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Re: Bilan de notre saison 2017/2018

Posté : 10 juil. 2018, 13:35
par PlacidoCarrerotti
elisav a écrit :
10 juil. 2018, 12:32
Mes impressions des spectacles (artistes, mises-en-scène, etc.) n’ont absolument aucune valeur. :lol:

Mais par contre, je suis fermement d’avis que chacun a droit à ses avis, quels qu’ils soient.
J’entends les sirènes de l’ambulance...
Quand il s’agit de critiquer les impressions des autres, y a du monde. Tout d’un coup ils n’ont pas « aucune valeur ».
Mais donner SON avis et s’exposer y a pu personne.

Re: Bilan de notre saison 2017/2018

Posté : 10 juil. 2018, 13:40
par Hiero von Stierkopf
Il y a un tropisme assez naturel il me semble à taper sur l'ONP, cette grosse machine archaïque subventionnée avec son lot de défauts inhérents.
On aime taper sur une institution puissante pour laquelle on pense être en droit d'exiger constamment l'excellence à tout point de vue.
C'est à n'en pas douter encore plus vrai quand on a la possibilité d'aller voir des spectacles ailleurs qu'à Paris, l'herbe est toujours plus verte ailleurs.

A l'inverse, les spectateurs qui ne fréquentent que cette maison (ou Paris) ont tendance à porter un discours caricatural de béni-oui-oui et à trouver tout génial.

Tout ça me semble finalement assez humain.

Dire que la saison 17-18 de l'ONP était nulle à chier est un point de vue probablement marginal à supposer qu'il soit sincère.

Re: Bilan de notre saison 2017/2018

Posté : 10 juil. 2018, 14:19
par PlacidoCarrerotti
Hiero von Stierkopf a écrit :
10 juil. 2018, 13:40
Il y a un tropisme assez naturel il me semble à taper sur l'ONP, cette grosse machine archaïque subventionnée avec son lot de défauts inhérents.
On aime taper sur une institution puissante pour laquelle on pense être en droit d'exiger constamment l'excellence à tout point de vue.
C'est à n'en pas douter encore plus vrai quand on a la possibilité d'aller voir des spectacles ailleurs qu'à Paris, l'herbe est toujours plus verte ailleurs.

A l'inverse, les spectateurs qui ne fréquentent que cette maison (ou Paris) ont tendance à porter un discours caricatural de béni-oui-oui et à trouver tout génial.

Tout ça me semble finalement assez humain.

Dire que la saison 17-18 de l'ONP était nulle à chier est un point de vue probablement marginal à supposer qu'il soit sincère.
Le problème de l’ONP (pour moi) c’est qu’il n’arrive jamais au niveau qu’il annonce. En particulier à cause de la salle Bastille. Le meilleur spectacle du monde sera toujours meilleur ailleurs que dans le hangar national.

Re: Bilan de notre saison 2017/2018

Posté : 10 juil. 2018, 14:59
par paco
PlacidoCarrerotti a écrit :
10 juil. 2018, 14:19
Le problème de l’ONP (pour moi) c’est qu’il n’arrive jamais au niveau qu’il annonce. En particulier à cause de la salle Bastille. Le meilleur spectacle du monde sera toujours meilleur ailleurs que dans le hangar national.
Sur ce point je suis bien d'accord. A l'origine j'aimais bien cette salle, mais je trouve qu'elle a mal vieilli. Elle correspondait à une conception architecturale très "frontale" des salles de spectacle de la fin des années 70, conçues sur le schéma du Palais des Congrès de la Porte Maillot : un plateau en format "cinémascope", étiré en largeur, avec un espace important entre le plateau et la fosse d'orchestre, et comme à Bastille celle-ci est vaste cela fait que le 1er rang dédié au public démarre à ce qui serait déjà l'équivalent d'un 6e rang dans un théâtre à l'italienne, la sensation d'éloignement empirant dès la seconde moitié du parterre. Il y a beaucoup d'espace bêtement perdu qui pourrait être utilisé pour favoriser une meilleure intimité entre le public et le plateau.
Si le budget le permettait (ce qui me semble exclus malheureusement), je pense que la priorité du prochain Directeur devrait être de "rafraichir" assez drastiquement cette salle.

A noter cependant que Lissner a nettement amélioré "l'expérience spectateur" dans les foyers (par rapport à ce que c'était avant son arrivée) : plus conviviaux, avec une plus grande efficacité du service des boissons. Il faudrait juste qu'ils remettent un peu le chauffage en hiver car manger son sandwich avec un gros manteau ce n'est vraiment pas ce que l'on attend d'une soirée à l'Opéra...

Ceci étant, je trouve que Garnier est aussi en train de mal vieillir, mais là le problème vient de l'éclairage, dont les rénovateurs des années 90 ont décidé qu'ils devaient être blafards, ce qui donne progressivement aux différents couloirs et parties communes (hors Grand Foyer), et même à la salle, un petit côté bâtiment défraichi en fin de vie... De l'intérieur, les loges sont devenues franchement sinistres...

Re: Bilan de notre saison 2017/2018

Posté : 10 juil. 2018, 15:03
par Bernard C
J'aime cette salle.
( En hauteur)

Bernard

Re: Bilan de notre saison 2017/2018

Posté : 10 juil. 2018, 15:05
par paco
Bernard C a écrit :
10 juil. 2018, 15:03
J'aime cette salle.
( En hauteur)

Bernard
Oui mais toi tu es contaminé par les salles US (San Francisco par exemple) ;-) qui sont majoritairement construites sur le même mode que Bastille.

Re: Bilan de notre saison 2017/2018

Posté : 10 juil. 2018, 16:44
par HELENE ADAM
paco a écrit :
10 juil. 2018, 14:59
Elle correspondait à une conception architecturale très "frontale" des salles de spectacle de la fin des années 70, conçues sur le schéma du Palais des Congrès de la Porte Maillot : un plateau en format "cinémascope", étiré en largeur, avec un espace important entre le plateau et la fosse d'orchestre, et comme à Bastille celle-ci est vaste cela fait que le 1er rang dédié au public démarre à ce qui serait déjà l'équivalent d'un 6e rang dans un théâtre à l'italienne, la sensation d'éloignement empirant dès la seconde moitié du parterre. Il y a beaucoup d'espace bêtement perdu qui pourrait être utilisé pour favoriser une meilleure intimité entre le public et le plateau.
Exactement la réflexion que je me suis faite depuis les hauteurs de l'opéra de Munich. Tout est très "ramassé" au parterre, espace étroit entre les rangées sauf les premières rangées, seulement 20 rangs pleins (et quatre "huitièmes" de rang de chaque côté de la régie), des balcons avec peu de rangs en profondeur (3 ou 4) qui enserrent une salle ronde, bref, on est jamais très loin de la scène... même tout en haut (contrairement au ROH par exemple où l'amphi comprend une vingtaine de rangs au moins de plus en plus haut perchés....un peu moins à Garnier je pense...).
Il n'y a pas d'allée centrale, ni d'allée sur les côtés, seulement des dégagements depuis chaque porte vers une série de rangées.
Cela accroit cette impression d'intimité qu'ont certains théâtres et qui influence sans aucun doute, la "communion" entre public et artistes qui est rare à réussir à Bastille.

Re: Bilan de notre saison 2017/2018

Posté : 10 juil. 2018, 18:09
par paco
HELENE ADAM a écrit :
10 juil. 2018, 16:44
Cela accroit cette impression d'intimité qu'ont certains théâtres et qui influence sans aucun doute, la "communion" entre public et artistes qui est rare à réussir à Bastille.
Oui, tout à fait, c'est pour cela que je ne jetterai jamais la pierre à quelque directeur de l'ONP qui soit : il est très difficile de réussir le choc émotionnel à Bastille, seules les grosses machines à très gros effectif sont adaptées à cette salle (Guerre et Paix par exemple).

Re: Bilan de notre saison 2017/2018

Posté : 10 juil. 2018, 21:48
par David-Opera
Pour moi les deux salles Bastille et Garnier sont parfaitement complémentaires :

A Garnier l'intimité, une acoustique permettant de localiser très facilement le foyer de chaque son, un décor visuellement riche, mais de nombreuses places à visibilité peu confortables.

A Bastille l'excellente visibilité pour tous, une machinerie incomparable, mais des à-côtés purement fonctionnels.

Si on a une approche englobant les deux salles, il y en a pour tous les goûts, et il ne sert à rien d'essayer de les faire se rejoindre, car Il y a des spectateurs qui aiment le côté cosi de Garnier, d'autres qui le trouvent poussiéreux et préfèrent Bastille.

La meilleure acoustique que je connaisse est celle de l'Opéra de Munich, mais si l'on y voit et y entend des merveilles, l'amplitude qui sépare le spectacle merveilleux du spectacle commun et sans attrait y est de mon point de vue beaucoup plus forte qu'à l'ONP de ce que j'ai pu en juger ( l'ONP a en effet la particularité de ne pas être un véritable théâtre de répertoire ou de festival, mais un théâtre hybride assez unique en son genre, insaisissable, à identité mal définie).

Re: Bilan de notre saison 2017/2018

Posté : 11 juil. 2018, 09:30
par PlacidoCarrerotti
Garnier n'a rien d'intime : c'est une salle qui a été conçue pour les grands opéras : Les Huguenots, Aida, Otello, pas pour qu'on y donne aujourd'hui des Mozart ou Cavalli.
Il y faut des pétoires pour apprécier l'acoustique.
On voit bien ici le changement de répertoire à l'ouverture de Garnier : viewtopic.php?f=1&t=20613&p=350443#p350443

Mais comme depuis 25 ans, on a perdu à Paris l'habitude d'entendre des voix qui remplissent la salle en se contentant de soirées où l'oreille va chercher le son sur scène, bien contents quand l'artiste n'est pas trop couvert, c'est toute notre perception de ce que donne un opéra en salle, avec de vraies grandes voix, qui est faussée.
Le baroque et ses voix souvent minuscules, les chanteurs parfaits au disque mais bien différents à la scène, ont contribué à ce changement de paradigme.