La création lyrique en France depuis 1900. Contexte, livrets, marges

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JdeB
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La création lyrique en France depuis 1900. Contexte, livrets, marges

Message par JdeB » 14 déc. 2015, 10:34

Auzolle, Cécile, dir., La création lyrique en France depuis 1900. Contexte, livrets, marges, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015, 372 pages, 20 euros.

On recense mille créations mondiales en français depuis 1900, sous la plume de presque trois cents compositeurs différents dans presque cent cinquante salles !

L’étude la première partie du XX ième siècle montre très justement que dès 1881 et la création d’Hérodiade, la Monnaie de Bruxelles tend à supplanter Paris en matière de commandes, Monte-Carlo jouant aussi un rôle majeur jusqu’à la Grande Guerre en la matière puisqu’y voient le jour les principaux ouvrages de Massenet et de Saint-Saëns ainsi que la Pénélope de Fauré, chef d’œuvre absolu. A Paris même, l’Opéra-Comique a un rôle moteur jusqu’à l’arrivée de J. Rouché à la tête de l’Opéra tandis qu’il ne faut pas négliger le travail des frères Isola à la Gaité lyrique à qui l’on doit les créations parisiennes d’Hérodiade (1903), Don Quichotte (1910) et Panurge (1913), trois ouvrages importants de Massenet. La période voit aussi l’émergence d’un « vérisme à la française » avec Louise (1900), Le Chemineau (1907) de Leroux ou La Lépreuse de Lazzari (1907).

Outre les créations, la richesse des programmations et de la vie lyrique de nos Opéras est mise en valeur. L’Opéra-Comique voit ainsi la création de Pelléas et Mélisande au sein d’une saison 1901-1902 riche de 293 représentations de 38 ouvrages différents, données tous les soirs du 14 septembre 1901 au 5 juillet 1902, soit un lever de rideau tous les soirs à l’exception de deux jours de relâche en mars !

En élargissant le champ d’étude le tableau de la page 64 établit le palmarès des compositeurs les plus joués dans l’hexagone au cours des cinq saisons 1995-2000 : Mozart arrive largement en tête, avec 126 « programmations », suivi par Verdi (97), Puccini (67), Offenbach (63) et Rossini (42).

Une réflexion de Jean-Pierre Brosmannn en 1996 ouvre de larges perspectives de réflexion : selon lui, la plus grande révolution dans l’histoire de l’art lyrique au XX ième siècle est ce qu’il appelle « un retour du sens », c’est-à-dire un retour au livet, à l’histoire, bref à une dimension théâtrale trop longtemps occultée par un primat donné à la voix.

Loin de toutes chapelles, les études de cas fournissent de bien intéressants éclairages sur la Ginevra de Delannoy (1942), l’Andrea del Sarto de Daniel-Lesur (1969), Les Trois sœurs d’Eötvös, Le Dernier jour d’un condamné d David Alagna, Les travaux d’Hercule de Duhamel, les quatre ouvrages de Manoury, le Faust de Fénelon, ou Le Chevalier des Neiges de Delerue, un ouvrage de quatre heures sur un livret de Boris Vian à partir de la légende arthurienne créé à Nancy le 31 janvier 1957. A propos de création en province, il faut clarifier les choses au sujet de celle de GO-gol de Levinas évoquée de manières erronée page 71 à Montpellier en 1996. En réalité elle a eu lieu à Strasbourg, dans le cadre du festival de musique contemporaine Musica le 21 septembre 1996 dans une production de Daniel Mesguich dirigée par Pascal Rophé qui a été reprise à Montpellier les 21 et 22 février 1997.

L’accent est mis sur les opéras pour enfants dans au moins trois contributions différentes tandis qu’une série d’entretiens complète et enrichit l’ouvrage.

On aurait pu tenter aussi d’élaborer une discographie.

Mais au total, le groupe de recherche OPEFRA (Opéra en France) mis en place en 2009, ouvre ici de très fertiles pistes pour explorer les utopies, les poétiques, les paradoxes et les réalités de la scène lyrique en un siècle sujet à de multiples métamorphoses.

Jérôme Pesqué
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Re: La création lyrique en France depuis 1900. Contexte, livrets, marges

Message par sopranolove » 16 déc. 2015, 10:55

Ce livre m'intéresse beaucoup, car il parle d'une partie du répertoire qui est loin de me rebuter, au contraire. Enfin un livre qui met en valeur des oeuvres dont on ne parle jamais et qui peuvent se révéler intéressantes. J'aimerais beaucoup qu'on en reprenne certaines. Plusieurs exemples entre mille Ana et l'Albatros de Jacques Bondon (opéra créé à Metz en 1971 je crois, mais malheureusement je n'avais encore jamais été à l'opéra et ce titre ne m'intéressait pas, à tort car c'est une oeuvre très poétique avec un beau rôle féminin pour un soprano lyrique. A l'époque c'était Eliane Lublin qui l'avait créé...), Sire Halewyn (de Séménoff, là aussi il y a un très beau rôle pour soprano dramatique créé par Christiane Stutzmann qui pourrait intéresser une chanteuse actuelle, un personnage dans la lignée de Salomé....) Les Traverses du temps de Prodromides.... Et, en élargissant les frontières, pourquoi ne pas reprendre la Passion de Gilles, de Boesmans, opéra qui parle de Gilles de Rais et de ses relations avec Jeanne d'Arc ! Messieurs les décideurs, il n'y a pas que le baroque et des opéras qui n'ont pas été repris après leur création et qui n'ont pas eu la chance d'être repris à Paris peuvent être très intéressants...

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