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Re: Les timbres d'or

Posté : 24 mai 2017, 08:49
par Loïs
PlacidoCarrerotti a écrit :
24 mai 2017, 08:42
et Di Stefano (il y a un Faust de 49 à tomber à la renverse : malheureusement, les choses avaient un peu changé au Châtelet en 87 !).
Serafin le disait la voix du ciel n'a duré que de 47 à 54-55 après c'est devenu n'importe quoi.
Pour autant je garde une anecdote en mémoire. Pour un de ses récitals, je m'étais trouvé assis à la droite Gencer et derrière Raimondi (le ténor) lui même flanqué de Casadesus (je crois) et d'un critique (Segalini?). Raimondi pérorait avant le spectacle pour expliquer qu'il avait aussi grand que di Stefano mais n'avait pas eu la presse et les maisons de disque avec lui. Di Stefano a chanté comme un baryton puis d'un seul coup la voix s'est libérée dans l'aigu "l'ultima canzone" et Raimondi s'exclame : "c'est toujours le plus grand"

Re: Les timbres d'or

Posté : 24 mai 2017, 08:53
par PlacidoCarrerotti
HELENE ADAM a écrit :
24 mai 2017, 08:45
PlacidoCarrerotti a écrit :
24 mai 2017, 08:42
HELENE ADAM a écrit :
24 mai 2017, 08:33
Le bronze pour Kaufmann, métal très souvent associé à son timbre et assez bien vu :wink:
J'entendais une fois un Fidelio dans la voiture et je suis resté garé à entendre la fin pour connaître le nom de cet horrible ténor dont la voix partait dans tous les sens. Je reconnais que l'expérience en direct est nettement plus probante, mais je ne trouve pas la voix de Jonas particulièrement belle, même si je l'associerais effectivement volontiers au bronze.
L'horrible ténor fait courir du monde :lol:
Le bronze est associé neuf fois sur dix à la caractéristique de son timbre dans les (nombreux) articles le concernant de par le monde. Et c'est assez évocateur. Et son timbre est immédiatement reconnaissable d'ailleurs. :wink:
J'ai couru après Blake et Merritt (et je n'étais pas le seul !) : ce n'étaient pas des voix particulièrement belles :wink:

Je n'ai pas suivi suffisamment la transformation technique de Kaufmann puisqu'il a pas mal changé son émission : ce Fidelio de 2010 (avec Abbado) m' été pénible à entendre.

Re: Les timbres d'or

Posté : 24 mai 2017, 09:05
par HELENE ADAM
PlacidoCarrerotti a écrit :
24 mai 2017, 08:53

Je n'ai pas suivi suffisamment la transformation technique de Kaufmann puisqu'il a pas mal changé son émission : ce Fidelio de 2010 (avec Abbado) m' été pénible à entendre.
En 2010 c'est l'année du Werther à Bastille... (et l'enregistrement dont tu parles est celui du Fidelio avec Stemme qu'Abbado avait organisé pour graver justement avec Kaufmann et elle, un duo très ... attendu et donné en concert à Lucerne d'ailleurs l'été 2010).
JK a changé sa technique des années avant (en 1996-97). Dans le temps il était ténor léger à tout faire et chantait pas mal d'opérettes ( :roll: ).
Moi c'est son timbre (en 2007 d'ailleurs pour la première fois) qui m'a séduite justement.... :wink:

Re: Les timbres d'or

Posté : 24 mai 2017, 11:16
par enrico75
moi je pense qu'il faut ne juger que sur les voix que l'on a entendu en live,car on sait que beaucoup de chanteurs sont avantagés ou désavantagés par les micros;allez, je me mouille avec sans doute tollé général, mais on parle bien uniquement du timbre:Paolo Fanale pour l'or

Re: Les timbres d'or

Posté : 24 mai 2017, 11:20
par Loïs
enrico75 a écrit :
24 mai 2017, 11:16
moi je pense qu'il faut ne juger que sur les voix que l'on a entendu en live,car on sait que beaucoup de chanteurs sont avantagés ou désavantagés par les micros;allez, je me mouille avec sans doute tollé général, mais on parle bien uniquement du timbre:Paolo Fanale pour l'or
Avec quel carat?

Re: Les timbres d'or

Posté : 24 mai 2017, 11:47
par lionrougeetblanc
Loïs a écrit :
24 mai 2017, 08:49
PlacidoCarrerotti a écrit :
24 mai 2017, 08:42
et Di Stefano (il y a un Faust de 49 à tomber à la renverse : malheureusement, les choses avaient un peu changé au Châtelet en 87 !).
Serafin le disait la voix du ciel n'a duré que de 47 à 54-55 après c'est devenu n'importe quoi.
Pour autant je garde une anecdote en mémoire. Pour un de ses récitals, je m'étais trouvé assis à la droite Gencer et derrière Raimondi (le ténor) lui même flanqué de Casadesus (je crois) et d'un critique (Segalini?). Raimondi pérorait avant le spectacle pour expliquer qu'il avait aussi grand que di Stefano mais n'avait pas eu la presse et les maisons de disque avec lui. Di Stefano a chanté comme un baryton puis d'un seul coup la voix s'est libérée dans l'aigu "l'ultima canzone" et Raimondi s'exclame : "c'est toujours le plus grand"
Joliii ! :)

Re: Les timbres d'or

Posté : 24 mai 2017, 11:55
par PlacidoCarrerotti
lionrougeetblanc a écrit :
24 mai 2017, 11:47
Loïs a écrit :
24 mai 2017, 08:49
PlacidoCarrerotti a écrit :
24 mai 2017, 08:42
et Di Stefano (il y a un Faust de 49 à tomber à la renverse : malheureusement, les choses avaient un peu changé au Châtelet en 87 !).
Serafin le disait la voix du ciel n'a duré que de 47 à 54-55 après c'est devenu n'importe quoi.
Pour autant je garde une anecdote en mémoire. Pour un de ses récitals, je m'étais trouvé assis à la droite Gencer et derrière Raimondi (le ténor) lui même flanqué de Casadesus (je crois) et d'un critique (Segalini?). Raimondi pérorait avant le spectacle pour expliquer qu'il avait aussi grand que di Stefano mais n'avait pas eu la presse et les maisons de disque avec lui. Di Stefano a chanté comme un baryton puis d'un seul coup la voix s'est libérée dans l'aigu "l'ultima canzone" et Raimondi s'exclame : "c'est toujours le plus grand"
Joliii ! :)
Série "Vieux interprètes et Jeunes talents" (ou quelque chose d'approchant) : Sylvie Valayre était sa partenaire d'un soir.

Re: Les timbres d'or

Posté : 24 mai 2017, 13:03
par Bernard C
Dans les ténors du passé entendus , quelques uns me transportaient.
À des titres différents Pavarotti et Gedda
Et de façon moins typique mais non moins fascinante les timbres très particuliers de Kraus et de Vickers.
On parlait de Fidelio, mais dans Fidelio ou dans Mahler par exemple le timbre de Vickers était un ensorcellement.

Or , argent, bronze ...non rien vraiment de tout ça...je ne saurais dire...

Bernard

Re: Les timbres d'or

Posté : 24 mai 2017, 13:37
par jerome
Adalbéron a écrit :
23 mai 2017, 20:50
Quel est pour vous un beau timbre, voire un timbre magnifique ?
Est-ce que le timbre est l'élément qui vous importe le plus dans l'appréciation d'un chanteur et de sa voix ?
Vous pouvez dresser une liste de 10 ou 15 exemples de « timbre d'or ».
Ben c'est complexe parce que si un beau timbre fait en général une belle voix, une voix n'a pas forcément besoin d'un beau timbre pour être belle. C'est aussi ce que le chanteur fait de son timbre dans son chant qui rend la voix belle ou non. Je vais prendre un exemple archi-rebattu mais pourtant très clair: Maria Callas! Intrinsèquement, son timbre est rugueux, pas très homogène selon les registres et plutôt ingrat esthétiquement parlant et pourtant ... son chant, sa maîtrise technique, son instinct stylistique et dramatique font de ce timbre plutôt assez moche à la base, une voix magnifique dans sa globalité.
Autre exemple devenu classique: Rockwell Blake et Juan Diego Florez! Le premier était doté d'un timbre que d'aucuns (dont je ne suis pas) considéraient comme plutôt ingrat! Dont acte! Et le second a rapidement séduit par la latinité de son timbre. Pour autant le second, pourtant fort doué, n'a pas la moitié des capacités techniques du premier qui, par ailleurs, savait tout autrement investir son chant. Au final, parce que ses prestations étaient autrement scotchantes et séduisantes (parce qu'il s'agit en définitive d'être séduit!) c'est toujours le premier qui remporte la comparaison même si le timbre du second est plus immédiatement esthétique
Et puis la séduction pure d'un timbre est forcément variable sur le long terme avec l'âge. Mais c'est compensé autrement. Je vais prendre un exemple qui m'est cher: Joan Sutherland! Il est évident que dans les années 80, la Stupenda a vu son timbre mûrir et perdre un peu de la rondeur qui était la sienne encore dans les années 70 et à plus forte raison dans les années 60 mais elle a gardé l'essentiel jusqu'à la fin: la largeur des moyens, la virtuosité, le style, tout le contraire d'une Gruberova qui a gardé quasi intact son timbre de diamant mais qui chante horriblement depuis quelques années.
Enfin, il est des répertoires où la beauté du timbre est absolument indispensable (Mozart, Puccini) et d'autres où elle n'est pas prioritaire car c'est l'art du chant qui est le plus important (de Rossini à Verdi)

Une fois que tout ça est dit, il faut nuancer en reconnaissant que les considérations de beauté restent assez subjectives et dépendantes de là où chacun place le curseur.
Pour moi, si on ne parle vraiment que de beauté de timbre et vraiment que ça, mon panthéon est le suivant:
ténors: Corelli, Pavarotti, Bonisolli, Bergonzi, Gedda (car il est des voix non-latines qui sont magnifiques!), Richard Leech, Carreras, Raffanti et le jeune Alagna (mais il en reste beaucoup d'autres!) et même del Monaco (qu'on peut critiquer stylistiquement peut-être mais qui a un timbre de toute beauté!)
sopranos: Janowitz (avec elle ça touche au divin!), Te Kanawa, Caballé, L. Price et M. Price, Sutherland (jusqu'à l'aube des années 80), Deutekom (hé oui! son timbre est absolument magnifique!), Ricciarelli, Studer, Arroyo
basses: Talvela, Moll, Ramey, Kipnis, le jeune Ghiaurov, Neri, Ridderbusch
barytons: Bastianini, Cappuccilli, Warren, Hvorostovsky
mezzos: Bumbry, Cossotto, Horne, Verrett et Bartoli

Re: Les timbres d'or

Posté : 24 mai 2017, 15:31
par JdeB
jerome a écrit :
24 mai 2017, 13:37
]Ben c'est complexe parce que si un beau timbre fait en général une belle voix, une voix n'a pas forcément besoin d'un beau timbre pour être belle. C'est aussi ce que le chanteur fait de son timbre dans son chant qui rend la voix belle ou non. Je vais prendre un exemple archi-rebattu mais pourtant très clair: Maria Callas! Intrinsèquement, son timbre est rugueux, pas très homogène selon les registres et plutôt ingrat esthétiquement parlant et pourtant ...son chant, sa maîtrise technique, son instinct stylistique et dramatique font de ce timbre plutôt assez moche à la base, une voix magnifique dans sa globalité.
Autre exemple devenu classique: Rockwell Blake et Juan Diego Florez! Le premier était doté d'un timbre que d'aucuns (dont je ne suis pas) considéraient comme plutôt ingrat! Dont acte! Et le second a rapidement séduit par la latinité de son timbre. Pour autant le second, pourtant fort doué, n'a pas la moitié des capacités techniques du premier qui, par ailleurs, savait tout autrement investir son chant. Au final, parce que ses prestations étaient autrement scotchantes et séduisantes (parce qu'il s'agit en définitive d'être séduit!) c'est toujours le premier qui remporte la comparaison même si le timbre du second est plus immédiatement esthétique
Et puis la séduction pure d'un timbre est forcément variable sur le long terme avec l'âge. mais c'est compensé autrement. je vais prendre un exemple qui m'est cher: Joan Sutherland! Il est évident que dans les années 80, la Stupenda a vu son timbre mûrir et perdre un peu de la rondeur qui était la sienne encore dans les années 70 et à plus forte raison dans les années 60 mais elle a gardé l'essentiel jusqu'à la fin: la largeur des moyens, la virtuosité, le style, tout le contraire d'une Gruberova qui a gardé quasi intact son timbre de diamant mais qui chante horriblement depuis quelques années.
Enfin, il est des répertoires où la beauté du timbre est absolument indispensable (Mozart, Puccini) et d'autres où elle n'est pas prioritaire car c'est l'art du chant qui est le plus important (de Rossini à Verdi)

Une fois que tout ça est dit, il faut nuancer en reconnaissant que les considérations de beauté restent assez subjectives et dépendantes de là où chacun place le curseur.
Pour moi, si on ne parle vraiment que de beauté de timbre et vraiment que ça, mon panthéon est le suivant:
ténors: Corelli, Pavarotti, Bonisolli, Bergonzi, Gedda (car il est des voix non-latines qui sont magnifiques!), Richard Leech, Carreras, Raffanti et le jeune Alagna (mais il en reste beaucoup d'autres!) et même del Monaco (qu'on peut critiquer stylistiquement peut-être mais qui a un timbre de toute beauté!)
sopranos: Janowitz (avec elle ça touche au divin!), Te Kanawa, Caballé, L. Price et M. Price, Sutherland (jusqu'à l'aube des années 80), Deutekom (hé oui! son timbre est absolument magnifique!), Ricciarelli, Studer, Arroyo
basses: Talvela, Moll, Ramey, Kipnis, le jeune Ghiaurov, Neri, Ridderbusch
barytons: Bastianini, Cappuccilli, Warren, Hvorostovsky
mezzos: Bumbry, Cossotto, Horne, Verrett et Bartoli
Tout à fait d'accord sauf sur Mozart.
Pour les barytons j'ajoute Fondary