagna, Vernhes, Sénéchal, Cals, Ferrari, Tréguier, Condoluci, Callinan, Bizic, Pagesy, Fel

15 mai/5 juin 2004 (malade pour la première : remplacée par Nuccia Focile), Cardiff
8/12 juin 2004, Mayflower Theatre, Southampton
5/19 juin, Theatre Royal Plymouth
22/26 juin 2004, Hippodrome Theatre, Birmingham
29 juin 2004, Hippodrome Theatre, Bristol
6/10 juillet 2004, Apollo Theatre, Oxford
13/17 juillet 2004, North Wales Theatre, Llandudno
Verdi, La Traviata (rôle-titre)
Sokhiev/Caurier et Leiser
Baldwin, Rhys-Davies, Wade, Soar, Holtham, Wedd, Meini, Clifton-Thompson, Purves, King, Newton-Fitzgerald

3 août 2004 (année ?)
Paunat, Festival "Musique en Sol" en l'Abbatiale
Récital airs d'opéra
Bertrand Halary, piano

28 août 2004, Saint-Michel-de-Crouttes, Festival "Septembre musical de l’Orne", prieuré Saint Michel
Récital Debussy, Duparc, Wolf, Strauss
Bertrand Halary, piano

2004 (?)
Bratislava, Philharmonie Slovaque
Ravel, Shéhérazade ; Poulenc, Stabat Mater
Stéphane Denève

1er, 3, 6 et 8 octobre 2004
Marseille
Honneger/Ibert, L’Aiglon (rôle-titre)
Davin / P. Caurier et M. Leiser
Fournier, Vernhes, Barrard, Mars, Lamprecht, Jouffroy, Tréguier, Burles, Vaissière, Lee, McLeay, Lemoine, Talbot, Doumange

4 et 5 novembre 2004, Grand Théâtre de Reims
19 décembre 2004, Opéra de Vichy
Ravage(s)
Medea de Guillaume Connesson (écrit pour Alexia Cousin)
Conception : Jean-Claude Amyl
Christian Ivaldi, piano, Marci Hadjimarkos, clavecin, Ivan Chiffoleau, violoncelle
Claire Brua/Elsa Maurus (Monteverdi, Lamento di Arianna), Anne-Sophie Schmidt (Poulenc, La voix humaine)

15 novembre 2004
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts
Berg, Sieben frühe Lieder
Orchestre de la Monnaie, Ivor Bolton.


2005

18 janvier 2005
Lille
Récital Brahms, Wagner, Wolf, Berg
Bertrand Halary, piano

4 février 2005
Genève, BFM, Salle Théodore Turrettini
Récital
Brahms, Meerfahrt, Es schauen die Blumen alle, Der Tod, das ist die kühle Nacht, Sommerabend, Es liebt sich; Wolf, Heiss mich nicht reden, Nur wer die Sehnsucht kennt, So lasst mich scheinen, Singet nicht in Trauertönen, Kennst du das Land ; Wagner, Wesendonck Lieder
Bertrand Halary, piano
Impressions des membres d’ODB présents dans la salle.

3 mars 2005
Met un terme à sa carrière avant les représentations en version concert de Leonore de Beethoven au TCE, Paris.

Egalement :
Carmen (Micaëla) à Vichy (?)
Un concert Beethoven à Liège lors de la saison 2003/2004 ?
Concert avec Marco Guidarini et l'orchestre Philharmonique de Montpellier ?


Sources principales de ce portrait :
- L’Express du 25 février 1999 : Alexia Cousin, «Je veux raviver la révolution Callas» (propos recueillis par Dominique Simonnet). Texte intégral encore disponible sur Internet.
- Altamusica, 22 février 2000, Propos recueillis par Sylvie Bonier. Idem.
- Biographies diverses (agences, théâtres, programmes, Radio France, Archiv Produktion…).


Dossier réalisé par Jérémie Leroy-Ringuet, avec l’aide de Jérôme Pesqué. Novembre 2006.
Témoignages de Laurent Naouri et Jean-Claude Casadesus, Tous droits réservés.
Vifs remerciements à Laurent Naouri, à Jean-Claude Casadesus et à Mme Leleu, de l'Orchestre National de Lille
Mise en ligne, Emmanuelle Pesqué et Jérémie Leroy-Ringuet.
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Re: Dossier Alexia Cousin

Message par jean-didier » 15 oct. 2014, 13:39

Merci Jérôme !!

bibi21
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Re: Dossier Alexia Cousin

Message par bibi21 » 21 oct. 2014, 12:42

Merci !
Je l'ai entendu dans Manon à Bastille et en ai gardé un excellent souvenir.
Je me souviens aussi du tandem Cousin / Koch dans Musiques au Coeur.

Je lui souhaite une vie heureuse !

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Re: Dossier Alexia Cousin

Message par JdeB » 27 août 2016, 12:26

Je viens de retrouver une date supplémentaire:
9 avril 1999, Récital Salon de Boffrand du Petit Luxembourg, avec Bertrand Halary (piano)
"Divinités du Styx"
3 lieder de Schumann
Air du Freichütz
Air de Micaëla 'Je dis que rien ne m'épouvante"
Air de Salomé "Je souffre" Hérodiade

(co-organisé par le Sénat et le Festival Berlioz)

J'ai vu son agent, Laurent Delage, au Festival Berlioz, cette semaine puisqu'il s'occupe d'Elsa Dreisig qui y a donné 2 concerts cette semaine.
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Re: Dossier Alexia Cousin

Message par dge » 27 août 2016, 22:04

Tout petit détail rectificatif dans la chronologie : les représentations du Crépuscule et d'E.Onéguine à Genève étaient données au Grand Théâtre et non au BFM.
J'ai assisté aux deux. Dire qu'elle était une belle Tatiana c'est se faire mal...

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Re: Dossier Alexia Cousin

Message par micaela » 27 août 2016, 22:16

Le récital à St Denis, c'était le 20/6/1999 en matinée.
Récital partagé avec la mezzo Delphine Haidan.
Elle y a chanté Schumann , Strauss, Mendelssohn , Mozart et Rossini (les 3 derniers en duo avec Haidan) , plus un air d'Ernani (j'ai encore le programme). Par contre, aucun souvenir des bis...
S'il n'y a pas de solutions, c'est qu'il n'y a pas de problème Proverbe shadok

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Re: Dossier Alexia Cousin

Message par Stefano P » 28 août 2016, 07:42

Je regrette beaucoup d'être passé à côté de cette passionnante chanteuse dont à ma grande honte je connaissais à peine le nom ; le récapitulatif de sa brève et fulgurante carrière est vraiment impressionnant : elle chantait en français, italien, allemand et russe ; c'est un répertoire très étendu pour une si jeune artiste ! En tout cas, sa décision d'arrêter n'a pas été un coup de tête et elle s'y est tenue : est-ce que l'on sait ce qu'elle fait aujourd'hui ? Est-elle restée dans le monde de la musique en donnant des cours, par exemple ?

Quand je lis qu'elle aurait dû chanter Rachel avec Minkowski à Bastille, ça me fiche une terrible nostalgie virtuelle : le regret des choses qu'on aurait tant aimé avoir entendues...
"Bald, bald, Jüngling, oder nie !"

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Re: Dossier Alexia Cousin

Message par JdeB » 28 août 2016, 16:57

Non, elle exerce un métier très éloigné de la musique, dans l'entreprise de son père, dit-on.
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Re: Dossier Alexia Cousin

Message par MariaStuarda » 29 août 2016, 09:28

Merci Jerome pour ce passionnant article.
J'ai vu A. Cousin une poignée de fois et je suis surtout resté à chaque fois impressionné par une voix qui semblait surgir comme un torrent déchaîné.
Une artiste singulière, peut être trop dans un monde très formaté, qui aurait pu faire une plus longue carrière tout aussi singulière mais sûrement passionnante.

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Re: Dossier Alexia Cousin

Message par Stefano P » 29 août 2016, 09:55

Il y a une bonne dizaine de vidéos disponibles sur YT, et effectivement, c'est assez impressionnant, surtout pour une si jeune chanteuse : la voix est superbe, d'une puissance stupéfiante, et son chant est incroyablement expressif ; on la sent pleinement dans son personnage, même dans un simple extrait en concert.

Je suis particulièrement frappé par son air de Thaïs, Dis-moi que je suis belle, d'une perfection absolue du point de vue vocal, avec une diction parfaite, et de très gros plans qui révèlent un engagement dramatique total ; de plus, elle est d'une beauté incroyable, c'est la grâce incarnée ! Je ne voudrais pas avoir l'air de m'acharner contre elle, mais quand on compare ça aux pénibles efforts d'une certaine soprano albanaise (celle qui chante toujours "pour la première et la dernière fois") pour avoir l'air intense et "habitée", la différence est abyssale... 8)
"Bald, bald, Jüngling, oder nie !"

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