Distinction entre ténor ou baryton?

pagode
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Distinction entre ténor ou baryton?

Message par pagode » 10 mai 2008, 19:41

Bonjour à tous,

Je voudrais savoir si quelqu'un ici peut m'éclairer sur trois points:

1. L'étendue dans l'extrême grave d'un ténor (dont la voix serait tout de même solide, genre grand lyrique ou spinto, voire ténor héroïque)

2. Quelles sont les notes de passage précises permettant de distinguer un ténor d'un baryton et surtout, comment le détecter sans se tromper?

3. Le singing formant est-il différent selon la tessiture (ténor, baryton, basse),


En clair:

a) Un ténor peut-il atteindre un mi grave (même très faiblement, en bout de course, sans pouvoir l'exploiter)?

b) D'autre part, un chanteur qui atteind facilement le fa 3 (médium d'un ténor - aigu d'un baryton), sans devoir "couvrir" la voix mais qui se "coince" sur la fa dièse et passe quasi systématiquement en voix de tête au sol 3 peut-il être automatiquement classé en ténor?

c) Un chanteur masculin dont le singing formant serait de 2800 Hz est-il nécessairement ténor?




D'avance merci.

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Martine
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Message par Martine » 10 mai 2008, 19:51

Robertino, si tu nous lis, tu peux répondre, s'te plait !!! :lol: :lol:

Blague à part, y'a bien un de nos experts (chanteurs ou musiciens) qui va bien pourvoir répondre !! 8) 8)

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Dapertutto
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Message par Dapertutto » 10 mai 2008, 20:10

Sur les graves du ténor je pense qu'un ténor peu atteindre le mi grave sans pouvoir l'exploiter.

Je vais prendre une exemple peu conventionnel et qu avait une voix unique en son genre: Bonisolli. C'est une des tessiture les plus étendue que je connaisse.
Sur le disque d'I Masnadieri (Ramey, Sutherland), en duo avec Ramey il parvient à donner une note qui se situe aux alentur du medium grave d'une basse chantante. On peut également entendre dans son Otello qu'il n'avait aucun mal à descendre jusque dans les graves de la tessiture de baryton.

Un autre phénomène est Jospeh Shore. Plutôt baryton (il chantait souvent Rigoletto), il a tout de même chanté plusieurs fois Otello, mais s'amusait à donner en concert l'air de la calomnie avec lanote grave facultative.

Donc selon moiun ténor pourra atteindre des graves d'une basse. Mais les deux chanteurs que j'ai cité sont exceptionnels.
"Dis papa! Tu peux mettre la poupée qui chante?"

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offenbach
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Re: Distinction entre ténor ou baryton?

Message par offenbach » 10 mai 2008, 20:41

pagode a écrit :Bonjour à tous,

Je voudrais savoir si quelqu'un ici peut m'éclairer sur trois points:

1. L'étendue dans l'extrême grave d'un ténor (dont la voix serait tout de même solide, genre grand lyrique ou spinto, voire ténor héroïque)

2. Quelles sont les notes de passage précises permettant de distinguer un ténor d'un baryton et surtout, comment le détecter sans se tromper?

3. Le singing formant est-il différent selon la tessiture (ténor, baryton, basse),


En clair:

a) Un ténor peut-il atteindre un mi grave (même très faiblement, en bout de course, sans pouvoir l'exploiter)?

b) D'autre part, un chanteur qui atteind facilement le fa 3 (médium d'un ténor - aigu d'un baryton), sans devoir "couvrir" la voix mais qui se "coince" sur la fa dièse et passe quasi systématiquement en voix de tête au sol 3 peut-il être automatiquement classé en ténor?

c) Un chanteur masculin dont le singing formant serait de 2800 Hz est-il nécessairement ténor?




D'avance merci.
Pour ma part, je pense qu'un ténor spinto peut atteindre les graves d'un baryton Verdi (la-sol). Après, je pense à Merritt qui a, si je ne me trompe pas, débuté comme basse, voix dont il a, d'ailleurs, gardé les graves.
Lui, je pense, avait un mi grave. Et le contre-ré en haut ! Mais ça reste un phénomène. Domingo possède aussi des graves sonores.
Le baryton Juan-Carlos Morales (en fait ténor, j'en suis convaincu), possédait le si bémol 0 et le contre-ut dièse. :D

Quant aux passages, rien de plus complexe. Alain Fondary dit passer au fa dièse, comme un ténor, alors qu'il est vraiment baryton.
Mais je pense que, dans la majorité des cas, un chanteur qui atteint sans effort un fa aigu mais coince sur un fa dièse ou un sol peut être considéré comme ténor.
Je pense qu'un ténor possède un passage facile entre voix de poitrine et falsetto, alors qu'un baryton aura, à mon avis, un léger "trou" entre ces deux registres.
Après, reste la fatigabilité. Certains barytons ont plus d'aigus que bien des ténors, mais ne pourraient pas soutenir une tessiture "centrale" de ténor.
Je pense à Tristan qui, du point de vue de l'aigu, pourrait être chanté par un baryton, mais dont la tessiture "moyenne", qui se situe constamment entre le fa et le la aigu, serait inchantable pour un baryton.

Tu es chanteur?

pagode
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Message par pagode » 10 mai 2008, 21:15

Oui, je fais du chant depuis près de 10 ans. j'ai débuté comme baryton. mon ambitus était alors sol grave ma-fa aigu, avec un tout petit sol et un serrage hyper intense qui m'amenait à me brûler la gorge régulièrement (ce qui ne m'empêchait pas de chanter, fougueux comme je l'étais!).

Mon professeur de l'époque pensait que je deviendrais un baryton de grand opéra.

Après un an, j'ai changé de prof et d'académie. le professeur d'alors (également professeur de conservatoire), après avoir hésité entre baryton et ténor, m'a considéré comme baryton aigu, avec le potentiel d'un baryton verdi. Il est vrai qu'après quelques semaines, j'avais déjà un sol dans la voix. Ce professeur a voulu me faire travailler le grave et m'a "trouvé un mi grave (que j'ai toujours, bien que peu agréable à chanté, comme toutes le notes situées au-dessous du do grave du répertoire ténor).

Cependant, le serrage était toujours intense: j'engorgeais la voix comme un boeuf! Résultat, après deux ans chez ce prof, je me suis retrouvé chez son phoniatre, qui m'a gentiment expliqué que je n'étais pas baryton avec ma voix parlée et mes cordes vocales et que j'avais un oedème sur ces fameuses petites cordes! 5 moix plus tard, je perdais la voix (après des concerts prématurés avec orchestre (Rinaldo et Cosi fan tutte en amateur).

j'ai réussi les examens vocaux du conservatoire juste avant de perdre ma voix. Le professeur qui m'avait accepté dans sa classe me considérait comme ténor héroique.

j'ai dû continuer en cours privés: la filière Blivet, à Bruxelles puis j'ai vu Blivet en personne (même s'il ne m'a pas vraiment donné cours). Là, on m'a fait travailler à partir de ma voix parlée et on m'a d'emblée classé en ténor, avec un passage au fa-fa dièse. Blivet me considérait grand lyrique et disait que je cravatais, et son élève, un fort ténor avec un do grave, et qui avait effectivement commencé comme basse, me situait entre le lyrique et le spinto!

On m'a ensuite toujours considéré comme ténor. J'ai même réussi un contre-ut dièse avec un ténor italien (qui me considérait aussi comme un Lirico. C'est l'époque où je prenais cours à paris chez un baryton (lui aussi me pensait ténor).

Malheureusement, j'ai dû arrêter de chanter il y a environ trois ou quatre ans, faute de perspective... et d'argent!!!

Je rechante tout seul depuis environ un an. On m'encourage à nouveau, mais sans pouvoir me classer!


J'ai passé un examen audiophonologique dans un centre spécialisé universitaire la semaine passée: toujours le même ambitus: mi grave - sol3, avec début de voix de tête à cette hauteur. La dynamique vocale est très importante et homogène sur toute la ligne. Enfin, j'atteinds des intensités de 115 Db vers mi 3 fa 3.

Point de vue tessiture, les baryton sont écrasants pour moi (un peu trop larges et je dois parfois un peu râcler ma gorge dans les graves) et les ténors, régulièrement trop hauts d'un ton ou un demi-ton. je tiens néanmoins certaines tessitures. L'autre jour, chez un copain ténor, je chantais l'air de la fleur en piano jusqu'au sol dièse 3!


J'ai envie de rechanter, mais j'avoue ne plus savoir où j'en suis!

Désolé pour toute cette tartine mais mon parcours est malheureusement fort long et sinueux...

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Message par offenbach » 10 mai 2008, 23:08

Joli parcours. Sineux mais passionnant.
Qui était ce ténor italien qui t'a fait sortir un ut dièse? S'il est parvenu à te faire atteindre cette note, c'est qu'il a su, je pense, te faire franchir le passage et acquérir (au moins brièvement) la vraie voix de tête (et les résonances de tête) - pas le fausset - que maîtrisaient si bien les anciens, ténors comme barytons ou basses.

pagode
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Message par pagode » 11 mai 2008, 08:15

Ce ténor italien était Giuseppe Morino. Un autre ténor, belge celui-là et professeur au conservatoire de Mons, m'avait fait monter au contre-mi bémol dès la première leçon. mais je ne compte pas cette expérience car je ne suis pas sûr de sa qualité et de sa validité. N'empêche qu'il me considérait comme ténor lui aussi. c'est le dernier prof que j'avais vu, il y a environ trois ans.

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Message par maitreluther » 11 mai 2008, 10:21

Je crois que le problème ne se situe pas sur le fait de pouvoir ou non atteindre une note. On est ténor si on peut tenir la tessiture naturellement et sans fatigue. Nombre de ténor on fait carrière quasiment sans avoir l'ut (Jobin, Atlantov...). A l'inverse, certains barytons (Warren, Dens) montaient à l'ut facilement, mais restaient barytons.
c'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule
(audiard)

http://foudopera.musicblog.fr/

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Message par JdeB » 11 mai 2008, 11:09

maitreluther a écrit :Je crois que le problème ne se situe pas sur le fait de pouvoir ou non atteindre une note. On est ténor si on peut tenir la tessiture naturellement et sans fatigue. Nombre de ténor on fait carrière quasiment sans avoir l'ut (Jobin, Atlantov...). A l'inverse, certains barytons (Warren, Dens) montaient à l'ut facilement, mais restaient barytons.
Tout à fait d'accord. La tessiture d'un chanteur se définit moins par les notes extrêmes qu'une voix est capable d'émettre mais se situe dans la zone où il chante aisément sans fatigue majeure sur la durée.
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Message par pagode » 11 mai 2008, 11:17

maitreluther a écrit :Je crois que le problème ne se situe pas sur le fait de pouvoir ou non atteindre une note. On est ténor si on peut tenir la tessiture naturellement et sans fatigue. Nombre de ténor on fait carrière quasiment sans avoir l'ut (Jobin, Atlantov...). A l'inverse, certains barytons (Warren, Dens) montaient à l'ut facilement, mais restaient barytons.
Très bien, mais qu'appelles-tu tenir la tessiture? Je chante l'air don josé dans carmen sans difficulté jusqu'au sol dièse mais je m'arrête avant le si bémol final... Par ailleurs, je serre encore pas mal et ma respiration est encore insuffisante... Mon premier la aigu, je l'ai fait chez un élève de blivet, en chantant amor ti vieta. En fait, tu parles de fatigue mais quelque soit la tessiture (ténor ou baryton), je fatigue relativement vite et je n'arrive pas à tenir jusqu'au bout! Même caro mio ben: après le premier 1/3, j'ai la gorge qui se raidit, même en baryton! Et puis, il y a les fa dièse et les sol 3 qui me font dérailler parfois littérallement!

Exemple:

- Il y a deux semaines, devant une copine (soprano professionnelle), j'ai voulu chanter un extrait de nessun dorma. j'ai chanté la première moitié jusqu'au premier la3... que j'ai craqué!

- Par contre, cette semaine, lors d'un bilan vocal effectué dans un centre d'audiophonologie universitaire, j'ai voulu le refaire: la catastrophe!! Comme souvent, j'ai éprouvé des difficultés sur le fa dièse! Résultat, toutes les notes suivantes étaient dépourvues de soutien et j'ai dû arrêter au sol ("il nome mio nessun sapra. No! no!"): mon diaphragme avait totalement lâché!!!! je n'avais plus aucun soutien et je me voyais contraint de chanter tout avec le larynx haut, jusqu'au sol!! Super inconfortable et fatiguant... Tout simplement, je ne parvenais plus à "reconnecter" mon diaphragme et à l'utiliser... :cry:

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