La mise en scène doit-elle respecter le livret ?

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Christopher
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Message par Christopher » 01 nov. 2004, 19:04

Faustin a écrit :Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve ce genre de décalage, de hiatus TRES GENANT!!!
Ce qu'exprime le texte, ce qu'exprime la musique est totalement contredit par la mise en scène. Ce n'est pas l'oeuvre qu'on voit, mais une interprétation abusive et en plus arbitraire. Ce n'est pas rendre service à l'oeuvre que de procéder ainsi, c'est jouer une sorte de jeu de massacre.
Je suis tout à fait de l'avis de Faustin et avec cette cour HLM je ne peux pas adhérer à une telle transposition : c'est bien pour cette rasion que je me refuse d'aller voir la Katia de Marthaler.
Imaginer que l'on comprendrait parfaitement ce que se chante, cela serait tout de même choquant d'entendre les paroles du début alors que l'on est dans un environnement clos, qui n'a rien d'une Volga.

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Elvino
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Message par Elvino » 01 nov. 2004, 20:40

pour moi les meilleures mises en scenes doivent respecter un minimum le livret, ceci reste qd meme une des bases de l'histoire et du spectacle, je me souviens avoir vu un rigoletto a la tele (heureusement que je n'avais pas payé pour voir ca...), que je ne vous conseille pas du tout dans lequel on voit des cercueils partout et ou il n'y a aucune rivière, comment jetter un cadavre dans l'arno sans une goutte d'eau dans le décors????pê est ce a cause d'alvarez qui a fait un troudans le budjet, mais a l'époque il n'était pas si connu que ca...
et ceci n'est qu'un exemple....
certe on peut penser que je reste très traditionnaliste, mais un hamlet en jean ne me satisfait pas totalement qd meme...
ceci je reste ouvert a des mise en scenes poouvant etre originales tout en respectant l'esprit de l'oeuvre et l'époque a laquelle l'histoire se déroule.

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Guy
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Message par Guy » 01 nov. 2004, 20:57

OUi !
Mon Tristan chantant avec la mousse à raser (fausse ?)sur la moitié du visage ...ça me ....barbe !

faustin
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un autre exemple: Tannhäuser d'Andreas Homoki

Message par faustin » 01 nov. 2004, 23:01

La mise en scène de Tannhäuser par ANDREAS HOMOKI
***********************************************

Autre exemple de mise en scène complètement décalée: la mise en scène de Tannhäuser d'ANDREAS HOMOKI, donnée au Châtelet la saison dernière et qui a été copieusement huée à la première.

L'idée d'ANDREAS HOMOKI, c'est de ne faire aucun cas de tout ce qui est religieux. La tentation de la chair, l'intercession d'Elisabeth, le pardon, la rédemption finale qui n'est obtenue que dans la mort de Tannhäuser et d'Elisabeth, tous ces thèmes sont traités comme autant de métaphores. La grâce, c'est l'inspiration artistique, le péché, la dépravation, c'est la panne d'inspiration. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne marche pas merveilleusement bien.

Tannhäuser est présenté devant un compositeur devant piano, s'arrachant les cheveux de désespoir et jetant et déchirant les unes après les autres les pages qu'il a écrites. Visiblement l'inspiration n'est pas là, il est au Venusberg.
Quand la grâce est là, le piano est debout, quand elle s'efface, le piano est renversé.
Le grande joute artistique des chevaliers poètes est remplacée par un élégant concert; on voit les participants à ce concours artistique vétus de smokings blancs se saluer et se congratuler...

Cette transposition du registre religieux au registre artistique n'est pas satisfaisante. Elle a un inconvénient majeur, c'est de ne pas correspondre au texte. Dans ce système, il y a un décalage constant entre ce qu'on entend et ce qui est représenté sur scène, ce que le spectateur peut difficilement accepter.

Faustin

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Message par bajazet » 02 nov. 2004, 00:20

J'avais trouvé ce spectacle idiot, par excès d'ingéniosité si on peut dire. On pense ce qu'on veut du clivage des deux figures féminines dans Tannhäuser, mais c'est le sujet qui est effectivement clivé, et l'écriture musicale avec. En brouillant ou en neutralisant cette opposition de fond, sans doute par refus d'un manichéisme jugé primaire (que sais-je?), Homoki rend l'action dépourvue de consistance. C'est comme quand Carsen faisait de la Reine de la Nuit une chic fille alliée à Sarastro ?
Et je passe sur les Minnesänger transfomés en lycéens foufous, la Wartburg en party supersympa, Elisabeth qui roule une pelle à heinrich dès qu'elle le voit, etc. C'est Venusberg Academy !

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Message par fab » 02 nov. 2004, 12:04

Oui, oui oui et mille fois oui....

Les livrets sont la base de toute mise en scène. Les librettistes ont tout écrit, de plus les indications sont souvent reportées sur les partitions: je pense aux partitions de Wagner, à celles de Puccini, et à celles de Massenet (qui regorgent d'un foultitude de détails)... Les mises en scène ne peuvent donc échapper aux livrets.

D'autre part, un spectacle d'opéra a pour but (entre autre) de nous faire voyager dans un temps passé et révolu. Comment voulez vous voyager si le décor et la mise en scène ne vous y aide pas. J'ai regardé recemment un Otello sur Mezzo......... un véritable scandale..... Iago et Otello étaient en costume cravate (passe encore !). Iago chantait son Credo.... au bord d'une piscine dans un décor digne d'une boîte de nuit branchée.......... Eh si.... !!!!!! J'arrête là....
Dans un Macbeth, j'ai vu Lady Macbeth recevoir la lettre de son Mari, par SMS sur son portable.........
Mais ou vont ils chercher tout cela...!!! ????

Je laisse les ODBiens qui sont allés à Bayreuth cette été vous raconter le mémorable, et de bien triste mémoire, Parsifal auquel ils ont assisté.

Enfin, une mise en scène non respectueuse du livret gâche tout le plaisir que nous pouvons éprouver lors d'un spectacle d'opéra.

Cependant, je ne voudrais pas avoir l'air passéïste. Je ne suis pas contre un dépoussièrage et une vision nouvelle d'une oeuvre, loin de là, mais je ne demande qu'une chose: que l'on respecte le livret, le librettiste, et le compositeur et donc l'oeuvre......... Ce qui me semble être un minimum.

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Message par muriel » 02 nov. 2004, 12:11

Avant je ne lisais pas les livrets , je me contentais des synopsis , et donc je me moquais des délires et des contre-sens de la mise en scène.
Mais maintenant, je lis le livret avant le spectacle, et surtout après, et là, on voit toute la débilité d'une interprétation biaisée qui va à l'encontre de la substantifique moëlle ...

PS moëlle + hiatus, c'est la définition de la leucémie.

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Message par Gioachino » 02 nov. 2004, 21:51

fab a écrit :Oui, oui oui et mille fois oui....

D'autre part, un spectacle d'opéra a pour but (entre autre) de nous faire voyager dans un temps passé et révolu. Comment voulez vous voyager si le décor et la mise en scène ne vous y aide pas.
Tu as raison, une bonne mise en scène dans de riches décors et de beaux costumes d'époque ça fait plaisir et ça repose (à défaut de faire réfléchir).
Bon bon, j'éxagère :D !

Mais faut faire le différence entre une relecture de qualité qui se "permet" de changer l'époque, voir le lieu mais respecte le livret (les dialogues aussi, pas seulement les situations!) et les décalages stupidement provocateurs ("L'enlèvement au sérail" version bordel SM d'A. Homoki).
Par contre, je trouve ininteressant de voir la mise en scène comme l'écrin somptueux d'une belle musique.

Ce qu'il y a de pire, c'est la version de concert!!

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Message par Sieglinde » 02 nov. 2004, 22:08

Gioachino a écrit : Ce qu'il y a de pire, c'est la version de concert!!
ça dépend quelle version concert ! Il y en a de formidables où les interprètent jouent tellement le jeu qu'on en oublie complètement l'absence de décor, costumes et mise en scène. Et puis parfois avec quelques accessoires, on fait beaucoup mieux qu'avec beaucoup plus (voir les discussions sur les Maîtres Chanteurs à Bastille).

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Message par Alain » 02 nov. 2004, 22:19

Gioachino a écrit : Ce qu'il y a de pire, c'est la version de concert!!
Oui c'est vrai.
Mais je me demande parfois si une bonne mise en espace ne vaut pas mieux qu'une mise en scène assassine pour le livret.
La mise en espace est basée sur le déplacement des chanteurs sur la scène, le langage gestuel, l'expression du visage et finalement l'imagination du spectateur à condition de connaître un minimum l'histoire.
Si les chanteurs sont bien dirigés et sont eux-même convaincants, cela peut donner quelquechose de très respectueux vis à vis de l'oeuvre.
J'avais beaucoup aimé à cette occasion la mise en espace d'Otello au Châtelet avec Mattila et Cura que j'avais vécu intensément même en l'absence de tout décor.

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