Marivaux- Le Petit-Maître corrigé - Comédie Française - 12/16

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Marivaux- Le Petit-Maître corrigé - Comédie Française - 12/16

Message par paco » 22 déc. 2016, 00:09

Mise en scène : Clément Hervieu-Léger
Scénographie : Éric Ruf

Florence Viala : Dorimène
Loïc Corbery : Rosimond, fils de la marquise
Adeline d'Hermy : Marton, suivante d’Hortense
Pierre Hancisse : Dorante, ami de Rosimond
Claire de La Rüe du Can : Hortense, fille du comte
Didier Sandre : le Comte, père d’Hortense
Christophe Montenez : Frontin, valet de Rosimond
Dominique Blanc : la Marquise

Comme promis, voici un bref CR du Petit-Maître corrigé de Marivaux, dont la Comédie Française a, au début du mois, présenté la… 3ème représentation depuis la création de la pièce il y a deux siècles et demi ! Je dis bien représentation et non production, car en fait cette comédie n’avait jamais été rejouée depuis l’échec de sa création.

C’est en fait un très beau Marivaux, l’échec de la création étant vraisemblablement politique. En effet, dans cette pièce l’auteur dresse une caricature d’une société de gentlemen dont le comportement snob, misogyne et prétentieux est présenté sous un jour fort peu glorieux. Le miroir qui leur est ainsi tendu, sous une plume qui, derrière une apparence badine et même poétique, est en réalité très acide voire dénonciatrice, n’a pas dû faire rire certains qui se sont reconnus sous les traits de Rosimond et Dorante.

Ce que l’on appelle « Petit-Maître » correspond à un phénomène sociétal peu connu – je n’ai pas connaissance de travaux approfondis d’historiens sur le sujet- qui sévissait principalement pendant la deuxième partie du règne de Louis XV et le début de celui de Louis XVI. Il s’agissait de sortes de clubs, un peu dans l’esprit des « Men Club » britanniques du XIXe, où de jeunes aristocrates nostalgiques d’une ère révolue – qu’ils n’avaient jamais connue-, à savoir l’aristocratie médiévale, essayaient d’en reconstituer les codes : chevalerie, amitiés viriles, refus du sentiment – et de fait, pouah, une femme quelle horreur jamais je ne céderai à ses perverses approches,… Amoureux ? Moi ? Jaaaaamais ! Me marier ? Moi ? Uniquement pour procréer et par obligation de lignée- etc- .

Ce comportement était cependant mêlé aux codes contemporains les plus « branchés » pour se distinguer : recherche vestimentaire la plus « tendance » possible, complexité volontaire de la syntaxe, exacerbation de la culture de façade – il fallait forcément avoir vu le spectacle dont tout Paris bruisserait- ,… mais le tout entre hommes uniquement, en affectant de n’éprouver aucune émotion ni aucun sentiment pour qui que ce soit, car l’émotion et l’humanité étaient perçus pas cette caste comme facteur de décadence.
Ces « Petit-Maîtres » étaient dans la vraie vie absolument abjectes, tant dans leur comportement en société qu’avec leur propre famille, leurs domestiques, les commerçants, qu’ils traitaient avec dédain et mépris, bien plus que la moyenne des autres aristocrates. Un peu comme des enfants gâtés.

C’est cette société que Marivaux peint dans ces 2h15 de comédie caustique, à travers la venue en province du jeune Rosimond, parisien « Petit-Maître », que l’on doit marier à Hortense, ce que, de prime abord, il rejette bien entendu, pouah !....

Remarquablement interprétée par une troupe de la Comédie Française absolument déchaînée, la pièce déroule sans répit les croisements entre individus, dans un esprit à la fois satirique et poétique. Tous, sous la direction de Clément Hervieu-Léger, ont réussi à éviter le piège de la caricature, réalisant une synthèse subtile entre le comportement parfaitement snob des personnages et en même temps leur profonde contradiction. Car c’est bien cela que Marivaux met en scène, la contradiction de cette société artificielle : « Vous vous croyez virils et fermés aux sentiments et pourtant vous craquez pour la première jeune fille que vous rencontrez sans même vous l’avouer ni à vous ni à elle ».
Dans un décor-écrin éclairé de teintes tantôt mordorées tantôt blafardes de blancheur, un champ d’herbes hautes tellement sèches qu’il semble trop tard pour les moissonner, toute la troupe semble vivre chaque personnage de l’intérieur, comme si les acteurs s’étaient, au long des répétitions, appropriés les différentes personnalités.

Entourant un Loic Corbery souverain dans la transformation progressive d’un Rosimond abjecte en jeune homme simplement « humain », finissant même par devenir attachant, Florence Viala, Adeline d’Hermy et Claire de La Rüe du Can sont toutes les trois craquantes chacune à sa façon, tandis que le jeune Pierre Hancisse est repoussant de dédain comme il faut au début de la pièce, pour à son tour évoluer vers un personnage plus sentimental.

Inévitablement, avec un sujet pareil, on a droit à la minute d’ambiguïté homosexuelle entre Rosimond-Corbery et Dorante-Hancisse, mais Hervieu-Léger s’est à juste titre contenté d’à peine effleurer le sujet pendant une scène très brève, là où j’imagine que d’autres metteurs en scène très fiers d’approches disruptives en feraient probablement le thème central de leur « Konzept Regie »… A vrai dire, faute de recherches historiographiques approfondies, il est impossible de savoir si ces sociétés « chevaleresques » étaient également une façon pour certains d’épanouir dans le secret des sentiments qui, à cette époque, étaient encore réprimés par la loi avec une sévérité extrême.

Dans les rôles malheureusement trop brefs des « parents », Dominique Blanc et Didier Sandre éblouissent le plateau de leur présence charismatique. C’est vraiment une chance que la CF ait réussi à faire venir Didier Sandre dans sa troupe : avec sa voix profonde, le soin qu’il apporte à la diction, l’intelligence avec laquelle il phrase le texte et sa présence naturelle, il irradie littéralement le plateau à chacune de ses apparitions, en digne héritier de ce que furent Salle Richelieu les Louis Seigner et autres Jacques Charron (que j’ai eu la chance de voir tous deux quand j’étais enfant).

La pièce dure 2h15 sans entracte, un peu difficile physiquement car les rangées de la salle Richelieu sont trop étroites quand on mesure plus de 1m80, mais cela n’empêche pas de se régaler tout au long de la pièce, c’est un spectacle que je recommande très vivement et que je retournerai voir bien volontiers. On en ressort avec un sentiment de bonheur, d’avoir passé vraiment un très bon moment. Après l’excellent « Double inconstance » la saison passée, la Comédie-Française prouve une fois de plus que Marivaux est vraiment un auteur où elle règne sans rival à l’heure actuelle !

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Re: Marivaux- Le Petit-Maître corrigé - Comédie Française - 12/16

Message par cosimus » 23 déc. 2016, 11:10

Je ne peux que souscrire au compte-rendu très détaillé, quoi qu'il en dise, de Paco mais je me permets d'ajouter trois compléments
paco a écrit :
Remarquablement interprétée par une troupe de la Comédie Française absolument déchaînée, la pièce déroule sans répit les croisements entre individus, dans un esprit à la fois satirique et poétique. Tous, sous la direction de Clément Hervieu-Léger, ont réussi à éviter le piège de la caricature, réalisant une synthèse subtile entre le comportement parfaitement snob des personnages et en même temps leur profonde contradiction. Car c’est bien cela que Marivaux met en scène, la contradiction de cette société artificielle : « Vous vous croyez virils et fermés aux sentiments et pourtant vous craquez pour la première jeune fille que vous rencontrez sans même vous l’avouer ni à vous ni à elle ».
Dans un décor-écrin éclairé de teintes tantôt mordorées tantôt blafardes de blancheur, un champ d’herbes hautes tellement sèches qu’il semble trop tard pour les moissonner, toute la troupe semble vivre chaque personnage de l’intérieur, comme si les acteurs s’étaient, au long des répétitions, appropriés les différentes personnalités.
"Si le décor s'inspire très librement d'Hubert Robert, Chardin et Greuze sont la référence pour les costumes. Entre le costume du Comte et celui de Rosimond, dont certains éléments datent du Directoire, les costumes racontent tout le XVIIIe siècle. D'une sensualité troublante, ils dessinent les différences de rapports sociaux, tout en permettant un rapport au corps très contemporain dans le jeu.
Quand une pièce est aussi peu connue que
Le Petit-Maître corrigé, on doit d'abord la faire entendre pleinement pour ce qu'elle est: une grande pièce du XVIIIe siècle." dit Clément Hervieu-Léger dans des propos recueillis pour le programme du spectacle. Beaucoup de ses collègues devraient y réfléchir avant de nous présenter les poncifs à la mode depuis des décennies!
Entourant un Loic Corbery souverain dans la transformation progressive d’un Rosimond abjecte en jeune homme simplement « humain », finissant même par devenir attachant, Florence Viala, Adeline d’Hermy et Claire de La Rüe du Can sont toutes les trois craquantes chacune à sa façon, tandis que le jeune Pierre Hancisse est repoussant de dédain comme il faut au début de la pièce, pour à son tour évoluer vers un personnage plus sentimental.
Il ne faut pas oublier de citer Christophe Montenez (pas seulement pour faire plaisir à Maria Stuarda :wink: ) impayable dans le rôle du valet Frontin, double à peine parodique de son maître, qui s'est inventé un accent (anglais?) irrésistible (Paris devient Pèèris) pour corser son langage alambiqué dont il se défera d'ailleurs assez vite au contact de Marton, la suivante d'Hortense
Inévitablement, avec un sujet pareil, on a droit à la minute d’ambiguïté homosexuelle entre Rosimond-Corbery et Dorante-Hancisse, mais Hervieu-Léger s’est à juste titre contenté d’à peine effleurer le sujet pendant une scène très brève, là où j’imagine que d’autres metteurs en scène très fiers d’approches disruptives en feraient probablement le thème central de leur « Konzept Regie »… A vrai dire, faute de recherches historiographiques approfondies, il est impossible de savoir si ces sociétés « chevaleresques » étaient également une façon pour certains d’épanouir dans le secret des sentiments qui, à cette époque, étaient encore réprimés par la loi avec une sévérité extrême.

L'intéressante introduction que donne pour cette pièce Frédéric Deloffre dans le tome 2 du Théâtre complet de Marivaux des classiques Garnier, retrace l'histoire de ces personnages et présente le terme "petit-maître" comme synonyme de "mignon" (au sens Henri III) à l'apparition de cette locution, mais indique qu'à la fin du XVIIe siècle "la coterie des petits-maîtres[...] compromise dans plusieurs affaires scandaleuses, ne conserva longtemps ni le caractère exclusif de son recrutement ni les particularités les plus scabreuses de ses mœurs"
Dans les rôles malheureusement trop brefs des « parents », Dominique Blanc et Didier Sandre éblouissent le plateau de leur présence charismatique
Là je n'ai rien à ajouter si ce n'est que je suis très heureux de l'arrivée plus ou moins récente à la Comédie-Française de ces deux excellents comédiens.

C'est vraiment un spectacle à ne pas manquer. Moi j'y retourne :D
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Re: Marivaux- Le Petit-Maître corrigé - Comédie Française - 12/16

Message par lionrougeetblanc » 09 janv. 2017, 21:36

À ne pas manquer, en effet. Je suis allée voir cette pièce, très peu connue, par curiosité et aussi, disons-le, pour Didier Sandre et Dominique Blanc. J'ai découvert beaucoup plus: une troupe formidable, au service d'une pièce magnifique d'intelligence, d'une étonnante modernité, une mise en scène poétique et pleine de vie, des costumes justes et beaux, de l'émotion aussi dans la déclaration finale de Rosimond, qui m'a profondément touchée. La réaction de la salle ne trompait pas sur ce que nous partagions alors, spectateurs et comédiens, tout au bonheur d'entendre, dans la merveilleuse langue du XVIII ème siècle, une si juste évocation du miracle renouvelé de l'amour.
Un spectacle de grande qualité.

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Re: Marivaux- Le Petit-Maître corrigé - Comédie Française - 12/16

Message par cosimus » 09 janv. 2017, 21:55

lionrougeetblanc a écrit :À ne pas manquer, en effet. Je suis allée voir cette pièce, très peu connue, par curiosité et aussi, disons-le, pour Didier Sandre et Dominique Blanc. J'ai découvert beaucoup plus: une troupe formidable, au service d'une pièce magnifique d'intelligence, d'une étonnante modernité, une mise en scène poétique et pleine de vie, des costumes justes et beaux, de l'émotion aussi dans la déclaration finale de Rosimond, qui m'a profondément touchée. La réaction de la salle ne trompait pas sur ce que nous partagions alors, spectateurs et comédiens, tout au bonheur d'entendre, dans la merveilleuse langue du XVIII ème siècle, une si juste évocation du miracle renouvelé de l'amour.
Un spectacle de grande qualité.
Tout à fait d'accord avec toi tant pour les raisons qui m'avaient poussé à aller découvrir ce que cette pièce donnait sur scène que pour le plaisir et l'émotion ressentis. J'y suis retourné et j'ai été tout aussi enthousiasmé! J'espère que les lecteurs de Télérama ne se laisseront pas influencer par la critique très tiède, voire quelque peu méprisante, de madame Pascaud :roll:
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Re: Marivaux- Le Petit-Maître corrigé - Comédie Française - 12/16

Message par HELENE ADAM » 09 janv. 2017, 22:14

cosimus a écrit :
lionrougeetblanc a écrit :À ne pas manquer, en effet. Je suis allée voir cette pièce, très peu connue, par curiosité et aussi, disons-le, pour Didier Sandre et Dominique Blanc. J'ai découvert beaucoup plus: une troupe formidable, au service d'une pièce magnifique d'intelligence, d'une étonnante modernité, une mise en scène poétique et pleine de vie, des costumes justes et beaux, de l'émotion aussi dans la déclaration finale de Rosimond, qui m'a profondément touchée. La réaction de la salle ne trompait pas sur ce que nous partagions alors, spectateurs et comédiens, tout au bonheur d'entendre, dans la merveilleuse langue du XVIII ème siècle, une si juste évocation du miracle renouvelé de l'amour.
Un spectacle de grande qualité.
Tout à fait d'accord avec toi tant pour les raisons qui m'avaient poussé à aller découvrir ce que cette pièce donnait sur scène que pour le plaisir et l'émotion ressentis. J'y suis retourné et j'ai été tout aussi enthousiasmé! J'espère que les lecteurs de Télérama ne se laisseront pas influencer par la critique très tiède, voire quelque peu méprisante, de madame Pascaud :roll:
Bien que lectrice de Télérama, je me suis laissée influencer par ODB et donc j'ai vais jeudi :D
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Marivaux- Le Petit-Maître corrigé - Comédie Française - 12/16

Message par paco » 09 janv. 2017, 23:08

HELENE ADAM a écrit :
cosimus a écrit :
lionrougeetblanc a écrit :À ne pas manquer, en effet. Je suis allée voir cette pièce, très peu connue, par curiosité et aussi, disons-le, pour Didier Sandre et Dominique Blanc. J'ai découvert beaucoup plus: une troupe formidable, au service d'une pièce magnifique d'intelligence, d'une étonnante modernité, une mise en scène poétique et pleine de vie, des costumes justes et beaux, de l'émotion aussi dans la déclaration finale de Rosimond, qui m'a profondément touchée. La réaction de la salle ne trompait pas sur ce que nous partagions alors, spectateurs et comédiens, tout au bonheur d'entendre, dans la merveilleuse langue du XVIII ème siècle, une si juste évocation du miracle renouvelé de l'amour.
Un spectacle de grande qualité.
Tout à fait d'accord avec toi tant pour les raisons qui m'avaient poussé à aller découvrir ce que cette pièce donnait sur scène que pour le plaisir et l'émotion ressentis. J'y suis retourné et j'ai été tout aussi enthousiasmé! J'espère que les lecteurs de Télérama ne se laisseront pas influencer par la critique très tiède, voire quelque peu méprisante, de madame Pascaud :roll:
Bien que lectrice de Télérama, je me suis laissée influencer par ODB et donc j'ai vais jeudi :D
En général je fais l'inverse de ce que recommande Télérama, et ça marche bien !! :mrgreen:

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Message par jmc » 10 janv. 2017, 10:12

HELENE ADAM a écrit :Bien que lectrice de Télérama, je me suis laissée influencer par ODB et donc j'y vais jeudi :D
Mauvaise expérience pour moi :cry: .
D'abord du coté jardin on ne voit pas le début où tout se passe dans l'angle mort.
Ensuite je n'étais pas allé au théâtre depuis une éternité et j'étais déconcerté par le jeu des acteurs, un ton qui ne me paraissait pas juste, des rires forcés. Malgré les bonnes réactions de la salle que je trouvais injustifiées.
Enfin dix minutes après le début l'ouvreuse entre une première fois dans la salle pour faire déplacer deux personnes qui s'étaient mises au premier rang en annonçant l'arrivée des retardataires. Deux minutes plus tard elle place donc les retardataires au premier rang. Géné, ayant perdu le fil à cause de ces va et vient sous mon nez. Exaspéré je quitte la salle au bout de 30 minutes. Pour apprendre que tous les retardataires sont placé à leur arrivé quelque soit la gêne occasionnée.
Une autorisation absurde avec en plus une telle arrogance de l'ouvreuse :evil: .

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Re: Marivaux- Le Petit-Maître corrigé - Comédie Française - 12/16

Message par HELENE ADAM » 11 janv. 2017, 18:47

jmc a écrit :
HELENE ADAM a écrit :Bien que lectrice de Télérama, je me suis laissée influencer par ODB et donc j'y vais jeudi :D
Mauvaise expérience pour moi :cry: .
D'abord du coté jardin on ne voit pas le début où tout se passe dans l'angle mort.
Ensuite je n'étais pas allé au théâtre depuis une éternité et j'étais déconcerté par le jeu des acteurs, un ton qui ne me paraissait pas juste, des rires forcés. Malgré les bonnes réactions de la salle que je trouvais injustifiées.
Enfin dix minutes après le début l'ouvreuse entre une première fois dans la salle pour faire déplacer deux personnes qui s'étaient mises au premier rang en annonçant l'arrivée des retardataires. Deux minutes plus tard elle place donc les retardataires au premier rang. Géné, ayant perdu le fil à cause de ces va et vient sous mon nez. Exaspéré je quitte la salle au bout de 30 minutes. Pour apprendre que tous les retardataires sont placé à leur arrivé quelque soit la gêne occasionnée.
Une autorisation absurde avec en plus une telle arrogance de l'ouvreuse :evil: .
Je viens de voir le mail reçu pour retirer mon billet demain soir et il est effectivement écrit


"Attention le spectacle commence à l'heure et les retardataires ne sont pas systématiquement acceptés."

A l'opéra on est généralement plus strict surtout dans les écrits :wink:
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Re: Marivaux- Le Petit-Maître corrigé - Comédie Française - 12/16

Message par HELENE ADAM » 13 janv. 2017, 08:55

jmc a écrit :Exaspéré je quitte la salle au bout de 30 minutes.
Bon c'est un peu dommage parce que c'est précisément le moment où, les situations étant bien en place et les acteurs "chauffés", le spectacle prend son rythme échevelé, extrêmement jouissif, repeignant Marivaux dans sa dimension sociale et sociétale radicale et très drôle. Le jeu des acteurs donne au contraire à mon avis, une sacrée jeunesse à ce pamphlet très féministe. :D
J'ai beaucoup ri, je me suis beaucoup amusée, j'ai juste regretté que vus d'en haut, les décors soient très insuffisants (visibilité totale sur la machinerie et les coulisses, y compris dans le fond de la scène pour la fin, le pauvre rideau représentant le "ciel" ayant décidé qu'il en avait marre de monter et de descendre, est resté roulé en bas.) :cry:
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Re: Marivaux- Le Petit-Maître corrigé - Comédie Française - 12/16

Message par houppelande » 13 janv. 2017, 09:04

jmc a écrit :Mauvaise expérience pour moi :cry: .
D'abord du coté jardin on ne voit pas le début où tout se passe dans l'angle mort.
Ensuite je n'étais pas allé au théâtre depuis une éternité et j'étais déconcerté par le jeu des acteurs, un ton qui ne me paraissait pas juste, des rires forcés. Malgré les bonnes réactions de la salle que je trouvais injustifiées.
Ta réaction rééquilibre un peu la critique unanimement favorable que j'avais lue ici et qui a beaucoup surpris des amis à qui je la rapportais et qui n'avaient pas du tout aimé le spectacle !

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