Vos plus grandes soirées

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Christopher
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Message par Christopher » 04 mai 2004, 20:43

Bal Masqué à Bastille en 1992 pour avoir vu Pavarotti depuis le 9ème rang d'orchestre

La femme sans ombre au Chatelet, mes Homoki si mystérieuse et envoutante, et l'orchestre duirigé par Donany

Manon en 2001 à Bastille avec Fleming et Alvarez , un grand frisson lyrique

Guerre et Paix à Bastille pour sa mes grandiose


mais encore Lucia à Bastille avec Anderson/Alagna, Romeo et Juliette à Favart avec Alagna, Nabucco à Bastille avec Varady, Alcina à Garnier avec Dessay/Fleming/Graham.

tuano
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Re: Vos plus grandes soirées

Message par tuano » 04 mai 2004, 20:49

Xavier a écrit :Pourriez-vous décrire ici les deux, trois ou quatre plus grandes soirées d'opéra de votre vie ?

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Dans l'ordre :

1) Roberto Devereux de Donizetti au Staatsoper de Vienne, en septembre 2001.

La mise en scène était nulle voire ridicule ou stupide, ils ont osé supprimer tous les choeurs dans la scène finale, les décors et les costumes étaient très laids, les chanteurs pas totalement crédibles voire carrément bizarres sur scène, et vocalement un peu banals (mais d'un niveau très correct) mis à part celle qui chantait Elisabetta.

Cela a été la plus belle soirée de ma vie (pas seulement d'un point de vue lyrique). En fait, j'étais à Vienne surtout pour un autre spectacle qui s'est avéré peu évènementiel.

Cette soirée a pris tout son sens lorsqu'Edita Gruberova est entrée en scène. J'ai été surpris de son timbre voilé, nettement moins acide et métallique que ce qu'on peut entendre au disque.
Elle était absolument passionnante ! Elle arrivait à être impitoyable, royale, sévère tout en étant bouleversante. D'un point de vue strictement interprétatif, je n'ai jamais entendu une incarnation aussi aboutie, aussi prenante et vraie. C'est certainement, de très loin, son rôle le plus intéressant.
Vocalement, c'était également extraordinaire, hors de portée par rapport à tout ce que les autres cantatrices actuelles sont capables de faire. Les piani aigus aériens sont d'une beauté à couper le souffle, les suraigus d'une puissance et d'une pertinence dramatique vertigineuses !
A chaque fois que je vois Edita Gruberova, je me demande pourquoi je perds mon temps et mon argent à aller voir d'autres choses, alors que je ferais mieux de tout boycotter pour la suivre partout en Europe, voire dans le monde !

2) Le couronnement de Poppée à Salzbourg en 1993.
Un an après ma première soirée d'opéra, je réussissais à assister à une représentation du plus grand festival d'opéra du monde, alors au début de l'ère Mortier (qui a pris quelques années avant de convaincre - tout n'est pas perdu pour l'Opéra de Paris !). Pour moi, c'était vraiment merveilleux d'être dans un festival mythique, de voir diriger le fameux Nikolaus Harnoncourt, d'entendre une légende comme Kurt Moll !
J'ai vu depuis de meilleurs spectacles mais sans ma naïveté de néophyte, qui n'avait encore jamais entendu d'opéra baroque !

La distribution était somptueuse mais surtout composé de chanteurs que je n'aimais pas au disque... et que j'ai adoré ce soir-là ! Kurt Moll était un Sénèque d'une noblesse infinie et... quels graves ! Ce n'est pas à l'Opéra Bastille qu'on entendait à cette époque des voix pareilles !
Sylvia McNair trouvait là le meilleur rôle de sa vie. Son timbre qu'on peut trouver terriblement fade ailleurs s'épanouissait sournoisement dans les langueurs de l'ambitieuse et belle Poppée. Elle était parfaite, envoûtante ! Quelle révélation aussi de découvrir la charmante Andrea Rost en Drusilla ! Et pouvait-il y avoir meilleure Damigella qu'Anna Steiger ?

3) Nabucco à l'Opéra Bastille avec l'Abigaille de... de... ??... de Maria Guleghina !
Quelle voix immense ! C'était du délire ! Et ce contre-ré non écrit à la fin du duo ! De la folie ! Même lorsqu'elle chantait dos au public ("Viva Nabucco"), on s'en prenait plein les oreilles du second balcon !
Sergei Leiferkus était un Nabucco à sa mesure, au timbre perçant qui lui permettait de l'affronter sans craindre d'être englouti. Une soirée très vocale, délirante !

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Message par Alain_B » 04 mai 2004, 21:15

Je me rend compte que j'ai oublié la formidable Lady Macbeth de Bastille il y a quelques années.

Révélation à tous points de vue, et mise en scène superbe.

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Message par Christopher » 04 mai 2004, 21:23

Oui, moi aussi je ne l'est pas mentionné mais j'avais adoré la Lady Macbeth de Mensk (Chostakovith) , quel spectacle epoustougfalnt ; j'espère qu'ils le reprendront un jour.[/quote]

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Message par tuano » 04 mai 2004, 21:37

Christopher a écrit : j'espère qu'ils le reprendront un jour.
Malheureusement non ! J'ai lu très récemment que la production n'était pas adaptée au fonctionnement actuel de l'Opéra Bastille.

Cela fait partie de ma liste de regrets (dans ce que j'aurais pu voir facilement ) !

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Message par Real » 04 mai 2004, 22:44

:D Otello à Montréal en 1967 avec Vickers dirigé par Metha. Ah l'Otello de Vickers, absolument irrésistible!
Tristan und Isolde à Montréal vers 1975 avec Vickers. Lidgenza, Forester, Ah le Tristan de Vickers, absolument époustoufflant! Mise en scène et décors remarquables; ça n'avait rien d'un bric à brac loin de là. Je n'ai malheureusement rien vu de pareil depuis ce temps. C'est pas d'hier tout ça, mais j'en conserve un souvenir impérissable.
Ah oui Turandot au Met avec Nilsson, Corelli, Moffo quelque part dans les années 1960. J'avais gagné un concours qui m'avait permis d'aller voir ça, toutes dépenses payées. Que du beau chant, mais décors assez bof.
J'ai aussi vu en 1967 à Montréal I Capuleti e I Montecchi, une production de La Scala avec un Pavarotti encore inconnu en Tybalt, Araiza (superbe) en Romeo et Scotto en Giulietta (wow).
:P
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Message par philou » 05 mai 2004, 00:01

Tristan et Isolde à Londres avec Heppner et Lisa Gasteen, Petra Lang et Alan Titus avec Haitink au pupitre : une mise en scène de Herbert Wernicke atroce, mais alors musicalement un délire absolu : Gasteen phénoménale de puissance et d'émotion, Heppner dans un de ses meilleurs jours (digne du Walther de Bastille en novembre dernier), Petra Lang ensorcellante, Titus magistral, et l'orchestre dé-chai-né, Haitink en ébullition...certains des violons pleuraient au rideau, une habituée à coté de moi m'a dit qu'elle n'avait jamais entendu un Tristan pareil : un moment de grâce absolu, j'en frissonne encore.

La première d'Alcina à Garnier : Carsen au sommet de son art (je suis un inconditionnel), et surtout Fleming qui a donné une leçon de chant sans précedent, j'ai pleuré à ses trois airs non stop, j'en repleure quand je repense à son 'O Mio Cor', un moment inégalé pour moi à l'Opera. Dessay parfaite, Graham comme elle peut l'être : musicienne jusqu'au bout des ongles et vocalement exquise. Christie dans son élement (quoique j'aurais révé de Gardiner pour le coup).

Le Chevalier à La Rose à Salzburg quand j'avais 14 ans, avec Tomowa-Sintow, Baltsa, Kurt Moll : ce jour là j'ai tellement pleuré que mes parents croyaient que je détestais l'opéra et qu'ils ne réussiraient jamais à m'y faire remettre les pieds, alors qu'au même moment je me disais que c'était si fort que j'allais y passer toutes les soirées du restant de ma vie...

Nabucco à Bastille avec un Ramey impérial et une Guleghina extra-terrestre...le 'ben io t'invenni' d'Abigail le plus epoustouflant que j'ai jamais entendu (Tuano, toi aussi tu y étais visiblement )...et Carsen, toujours !

Et puis en vrac mes plus belles crises de larmes (de bonheur) : René Pape en Roi Marke, Naglestad en Poppée à Stuttgart :worthy:, Urmana en Kundry, Graham en Marguerite dans la Damnation à Bruxelles :sweatdrop: , Dohmen en Wotan à Genève :crybaby:, Hampson en Amfortas :tears: , Agnew et Rivenq dans les Boréades, Guriakova en Tatiana à Bastille :butterfly: , Ninna Stemme en Lady Macbeth de Mensk à Genève, Lorraine Hunt en Phèdre à Caen :tears: , Terfel en Don Giovanni à Bastille, Henschel et Rodgers dans Pelleas et Mélisande, Mescheriakova en Cio-Cio San à Dresde :clap: , Ursula Füri-Bernhard dans Andréa Chenier à Berne, Antonacci dans Agrippina à Glyndbourne, et dans Cassandre au Châtelet....entre autres !

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Message par tuano » 05 mai 2004, 08:04

philou a écrit : Nabucco à Bastille avec un Ramey impérial et une Guleghina extra-terrestre...
pas le même soir, non ?

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Message par Xavier » 05 mai 2004, 08:19

Real a écrit : Ah oui Turandot au Met avec Nilsson, Corelli, Moffo quelque part dans les années 1960. J'avais gagné un concours qui m'avait permis d'aller voir ça, toutes dépenses payées. Que du beau chant, mais décors assez bof.
J'ai aussi vu en 1967 à Montréal I Capuleti e I Montecchi, une production de La Scala avec un Pavarotti encore inconnu en Tybalt, Araiza (superbe) en Romeo et Scotto en Giulietta (wow).
:P
Réal
Dieu me tripotte ! Nilsson, Corelli et Moffo......



A propos de tes Capulets en 67, c'était pas plutôt Aragall qu'Araiza. En tout cas, ça ne pouvait pas être le beau Francisco qui était encore en cullottes courtes à cette époque-là.

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Message par JdeB » 05 mai 2004, 08:31

Mes plus grands souvenirs de mises en scène:

Tout Sellars avec, sommet absolu, Saint François, Theodora, Don giovanni, et l'amour de loin

Tout Villégier: Atys, Médée et Rodelinda éblouissants

Don giovanni par Chéreau et par Strehler

Presque tout Carsen (sauf les Noces, Jerusalem et Alcina=ses plus mauvais spectacles) et surtout le Songe (son chef-d'oeuvre), Mefistofele, Orlando, Semele, la Flûte, les Contes, Rusalka, Cendrillon, Nabucco, ...

Quelques superbes Pizzi: Norma, Attila, Orfeo de Bertoni, Castor et Pollux, Armide de la Scala dirigée par Muti avec antonnacci, Urmana et le jeune JDF

King Arthur de Vick au Châtelet

Salomé de Bondy avec un Terfel surhumain et une Malfitano géniale

l'Elektra de Serban: terrifiant !

Les Indes galantes d'Arias: désopilantes !

Mes grands moments de chants:

Anderson, Bartoli, Pavarotti, Domingo, Ramey et Blake, M. Price, Varady dans tout ce que j'ai vu avec eux
Kabaïvanska dans Tosca (avec Pavarotti et Milnes) et Butterfly
Jones dans Elektra, Turandot et la Femme sans ombre

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