Concert Grigory Sokolov - TCE - 4 décembre 2017

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lionrougeetblanc
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Concert Grigory Sokolov - TCE - 4 décembre 2017

Message par lionrougeetblanc » 06 déc. 2017, 09:38

Programme
Haydn Sonate (divertimento) n° 32 op. 53 n° 4 Hob. XVI:44
Sonate (divertimento) n° 47 op. 14 n° 6 Hob. XVI:32
Sonate n° 49 op. 30 n° 2 Hob. XVI:36
Beethoven Sonate n° 27 op. 90
Sonate n° 32 op. 111

Durée du concert
1ère partie : 45mn environ - Entracte : 20mn - 2e partie : 45mn environ

Bis :
SCHUBERT Moments musicaux opus 94 n° 1
CHOPIN Nocturne opus 32 n°1 et n°2
RAMEAU L'indiscrète (du 4ème Concerto)
CHOPIN Prélude opus 28 n°15 et n°20

LE concert de Sokolov à Paris. TCE plein à craquer hier soir ; Philippe Labro et Lissner dans la salle.
Certains s'envoient en l'air avec la Bohème de Guth, moi c'est Grigory Sokolov. Tout a déjà été dit sur sa présence, sa technique phénoménale, son engagement, sa manière à la fois si souple et si puissante d'interpréter les oeuvres. Quelle émotion, quelle beauté, quels instants précieux que ceux de ce concert annuel !
Ecouter Sokolov c'est comme recevoir la fraîcheur d'une eau cristalline, qui purifie les oreilles, et l'âme, des écoutes faites précédemment tant on a le sentiment que l'on redécouvre chaque oeuvre jouée par lui. C'était frappant hier soir avec Haydn, d'une magnifique sonorité, d'un tempo parfait à mon goût, si puissamment illustratif dans la méticulosité du jeu, la douceur du toucher, mais aussi la douce comptine des motifs récurrents.
Beethoven magnifique également, plus emporté, toujours aussi convaincant. Sokolov nous emporte dans un voyage dont on ne revient qu'à regrets ; presque personne n'a quitté la salle après la fin, des applaudissements sans fin, et la magie qui reprenait, pour 4 bis, si précieux, arrachés à la fatigue.
Sokolov, dont l'intransigeance artistique en dit long sur les valeurs qui sont les siennes - et c'est aussi un des motifs de l'admiration qu'on peut lui porter - , est généreux dans son engagement, dans son jeu, dans son rapport au public. Le dos se voûte chaque année un peu plus, le queue-de-pie paraît poussiéreux sous la lumière parcimonieuse, le nuage de cheveux blancs flotte au dessus du clavier, la jambe gauche est ramenée nerveusement sous le siège, le salut est toujours aussi hiératique et la démarche raide mais la douceur est là quand une admiratrice lui tend un bouquet de fleurs et qu'il se penche longuement vers elle.
Merveilleux Sokolov ! Bien autre chose que certains (jolis) produits pré-fabriqués, par exemple made in China ... :worthy:

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