Jonas Kaufmann, Tenor-Thomas Voigt-Henschel-2015

Biographies, livres historiques et autres bouquins relatifs à l'opéra.
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HELENE ADAM
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Jonas Kaufmann, Tenor-Thomas Voigt-Henschel-2015

Message par HELENE ADAM » 21 avr. 2015, 19:29

Il y a quelques années, en 2008, alors que Jonas Kaufmann connaissait sa fameuse "irrésistible ascension", Thomas Voigt, écrivain, son ami et son agent, avait déjà écrit un livre qui retraçait les grandes lignes de la carrière du ténor Munichois. Le titre en était alors la phrase que Jonas Kaufmann avait prononcé au moment où explosaient les applaudissements dans la salle du MET surchauffée début 2006, à 'issue d'une certaine Traviata où son Alfredo s'était imposé, et avec lui, son étrange voix plus bronzée que solaire, et son charisme d'acteur-né : "Meinen die Wirklich mich?".

Depuis l'artiste (à la voix de bronze, au timbre lunaire, au jeu prodigieux, qui laisse des souvenirs impérissables) a fait encore beaucoup de chemin.

Et c'est cette route souvent sinueuse, qui a connu des hauts et des bas, des joies et des peines, que Thomas Voigt a retracé avec l'aide de nombreux témoignages prestigieux, de Placido Domingo à Helmut Deutsch en passant par Natalie Dessay, Anja Harteros ou Antonio Pappano.
Pas seulement hagiographique comme le sont souvent ces ouvrages (mais un peu quand même), l'intérêt principal de cette réédition augmentée, complétée, améliorée, réside surtout dans le superbe album de photos que Thomas offre à son ami et qui montre les (belles) facettes d'un artiste "fascinant" pour reprendre le cri du coeur de Ludovic Tézier durant l'entracte de la Forza del Destino.

Qu'apprend-on quand on le suit d'assez près et qu'on s'y intéresse depuis quelques années déjà (et qu'on a la baracca comme moi qui ne le rate jamais) ?

Disons qu'on redécouvre que le chemin le plus court d'un point à un autre n'est pas toujours la ligne droite et que si Jonas Kaufmann a réussi, il le doit beaucoup à son immense talent et un peu beaucoup aussi à la chance...

Il est le fils d'un père et d'une mère non musiciens, qui se sont connus dans les "blocs" d'immeubles réservés au réfugiés de l'Est à Munich et y ont habité avec lui et sa grande soeur (de 5 ans son ainée) durant toute son enfance (turbulente, il a déclaré plus tard lors d'une interview qu'il était un enfant "hyperactif" qu'il fallait tout le temps occuper...)

Le petit JK (5 ans), sa soeur, et le fameux piano qui occupait une grande place dans l'appartement.
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Il a gardé de son enfance des points repère assez forts : son grand-père passionné de Wagner, sa grand-mère qui chantait des opérettes (Berlin 1930), le piano sur lequel tout le monde jouait (jolie photo de la grande soeur apprenant les notes au petit frère), la condition des "réfugiés" parqués dans des quartiers réservés (il y fait fréquemment référence en parlant des réfugiés et naufragés de Lampedusa), la peur de la Stasi quand ils rendaient visite à la famille de l'autre côté du rideau de fer, ses vacances en Italie où il a appris, gamin, sur les plages de la Riviera à parler couramment un Italien parfait.

La Bohême
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Le chapitre le plus étonnant à mon avis est celui qui s'intitule "Sarrebrück, les années galères". Sans doute parce qu'il révèle assez crûment, la dure condition du chanteur de troupe, prisonnier de son engagement, obligé d'accepter tous les rôles (de Caramelo à Nemorino) sans jamais pouvoir en refuser, chantant, jouant tous les soirs, s'abîmant la voix et la santé (les mines de charbon et les bretelles d'autoroute) sans voir d'issue autre que la persévérance. Après tout, il pouvait être ingénieur et il a choisi d'être ténor...

Photos surprenantes : 94, Jonas Kaufmann en Remendado (Carmen) avec Margarete Joswig en Mercedès,95 Jonas Kaufmann en Christian (Cyrano)... etc etc. jusqu'à la crise de sa voix qui le plante au beau milieu de l'acte 1 de Parsifal (il chante un garçon et reste, la bouche ouverte, aphone) et à la rencontre miraculeuse avec Michael Rhodes.

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Cosi Fan Tutte-1998- Mise en scène de Strehler

Un peu de légende derrière toute cette histoire et un gros travail pour trouver une autre voix dont on peut suivre les évolutions si on écoute ses premiers enregistrements : le Cosi Fan Tutte de 1998 (mise en scène Strehler, Piccolo Teatro), le Jacquino de Fidelio (mise en scène Kusej), la damnation de Faust de la Monnaie (direction Pappano), puis Oberon (Gardiner), Der Vampyr, les Koenigskinder (Armin Jordan)...
Les oeuvres citées sont emblématiques puisqu'elles lui permettent de rencontrer de grands metteurs en scène (on peut rajouter Py toujours pour la damnation mais en 2002 à Genève) qui lui apprendront à bouger sur scène sans jamais laisser son corps au repos tandis qu'il chante, et de grands chefs d'orchestre.

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Jonas Kaufmann et Vesselina Kasarova dans "L'incoronazione di Poppea" en répétition sur la scène de l'Opernhaus de Zurich le 15 février 2005. [Niklaus Stauss - Keystone]

Mais qui connait Jonas Kaufmann à l'époque ? Personne ou presque. Il s'est dégagé des troupes et arrive à Zurich, petit havre de tranquillité où il croise Cécilia Bartoli (Nina, DVD à voir et à revoir), et tout un monde musical dirigé par Harnoncourt et chante souvent avec les mêmes artistes (Vesselina Kasarova par exemple).

On peut considérer cette période comme celle où il a le plus progressé de tous les points de vue, s'essayant déjà à toutes sortes de rôles : les Meistersinger de Wagner, son premier Parsifal, le Cassio d'Otello, Alfredo (une Traviata à Chicago avec Cioffi en 2002), la Rondine en 2004, ses débuts au ROH (en remplacement d'Alagna qui ne voulait pas chanter avec Gheorghiu cette année là), Mantova dans Rigoletto, beaucoup de Mozart (la Flûte, la Clémence, Cosi, l'enlèvement au Sérail, le Requiem,), Monteverdi (le retour d'Ulysse, "L'incoronazione di Poppea), le Lobgesang ou Koenigssohn en version concert à Montpellier en 2005...., et surtout des récitals de lieder qui sont déjà sa marque de fabrique avec son professeur de chant, devenu son accompagnateur, Helmut Deutsch : Schubert, Schumann, Litzt, Britten, Strauss, Mahler, Duparc.

La Traviata du Met est encore aujourd'hui présentée par ses biographes rapides comme la révélation de son talent original. Plutôt l'aboutissement d'une assez longue maturation, il a quand même déjà 37 ans à ce moment-là... et déjà beaucoup d'expériences. Mais pas encore de notoriété...

Par la suite, évidemment, sa carrière s'emballe littéralement. Non seulement il enchaîne les rôles, les créations, les engagements sur les plus grandes scènes, mais il enregistre une discographie phénoménale en peu d'années, un nombre de DVD impressionnant, sans jamais cesser de donner de simples récitals de piano pour lesquels il remplit des salles sans difficulté.

La conversation rapportée par Thomas Voigt entre Anja Harteros et lui, à la veille de la Forza del destino, révèle sans doute une part du caractère de cet artiste pas ordinaire.
Kaufmann philosophe (il est toujours assez volubile sur n'importe quel sujet) sur le destin, la chance en défendant l'idée que le travail est essentiel. Elle l'interrompt pour lui demander s'il parle de sa carrière. Pas seulement, dit-il et elle s'exclame : "ah bon parce que le ténor à qui Dieu a donné la plus belle voix du monde, qui est beau, que tout le monde adore, il n'a pas eu de chance peut-être ?"
Voigt leur demande alors de confirmer qu'ils se sont rencontrés lors du Cosi Fan Tutte de 2002. Elle confirme et lui rappelle qu'il était arrogant en ce temps-là et qu'il est devenu cool après avoir (très bien) chanté... Une autre vision de leurs relations...

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2007-Garnier-Alfredo

Force et fragilité de l'artiste dont Voigt rend compte du mieux qu'il peut dans les limites de l'exercice, engagement complet dans les rôles, dans la vie foldingue et désordonnée, incapacité de maitriser sa vie familiale, séparation... tout y est sans trop de fard mais sans étalage non plus.

Et poids du marketing.
Car même ce livre c'est du marketing. Il sort au festival de Salzburg, celui de Pâques, centré sur Jonas Kaufmann, omniprésent, qui permet au festival d'augmenter de 20% ses recettes... Il est signé lors de la tournée "Berlin 1930" que Kaufmann fait en ce moment de ville en ville.
Kaufmann pour sa maison de disques, c'est un produit, un concept, celui du beau chanteur, qui chante bien (mais pas comme tout le monde) et qui joue merveilleusement bien, qui ne ressemble pas à un chanteur d'opéra, qui remplit toutes les salles sur son nom (même les salles de cinéma) et qui crée un drame voire une tragédie quand il annule
(à toi Placido :mrgreen: )

C'est un type normal, dit Voigt en conclusion, il aime le foot et les belles bagnoles (BMW qui le sponsorise avec Rollex etc etc).
Ouais.
C'est un artiste génial dont on souhaite qu'il ne se fasse pas bouffer par ce système qui plume la poule aux oeufs d'or. C'était pour un hommage ému à son "Goooooottttt, welche dunkel hier" qui m'arrache toujours des larmes.
On ne se refait pas.
A lire si vous lisez l'allemand, sinon pour les photos. :D
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre,je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Re: Jonas Kaufmann, Tenor-Thomas Voigt-Henschel-2015

Message par Ingrid » 21 avr. 2015, 19:50

:arrow:

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Re: Jonas Kaufmann, Tenor-Thomas Voigt-Henschel-2015

Message par HELENE ADAM » 22 avr. 2015, 08:40

:akuma:
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Re: Jonas Kaufmann, Tenor-Thomas Voigt-Henschel-2015

Message par raph13 » 22 avr. 2015, 15:20

Traviata à Chicago c'était en mars 2003 avec CioFi (un seul f :) )
« L’opéra est comme l’amour : on s’y ennuie mais on y retourne » (Flaubert)

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Re: Jonas Kaufmann, Tenor-Thomas Voigt-Henschel-2015

Message par Musanne » 22 avr. 2015, 22:38

HELENE ADAM a écrit :Kaufmann philosophe (il est toujours assez volubile sur n'importe quel sujet) sur le destin, la chance en défendant l'idée que le travail est essentiel. Elle l'interrompt pour lui demander s'il parle de sa carrière. Pas seulement, dit-il et elle s'exclame : "ah bon parce que le ténor à qui Dieu a donné la plus belle voix du monde, qui est beau, que tout le monde adore, il n'a pas eu de chance peut-être ?"
La traduction des propos d'Anja Harteros est exacte sur le fond mais ils étaient exprimés dans un niveau de langue plus familier. La traduction exacte serait plutôt : "Et voilà ce que déclare le ténor qui est en plein envol vers les cimes ! Le bon Dieu t'a donné une voix sensationnelle, tu as un physique super, tu es désiré, naturellement tu as acquis tout ça à la sueur de ton front, c'est clair !" Ce qui fait éclater Jonas d'un de ces rires sonores dont il a le secret.
Cette interview croisée, très directe et sans langue de bois, était assez révélatrice des 2 personnalités et de leurs relations. Ils ont une divergence sur l'importance du destin et du don naturel. Pour Harteros, le talent est à 100% un don de la nature. JK est plus nuancé. Pour lui "Il y a à coup sûr beaucoup d'êtres humains qui sont naturellement beaucoup plus doués pour notre profession que nous -mais ils n'ont jamais eu le contact à la musique classique et encore moins la chance de devenir quelque chose dans ce métier". La chance, ce sont les situations qu'on doit "utiliser activement". Il faut "prendre son destin en main" martèle-t-il.
Dans sa toute récente interview télévisée à la chaîne NDR il revient sur ce qui fait selon lui la réussite d'une carrière : un mélange de hasard, de travail, d'auto-critique et d'ouverture à la critique des autres, mais le plus important est la passion, l'amour du chant et la capacité à transmettre, au-delà des barrières qu'on érige pour se protéger, les émotions au public

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Re: Jonas Kaufmann, Tenor-Thomas Voigt-Henschel-2015

Message par HELENE ADAM » 07 mai 2015, 07:46

:akuma:
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Re: Jonas Kaufmann, Tenor-Thomas Voigt-Henschel-2015

Message par HELENE ADAM » 20 mai 2015, 07:58

Dans le droit fil de mon commentaire, Jonas Kaufmann a déclaré récemment dans une interview (Mythos ténors) que le succès et le fait de se hisser au top-niveau était souvent une question de chance : "être la bonne personne au bon moment à la bonne place" et que selon les époques, les goûts n'étaient pas forcément les mêmes. "Certaines voix n'auraient eu aucun succès il y a vingt ans".
Réflexion profondément juste qui ne retire rien à son talent de musicien (qui est quand même sa première qualité), à son travail acharné et à ses choix judicieux au regard de ses capacités. Son étrange voix reconnaissable sur n'importe quel enregistrement les yeux fermés, possède un charme étrange et captivant de "voix virile" pour un rôle de ténor, inhabituelle et diablement séduisante, d'autant plus qu'il pratique à merveille l'art de la nuance, baissant le volume ou le montant à volonté sans accroc, autre caractéristique qui le différencie souvent radicalement de beaucoup d'autres interprètes (son Fidelio ou son Radamès, rôles très différents s'il en est, sont des modèles de ce point de vue.
Mais il a été et reste régulièrement décrié pour ces raisons-là aussi : voix de baryton, inadéquate aux rôles de ténors, sur utilisation de la voix de tête etc etc.
Le fait est que le charme opère pour la grande majorité des mélomanes...
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre,je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Message par JdeB » 25 mai 2015, 12:05

HELENE ADAM a écrit : C'est un type normal, dit Voigt en conclusion, il aime le foot et les belles bagnoles (BMW qui le sponsorise avec Rollex etc etc).
Ouais.
Le "Ouais" veut-il signifier que tu n'es pas d'accord avec le biographe sur le côté "type normal" de JK ?

J'ai eu l'occasion de l'approcher un peu longuement ici ou là: cocktail après son Lobgesang ou Koenigssohn à Montpellier en 2005 où personne ne lui parlait sauf son agent et moi, interview ODB (une bonne heure à 3), coulisses à Vienne, Paris, au Met (dont le "tournage" du Werther), etc...et c'est bien ce qui m'a frappé.

Je n'avais jamais perçu cela chez un ténor (star ou pas) sauf chez G. Kunde.

C'est pour cela que les débat sur "le mystère Kaufmann" me laissent complétement perplexe...
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Re: Jonas Kaufmann, Tenor-Thomas Voigt-Henschel-2015

Message par HELENE ADAM » 25 mai 2015, 15:48

JdeB a écrit :
HELENE ADAM a écrit : C'est un type normal, dit Voigt en conclusion, il aime le foot et les belles bagnoles (BMW qui le sponsorise avec Rollex etc etc).
Ouais.
Le "Ouais" veut-il signifier que tu n'es pas d'accord avec le biographe sur le côté "type normal" de JK ?

J'ai eu l'occasion de l'approcher un peu longuement ici ou là: cocktail après son Lobgesang ou Koenigssohn à Montpellier en 2005 où personne ne lui parlait sauf son agent et moi, interview ODB (une bonne heure à 3), coulisses à Vienne, Paris, au Met (dont le "tournage" du Werther), etc...et c'est bien ce qui m'a frappé.

Je n'avais jamais perçu cela chez un ténor (star ou pas) sauf chez G. Kunde.

C'est pour cela que les débat sur "le mystère Kaufmann" me laissent complétement perplexe...

Oui c'est cela que je voulais dire : un "type normal" ne décide pas d'arrêter ses études d'ingénieur pour devenir ténor sans aucun moyen de savoir s'il dépassera la condition de ténor de troupe...
Mais je n'ai pas du tout ton expérience, je ne l'ai jamais rencontré autrement que depuis la salle quand il était sur scène, ce qui limite mes capacités d'analyse.
Il y avait pas mal d'artistes professionnels dans ma famille (dont des musiciens) et, bien qu'ayant donc baigné dans cette atmosphère très particulière, j'ai toujours pensé que faire un choix professionnel d'artiste, sortait totalement de la normalité...
Lui : Que sous mes pieds se déchire la terre ! que sur mon front éclate le tonnerre,je t'aime, Élisabeth ! Le monde est oublié !
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Re: Jonas Kaufmann, Tenor-Thomas Voigt-Henschel-2015

Message par PlacidoCarrerotti » 25 mai 2015, 17:03

HELENE ADAM a écrit :
JdeB a écrit :
HELENE ADAM a écrit : C'est un type normal, dit Voigt en conclusion, il aime le foot et les belles bagnoles (BMW qui le sponsorise avec Rollex etc etc).
Ouais.
Le "Ouais" veut-il signifier que tu n'es pas d'accord avec le biographe sur le côté "type normal" de JK ?

J'ai eu l'occasion de l'approcher un peu longuement ici ou là: cocktail après son Lobgesang ou Koenigssohn à Montpellier en 2005 où personne ne lui parlait sauf son agent et moi, interview ODB (une bonne heure à 3), coulisses à Vienne, Paris, au Met (dont le "tournage" du Werther), etc...et c'est bien ce qui m'a frappé.

Je n'avais jamais perçu cela chez un ténor (star ou pas) sauf chez G. Kunde.

C'est pour cela que les débat sur "le mystère Kaufmann" me laissent complétement perplexe...

Oui c'est cela que je voulais dire : un "type normal" ne décide pas d'arrêter ses études d'ingénieur pour devenir ténor sans aucun moyen de savoir s'il dépassera la condition de ténor de troupe...
Mais je n'ai pas du tout ton expérience, je ne l'ai jamais rencontré autrement que depuis la salle quand il était sur scène, ce qui limite mes capacités d'analyse.
Il y avait pas mal d'artistes professionnels dans ma famille (dont des musiciens) et, bien qu'ayant donc baigné dans cette atmosphère très particulière, j'ai toujours pensé que faire un choix professionnel d'artiste, sortait totalement de la normalité...

Amusant. Les parents d'Alfredo Kraus l'ont obligé à continuer ses études d'ingénieur jusqu'au diplôme ;-)
Pareil pour son frère, baryton (une bonne idée dans ce second cas !).
“Plus on ira, moins il y aura de centenaires qui auront connu Napoléon 1er.” Alphonse Allais.

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