Concert Révolution française - Chauvin - Montpellier - 23/07/2017

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JdeB
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Concert Révolution française - Chauvin - Montpellier - 23/07/2017

Message par JdeB » 30 juil. 2017, 11:12

Révolution française
Joseph Haydn: Symphonie n° 82 «L’Ours»
François Devienne: Symphonie concertante n° 4 pour flûte, hautbois, basson et cor
Ludwig van Beethoven: Quatuor à cordes n° 4, opus 18 n° 4
Jean-Baptiste Davaux: Symphonie concertante mêlée d’airs patriotiques pour deux violons principaux (Julien Chauvin et Chouchane Siranossian)

Quatuor Cambini: Julien Chauvin, Karine Crocquenoy (violon), Pierre-Eric Nimylowycz (alto), Atsushi Sakaï (violoncelle)
Le Concert de la Loge, Julien Chauvin (violon, direction)

Montpellier, Le Corum, Salle Pasteur, 23 juillet 2017

Le Festival 2017 placé sous le signe Révolution (s) propose ce soir un programme très original de compositeurs français et étrangers contemporains de la Révolution française par l’ensemble de Julien Chauvin qui se produit pour la première fois dans cette grande manifestation estivale de Radio-France.

Le Concert de la Loge Olympique a succédé au cours de la saison 1780-1781 au Concert des Amateurs fondé onze ans plus tôt par Gossec. Sous l’égide de Claude François Marie Rigoley, comte d’Ogny (1757-1790), cette association de concerts proche de la Franc-Maçonnerie joue dans la salle des Cent-Suisses du palais des Tuileries et réunit dans ses rangs professionnels et amateurs parmi lesquels d’Ogny lui-même au violoncelle. C’est lui qui a commandé à Haydn à la fin de l’année 1784 ou au début de l’année 1785 les Symphonies parisiennes sans doute par l’intermédiaire du Chevalier de Saint-Georges alors chef d’orchestre de la Loge. Chaque symphonie a été payée au prix fort, 25 louis d’or plus 5 louis pour les droits de publication ; jamais Haydn n’avait été aussi bien rétribué. Précisons que l’ordre de numérotation des Symphonies ne suit pas la chronologie de composition. La Symphonie n° 82 a été écrite en 1786 et se singularise par l’usage des trompettes et des timbales. C’est aussi de toutes les symphonies parisiennes celle qui se finit de la manière la plus spectaculaire avec »basse de musette » et timbales déchainées. D’où sans doute l’idée d’en donner en début de soirée les deux premiers mouvements et de conclure le concert, après les pièces de Devienne, de Beethoven et de Davaux, par les deux derniers dont ce fameux Vivace assai qui sera bissé, scindant ainsi la symphonie en deux moments très distincts ce qui serait une pratique de l’époque.

Le programme permet de découvrir surtout deux compositeurs français méconnus. François Devienne, flûtiste virtuose, membre du Concert de la Loge Olympique, et Jean-Baptiste Davaux tous les deux passés maîtres dans le genre de la symphonie concertante qui correspond à l’idéal d’égalité promu par la Révolution. Celle de Davaux, né à la Côte-Saint-André, une soixantaine d’années avant Berlioz, c’est à dire en 1742 (et non en 1712 comme l’indique le programme de salle), est au cœur de la problématique du festival puisqu’elle se compose de variations très enlevées d’airs patriotiques que l’on reconnait aisément (La Marseillaise, Ah ça ira, La Carmagnole) sans oublier la non moins célèbre comptine J’ai du bon tabac et d’autres raretés qu’il reste à identifier (La Guillotine permanente ?)

Le Quatrième Quatuor (1798-1800) de Beethoven aura pu être remplacé par un quatuor de Hyacinthe Jadin (1776-1800), une des spécialités des Cambini, pour plus de cohérence et amour des raretés si chères à ce festival. Après un début un peu fluctuant, la cohésion et le poli triomphent et l’on admire le violoncelle d’Atsushi Sakaï.

Le reste du concert est marqué par un vif soucis pédagogique de Julien Chauvin qui intervient en direct au micro de France-Musique, de vivifier la pratique du concert en renouant avec la spontanéité perdue des publics turbulents de la fin des Lumières et une exécution pleine d’allant, de probité stylistique et de charme. Devant un public réuni ce soir dans la Petite salle du Corum peu nombreux mais enjoué et conquis.

Jérôme Pesqué
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