Roberto Alagna - Mon dictionnaire intime

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Re: Roberto Alagna - Mon dictionnaire intime

Message par HELENE ADAM » 28 avr. 2019, 16:37

Helmut Deutsch vient de sortir ses mémoires (en allemand) et c'est un sacré morceau rempli de témoignages passionnants.... :wink:
Mais ce sera pour plus tard, si vous êtes sages :roll:
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre, je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
Elle : Eh bien ! donc, frappez votre père ! venez, de son meurtre souillé, traîner à l'autel votre mère

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Re: Roberto Alagna - Mon dictionnaire intime

Message par JdeB » 28 avr. 2019, 16:41

je crois que je vais faire fais une partie dico dans mon livre sur les publics (pas le colloque sérieux qui sort très bientôt, le n° 2 avec une entrée sur "Hélène A., l'improbable" qu'il ne faut pas lire de manière péjorative mais comme '"celle qui déjoue toutes les lois des probabilités"
"Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien." J-C Van Damme.
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Re: Roberto Alagna - Mon dictionnaire intime

Message par micaela » 28 avr. 2019, 16:45

C'est donc plutôt 'l'imprévisible", celle qui déjoue tous a priori...
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pensée shadok

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Re: Roberto Alagna - Mon dictionnaire intime

Message par JdeB » 28 avr. 2019, 16:48

Non, c'est plus mathématique que cela et ce n'est pas une question d'a priori
lorsqu'on a décrypté son schéma, elle n'est pas imprévisible du tout car elle est très cohérente avec sa ligne directrice
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Re: Roberto Alagna - Mon dictionnaire intime

Message par Loïs » 29 avr. 2019, 15:28

HELENE ADAM a écrit :
28 avr. 2019, 13:35
Dommage aussi que certaines phrases demeurent, sans doute volontairement, un peu obscures : ainsi en est-il du « bio » où il affirme bien étrangement « Je me dis parfois qu’il serait bien que cette mode du bio arrive dans le chant, afin qu’on retrouve un style naturel, sans effet, sans artifice, un chant pur, simple, honnête, sans trucage. On peut rêver ! Toujours est-il que je me verrais bien lancer une tendance bio dans la pratique lyrique afin de revenir à l’essence même du chant ». Sans trucage ? Honnête ? De qui, de quoi, Roberto Alagna peut-il bien parler dans un art (lyrique) où par définition tout trucage est impossible ?
je comprends ce qu'il veut dire (je ne pense pas me tromper): chanter naturellement est une expression que l'on entend souvent chez les chanteurs et qui fait allusion à une période révolue où le volume n'était pas l'objectif premier. Les directions de plus en plus puissantes et les salles de plus en plus grandes mettraient au rencart une façon de chanter antérieure aux années 70. Il suffit d'écouter et de comparer les anciens pour entendre ce que chanter naturellement veut dire et des enregistrements actuels où les voix sonnent plus rondes, plus sombres et plus puissantes mais perdent en naturel et en diction. Je ne prends pour exemple que certains commentaires accompagnant des jeunes chanteurs actuels qui essaient de retrouver ce chant naturel et que l'on qualifie de daté ou old fashioned.
Et pour comparer nos deux grands rivaux (ce qui est surement sous entendu) : la voix d'Alagna sonne naturelle (évidemment pas autant qu'à ses débuts) alors que celle de JK est tout sauf cela (même si l'art(ificiel) à ce niveau force le respect). Eternel débat de la rivalité des deux types de ténors qe l'on avait déjà dans E la nave va

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Re: Roberto Alagna - Mon dictionnaire intime

Message par micaela » 29 avr. 2019, 15:37

Oui, je pense qu'il s'agit de ça.
Avec une réserve de ma part (ne pas taper si je dis n'importe quoi) si le trucage est impossible, les voix lyriques, même en tentant de retrouver un chant naturel, sont des voix travaillées, il me semble. Quant aux contre-ténors, sauf cas particuliers, ce n'est pas bio du tout….
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pensée shadok

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Re: Roberto Alagna - Mon dictionnaire intime

Message par Loïs » 29 avr. 2019, 15:50

micaela a écrit :
29 avr. 2019, 15:37
Oui, je pense qu'il s'agit de ça.
Avec une réserve de ma part (ne pas taper si je dis n'importe quoi) si le trucage est impossible, les voix lyriques, même en tentant de retrouver un chant naturel, sont des voix travaillées, il me semble.
bien sur on ne chante pas sur scène comme dans sa salle de bain, même si parfois on peut en donner l'impression, mais il y a une fluidité dans l'émission qui est frappante.
remarque annexe: il y a un compositeur que l'on ne peut que chanter "naturellement" : Mozart d'où les préconisations de certains artistes (dont Nucci) de ne jamais cesser de le chanter quelque soit l'évolution de votre carrière

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Re: Roberto Alagna - Mon dictionnaire intime

Message par HELENE ADAM » 30 avr. 2019, 09:03

Loïs a écrit :
29 avr. 2019, 15:50
micaela a écrit :
29 avr. 2019, 15:37
Oui, je pense qu'il s'agit de ça.
Avec une réserve de ma part (ne pas taper si je dis n'importe quoi) si le trucage est impossible, les voix lyriques, même en tentant de retrouver un chant naturel, sont des voix travaillées, il me semble.
bien sur on ne chante pas sur scène comme dans sa salle de bain, même si parfois on peut en donner l'impression, mais il y a une fluidité dans l'émission qui est frappante.
remarque annexe: il y a un compositeur que l'on ne peut que chanter "naturellement" : Mozart d'où les préconisations de certains artistes (dont Nucci) de ne jamais cesser de le chanter quelque soit l'évolution de votre carrière
Alagna parle de trucage (!) et en fait d'une généralité donc, sauf s'il utilise le pluriel de majesté ( :mrgreen: ), JK n'est pas spécialement sa cible. C'est une critique d'ensemble assez péjorative pour être volontairement désagréable. Non, on ne sait vraiment pas ce qu'il évoque et c'est assez curieux que son coach dans l'exercice, Alain Duault, ne l'ait pas titillé pour qu'il précise, ceci et quelques autres passages obscurs même pour un lecteur qui fréquente beaucoup l'opéra.
S'il veut qu'on retourne au style déclamatoire d'une certaine époque, très peu naturel pour moi, non merci😉
Mais cela ne me parait guère argumenté et c'est le fait de tous les chanteurs aujourd'hui que d'avoir retrouvé un style "naturel" justement et non "formaté" pour l'opéra (et le théâtre où l'on déclamait également la main sur le coeur pendant longtemps).
C'est sans doute Villazon qui a, le premier, revendiqué l'abandon de ce style. :wink:

Par ailleurs, cher Lois, tu te trompe totalement sur ton exemple : C'est exactement l'inverse. JK est un mozartien. Il en a chanté presque tous les rôles de ténor pendant des années (Don Ottavio, Ferrando, Tamino, Belmonte, Idoménéo, Titus, le ténor du Requiem et de la messe en Ut etc.) précisément lorsqu'il a changé de technique à partir de 1997 (voir ses multiples récits à ce sujet),.. Alors que Alagna n'a jamais chanté de Mozart. C'est un des grands trous de son répertoire...

PS : je n'ai toujours pas compris en quoi il y aurait rivalité entre Alagna et JK sauf peut être dans l'imagination de certains fans qui n'en connaissent généralement qu'un des deux et fantasment sur une supposé concurrence déloyale
Outre que c'est vraiment un point de vue franco français, il ne repose sur rien de sérieux qui ne s'appliquerait pas à tous les ténors connus aujourd'hui... Je trouve assez malsain d'entretenir l'idée que tout cela aurait le moindre fondement sérieux...
En Allemagne on a plutôt parlé de la rivalité entre Alagna et Beczala pour la nouvelle production de. Lohengrin à Bayreuth et là, le terme avait du sens puisque ils avaient été pressentis l'un et l' autre et que Beczala avait exprimé son dépit de ne pas avoir été choisi... Quel exemple similaire pourrait s'appliquer aux carrières respectives et si dissemblables d'Alagna et Jk ?

PS : ayant entretemps entendu Alain Duault déclarer sur France Musique qu'Alagna l'avait souvent appelé pour lui dire "Arrête avec ton Jonas, il fait ci ou ça mais moi je peux en faire autant", je retiens la théorie d'une jalousie de l'un à l'égard de l'autre ce qui peut corroborer la lecture de Lois...
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Re: Roberto Alagna - Mon dictionnaire intime

Message par JdeB » 02 mai 2019, 06:34

Ce sont des carrières pas si dissemblables (sauf sur le plan discographique, l'un publiant beaucoup plus que l'autre) que tu le dis avec de nombreux rôles en commun : Werther, Don José, Des Grieux (Massenet et Puccini), Faust, Mario, Canio, Alfredo, Rodolfo, Don Carlo, Radamès, Chénier, Otello, Duc, Maurizio, Manrico, ...et peut-être un jour des rôles wagnériens comme Lohengrin (bref, comme toujours, il faudra faire le bilan à la fin avec du recul)

Comme Alagna a toujours revendiqué être "le meilleur ténor du monde", la rivalité est donc inévitable avec tous les autres ténors de niveau mondial. Il n'y a que toi pour la nier. Et c'est plutôt sain comme émulation.


Personne n'arrive au très haut niveau mondial et ne s'y maintient longtemps sans une mentalité d’athlète de haut niveau ce qui suppose un dur de désir de gagner, d'être devant, le meilleur, le mieux classé, le mieux payé, le plus récompensé, le plus en vue, etc

je crois que la psychologie des ténors t'échappe beaucoup
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Re: Roberto Alagna - Mon dictionnaire intime

Message par Loïs » 02 mai 2019, 07:57

HELENE ADAM a écrit :
30 avr. 2019, 09:03
Alagna parle de trucage (!) et en fait d'une généralité donc, sauf s'il utilise le pluriel de majesté ( :mrgreen: ), JK n'est pas spécialement sa cible. C'est une critique d'ensemble assez péjorative pour être volontairement désagréable. Non, on ne sait vraiment pas ce qu'il évoque et c'est assez curieux que son coach dans l'exercice, Alain Duault, ne l'ait pas titillé pour qu'il précise, ceci et quelques autres passages obscurs même pour un lecteur qui fréquente beaucoup l'opéra.
S'il veut qu'on retourne au style déclamatoire d'une certaine époque, très peu naturel pour moi, non merci😉
Mais cela ne me parait guère argumenté et c'est le fait de tous les chanteurs aujourd'hui que d'avoir retrouvé un style "naturel" justement et non "formaté" pour l'opéra (et le théâtre où l'on déclamait également la main sur le coeur pendant longtemps).
C'est sans doute Villazon qui a, le premier, revendiqué l'abandon de ce style. :wink:
Par ailleurs, cher Lois, tu te trompe totalement sur ton exemple : C'est exactement l'inverse. JK est un mozartien. Il en a chanté presque tous les rôles de ténor pendant des années (Don Ottavio, Ferrando, Tamino, Belmonte, Idoménéo, Titus, le ténor du Requiem et de la messe en Ut etc.) précisément lorsqu'il a changé de technique à partir de 1997 (voir ses multiples récits à ce sujet),.. Alors que Alagna n'a jamais chanté de Mozart. C'est un des grands trous de son répertoire...
La rivalité entre les deux existe de fait quoique l'on puisse en penser et surtout même si on admire les deux (personnellement à ce niveau je considère toujours que le meilleur des deux est celui qui est sur scène ce soir devant moi), le cirque de l'opéra le veut et comme le souligne Jérôme, nous sommes dans un milieu d'athlètes hors norme et surtout on parle de ténors (le fonctionnement de leur cerveau n'a aucun lien avec une réalité connue :lol: )
les termes qu'emploient Alagna oppose clairement une conception de chant naturel (on m'en parle une fois par semaine depuis 15 ans :lol: ) qui se traduit en premier lieu par une émission naturelle (vibration à hauteur + son non poussé et à même hauteur ou au dessus).
Le chant de Kaufmann est d'une articifialité la plus aboutie qui soit (ce n'est pas péjoratif dans mon propos, ne te méprends pas) . Il n'y a qu'à écouter ce timbre barytonnant avec ses aigus fulgurants. Sans compter que rien dans le chant n'est sous contrôle de son cerveau (son très grand art étant de le rendre spontané et de faire croire à l'émotion).
Pour Mozart, certes Kaufmann a abordé ce répertoire mais au delà de réussite de ses prestations, le qualifierais tu de ténor mozartien typique? On entend bien complètement autre chose (pas de fluidité par exemple). Alagna a choisi de ne pas l'aborder, même si sa fréquentation avec Dussurget aurait pu lui conduire, mais a choisi de maintenir à son répertoire des rôles légers comme l'Elixir afin de garder sa fraicheur (on retrouve la même préoccupation que chez Nucci) ou d'alterner italien et français (y compris pour l'anecdote en chauffant sa voix) afin de ne pas rigidifier.

Attention Hélène, je n'essaie pas de valoriser l'un par rapport à l'autre mais je dis simplement que je comprends parfaitement ce qu'Alagna a voulu dire et que j'entends aussi ses allusions

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