De la surcharge pondérale sur les scènes d'opéra

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Ruggero
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Message par Ruggero » 21 août 2008, 09:42

Messieurs, ce pseudo-débat commence à être fatigant et on ne lit plus vos messages illisibles. Merci de continuer à répéter les mêmes "arguments" soit en privé soit en faisant des efforts et en utilisant des balises valides et en arrêtant de tout mettre en gras, c'est illisible! Sans parler de l'orthographe...
L'opéra semble voué à être le dernier refuge du besoin de la beauté artistique en toc.
(Bernard Shaw, 1898)

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PlacidoCarrerotti
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Message par PlacidoCarrerotti » 22 août 2008, 10:36

RuggeroBastianini a écrit :
PlacidoCarrerotti a écrit :Premiers pas vers la crédibilité souhaitée par RuggeroBastianini :

. demander aux interprètes de parler plutôt que de chanter
. mettre moins de temps à mourir
(…)
Si cela n'est pas de la caricature alors, Verdi c'est de la country!

Il y a bonne et mauvaise caricature …

Il y a celle qui consiste à déformer des propos pour mettre en défaut leur émetteur : cela aurait le cas si j’avais soutenu que, puisque ça te gène de voir un artiste noir en Philippe II, c’est surement que tu es raciste et que tu n’aimes pas les noirs. Ce qui me semble tout à fait ridicule.

Il y a aussi la caricature qui vise à grossir le trait pour mieux faire ressortir l’absurdité d’une posture (c’est celle que je revendique) : par exemple, je trouve absurde qu’on puisse être gêné par la couleur de peau d’un Philippe II, mais pas par le fait qu’il s’exprime en chantant en italien (ou en français) au lieu de parler en castillan.

Car quel rapport entre la crédibilité et l’opéra ? Outre le fait que les interprètes s’expriment par le chant, le débit même de leur expression est imposé par le rythme de la musique (contrairement à celui d’acteurs de théâtre, déjà éloigné de celui des gens de la rue). Les décors sont stylisés, qu’il s’agisse des toiles peintes d’autrefois comme des décors modernes (sans parler d’infrastructures inamovibles comme celles du Teatro Palladio) ; les costumes également (et encore plus aujourd’hui avec l’habitude d’utiliser des costumes contemporains) ; les intrigues sont généralement tout sauf crédibles (en tout cas dans les tragédies) : pour Verdi par exemple, le livret doit surtout être un prétexte à l’expression de situations dramatiques ; le talent du compositeur est alors de sublimer ces situations par la musique. Et ne parlons pas des compositeurs baroques mettant en musique pour le 30ème fois le même livret de Métastase pour des castrats emplumés ! Plus récemment les livrets ont eu une certaine tendance à rechercher la crédibilité : Wozzeck, Lulu,(mais paradoxalement, le Sprechsang est encore moins crédible que le chant traditionnel), Jenufa (mais pas « La Petite Renarde rusée », du moins tant qu’elle ne sera pas interprétée par une vraie renarde) …

Le DVD vient de plus biaiser notre rapport à l’opéra : ceux de Sutherland dans Norma, de Nucci en Rigoletto à Vérone, etc … ne rendent pas compte de l’impact scénique de ces artistes. C’est parce qu’ils chantent pour la salle et pas pour la caméra. A l’inverse, j’avais vu un Faust à Covent Garden depuis un second rang de côté, pas loin d’une caméra : quand Terfel quittait la scène à la fin du premier acte (sur « A moi les plaisirs »), il avait une brève hésitation et lançait un regard mi méprisant, mi sardonique vers la caméra. Effet garanti à la télé : mais combien de personne dans la salle s’en sont aperçu ?

Donc, peu de rapport à mon avis entre « opéra » et « crédibilité ». Mais « peu de rapport », ne signifie pas « pas de rapport du tout ». Selon la légende, la chute de la création de « Traviata » aurait été due à une corpulence trop visible. Je peux donc comprendre cette gêne et l’exemple de Caballé en Violetta me semble bien choisi. Mais, à l’inverse, pas celui de Kraus en Werther sexagénaire. Un de mes plus grands souvenirs lyriques reste ainsi la « Lucrezia Borgia » de Barcelone avec Kraus et Sutherland (qui devaient avoir entre 120 et 130 ans à eux deux) : la question de la crédibilité ne se posait pas pour les milliers de spectateurs hystériques assistant à cette série de représentations …

Enfin, je ne suis pas d’accord avec le remède que tu proposes : programmer des chanteurs ayant l’âge et le physique du rôle, ça s’est déjà fait, ça n’a jamais attiré de nouveaux spectateurs, en revanche cela en a fait fuir (moi le premier) lorsque ceux-ci n’étaient pas capables d’exprimer les sentiments et les émotions les plus profondes par la seule magie de leur chant (au passage, je me demande si le surtitrage n’est pas venu accentuer ce phénomène : plus besoin de faire un effort si le texte est écrit et que les spectateurs réagissent non plus en fonction de l’action, mais en fonction de ce qui apparait sur l’écran, souvent avant ce qui se passe sur scène).

Si de jeunes générations ont du mal avec l’opéra, ce n’est pas en « transformant le produit » qu’on sauvera cet art. On a raccourci les messes et on les accompagne de chants ridicules : résultat, les églises conciliaires se vident, mais il n’y a pas de crise de vocation chez les intégristes ; à Paris, on donne de plus en plus de pièces de moins de 2 heures sans entracte, avec des artistes connus de cinéma (sonorisés et avec une banane dans l’oreille pour qu’on leur rappelle leur texte) : les salles sont souvent pleines, mais des remarques que j’entends (« à ce prix là on aurait aussi bien pu se faire un restau et un ciné »), je ne suis pas certain que ça attire du monde sur le long terme. Ceux qui iront voir « Nabucco » au Grand Stade en septembre (pour des prix équivalents à ceux de Bastille) n’iront jamais à l’opéra, dans leur écrasante majorité…

Et pour être juste, l'Opéra a connu de grandes évolutions en Europe, avec des mises en scène plus modernes. Mais quel est l'impact sur le grand public ? Je ne suis pas un novateur (comme dirait le Grand Inquisiteur), mais je suis parfois étonné par le conservatisme affiché dans ces pages. Finalement, à NY, le problème du renouvellement du public est assez identique, et les mises en scène sont traditionnelles. A noter que Gelb a trouver une manière astucieuse de remplir le Metropolitan : toujours créer l'événement au travers d'une publicité tapageuse : ainsi, un nouveau public se précipite au dernier moment sur un spectacle, achetant les places les plus chères, tandis que les vraies amateurs ont les leurs depuis longtemps. C'est finalement assez malin comme solution.

Donc, pour sombrer dans la caricature, je pense que ce n’est pas en offrant le ketchup à volonté et en laissant les jeunes manger debout qu’on sauvera la grande cuisine. Ou bien décréter que le marathon se fera sur 5 km (c’est quand même plus facile). Ca, c’est de la démagogie : c’est considérer que si on ne peut pas gagner sur ses propres valeurs, autant gagner sur celles des autres.
Pas pour moi merci : l’opéra, comme d’autres genres artistiques (la poésie, par exemple), nécessite un effort : la récompense est d’ailleurs à la hauteur de la difficulté. Encourager la paresse naturelle de certains n’est pas la solution si le genre doit y perdre ce qui fait sa spécificité, en l’occurrence : le miracle du chant allié à l’action dramatique.

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Rameau
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Message par Rameau » 22 août 2008, 11:34

PlacidoCarrerotti a écrit :Ca, c’est de la démagogie : c’est considérer que si on ne peut pas gagner sur ses propres valeurs, autant gagner sur celles des autres.
Pas pour moi merci : l’opéra, comme d’autres genres artistiques (la poésie, par exemple), nécessite un effort : la récompense est d’ailleurs à la hauteur de la difficulté. Encourager la paresse naturelle de certains n’est pas la solution si le genre doit y perdre ce qui fait sa spécificité, en l’occurrence : le miracle du chant allié à l’action dramatique.
Je ne suis pas d'accord sur tout le raisonnement, mais je suis totalement d'accord sur la conclusion... L'opéra est un art exigeant, parce qu'on y chante dans des langues invraisemblables, parce qu'on s'y écarte pas qu'un peu du réalisme type polar sur France2, parce que ça dure des heures, parce que ça nécessite un arrière plan culturel... Transformer les chanteurs en rock stars devant des fans hystériques, recourir à des compositeurs de soupe pour écrire de nouveaux opéras (M. Choplin...), faire des grandes messes sonorisées façon Stade de France, ça n'apporte absolument rien à l'opéra. Quant aux mises en scène modernes, ça a quand même profondément changé, en bien, l'image de l'opéra, pas toujours parmi les fans d'opéra eux-mêmes, mais dans l'ensemble de la société.

RuggeroBastianini
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Message par RuggeroBastianini » 22 août 2008, 11:37

LA CARICATURE

Il y a celle qui consiste à déformer des propos pour mettre en défaut leur émetteur : cela aurait le cas si j’avais soutenu que, puisque ça te gène de voir un artiste noir en Philippe II, c’est surement que tu es raciste et que tu n’aimes pas les noirs. Ce qui me semble tout à fait ridicule.

Ben écoute pour l'instand tu es le seul à l'avoir admis.

Il y a aussi la caricature qui vise à grossir le trait pour mieux faire ressortir l’absurdité d’une posture (c’est celle que je revendique) : par exemple, je trouve absurde qu’on puisse être gêné par la couleur de peau d’un Philippe II, mais pas par le fait qu’il s’exprime en chantant en italien (ou en français) au lieu de parler en castillan.

Ce que bcp de mes interlocuteurs n'ont pas pu admettre, c'est que je ne fais pas une règle de ce que je dis. Car dans une mise en scène par définition, il n'y a pas de règle, chaque metteur en scène, définie le sienne. Mais en revanche il y a la perception que le public a ! Or dans mon esprit le public n'est pas une foule regardant un opera, mais la somme d'individus, ayant chacun leur conception propre. Et chaque individus ressent quelque chose ou ne ressent pas. Moi j'ai besoin de croire à ce que je vois, même s'il s'agit pour le metteur en scène de me faire croire que le héros monte dans la lune, je suis tout à fait disposé à le croire si la mise en scène, la distribution, les décors, les costumes, la scénographie m'y poussent. Or quand j'imagine Estes, dans une mise en scène classique en phillipe II, je n'y crois pas,et le fait que je n'y crois pas, me suffit. Je n'ai pas besoin de lire les critiques, ou l'avis de ce qu'on pense être une majorité de gens, pour me faire mon opinion, je suis totalement libre par rapport à cela et heureusement. Donc en gros je n'ai pas essayé de vous faire passer mon opinion comme étant la règle, mais simplement mon opinion et apparement c'est trés difficile à entendre de la part de certaines personnes sur ce forum. Je répète que la question Estes en Phillipe II était une question piège, si j'avais répondu ne pas être choqué par Estes en Phillipe on aurait pointé du doigt mon incohérence par rappot à ma position sur Kraus en Werther à 68 ans ou Caballé en Traviata et en répondant que je trouve peu crédible Estes en Phillipe, on me répond que je suis raciste, de la part de celui qui ma posé la question c'était un piège. Je trouve cela un peu nul.


La crédibilité à l'opera :

Si je ne te contradierai pas sur le fait que les livrets chez Verdi soient le prétexte à des situations dramatiques, les livrets chez verdi sont trés crédibles, (à l'exception des premiers comme Attila, Nabucco ou même un peu aprés Il trovatore, à qui ont a reproché quelques lourdeurs et incohérences dans le livret, de plus ils sagissaient de livrets écrits par des librettistes avec qui Verdi ne s'entendaient pas.), mais bien souvent ces livrets sont crédibles et impliquent une distribution crédible.



Le DVD vient de plus biaiser notre rapport à l’opéra : ceux de Sutherland dans Norma, de Nucci en Rigoletto à Vérone, etc … ne rendent pas compte de l’impact scénique de ces artistes. C’est parce qu’ils chantent pour la salle et pas pour la caméra. A l’inverse, j’avais vu un Faust à Covent Garden depuis un second rang de côté, pas loin d’une caméra : quand Terfel quittait la scène à la fin du premier acte (sur « A moi les plaisirs »), il avait une brève hésitation et lançait un regard mi méprisant, mi sardonique vers la caméra. Effet garanti à la télé : mais combien de personne dans la salle s’en sont aperçu ?


Non mais c'est inutile de me remettre l'argument du DVD, si on lit ce que j'ai écris on observera que ma position sur l'opera donné en pature à l'industrie du DVD, est trés critique. D'un autre coté, il va falloir être cohérent jusqu'au bout, si on veut que la jeunesse ne voit l'opera et la culture autrement qu'à travers le net et les DVD, il va falloir que le prix des places baissent et que les subventions soient à la hausse et non à la baisse. J'en parle aisémment, le théâtre de la commune ou je vis, Avignon, fait partie des théâtres menacés de devenir simples théâtres d'acceuil.

Lorsque que tu dis "peu de rapport entre l'opera et la crédibilité", je ne suis pas d'accord avec toi. Concernant Caballé j'ai effectivement ressortie l'exemple légendaire de cette chanteuse créatrice du rôle de Violetta, qui avait déplue à cause de sa stature, mais quand vient même elle aurait emballé les foules ce qui aurait pu être le cas,cela n'aurait pas changé ma conception et empèché que je trouve Caballé ridicule. Je ne fais pas partie de ceux qui trouvent que tout était merveilleux avant, les interprétations étaient statiques et le concept de mise en scène n'existait pas.

Enfin, je ne suis pas d’accord avec le remède que tu proposes : programmer des chanteurs ayant l’âge et le physique du rôle, ça s’est déjà fait, ça n’a jamais attiré de nouveaux spectateurs

Mais je me contrefous que cela attire ou pas Je ne dis pas cela pour être déplaisant, ce que je veux dire c'est que je ne vais pas voir un spectacle par rapport aux nombres de gens qui y vont. Concernant l'age et le physique c'est trés réducteur de me préter ce genre d'idée. Bcp de rôle sont sans age et c'est trés bien ainsi , bcp de rôle ne sont pas calés sur une apprence physique et c'est encore trés bien ainsi. Mais pour le jeune Werther et pour Violetta, il y a un minimum dans mon esprit une fois de plus. Ce n'est que mon avis, mais pour moi c'est largement suffisant !

, en revanche cela en a fait fuir (moi le premier) lorsque ceux-ci n’étaient pas capables d’exprimer les sentiments et les émotions les plus profondes par la seule magie de leur chant (au passage, je me demande si le surtitrage n’est pas venu accentuer ce phénomène : plus besoin de faire un effort si le texte est écrit et que les spectateurs réagissent non plus en fonction de l’action, mais en fonction de ce qui apparait sur l’écran, souvent avant ce qui se passe sur scène).

Ah mais je suis d'accord pout dire qu'il ne suffit pas d'avoir un age et physique pour correctement interptéter un rôle.Et je suis le premier à fuir quand l'interprétation est mauvaise. Des esprits caricaturistes ont essayé de me pretter l'idée que le physique et l'age étaient primordiaux sur la voix et le talent, je n'ai jamais dis cela. J'ai simplement dis que pour moi une bonne distribution était un savant mélange de talent, voix , et de crédibilité..Est-ce que le chanteur sera crédible dans ce rôle? Pour moi les notions de voix, talent et crédibilité doivent être inséparables sans que l'une se fasse au détriment des deux autres.

Si de jeunes générations ont du mal avec l’opéra, ce n’est pas en « transformant le produit » qu’on sauvera cet art. On a raccourci les messes et on les accompagne de chants ridicules : résultat, les églises conciliaires se vident, mais il n’y a pas de crise de vocation chez les intégristes ; à Paris, on donne de plus en plus de pièces de moins de 2 heures sans entracte, avec des artistes connus de cinéma (sonorisés et avec une banane dans l’oreille pour qu’on leur rappelle leur texte) : les salles sont souvent pleines, mais des remarques que j’entends (« à ce prix là on aurait aussi bien pu se faire un restau et un ciné »), je ne suis pas certain que ça attire du monde sur le long terme. Ceux qui iront voir « Nabucco » au Grand Stade en septembre (pour des prix équivalents à ceux de Bastille) n’iront jamais à l’opéra, dans leur écrasante majorité…

Mais là tu prèche un converti, et c'est sans lien avec mon point de vue sur la crédibilité.

Et pour être juste, l'Opéra a connu de grandes évolutions en Europe, avec des mises en scène plus modernes. Mais quel est l'impact sur le grand public ? Je ne suis pas un novateur (comme dirait le Grand Inquisiteur), mais je suis parfois étonné par le conservatisme affiché dans ces pages. Finalement, à NY, le problème du renouvellement du public est assez identique, et les mises en scène sont traditionnelles. A noter que Gelb a trouver une manière astucieuse de remplir le Metropolitan : toujours créer l'événement au travers d'une publicité tapageuse : ainsi, un nouveau public se précipite au dernier moment sur un spectacle, achetant les places les plus chères, tandis que les vraies amateurs ont les leurs depuis longtemps. C'est finalement assez malin comme solution.

Oui la tu poses problème de "comment à l'heure actuelle, l'opera peut se mouvoir et doit se mouvoir dans une société dite de consommation ?" Les effets de cette société sont désastreux et je le déplore.

Donc, pour sombrer dans la caricature, je pense que ce n’est pas en offrant le ketchup à volonté et en laissant les jeunes manger debout qu’on sauvera la grande cuisine. Ou bien décréter que le marathon se fera sur 5 km (c’est quand même plus facile). Ca, c’est de la démagogie : c’est considérer que si on ne peut pas gagner sur ses propres valeurs, autant gagner sur celles des autres.
Ce que tu dis là est juste et ce que tu critiques est à des kilomètres des positions qui sont les miennes, donc en gros sur l'essentiel ns sommes d'accord.
Pas pour moi merci : l’opéra, comme d’autres genres artistiques (la poésie, par exemple), nécessite un effort : la récompense est d’ailleurs à la hauteur de la difficulté. Encourager la paresse naturelle de certains n’est pas la solution si le genre doit y perdre ce qui fait sa spécificité, en l’occurrence : le miracle du chant allié à l’action dramatique.[/quote]

Mais l'opera ne perdra rien en valeurs et en specifité parce que des metteurs en scène auront l'intelligence de faire des distributions habiles, avec les trois impératifs que j'ai défini plus haut, au contraire, non seulement les specificités de l'opera seront mise en valeur et il y gagnera sa place dans la modernité.

Pour conclure, content d'avoir pu débattre courtoisement sur ce sujet avec toi !

RuggeroBastianini
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Message par RuggeroBastianini » 22 août 2008, 11:38

Rameau a écrit :
PlacidoCarrerotti a écrit :Ca, c’est de la démagogie : c’est considérer que si on ne peut pas gagner sur ses propres valeurs, autant gagner sur celles des autres.
Pas pour moi merci : l’opéra, comme d’autres genres artistiques (la poésie, par exemple), nécessite un effort : la récompense est d’ailleurs à la hauteur de la difficulté. Encourager la paresse naturelle de certains n’est pas la solution si le genre doit y perdre ce qui fait sa spécificité, en l’occurrence : le miracle du chant allié à l’action dramatique.
Je ne suis pas d'accord sur tout le raisonnement, mais je suis totalement d'accord sur la conclusion... L'opéra est un art exigeant, parce qu'on y chante dans des langues invraisemblables, parce qu'on s'y écarte pas qu'un peu du réalisme type polar sur France2, parce que ça dure des heures, parce que ça nécessite un arrière plan culturel... Transformer les chanteurs en rock stars devant des fans hystériques, recourir à des compositeurs de soupe pour écrire de nouveaux opéras (M. Choplin...), faire des grandes messes sonorisées façon Stade de France, ça n'apporte absolument rien à l'opéra. Quant aux mises en scène modernes, ça a quand même profondément changé, en bien, l'image de l'opéra, pas toujours parmi les fans d'opéra eux-mêmes, mais dans l'ensemble de la société.
Tu vois que nos idées sont proches au fond ?

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Message par Rameau » 22 août 2008, 13:14

Sauf sur le point absolument essentiel de la vraisemblance (en dehors même de la question du racisme sur laquelle je n'ai évidemment pas changé d'avis). Postuler qu'un spectacle sera plus réussi parce que l'interprète sera ressemblant à l'image qu'on se fait d'un rôle me paraît relever d'une fausse conception du théâtre. A l'inverse, accepter un Philippe II noir ou, comme cela a été merveilleusement fait par Willard White dans la mise en scène de Wernicke, un Falstaff noir, est pour moi une évidence, autant d'ailleurs que d'imaginer qu'une fine Allemande en perruque blond clair comme Angela Denoke puisse jouer merveilleusement Salomé que je n'aurais pas forcément vue comme ça.
Ce rapport supposé entre la vraisemblance et la ressemblance va à l'encontre d'un siècle ou presque d'évolution du théâtre et nie finalement l'importance de l'imagination au théâtre. Quand je vois la Rusalka admirable dont j'ai parlé récemment, qu'est-ce qui est "vraisemblable", là-dedans? Rien, sans doute. Je ne peux pas réfléchir avec de tels concepts.

Ericc
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Message par Ericc » 22 août 2008, 13:44

Supposons. Supposons un instant que le Philippe II de Estes me dérange parce qu'il est noir et que franchement, je ne peux vraiment pas y adhérer au nom d'un certain "réalisme théatral"... je fais quoi dans ce cas ? Et bien je ferme les yeux et j'écoute. J'écoute la voix, j'écoute les couleurs, j'écoute la manière avec laquelle l'artiste restitue texte et émotion pour camper son personnage. Et si dans ce que j'entend, j'entend la lassitude du ella giammai m'amo", la souffrance de l'époux et du père, la désillution et l'appel au repos final, la détresse du monarque, alors je peux réouvrir les yeux et crier bravo. Parce que je crois que là est la finalité ultime de l'opéra : faire oublier, faire adhérer par la magie de la voix et de l'interprétation et par la seule émotion muscicale, un vrai personnage. je peux alors oublier que c'est un homme de couleur qui est face à moi, parce que ce que j'ai face à moi, c'est bien le Philippe II de Verdi et de Don Carlo et je crie bravo l'artiste ! Et je préfère cette part d'émotion là à la part de désillution de celui qui concluera "bof, il est noir, pas crédible"... Alors, dans ces conditions, savoir qui détient la vérité sur ce qui doit être et ce qui sera...ce n'est vraiment pas ma préoccupation...

RuggeroBastianini
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Message par RuggeroBastianini » 22 août 2008, 13:47

Rameau a écrit :Sauf sur le point absolument essentiel de la vraisemblance (en dehors même de la question du racisme sur laquelle je n'ai évidemment pas changé d'avis). Postuler qu'un spectacle sera plus réussi parce que l'interprète sera ressemblant à l'image qu'on se fait d'un rôle me paraît relever d'une fausse conception du théâtre. A l'inverse, accepter un Philippe II noir ou, comme cela a été merveilleusement fait par Willard White dans la mise en scène de Wernicke, un Falstaff noir, est pour moi une évidence, autant d'ailleurs que d'imaginer qu'une fine Allemande en perruque blond clair comme Angela Denoke puisse jouer merveilleusement Salomé que je n'aurais pas forcément vue comme ça.
Ce rapport supposé entre la vraisemblance et la ressemblance va à l'encontre d'un siècle ou presque d'évolution du théâtre et nie finalement l'importance de l'imagination au théâtre. Quand je vois la Rusalka admirable dont j'ai parlé récemment, qu'est-ce qui est "vraisemblable", là-dedans? Rien, sans doute. Je ne peux pas réfléchir avec de tels concepts.
Je ne nie pas qu'un interprète ne doit pas forcément ressembler à son rôle,mais pas dans une mise en scène classique, sinon quel intérét? Comme je l'ai dis si l'on souhaite faire une mise en scène classique de Don Carlo, en costume d'époque, donc en gros en essayant de resituer l'ambiance de l'époque et bien dans ce contexte là j'ai du mal imaginer Estes dans le rôle. En revanche comme je l'ai déja dis, dans une mise en scène autre, soit transposé, soit contemporaine, on peut tout imaginer à ce moment là pourquoi ? La question d'Estes était une question piège, puisque cela à permis ce qui y était le but recherché soit me faire passer pour un incohérent, soit pour un raciste. Mais bon les plus bètes sont ceux qui se sont engouffré dans un faux problème. Pour Kraus, c'est pareil dans une mise en scène en costume 19 ème, avec un Kraus chantant Werther, à plus de 67 ans c'est ridicule ! Dans mon esprit, je n'en fais pas un règle, mais un point de vue et si tu relis attentivement ce que j'ai écris tu y observera que je ne fais qu'ennoncer mon point de vue. Aprés il est certain que l'orsque les échanges sont devenus vifs j'ai durci le ton, c'est la loi du genre. Je regrette simplement que tu sois aussi partis pris et intransigeant. Alos que sur le fond je perciste à penser que nous sommes d'accord.

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Message par RuggeroBastianini » 22 août 2008, 13:53

[quote="Ericc"]Supposons. Supposons un instant que le Philippe II de Estes me dérange parce qu'il est noir et que franchement, je ne peux vraiment pas y adhérer au nom d'un certain "réalisme théatral"... je fais quoi dans ce cas ?

Ca te regarde, mais moi un opéra je l'écoute et le regarde, car désolé mais les costumes, la mise en scène cela fait aussi partie de l'opera et c'est visuel. Je ne t'ai jamais empéché d'apprecier Estes dans le rôle, mais c'est quand même mon droit de ne pas être d'accord.
Ensuite tu parles de savoir qui détient la vérité, je ne t'ai jamais prétendu que c'était moi, j'ai exprimé mon avis que tu dois respecter.


Et je préfère cette part d'émotion là à la part de désillution de celui qui concluera "bof, il est noir, pas crédible"...

Mais de quel droit tu te permet dire cela, "celui là penses ça " alors il est pas crédible ? Tu n'es rien de plus que les autres içi et le point de vue les gens leur appartient. Tu n'es pas là pour distribuer les bons points, c'est incroyable cette autosuffisance ?


Alors, dans ces conditions, savoir qui détient la vérité sur ce qui doit être et ce qui sera...ce n'est vraiment pas ma préoccupation On dirais pas.[/i]

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Message par Ericc » 22 août 2008, 13:59

RuggeroBastianini a écrit :[quote="Ericc"]Supposons. Supposons un instant que le Philippe II de Estes me dérange parce qu'il est noir et que franchement, je ne peux vraiment pas y adhérer au nom d'un certain "réalisme théatral"... je fais quoi dans ce cas ?

Ca te regarde, mais moi un opéra je l'écoute et le regarde, car désolé mais les costumes, la mise en scène cela fait aussi partie de l'opera et c'est visuel. Je ne t'ai jamais empéché d'apprecier Estes dans le rôle, mais c'est quand même mon droit de ne pas être d'accord.
Ensuite tu parles de savoir qui détient la vérité, je ne t'ai jamais prétendu que c'était moi, j'ai exprimé mon avis que tu dois respecter.


Et je préfère cette part d'émotion là à la part de désillution de celui qui concluera "bof, il est noir, pas crédible"...

Mais de quel droit tu te permet dire cela, "celui là penses ça " alors il est pas crédible ? Tu n'es rien de plus que les autres içi et le point de vue les gens leur appartient. Tu n'es pas là pour distribuer les bons points, c'est incroyable cette autosuffisance ?


Alors, dans ces conditions, savoir qui détient la vérité sur ce qui doit être et ce qui sera...ce n'est vraiment pas ma préoccupation On dirais pas.[/i]
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