le rubato

Répondre
Avatar du membre
perrine
Ténor
Ténor
Messages : 718
Enregistré le : 03 août 2003, 23:00
Contact :

le rubato

Message par perrine » 11 janv. 2007, 14:32

Bonjour,
J'ai besoin de votre expertise svp car je ne comprends pas le terme 'rubato'.

dans le dico, je trouve cette définition :

"Mode d'exécution qui consiste à décaler légèrement le rythme de la mélodie en retardant certaines notes, en en précipitant d'autres, tandis que l'accompagnement demeure strictement mesuré".

Donc ca voudrait dire que c'est le chanteur qui fait en sorte de décaler son chant, non ? Alors que dans les messages, je lis toujours 'les rubato du chef' ...

Certes, le chef est décideur, mais si l'accompagnement reste mesuré, le chanteur peut faire ce qu'il veut non ?

Bref, je comprends pas !

Perrine
Le problème quand on trouve une solution, c\'est qu\'on perd une question.

paul
Alto
Alto
Messages : 409
Enregistré le : 23 nov. 2004, 00:00
Localisation : Igny (91)
Contact :

Re: le rubato

Message par paul » 11 janv. 2007, 17:30

perrine a écrit :Bonjour,
J'ai besoin de votre expertise svp car je ne comprends pas le terme 'rubato'.

dans le dico, je trouve cette définition :

"Mode d'exécution qui consiste à décaler légèrement le rythme de la mélodie en retardant certaines notes, en en précipitant d'autres, tandis que l'accompagnement demeure strictement mesuré".

Donc ca voudrait dire que c'est le chanteur qui fait en sorte de décaler son chant, non ? Alors que dans les messages, je lis toujours 'les rubato du chef' ...

Certes, le chef est décideur, mais si l'accompagnement reste mesuré, le chanteur peut faire ce qu'il veut non ?

Bref, je comprends pas !

Perrine
Grosso modo: ce qu'on perd d'un côté doit être récupéré de l'autre mais il n'y a pas variation du tempo contrairement au ritenuto et au ralentendo avec lesquels on confond souvent le rubato.
Typiquement (pour moi) le rubato est très sensible dans l'exécution des sonates romantiques pour piano: la main gauche peut égréner la basse imperturbalement pendant que la main droiite donne une mélodie avec une certaine liberté rythmique qui donne le côté "romantique".

Dans le chant, on peut avoir rubato du(des) chanteur(s) et du chef en parallèle sans décalage. Il est souvent présent dans le bel canto (j'ai dans l'oreille Fisichella dans "a te o cara" en particuilier, mais les vocalises rossiniennes en sonnt également pleines, Blake en est un merveilleux exemple), alors que l'opéra romantique pousse plus souvent vers le ritenuto des chanteurs (quand l'accompagnement le permet et c'est alors le chef qui suit le chanteur). Il y a le cas particulier de Wagner, mais là, j'ai toujours, même partition à la main, du mal à comprendre comment ça se goupille

Avatar du membre
Ruggero
Basse
Basse
Messages : 4634
Enregistré le : 02 sept. 2004, 23:00
Contact :

Message par Ruggero » 11 janv. 2007, 22:19

Bacquier et Raimondi avaient évoqué ce problème à propos de Georges Prêtre lors de la rencontre ODB :

/modules.php?name=Content&pa=showpage&pid=148

rubato veut dire "voler", en italien, dans le sens de dérober, c'est donc une sorte de liberté par rapport au tempo métronomique : on s'alanguit ou on précipite la vitesse de la phrase musicale. Un bon chef d'opéra est censé être capable de suivre les rubati d'un chanteur, c'est-à-dire de se mettre à son rythme et surtout de ne pas être décalé sinon l'effet recherché tombe à l'eau. ça, c'est la vision du chanteur. Le chef dira que c'est le chanteur qui doit suivre les rubati du chef car c'est au chef de conduire la partition, de doser les effets de rythme. ça donne lieu à bien des débats et enguelades...
L'opéra semble voué à être le dernier refuge du besoin de la beauté artistique en toc.
(Bernard Shaw, 1898)

Avatar du membre
perrine
Ténor
Ténor
Messages : 718
Enregistré le : 03 août 2003, 23:00
Contact :

Message par perrine » 12 janv. 2007, 09:24

ok, alors au vu des 2 réponses, c'est un abus de langage dans le cadre de l'opéra non ?
C'est des ritenuto et ralentendo (et les engueulades avec le chef donc !) auquel il est fait référence plutôt qu'un rubato au sens pur qui s'appliquerait surtout à la musique orchestrale (et non vocale).

que de questions existentielles !!!
Le problème quand on trouve une solution, c\'est qu\'on perd une question.

mcs
Ténor
Ténor
Messages : 951
Enregistré le : 21 janv. 2004, 00:00
Contact :

Message par mcs » 12 janv. 2007, 11:14

Ruggero a écrit :Bacquier et Raimondi avaient évoqué ce problème à propos de Georges Prêtre lors de la rencontre ODB : /modules.php?name=Content&pa=showpage&pid=148

rubato veut dire "voler", en italien, dans le sens de dérober, c'est donc une sorte de liberté par rapport au tempo métronomique : on s'alanguit ou on précipite la vitesse de la phrase musicale. Un bon chef d'opéra est censé être capable de suivre les rubati d'un chanteur, c'est-à-dire de se mettre à son rythme et surtout de ne pas être décalé sinon l'effet recherché tombe à l'eau. ça, c'est la vision du chanteur. Le chef dira que c'est le chanteur qui doit suivre les rubati du chef car c'est au chef de conduire la partition, de doser les effets de rythme. ça donne lieu à bien des débats et enguelades...
mais le grand chef dans tout cela n'est ce pas la partition ? sauf lorsque c'est écrit ad libitum (je crois !)

Avatar du membre
Ruggero
Basse
Basse
Messages : 4634
Enregistré le : 02 sept. 2004, 23:00
Contact :

Message par Ruggero » 12 janv. 2007, 12:07

perrine a écrit :ok, alors au vu des 2 réponses, c'est un abus de langage dans le cadre de l'opéra non ?
Le compositeur qui fait le plus recours au rubato, c'est Chopin (et pas dans ses mélodies).
L'opéra semble voué à être le dernier refuge du besoin de la beauté artistique en toc.
(Bernard Shaw, 1898)

Avatar du membre
silvio
Baryton
Baryton
Messages : 1057
Enregistré le : 28 août 2005, 23:00

Message par silvio » 12 janv. 2007, 12:16

Tout à fait, ds Chopin (Mazurka, Valses...) l'"Art du Rubato" est important. Savoir gérer les rallentis et les accélérés est très important, c'est ce qui donne à la partition son ame et lui enlève son coté métronomique

Avatar du membre
Polyeucte
Baryton
Baryton
Messages : 1556
Enregistré le : 21 juil. 2005, 23:00
Localisation : Vincennes
Contact :

Message par Polyeucte » 12 janv. 2007, 12:38

Et puis il y a aussi, chez Chopin, des moments où tu ne peux pas faire autrement! Exemple d'une valse que j'ai jouée où il faut juste mettre 13 notes en un temps et ces notes s'étendent sur trois octaves il me semble! D'où l'obligation de ralentir... et même d'accentuer ce ralenti qui en effet, donne un effet mélancolique à cette valse triste (mi ré# ré mi re do re fa mi re do ... si quelqu'un veut retrouver celle dont je parle...)
http://erikcarnets.fr/
"Périsse mon œuvre, périsse mon Faust, mais que Polyeucte soit repris et vive " Charles GOUNOD

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 8 invités